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Hamza (lettre)

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Pour un article plus général, voirÉcriture de l'arabe.

Lahamza (en arabeهَمْزَة) est un signe de l'alphabet arabe qui note le « coup de glotte » [ʔ]. Bien que cephonème fonctionne enarabe comme une consonne à part entière, et qu'elle serve en particulier de consonne radicale à de nombreuses racines, lahamza n'est pas considérée comme unelettre de cet alphabet. De ce fait, sa notation est atypique, mal stabilisée, et relativement complexe.

Lahamza se présente le plus souvent avec un « support », et se comporte alors comme undiacritique ; mais est parfois écrite en ligne comme une lettre régulière. Les règles d'écritures de lahamza et de son support éventuel dépendent de la nature de lahamza, de sa place dans le mot, du vocalisme et de lasyllabation.

Il existe deux types dehamza :

  1. lahamza stable, qui appartient à la structure consonantique du mot et se prononce toujours ;
  2. lahamza instable, attaque vocalique que l'on ne trouve qu'en début de mot, et qui ne se réalise comme un coup de glotte que si le mot en question est en début de phrase ou se trouve après une pause. Ailleurs dans l'énoncé, lahamza et sa voyelle ne se prononcent pas.

Historique

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Évolution duAleph.

Valeurs variables du « coup de glotte »

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Lahamza n'est pas considérée comme une lettre dans la doctrine classique ; et contrairement aux 28 lettres de l'alphabet arabe, elle n'a aucun équivalent dans aucune autre écriture sémitique. Elle n'a vu le jour que vers leVIIIe siècle. L'invention de ce nouveaugraphème qu’est lahamza est étroitement liée à une modification de la signification de la lettrealif, qui, auVIIIe siècle, a perdu son sens historique, pour devenir un signe de prolongation des voyelles.

Dans les alphabets sémitiques dérivés de l'alphabet araméen, lecoup de glotte correspond normalement à la première lettre de l'alphabet,aleph.

Mais l'arabe étant plus dépendant des voyelles que son modèle nabatéen[1], la nécessité d'indiquer celles-ci s'est fait très rapidement sentir. À cette fin, l'arabe a utilisé les trois lettresalif,ya etwaw comme signe de prolongation, pour indiquer respectivement les voyelles longuesā,ī etū. Ce rôle de signe de prolongation était déjà présent ennabatéen et enaraméen[2].

Sur le plan phonétique, par ailleurs, le « coup de glotte » était plus ou moins marqué suivant les dialectes. Sa position de consonne faible entre deux voyelles se transformait souvent en une simple articulation entre ces voyelles, qui, suivant les couples de voyelles considérées, pouvait prendre la forme d'un allongement ou d'une semi-voyelle, se retrouvant alors transcrit par l'une des trois lettresalif,ya etwaw. Dans ce contexte phonétique, leya et lewaw conservent également leur rôle de semi-consonne (valant respectivementy etw), mais lealif perd complètement son rôle de consonne, et ne sert plus que comme lettre de prolongation dua, qu'il soit ou non substitut du coup de glotte.

C'est dans ce contexte que l'alphabet arabe s'est fixé, et que les premières versions duCoran ont été mises par écrit[3].Dans cette notation, les trois lettresalif,ya etwaw peuvent correspondre à un signe de prolongation d'une voyelle, ou à la trace d'un coup de glotte ; et leya et lewaw peuvent de plus avoir leur rôle originel de semi-consonne.

Cependant, si l'alphabet arabe a été fixé en référence à un dialecte sans coup de glotte, le dialecte de référence pour la transmission orale duCoran avait en revanche conservé le « coup de glotte » comme consonne à part entière. Il était donc nécessaire de préciser son emplacement aux endroits où il apparaissait. Lahamza fut alors introduite comme signe diacritique, dérivée duʿayn phonologiquement similaire, pour indiquer l'emplacement de ce coup de glotte, en complément aux trois lettresalif,ya etwaw qui en avaient noté l'articulation. Ces trois lettres sont à présent conservées comme « support » ou « siège » de lahamza, mais sont en principe sans valeur phonétique.

Hésitations et tolérances modernes dans l'écriture

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Coran de 671 : des diacritiques ont été rajoutés sur une écriturekoufique.

L'écriture de cettehamza a toujours été une difficulté, même en arabe classique, parce qu'elle était absente des premiers manuscrits coraniques, et parce qu'elle disparaît dans de nombreux environnements phonétiques[3].

