| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activités |
| Parti politique | Parti national-socialiste des travailleurs allemands(à partir de) |
|---|---|
| Membre de | |
| Grade militaire |
Hans-Dietrich Ernst ( àOppeln -23 novembre 1986 àLeer) était un avocat allemand, uncommandant (Sturmbannführer)SS (Schutzstaffel) et unagent du SD (Sicherheitsdienst), envoyé pendant laSeconde Guerre mondiale enFrancesous occupation allemande en tant que commandant SS de la Police de sûreté et du SD (Kommandeur der Sicherheitspolizei und des SD : KdS) àAngers, où il était responsable de ladéportation desJuifs.
Après ses études secondaires, ce fils de juge entame des études supérieures en droit. Après laprise de pouvoir par les Nazis, il rejoint leNSDAP. Après avoir terminé son stage en droit et obtenu son diplôme, il travaille dans l’administration interne àHambourg etBerlin, et immédiatement après l'annexion de l'Autriche de mars 1938 jusqu'à la fin de 1939, au bureau du « commissaire du Reich pour la réunification de l'Autriche avec le Reich allemand ».
En 1940, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, il est nommé au conseil des gouverneurs dans le cadre de son travail avec leSénat deHambourg[1]. Peu de temps après, il devient député au Conseil du district de Tegel, dans le District deKarlsbad[1]. Il est promu à la Cour Suprême[2].
Après l'invasion allemande de l'Ouest, il est nommé en France occupée administrateur de guerre pour l'administration militaire àDax, et, à partir de 1941, àBordeaux, comme chargé des affaires de police (Referent für Polizeisachen) auprès du commandant de campagne (Feldkommandantur).
Au début de, il devient commandant SS de la Police de sûreté et du SD (Kommandeur derSicherheitspolizei und desSD : KdS) àAngers. Dès son activité en tant que KdS, il reçoit le titre deSS-Hauptsturmführer[1] .
Sous son commandement, le, un convoi de Juifs d’Angers est parti à destination du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau[3],[4]. En, dans le contexte de l'avancée desAlliés, Ernst s'enfuit en Allemagne.
Après la guerre, il est capturé et interné par lesAméricains mais il parvient à s'échapper. Il se cache àLeipzig, mais l'occupant soviétique l'arrête et le condamne à vingt ans de travaux forcés. Il est emprisonné en 1947 en Union soviétique augoulag de Vorkouta jusqu'à sa libération à titre d'amnistie. Durant son emprisonnement, il est condamné à mort par contumace à trois reprises en raison de crimes contre l'humanité envers des citoyens français[5].
Pendant son absence, à l'initiative de sa femme, un procès a lieu en 1951, au cours duquel elle prend la défense de son mari, que l'on croyait disparu en Union soviétique. Son épouse avait engagé cette procédure afin de recevoir une allocation financière dans le cadre de la règle 131. Laprocédure de dénazification classe Ernst comme partisan duNational-socialisme. Il aurait perçu un salaire inférieur s'il avait été réintégré dans la fonction publique, ainsi qu'une suspension de promotion pendant cinq ans. Son épouse a néanmoins reçu une allocation financière en vertu de la règle 131[6].
Après sa libération en 1956, Ernst s'installe àLeer pour y vivre avec sa femme et reçoit une indemnité de prisonnier de 5.520DM[6].
À l'initiative de l'Office central de protection juridique (ZRS - Zentrale Rechtsschutzstelle), l'Association des rapatriés avertit Ernst de ne pas se rendre en France[7]. En raison de son « statut d'ancien nazi dénazifié » (Entnazifizierungsstatus), Ernst ne peut pas réintégrer la fonction publique, mais il perçoit une rémunération.
En 1958, il est admis comme avocat au barreau de Leer et, à partir de 1964, s'installe en tant quenotaire.
En 1965, leService central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes avise les chasseurs de nazisSerge etBeate Klarsfeld du cas Ernst[6].
Lors d’une audition en, Ernst ne nie pas la déportation des Juifs mais se retranche derrière les ordres qu'on lui demandait d'exécuter en tant que commandant de police SS (KdS). Il affirme ne pas connaitre la destination des Juifs déportés car les trains se dirigeaient d'abord vers lecamp de concentration de Drancy et soutient qu'il ne savait rien de l'Holocauste[8].
En 1977, Serge Klarsfeld envoie au Ministre de la JusticeHans-Jochen Vogel des documents incriminant Ernst, documents transmis à la Cour régionale supérieure d’Oldenbourg (Oberlandesgericht Oldenburg, Cour d'appel duLand). Cette Cour d'appel d'Oldenburg retire à Ernst son agrément d'avocat et de notaire. À la demande de Ernst, ses deux agréments lui sont restitués par untribunal d'honneur (Ehrengericht[9]), et non par une décision de laCour fédérale de justice (Der Bundesgerichtshof) qui statue comme cour de cassation[10],[11],[12].
Après les enquêtes des Klarsfeld àLeer, des manifestations françaises ont lieu contre Ernst. En 1981, Ernst rend volontairement ses deux licences (avocat et notaire) dans le cadre de la procédure judiciaire engagée contre lui en raison de la déportation des Juifs. Le ministère public du Tribunal de grande instance deAurich (Basse-Saxe) (Landgericht Aurich) décide soninculpation, mais en raison de son mauvais état de santé, il n'assiste pas à l'audience[6].
Il meurt le 23 novembre 1986 à Leer selon certaines sources (Stadtarchiv Leer : StadtA LER, Rep. 023-01, Sterberegister Leer 1986/636) et en 1991 selon d'autres[13].