Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Harry Pollitt

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Harry Pollitt
Illustration.
Harry Pollitt en 1934
Fonctions
3e & 5esecrétaire général duParti communiste de Grande-Bretagne

(14 ans et 11 mois)
PrédécesseurR. Palme Dutt (en)
SuccesseurJohn Gollan (en)

(10 ans et 3 mois)
PrédécesseurJ. R. Campbell (en)
SuccesseurR. Palme Dutt (en)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissanceDroylsden (en), (Lancashire,Angleterre)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décèsGrande Baie australienne à bord de l'Orion
SépultureCrématorium de Golders Green
Nationalitébritannique
Parti politiqueParti communiste de Grande-Bretagne
modifier 

Harry Pollitt, né à Droylsden le 22 novembre 1890 et mort le 27 juin 1960 au large descôtes australiennes méridionales est un communiste britannique, fondateur et secrétaire général duParti communiste de Grande-Bretagne (CPGB) pendant plus de20 ans. Pollitt passe la majeure partie de sa vie à prôner le communisme. Idéologiquementmarxiste-léniniste, Pollitt est unstaliniste, même après le désaveu des politiques deJoseph Staline parNikita Khrouchtchev.

Ses positions en matière de politiques internationales comprennent l'opposition à l'intervention alliée dans laguerre civile russe et laguerre polono-soviétique, le soutien auxrépublicains espagnols pendant laguerre civile espagnole, en deux temps l'opposition puis le soutien à laguerre contre l'Allemagne nazie, la défense ducoup de Prague et le soutien à l'invasion soviétique de la Hongrie en 1956.

Il s'est présenté à plusieurs élections législatives, mais n'a jamais gagné. Tout au long de son mandat à la tête du CPGB, il était en contact radio secret et direct avec Moscou, et surveillé activement par lesservices de sécurité britanniques.

Jeunesse

[modifier |modifier le code]

Enfance et début de carrière

[modifier |modifier le code]

Pollitt est né le 22 novembre 1890, le deuxième des six enfants de Samuel Pollitt (1863-1933),forgeron, et de son épouse, Mary Louisa (1868-1939),fileuse de coton. Les parents de Pollitt sontsocialistes et sa mère était membre duParti travailliste indépendant avant de rejoindre leParti communiste lors de sa création en 1920[1].

Trois de ses frères et sœurs sont morts en bas âge. Pollitt a commencé à travailler à l'âge de 12 ans, aux côtés de sa mère dans une filature de coton. La souffrance de sa mère, qui travaillait régulièrement dans des conditions difficiles, a également particulièrement affecté Pollitt, qui déclare plus tard qu'il « avait juré que quand je serai grand, je paierais les patrons pour les difficultés qu'elle souffrait ». Pollitt devint plus tard chaudronnier et artisan métallurgiste[1].

Pendant laPremière Guerre mondiale, Pollitt est exempté de la conscription en tant qu'ouvrier qualifié[2]. Pollitt acquiert de l'expérience dans la lutte syndicale en menant la grève àSouthampton en 1915[1],[3]. À cette époque, Pollitt est déjà membre de la Fédération socialiste des travailleurs deSylvia Pankhurst[1].

Militant communiste

[modifier |modifier le code]
Un timbre de l'URSS de 1970 commémorant Harry Pollitt et son rôle dans la prévention du SSJolly George de porter des armes en Pologne

En septembre 1919, Pollitt est nommé organisateur national de la campagne Hands Off Russia (Ne touchez pas à la Russie), campagne en partie financée par Moscou grâce à Pankhurst, dans le but de protester contre l'intervention alliée dans la guerre civile russe[1],[4]. Pollitt, fatigué de son travail de bureau, décide de retourner travailler dans leport de Londres. À son poste, Pollitt aide à convaincre les dockers de Londres de ne pas charger le cargoSS Jolly George le 10 mai 1920, alors qu'il est chargé de munitions pour laPologne, qui combat à l'époque contre laRussie soviétique dans laguerre polono-soviétique[5],[1]. Avec le soutien d'Ernest Bevin, alors haut responsable du syndicat des dockers, les propriétaires du navire sont contraints par les dockers de décharger sa cargaison, le navire appareille le 15 mai 1920 sans elle[6]. Pollitt n'a pas réussi à empêcher, malgré son implication, un certain nombre d'autres navires chargés d'armes pour la Pologne, dont le paquebot danoisNeptune, et deux barges belges[7].