De nos jours, les règles gouvernant le support de lahamza sont toujours en principe celles de l'arabe classique (et ses priorités « i, u, a, ø »), mais les académies ont introduit des tolérances nouvelles dans la pratique moderne[3]. En position initiale, lahamza (toujours supportée par unalif) tend à ne plus être qu'implicite, en particulier lorsqu'elle est mobile ; et quand elle est notée, l'est sans faire la différence entre l'initiale « ʾi » (notée avec unehamza souscrite إ) et les autres (avechamza suscrite أ).

L'arabe est réticent à écrire deuxwaw de suite ; et les académies acceptent que le support puisse être assez systématiquement[3] unalif maqṣūra quand il doit être suivi d'unwaw :

On écrira ainsiشُئُون (šuʾūn, « chose, affaire », racine : شءن) au lieu d'un régulier[4] mais inesthétiqueشُؤُون

De même, quand lahamza suit une voyelle longue de même support qu'elle, l'écriture moderne tend à l'écrire en ligne alors que cette forme n'existe pas dans l'écriture classique pour la hamza médiane.

On écrira ainsiدَءُوب (daʾūb, travailler, racine دءب) au lieu d'un théorique[5]دَؤُوب

D'autre part, le support de lahamza tend à se lexicaliser : alors que ce support dépend théoriquement des voyelles environnantes, unehamza finale tend à rester invariable même lorsque le suffixe grammatical varie[3].

Variantes dans la prononciation

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Manuscrit koufique où lahamza a été rajoutée à l'encre verte.

La hamza marque à la base une articulation faible entre consonnes formantdiérèse : le « coup de glotte » léger dans « iʾu », semi-consonne sourde, fait la différence d’avec une liaison par semi-voyelle « iyu », qui apparaît nécessairement s’il n’y a pas de suspension de la vocalisation. Par ailleurs, en début de syllabe la hamza est une réattaque vocalique ; en fin de syllabe fermée elle se traduit par une légère emphase et un repos de la voix pendant l’aspiration[6].

La hamza marque fondamentalement une diérèse. C’est une semi-consonne neutre, qui peut disparaître quand il n’y a pas de rencontre entre deux voyelles, ou au contraire être renforcée par un W ou un Y lorsque l’articulation doit être plus marquée ou adoucie et est alors vocalisée. C'est cette transformation facile de lahamza en une voyelle longue qui a historiquement conduit à sa position particulière dans l'alphabet ; et cette transformation se fait encore sentir de nos jours.

En arabe moderne, la hamza en milieu de mot tend à se prononcer sans marquer l’arrêt vocalique ; et les supports ئ et ؤ se transforment en lettres de prolongationya ي etwaw و dès qu’ils sont précédés ou suivis d’une voyelle, à l’exception cependant de ئِ et ؤُ. C’est à cause de cette assimilation que les verbes à troisième radicale hamzée se confondent aussi assez souvent avec les verbes nommés proprement défectueux, c'est-à-dire dont la dernière radicale est unya ou unwaw[6].

En particulier, les séquences de type « iʾi » et « uʾu » sont de fait équivalentes à « iyi » ou « uwu », qui ne se distingue pas des voyelles longues correspondantes. De même, si « aʾa » est équivalent d’un « â » long, ceci peut expliquer qu’un « ā » long devant une lettre redoublée par un teschdid s’écrit parfois avec un alif madda ( آ )[7], comme dansضَآلُّونَ (ḍâllûn, errant), ce qui n’est plus une anomalie s’il est l’équivalent de ḍa-’al-lûn.

La hamza peut se rencontrer en position quiescente, en fin de syllabe. Dans ce cas, elle transforme la voyelle précédente en longue et supprime la hamza[8], celle-ci ne portant pas de voyelle, il n’y a dans ce cas pas de diérèse à faire, son effet principal est de transformer la syllabe précédente en syllabe longue. Le même effet peut être obtenu en remplaçant la hamza par une lettre de prolongation. On aura dans les deux cas la même « lettre faible », jouant soit le rôle de lettre de prolongation, soit celui de support de la hamza. Cette transformation est obligatoire dans les syllabes commençant et se terminant par une hamza. Dans ce cas, la deuxième hamza est supprimée de l’écriture pour ne laisser que la lettre de prolongation.

Formes écrites

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Forme de lahamza isolée.

Lahamza peut s'écrire isolément, comme s'il s'agissait d'une lettre de l'alphabet arabe, ou sous forme dediacritique. Quelle que soit sa position, lahamza a toujours la même forme, et ne se lie ni devant ni derrière. En revanche, sa taille varie suivant qu'elle est en ligne ou sous forme de diacritique.

