Pour les articles homonymes, voirHalban.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalités | |
| Domiciles | |
| Formation | |
| Activités | |
| Enfant | Philippe A. Halban(d) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Directeur de thèse | Edgar Meyer(d) |
| Étudiant de thèse |
Hans von Halban (Leipzig, -Neuilly-sur-Seine,) est unphysicien français d'origineautrichienne. Il participe avecFrédéric Joliot-Curie etLew Kowarski à la mise au point dupremier réacteur nucléaire français.
Du côté de son père, il descendait de juifspolonais, qui quittèrentCracovie pourVienne dans les années 1850. Son grand-père, Heinrich Blumenstock, avait été haut fonctionnaire dans l'Empire austro-hongrois et avait été anobli par l'empereurFrançois-Joseph dans les années 1880, prenant le nom dechevalier Heinrich Blumenstock von Halban. Le nom de Blumenstock a subséquemment été abandonné par la famille, comme l'usage du « von » après laSeconde Guerre mondiale. Sa famille maternelle venait deBohême et son arrière-grand-père, Moritz von Fialka, était colonel pendant laguerre austro-prussienne de 1866.
Bien que convertie aucatholicisme, la famille n'a jamais été pratiquante religieusement. Hans Halban était unlaïc convaincu.
Hans Halban a fait ses études dans l'Allemagne de Weimar, où son père, Hans von Halban Sr., était professeur dechimie physique. La famille déménagea versZurich en 1928. Halban y devient chercheur enphysique et soutient son doctorat à l'École polytechnique fédérale de Zurich endécembre 1934.
Il alla alors travailler pour un an avec lephysicien nucléaireNiels Bohr à l'Institut de physique de l'université de Copenhague. Il y découvrit, avecOtto Frisch, que l'eau lourde absorbait très peu les neutrons.
En1937, Halban fut invité à rejoindre l'équipe deFrédéric Joliot-Curie auCollège de France àParis. Cette équipe comprenait aussiFrancis Perrin etLew Kowarski. En1939, le groupe mesura le nombre de neutrons moyen émis par fission[1], et établit ainsi la possibilité théorique de réactions nucléaires en chaîne et de production d'énergie nucléaire[2]. En août, le groupe réussissait déjà à montrer que le nombre de fissions dans de l'oxyde d'uranium augmentait par immersion dans l'eau ordinaire[3].
Pendant ce même été, le gouvernement d'Édouard Daladier réussit à se procurer le stock mondial d'eau lourde enNorvège, et à letransférer par avion enFrance, pour le confier au groupe du Collège de France.
Avec l'occupation allemande de Paris en, Halban et Kowarski quittèrent Paris avec la provision d'eau lourde, un gramme deradium et les documents sur leurs recherches, sur les instructions de Joliot-Curie. Ils s'échappèrent de France vers l'Angleterre, viaClermont-Ferrand etBordeaux :« Hans von Halban mit sa femme et sa fille âgée d'un an à l'avant de la voiture, un gramme du radium de Marie Curie dans le coffre, et les bidons d'eau lourde entre les deux pour minimiser le possible danger d'irradiation[2]. »
Ils furent invités par le gouvernement deChurchill à continuer leurs recherches à l'université de Cambridge. En1942, avec plusieurs "réfugiés scientifiques"britanniques eteuropéens, Halban fut envoyé àMontréal comme chef d'un laboratoire de recherches, partie duProjet Manhattan en formation[4].
Halban avait divorcé de sa première femme, Els (née Andriesse, qui épousa plus tard le physicien tchèqueGeorge Placzek), et épousa en1943 Aline Strauss (née de Gunzbourg), qui s'était échappée de France en1941 avec son jeune fils Michel.
Après laLibération de Paris, en août1944, Halban revint en visite àLondres et Paris, où il vit Joliot-Curie pour la première fois depuis son départ de France. Bien qu'il eût affirmé à son précédent patron, legénéral Groves, qu'il n'avait pas divulgué de secrets nucléaires, le chef duProjet Manhattan fit éliminer Halban de son travail à Montréal, pour le remplacer parJohn Cockcroft. Halban n'était plus autorisé pour un an, ni à quitter l'Amérique du Nord, ni à y travailler.
Contrairement à ses attentes, Halban ne fut pas réinvité au Collège de France après la guerre. Par contre, il fut invité en Angleterre parFrederick Lindemann (Lord Cherwell) pour diriger un groupe dulaboratoire Clarendon à l'université d'Oxford, en liens étroits avec l'Établissement de recherche atomique d'Harwell.
Après huit années productives àOxford, Halban fut réinvité en France en1954 par le premier ministrePierre Mendès-France, pour diriger la construction d'un laboratoire de recherches nucléaires àOrsay, au sud de Paris, à proximité ducentre de Saclay duCommissariat à l'énergie atomique (CEA). Il accepta cette nomination en1955, à la suite du divorce d'avec sa femme Aline, qui se remaria peu après avecIsaiah Berlin. Ce laboratoire sera leLaboratoire de l'accélérateur linéaire (LAL), dont il prend la direction à la suite de Frédéric Joliot-Curie en1958[5].
Pour raisons de santé, Halban fut obligé de prendre sa retraite en1961. Il passa les trois dernières années de sa vie à Paris et à Crans-sur-Sierre, en Suisse, avec sa troisième femme, Micheline (nėe Vernier-Lazard et petite-fille d'André Lazard associé deLazard Frères et l'un des fondateurs avecMarie Curie de l'Institut Curie).
Il mourut le de complications à la suite d'une opération cardiaque sans succès, à l'hôpital américain de Paris, laissant trois enfants : Catherine Maud, de son premier mariage, Pierre et Philippe de son deuxième. Il est enterré àLarchant, près de Paris.
En 1940,James Chadwick envoya les travaux de Halban et Kowarski de Cambridge à laRoyal Society. Il lui demanda de garder les papiers, car il ne convenait pas de les publier pendant la guerre.
En2007, la Société découvrit les documents pendant un audit de leurs archives[6].