En août 1920, leParti communiste de Grande-Bretagne (CPGB) est fondé par un accord unifiant divers organismes et groupuscules de gauche, dont le Parti socialiste britannique où Pollitt était membre en plus de son adhésion à la FST[8]. L'année suivante, Pollitt se rend enUnion soviétique. Au cours de sa visite, il rencontreVladimir Lénine, une expérience qu'il décrit plus tard comme le plus beau jour de sa vie[9]. Interrogé parFreedom, journal anarchiste britannique en octobre 1921, Pollitt déclare à son retour avoir vu des preuves que les anarchistes russes complotaient pour restaurer le tsarisme et parla avec approbation de la répression de l'anarchisme en Russie[10].

Pollitt est impliqué dans une affaire judiciaire contre cinq hommes qu'il accuse de l'avoir kidnappé en mars 1925 alors qu'il se rendait à une réunion du PCGB à Liverpool. Selon sa version des faits, il avait été forcé de descendre d'un train et détenu au Pays de Galles pendant un week-end afin de l'empêcher d'atteindre Liverpool. Les hommes, tous membres desBritish Fascists, sont acquittés par le jury à la suite de témoignages qualifiant l'« enlèvement » de peu sérieux et du déni du chef de la branche des British Fascists de Liverpool selon lesquels il avait autorisé l'enlèvement de Pollitt[11],[12].

Le 10 octobre 1925, Pollitt épousa Marjorie Brewer. Marjorie Edna Brewer (1902-1991) est uneinstitutrice communiste ; ils ont eu un garçon et une fille. Son témoin de mariage est Percy Glading, un autre membre important du CPGB, qui sera un peu plus tard jugé coupable d'espionnage pour le compte de l'Union soviétique et puis emprisonné[13]. Une semaine plus tard, Pollitt fait partie des 12 membres du CPGB condamnés pourdiffamation séditieuse et incitation à lamutinerie. Pollitt est condamné à une peine de 12 mois, année qu'il purge àla prison de Wandsworth. L'historien Charles Loch Mowat décrit le procès comme « le principal exemple d'un procès purement politique dans l'entre-deux-guerres »[14].

Pollitt se rend de nouveau à Moscou en octobre 1927. Au cours de cette visite, Pollitt rencontre en privéJoseph Staline etNikolaï Boukharine qui, malgré les protestations de Pollitt, ont ordonné que le CPGB abandonne sa politique de « Front uni » avec les autres partis de gauche. Il est exigé du PCGB qu'il fasse campagne en solitaire, en présentant des candidats dans le plus de circonscription possible lors des prochaines élections, même là où le CPGB n'avait aucune chance de gagner et détournerait des voix du candidat travailliste, permettant ainsi auxconservateurs de gagner plus de siège[15]. Cette politique consistant à attaquer les autres organisations de gauche est connue sous le nom de politique de « classe contre classe » et resta en vigueur jusqu'en 1932 lorsque, en tant que leader du CPGB, Pollitt réussit à la faire assouplir pour lessyndicats[16].

En plus de son rôle au sein du CPGB, Pollitt est, à partir du début des années 1920, secrétaire national du Bureau britannique de l'Internationale rouge des syndicats (ou Profintern), une organisation visant à contrer l'Internationale d'Amsterdam et à rallier les syndicalistes militants au sein des syndicats existants pour gagner ces syndicats à la cause communisme[17]. Lors de la fondation du National Minority Movement (NMM) en 1924, le Bureau britannique y est intégré et Pollitt nommé secrétaire national, poste qu'il occupe jusqu'en 1929[18].

Chef du CPGB

[modifier |modifier le code]

Avant la Seconde Guerre mondiale et la Grande Purge

[modifier |modifier le code]

En 1929, le CPGB élit Pollitt secrétaire général avec l'approbation personnelle de Staline. Pollitt prend la suite d'Albert Inkpin, qui s'est attiré la désapprobation du Komintern en s'opposant à la politique de « classe contre classe » et en se rapprochant des autres partis de gauche[19]. Pollitt est choisi car montrant sa loyauté vis-à-vis duKomintern et mettant en avant son efficacité dans l'organisation du mouvement lors de ses derniers postes[20]. Pollitt déclare qu'il comprend son rôle comme défenseur duParti communiste de l'Union soviétique (PCUS) « contre vents et marées »[21]. Contrairement à Inkpin, Pollitt est prêt à critiquer leParti travailliste en le qualifiant de « social-fasciste »[19].

Rose Cohen, membre du CPGB et amie de Pollitt, exécutée lors de la Grande Purge

Pollitt exprime clairement dans ses déclarations publiques sa loyauté envers l'Union soviétique et envers son homologuesecrétaire général duPCUS, Joseph Staline. Il est partisan desprocès de Moscou, au cours desquels Staline assassine ou élimine ses opposants politiques et militaires. Dans leDaily Worker du 12 mars 1936, Pollitt déclare au journal que « les procès de Moscou représentent un nouveau triomphe dans l'histoire du progrès »[22].

En 1934, Pollitt etTom Mann, alors trésorier du National Unemployed Workers' Movement (Mouvement national des chômeurs), ont été cités à comparaître devant un tribunal pour sédition à cause des discours qu'ils ont tous les deux prononcés àTrealaw etFerndale. Pollitt et Mann ont tous deux été acquittés de toutes les accusations par les assises de la ville deSwansea[23].

Pollitt se rend de nouveau à Moscou en 1935. Là-bas, il est invité à intervenir pour une émission radio de laBBC,The Citizen and His Government, pour parler des différences entre le Royaume-Uni et l'URSS. Cependant, l'invitation est annulée après l'opposition duministère des Affaires étrangères. L'émission ne sortira à la radio de la BBC que lors desélections de 1945[24].

Lorsque l'amie personnelle de Pollitt, Rose Cohen fut jugée à Moscou en 1937 pendant laGrande Purge de Staline, le CPGB s'oppose aux efforts du gouvernement britannique pour obtenir la libération de Cohen, décrivant l'arrestation comme une affaire intérieure de l'Union soviétique. Pollitt a tenté en privé d'intervenir en sa faveur, mais au moment où il l'a fait, elle a déjà été abattue[25]. Pollitt s'est mis en danger en remettant ainsi en question l'arrestation de Cohen, puisqueBéla Kun l'a identifié, sous la torture, comme un « trotskiste » et un « espion britannique »[26].

Contrairement à l'inquiétude de Pollitt pour Rose Cohen, lorsque Freda Utley, membre du CPGB, tente de convaincre Pollitt d'interférer auprès de Moscou en faveur de son mari russe, arrêté et puis, plus tard, mort dans un camp de travail en 1938, Pollitt refuse[26]. Pollitt n'est pas non plus intervenu pour aider George Fles ni Arcadi Berdichevsky, ni un certain nombre d'autres communistes britanniques arrêtés par leNKVD et torturés, abattus ou emprisonnés dans lesGoulags pendant la purge de Staline[27].

Guerre civile espagnole

[modifier |modifier le code]
Pollitt(à droite) rencontreDavid Guest en Espagne

Pendant laguerre civile espagnole, Pollitt s'est rendu cinq fois dans le pays aux côtés desrépublicains, prononçant à chaque fois des discours devant lebataillon britannique desBrigades internationales[28]. Pollitt joue également un rôle en approuvant ou en opposant son veto aux candidatures des volontaires britanniques souhaitant rejoindre les Brigades internationales. L'un de ces veto concerneGeorge Orwell, que Pollitt considère comme politiquement peu fiable, Orwell partira de ses propres moyens en Espagne[29]. Pollitt est également chargé d'écrire des lettres de condoléances aux familles des communistes britanniques tués en Espagne[30].

En août 1937, Pollitt intervient dans un conflit entre les dirigeants du bataillon britannique concernant en autres la tactique et la fiabilité des troupes républicaines espagnoles. Il rappelle au pays les cinq principaux membres du bataillon impliqués dans le conflit (Tapsell, Cunningham, Aitken, Copeman et Williams). Copeman et Tapsell, qui avaient critiqué les forces et les tactiques républicaines espagnoles, reçurent l'ordre de retourner en Espagne, tandis que Cunningham, Williams et Aitken reçurent l'ordre de ne plus retourner en Espagne[31].

Surveillance par le MI5

[modifier |modifier le code]

En 1931, Olga Gray, une agent duMI5, infiltre le parti et devient pendant un temps la secrétaire personnelle de Pollitt. Lors de l'opération MASK (1934-1937),John Tiltman et ses collègues de laGovernment Code and Cypher School réussissent à déchiffrer le code et à décrypter les messages radio entre Moscou et certains des partis étrangers, comme le CPGB. Ils révèlent la surveillance étroite exercée par leKomintern sur le Parti communiste et sur Pollitt, ainsi que le soutien financier que le CPGB reçoit de Moscou. Entre autres choses, Pollitt a été chargé de réfuter des fuites dans la presse concernant unepurge stalinienne. Dans ses transmissions à Moscou, Pollitt demande régulièrement un financement plus important de la part de l'Union soviétique. Une instruction codée de 1936 conseille à Pollitt de rendre public le sort d'Ernst Thälmann, dirigeant communiste allemand arrêté par lesnazis et mort un plus tard dans lecamp de concentration de Sachsenhausen. Pollitt répond qu'il « avait des difficultés » à convaincre des hommes d'État britanniques de faire des déclarations publiques de soutien pour Thälmann[32].

Les membres du CPGB, dont Harry Pollitt, font l'objet d'une surveillance accrue de la part desservices de sécurité britanniques tout au long des années1930,1940 et1950. Ils installent notamment un dispositif d'écoute dans leur bureau en 1942[33].

Seconde Guerre mondiale

[modifier |modifier le code]
Harry Pollitt prononçant un discours devant les travailleurs de Whitehall, Londres, 1941

Lorsque la guerre éclate entre le Royaume-Uni et l'Allemagne nazie début du mois de septembre 1939, malgré lepacte Molotov-Ribbentrop, Pollitt accueille favorablement la déclaration de guerre britannique à l'Allemagne nazie, appelant à une « lutte sur deux fronts », impliquant la « défaite militaire d'Hitler et la défaite politique deChamberlain » dans son pamphletComment gagner la guerre, qui est également ambivalent en ce qui concerne le réarmement[34]. Cette position s'avérant contraire à la ligne du Komintern reçue de Moscou le 14 septembre, il fut contraint de démissionner[35]. En novembre 1939, Pollitt désavoue sa position antérieure pro-guerre, déclarant qu'en soutenant la guerre, il avait « fait le jeu de l'ennemi de classe »[36].

Au cours de la période 1940-1941, sous les instructions de Moscou, le parti suit une politique de « défaitisme révolutionnaire ». Cette stratégie suppose que les objectifs du Parti communiste pourraient être accélérés en accélérant la défaite de la Grande-Bretagne dans la guerre contre l’Allemagne nazie[37]. Pollitt a critiqué les politiques de guerre du gouvernement Chamberlain, les décrivant comme cherchant à exploiter la guerre contre le « fascisme hitlérien » pour « imposer certains aspects de ce même fascisme aux travailleurs »[38].

Harry Pollitt prononce un discours en faveur de l'aide à l'URSS, devant le British Museum, 1941

Sur instruction deGeorgi Dimitrov à Moscou, Pollitt est maintenu dans un bureau politique de six membres après sa destitution[39]. Il est rétabli à la tête du CPGB aprèsl'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne en 1941, toujours sur instruction de Moscou. Moscou revient également la position deRajani Palme Dutt, le successeur de Pollitt au poste de secrétaire général, qui critique le gouvernementChurchill et qualifie la guerre de lutte pour le socialisme, et se rallie à la position de Pollitt en offrant son plein soutien au gouvernement Churchill[40].

À la suite de l'opération Barbarossa, Harry Pollitt est devenu un fervent partisan de l'ouverture d'un deuxième front en Europe contre l'Allemagne nazie par les Alliés occidentaux[41]. Pollitt a également incitéJawaharlal Nehru à modérer ses demandes d'indépendance pour l'Inde pendant la durée de la guerre[42]. Lorsque des grèves sont proposées pendant la guerre, estimant qu'elles nuiraient à l'effort de guerre.

L'appartenance du CPGB au Komintern a longtemps constitué un obstacle à l'affiliation au Parti travailliste, Pollitt saisit l'occasion offerte par la dissolution du Komintern en mai 1943 pour demander à nouveau son affiliation au Parti travailliste. Cependant, cette proposition est rejetée par le comité central du parti travailliste, qui invoque la position antérieure du CPGB vis-à-vis de la guerre contre l'Allemagne nazie[43]. Lors desélections générales de 1945, le CPGB de Politt poursuit une stratégie de « majorité progressiste » et cherche à coordonner sa stratégie électorale avec le Parti travailliste, bien que ce dernier ne lui rende pas la pareille. En conséquence, au lieu de présenter 50 candidats comme cela a été proposé, le CPGB ne présente des candidats que dans 21 circonscriptions, dont seulement deux sont élus[44].

Après la Seconde Guerre mondiale et fin de vie

[modifier |modifier le code]

Pollitt défend lecoup d'État communiste de 1948 en Tchécoslovaquie, le décrivant d'œuvre de « millions de gars [...] guidés par leurs délégués syndicaux » pour renverser le capitalisme[45]. En 1948, Pollitt condamne leplan Marshall, qu'il qualifie de plan de guerre[46].

En 1951, le CPGB adopte The British Road To Socialism (La voie britannique vers le socialisme) comme programme de parti, en remplacement de For Soviet Britain (Pour une Grande-Bretagne soviétique). Ce programme, défendu par Pollitt, engage le CPGB à être indépendant de Moscou et à suivre une voie constitutionnelle ou parlementaire (par opposition à une voie révolutionnaire) pour accéder au pouvoir. En outre, il précise que le CPGB s'engage à prendre ses décisions par le biais de la démocratie interne du parti. Malgré ces engagements, le programme est personnellement dicté à Pollitt par Staline lors d'une série de réunions secrètes au Kremlin[47].

À lamort de Staline, Pollitt écrit qu'il a été « le plus grand homme de notre temps ». Il a ajouté que « jamais auparavant dans l'histoire de l'humanité, il n'y avait eu un chagrin aussi universel »[48]. Pollitt est également un membre de la garde d'honneur lors des funérailles de Staline[44].

L'arrivée deNikita Khrouchtchev pose des problèmes au CPGB. Le CPGB avait suivi la ligne de Moscou pour attaquer le gouvernement deTito enYougoslavie ; cependant, lorsque Khrouchtchev se rend àBelgrade en 1955, le CPGB est contraint de se rétracter. Pollitt est confronté à une autre crise lorsque Khrouchtchev, dans sondiscours secret de 1956, s'est attaqué à l'héritage de Staline. L'embarras de Pollitt est d'autant plus grand qu'il était présent au congrès du parti, mais qu'il a été exclu, comme les autres délégués étrangers, de la séance au cours de laquelle il avait été prononcé[49].

Troupes soviétiques dans Budapest, novembre 1956

Pollitt, dont l'état de santé s'est dégradé au cours de ses dernières années, démissionne de son poste de secrétaire général en mai 1956, John Gollan lui succède.

Lorsque la dénonciation de Staline par Khrouchtchev fut officiellement rendue publique le mois suivant, Pollitt déclara qu'il était « trop vieux pour faire marche arrière et dénigrer un homme qu'il admire plus que tout autre depuis plus d'un quart de siècle ». Pollitt a également refusé de retirer un portrait de Staline accroché dans son salon, affirmant qu'« il y restera aussi longtemps que je serai en vie »[44],[50].

La répression soviétique de larévolution hongroise de novembre 1956 aggrave la crise au sein du CPGB, d'autant plus que le parti a adopté la position selon laquelle les pays dubloc de l'Est, la Hongrie incluse, étaient libres de faire ce qu'ils voulaient à l'intérieur de leur propre pays[49]. Pollitt soutient l'invasion soviétique de la Hongrie, déclarant qu'elle a « sauvé la Hongrie du fascisme »[50].

La plupart des personnalités intellectuelles du parti, dontDoris Lessing etEdward Palmer Thompson, ainsi que de nombreux membres ont décidé de quitter le parti à la suite de cette nouvelle crise. D'autres, commeEric Hobsbawm, ont choisi de rester au sein du parti pour tenter de le réformer[51].

Résultats électoraux

[modifier |modifier le code]

Pollitt s'est présenté à un certain nombre d'élections parlementaires, mais n'en a remporté aucune. Sa première campagne électorale se déroule dans la circonscription de Seaham en1929, où il a obtenu 1 431 voix (2,9 % du total des voix)[52]. Il se présente ensuite dans la circonscription de Whitechapel et St. George en1930 (en), où il a obtenu 2 106 voix (9,6 %). Il se présente à nouveau dans la même circonscription en1931 et obtient 2 658 voix (11,2 %)[53]. En1933 (en), il conteste la circonscription de Clay Cross, dans leDerbyshire, et obtient 3 434 voix (10,6 %)[54]. Lors de l'élection partielle de1940 (en) dans la circonscription de Silvertown de West Ham, il n'a obtenu que 966 voix (6,2 %) contre 14 343 pour le candidat travailliste[55].

Il se présente trois fois comme candidat du CPGB dans la circonscription deRhondda East (en), dans le sud du pays de Galles. En 1935, il perd face au candidattravailliste,William Mainwaring, 61,8 % contre 38,2 %, avec un écart de 8 433 voix. Lors desélections générales de 1945, il s'est retrouvé à un millier de voix de remporter le siège contre Mainwaring, avec 15 761 voix (45,5 %) contre 16 733 voix pour le candidat travailliste (48,4 %). En1950, il subit une lourde défaite, n'obtenant que 4 463 voix (12,7 %) contre 26 645 voix pour Mainwaring (75,9 %)[56],[57].

Mort et héritage

[modifier |modifier le code]
Harry Pollitt participant à la 4e conférence duparti communiste est-allemand, 1954

Après des années de dégradation de son état de santé, Pollitt meurt à 69 ans d'unehémorragie cérébrale alors qu'il revient d'une tournée de conférences en Australie à bord duSSOrion, le 27 juin 1960. Le paquebot quitteAdélaïde en route versFremantle lorsque, à 2 h, Pollitt est victime d'un accident vasculaire cérébral[58],[59].

Plaque dédiée à Pollitt au crématorium Golders Green

En 1971, un navire marchand, construit en Allemagne de l'Est et exploité par les Soviétiques, porte le nom de Pollitt[60]. Une plaque dédiée à la mémoire de Pollitt est inaugurée par le maire deTameside le 22 mars 1995 devant la bibliothèque Droylsden[61].

Il est également évoqué dans la chanson "The Ballad of Harry Pollitt"[62], écrite de son vivant, décrit son assassinat inventé. La chanson est vivement critiquée dans l'édition d'avril 1972 deMarxism Today, le journal officiel du CPGB, comme étant « écœurante » et « pleine des insultes les plus ignobles contre la mémoire d'Harry Pollitt »[63].

Références

[modifier |modifier le code]

 

  1. abcde etf(en) FrancisBeckett,Enemy within : the rise and fall of the British Communist Party, John Murray,, 249 p.(ISBN 0719553105,lire en ligne),chap. 2 (« The Instryment of Steel »),p. 27-28
  2. (en) LaPorte et Morgan, « Kings among their subjects'? Ernst Thälmann, Harry Pollitt and the leadership cult as Stalinization »,Bolshevism, Stalinism and the Comintern: Perspectives on Stalinization, 1917–53, Palgrave Macmillan,‎(ISBN 978-1-349-28252-4,DOI 10.1057/9780230227583_7,S2CID 147878826,lire en ligne[archive du][PDF], consulté le)
  3. (en) CharlesArnold-Baker,The Companion to British History, Taylor & Francis,, 1397 p.(ISBN 9781317400394,lire en ligne),p. 1020
  4. (en) KeithLaybourn et DylanMurphy,Under the red flag : a history of communism in Britain, c. 1849-1991, Sutton Publishing Ltd,, 21 p.(ISBN 0750914858,lire en ligne),p. 6
  5. (en) MartinFreeman,Trade unions, Bell & Hyman,, 49 p.(ISBN 9780713527018,lire en ligne),p. 30
  6. (en) James UllmanRamsay,Anglo-Soviet Relations, 1917-1921, Volume 3 The Anglo-Soviet Accord, Princeton University Press,, 511 p.(ISBN 9780691656076,lire en ligne),p. 51–54
  7. (en) StephenWhite,Britain and the Bolshevik Revolution, Palgrave Macmillan UK,, 316 p.(ISBN 9781349042999,lire en ligne),p. 41–42
  8. KevinMorgan,Harry Pollitt, Manchester University Press,, 208 p.(ISBN 9780719032479,lire en ligne[archive du]),p. 16
  9. KevinMorgan,Harry Pollitt, Manchester University Press,, 208 p.(ISBN 9780719032479,lire en ligne),p. 34
  10. (en) Durham, « British Revolutionaries and the Suppression of the Left in Lenin's Russia, 1918-1924 »,Journal of Contemporary History, Sage Publications, Inc.,vol. 20,no 2,‎,p. 207(DOI 10.1177/002200948502000201,JSTOR 260531,S2CID 159699014,lire en ligne, consulté le)
  11. « Abduction of Pollitt »,The Daily Advertiser,‎(lire en ligne, consulté le)
  12. « Kidnapping Charge »,Toowoomba Chronicle and Darling Downs Gazette,‎(lire en ligne, consulté le)
  13. (en) RichardDavenport-Hines,Enemies Within: Communists, the Cambridge Spies and the Making of Modern Britain, London, HarperCollins Publishers,(ISBN 978-0-00-751668-1),p. 157
  14. (en) KevinMorgan,Harry Pollitt, Manchester University Press,(ISBN 9780719032479,lire en ligne),p. 54
  15. (en) FrancisBeckett,Stalin's British victims, Sutton,, 215 p.(ISBN 9780750932233,lire en ligne),p. 39
  16. (en) KeithLaybourn et DylanMurphy,Under the red flag : a history of communism in Britain, c. 1849-1991, Sutton Publishing Ltd,, 282 p.(ISBN 0750914858,lire en ligne), xvii
  17. (en) RalphDarlington,The Political Trajectory of JT Murphy, Liverpool University Press,, 320 p.(ISBN 9780853237334,lire en ligne),p. 96
  18. (en) RalphDarlington,The Political Trajectory of JT Murphy, Liverpool University Press,, 320 p.(ISBN 9780853237334,lire en ligne),p. 108–110
  19. a etb(en) MattTreacy,The Communist Party of Ireland 1921 - 2011, Brocaire Books,, 426 p.(ISBN 9781291093186,lire en ligne),p. 36
  20. (en) AndrewThorpe,The British Communist Party and Moscow, 1920-43, Manchester University Press,, 219 p.(ISBN 9780719053122,lire en ligne),p. 144–145
  21. (en) Durham, « British Revolutionaries and the Suppression of the Left in Lenin's Russia, 1918-1924 »,Journal of Contemporary History, Sage Publications, Inc.,vol. 20,no 2,‎,p. 214–215(DOI 10.1177/002200948502000201,JSTOR 260531,S2CID 159699014,lire en ligne, consulté le)
  22. Redman, Joseph "The British Stalinists and the Moscow Trials",Labour Review, 3:2, Mars–Avril 1958
  23. (en) « Prosecution (T Mann And H Pollitt) : Volume 291: debated on Wednesday 4 July 1934 », surUK Parliament,(consulté le)
  24. (en) Harker, « The Trumpet of the Night': Interwar Communists on BBC Radio »,History Workshop Journal, Oxford University Press,vol. 75,no 75,‎,p. 81–100(DOI 10.1093/hwj/dbs035,JSTOR 43299047,lire en ligneAccès limité, consulté le)
  25. Newsinger,Hope Lies in the Proles: George Orwell and the Left, Pluto Press,, 39 p.(DOI 10.2307/j.ctt21kk1wk.7,JSTOR j.ctt21kk1wk.6,lire en ligne[archive du])
  26. a etb(en) Newsinger, « Review: Recent Controversies in the History of British Communism »,Journal of Contemporary History, Sage Publications, Inc.,vol. 41,no 3,‎,p. 564–565(DOI 10.1177/0022009406064670,JSTOR 30036403,S2CID 154979764,lire en ligne[archive du], consulté le)
  27. (en) FrancisBeckett,Stalin's British victims, Frank Cass,, 215 p.(ISBN 9780750932233,lire en ligne),p. 66
  28. (en) RichardBaxell,Unlikely warriors : the British in the Spanish Civil War and the struggle against fascism, Aurum,, 519 p.(ISBN 9781845136970,lire en ligne),p. 300
  29. Newsinger,Hope Lies in the Proles: George Orwell and the Left, Pluto Press,, 57 p.(DOI 10.2307/j.ctt21kk1wk.7,JSTOR j.ctt21kk1wk.7,lire en ligne), « 3 ‘Giants are Vermin’: Orwell, Fascism and the Holocaust »
  30. (en) RichardBaxell,Unlikely warriors : the British in the Spanish Civil War and the struggle against fascism, Aurum,, 319 p.(ISBN 9781845136970,lire en ligne),p. 159
  31. (en) RichardBaxell,Unlikely warriors : the British in the Spanish Civil War and the struggle against fascism, Aurum,, 319 p.(ISBN 9781845136970,lire en ligne),p. 235–237
  32. NigelWest,Mask: MI5's Penetration of the Communist Party of Great Britain,Psychology Press,, 108 et seq
  33. (en) Morgan,« Within and beyond the law? British communist history and the archives of state surveillance »[archive du],Gale.com, Cengage Learning (EMEA) Ltd,(consulté le)
  34. (en) JamesJupp,The radical left in Britain, 1931-1941, Frank Cass,, 267 p.(ISBN 071463123X,lire en ligne),p. 170
  35. (en) KevinMorgan,Harry Pollitt, Manchester University Press,, 208 p.(ISBN 9780719032479,lire en ligne),p. 108
  36. (en) Childs, « The British Communist Party and the War, 1939-41: Old Slogans Revived »,Journal of Contemporary History, Sage Publications, Inc.,vol. 12,no 2,‎,p. 245(DOI 10.1177/002200947701200202,JSTOR 260215,S2CID 159508420,lire en ligneAccès limité, consulté le)
  37. (en) TonyTaylor,Denial: History Betrayed, Melbourne University Publishing,, 323 p.(ISBN 9780522859072,lire en ligne),p. 114
  38. (en) Childs, « The British Communist Party and the War, 1939-41: Old Slogans Revived »,Journal of Contemporary History, Sage Publications, Inc.,vol. 12,no 2,‎,p. 242(DOI 10.1177/002200947701200202,JSTOR 260215,S2CID 159508420,lire en ligne, consulté le)
  39. (en) Johnstone, « The CPGB, the Comintern and the War, 1939–1941: Filling in the Blank Spots »,Science & Society, Guilford Press,vol. 61,no 1,‎,p. 33(JSTOR 40403603,lire en ligne, consulté le)
  40. (en) Johnstone, « The CPGB, the Comintern and the War, 1939-1941: Filling in the Blank Spots »,Science & Society, Guilford Press,vol. 61,no 1,‎,p. 42–43(JSTOR 40403603,lire en ligne, consulté le)
  41. (en) KeithLaybourn et DylanMurphy,Under the red flag : a history of communism in Britain, c. 1849-1991, Sutton Publishing Ltd,, 233 p.(ISBN 0750914858,lire en ligne),p. 117
  42. (en) KevinMorgan,Harry Pollitt, Manchester University Press,, 208 p.(ISBN 9780719032479,lire en ligne),p. 130
  43. (en) JuliusBraunthal,History of the International: Volume 3 - 1943-1968, (English translation by Peter Ford & Kenneth Mitchell),, 603 p.(ISBN 0575026502,lire en ligne),p. 7–9
  44. ab etc(en) KeithLaybourn,Fifty Key Figures in Twentieth-century British Politics, Routledge,, 248 p.(ISBN 9780415226769,lire en ligne[archive du]),p. 199–200
  45. (en) Thorpe, « Stalinism and British Politics »,History, Wiley,vol. 83,no 272,‎,p. 616(DOI 10.1111/1468-229X.00089,JSTOR 24424503,lire en ligneAccès limité, consulté le)
  46. « Mr. Pollitt's Warning »,The Times,‎(lire en ligne[archive du], consulté le)
  47. (en) John Torode, « BOOK REVIEW / Working-class hero who followed the wrong leader: 'Harry Pollitt' »Accès libre,(consulté le)
  48. (en) Thorpe, « Stalinism and British Politics »,History, Wiley,vol. 83,no 272,‎,p. 608–627(DOI 10.1111/1468-229X.00089,JSTOR 24424503,lire en ligne, consulté le)
  49. a etb(en) Thorpe, « Stalinism and British Politics »,History, Wiley,vol. 83,no 272,‎,p. 617(DOI 10.1111/1468-229X.00089,JSTOR 24424503,lire en ligne, consulté le)
  50. a etb(en) W.W.J.Knox et A.McKinlay,Jimmy Reid: A Clyde-built Man, Liverpool University Press,, 259 p.(ISBN 9781789620849,lire en ligne[archive du]),p. 79
  51. IanBlack, « How Soviet tanks crushed dreams of British communists »,The Guardian,‎(lire en ligne[archive du], consulté le)
  52. (en) F.S.W.Craig,British Parliamentary Election Results, 1918-1949, Political Reference Publications,, 745 p.(ISBN 9780900178016,lire en ligne),p. 329
  53. (en) F.S.W.Craig,British Parliamentary Election Results, 1918-1949, Political Reference Publications,, 745 p.(ISBN 9780900178016,lire en ligne),p. 51
  54. (en) F.S.W.Craig,British Parliamentary Election Results, 1918-1949, Political Reference Publications,, 745 p.(ISBN 9780900178016,lire en ligne),p. 304
  55. Childs, « The British Communist Party and the War, 1939-41: Old Slogans Revived »,Journal of Contemporary History, Sage Publications, Inc.,vol. 12,no 2,‎,p. 240(DOI 10.1177/002200947701200202,JSTOR 260215,S2CID 159508420,lire en ligneAccès limité, consulté le)
  56. (en) F.S.W.Craig,British Parliamentary Election Results, 1918-1949, Political Reference Publications,, 745 p.(ISBN 9780900178016,lire en ligne),p. 520
  57. (en) F.S.W.Craig,British parliamentary election results, 1950-1970, Political Reference Publications,, 745 p.(ISBN 0900178027,lire en ligne),p. 549
  58. « Harry Pollitt Is Dead »,Evening Express,‎(lire en ligneAccès limité)
  59. (en) KevinMorgan,Harry Pollitt, Manchester University Press,, 208 p.(ISBN 9780719032479,lire en ligne[archive du]),p. 183
  60. (en)Lloyd's Register of Shipping, Lloyd's,(lire en ligne[archive du]),p. 1488
  61. (en)« A Tribute to Harry Pollitt 1890 - 1960 »[archive du]Accès libre,Blue Plaques, Tameside District Council(consulté le)
  62. (en) BrianMansfield et NealWalters,MusicHound Folk The Essential Album Guide, Visible Ink,, 1030 p.(ISBN 9781578590377,lire en ligne[archive du]),p. 7
  63. (en) Bowles, « The Affluent and Permissive Society »,Marxism Today,‎,p. 115

Liens externes

[modifier |modifier le code]
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Harry_Pollitt&oldid=223865597 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2025 Movatter.jp