Lorsqu'elle est écrite en ligne, sans support, elle prend toujours la forme d'une lettre « isolée », et sa taille est comparable à celle des autres lettres :

تَفَاءَل (tafāʾal, optimiste, racine فءل).

On peut également rencontrer unehamza en position haute sans support propre. Cettehamza haute peut suivre une lettre qui prend alors une forme finale (ou isolée), mais qui peut également prendre une forme médiane (ou initiale) et se lier à la lettre qui suit lahamza, laquelle est dans ce cas écrite au-dessus de la liaison entre les deux lettres qui l'encadrent[9] (en composition, le diacritique prend position sur unekashida).

هَيْـَٔة (hayʾat, forme extérieure, racine هيء).

En milieu de mot, lahamza est normalement portée par unalif, unwaw ou unya, s'accordant suivant les voyelles qui la précèdent et la suivent (l'ordre de priorité étantya,waw,alif et absence de voyelle). Leya homologue aui est en réalité sans points, unʾalif maqṣūra. Ainsi, dans une écriture entièrement voyellée, les trois supports se présenteront ainsi :

  • Dansرَئِيس (raʾīs, le chef), lahamza est entre una et uni (long), et est portée par unʾalif maqṣūra : ئــئــئ ئ
  • Dansفُؤَاد (fuʾād, le cœur), elle est entre unu et una (long), et est portée par unwaw :ؤــؤــؤ ؤ
  • Dansرَأْس (raʾs, la tête), elle est entre una et une absence de voyelle, et est portée par unalif :أــأــأ أ

Noter dans ces exemples que le support et sahamza reçoivent eux-mêmes normalement des diacritiques, traduisant la voyelle qui suit la hamza, et que cette voyelle peut elle-même recevoir une lettre de prolongation. Une exception majeure, toutefois, est que l'on ne fait jamais suivre deuxalif l'un derrière l'autre. Un alif-hamza se prolonge par l'apparition du madda : c'est un signe en forme detilde que l'on place au-dessus de l'alif, pour indiquer qu'il faut le prononcer comme une hamza ayant pour voyelle un "â" long. On aura ainsi :

قُرْآن (qurʾān, le Coran), oùآ note la séquenceʾā, donc à la fois lahamza (dont le support est dans cette position unalif), la voyellea, et sa lettrealif de prolongation.

Lahamza théoriquement supportée par unalif peut être portée par unlam-alif, notamment lorsque le support fait sa ligature avec le préfixeel défini :

الإِنْتِظَار (el-ʾintizâr, le parking — noter que lahamza reste considérée comme « en position initiale » derrière leel).

Unehamza peut se rencontrer sur d'autres lettres dans les écritures dérivées de l'alphabet arabe.

  • Dans l'alphabet perso-arabe, unehamza peut être supportée par un : هٔــهٔــهٔ هٔ
  • Dans l'alphabetpachto, supportée par unḥā : ځــځــځ ځ
  • Dans l'alphabetormuri, supportée par un : ݬــݬــݬ ݬ

Écriture de la hamza stable

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Il faut considérer sa placedans le mot graphique (et non dans le mot prononcé) : dansأَلسَّمَاءُas-samāʾu, « le ciel (cas sujet défini) »,hamza est la dernière lettre (et non le dernier phonème). En effet, leu final est la voyelle casuelle, qui n'est pas prononcée dans la conversation courante ; ce pourrait d'ailleurs être untanwīn :سَمَاءٌ.

Hamza tahri à l'initiale

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  • Elle a toujours le supportʾalif et elle est toujours suivie d'une voyelle ; c'est undiacritique ;
  • Elle se place au-dessous duʾalif si la voyelle qui suit est /i/, long ou bref, que le texte soit vocalisé ou non :إِ etإ notent tous deuxʾi, comme dans le prénomʾIbrāhīm, écritإِبْرَاهِيم ouإبراهيم ;
  • Elle se place au-dessus duʾalif dans les autres cas :ʾa est notéأَ ouأ, tandis queʾu est écritأُ ouأ, par exemple ; ainsiأَنْتَ ouأنتʾanta, « toi (masculin) » ;أُسْبُوع ouأسبوعʾusbūʿ, « semaine » ;أَيْنَ ouأينʾayna, « où », etc.

Hamza à la finale

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  • Son support varie selon le timbre de la voyelle qui précède (à condition que lahamza ne soit pas porteuse d'une autre voyelle elle-même) ;
  • Dans tous les cas, si lahamza est précédée par unesukūn ou une voyelle longue, lahamza s'écrira dans la ligne, donc sans support. Les exemples suivants personnifient cette règle :شَيْءšayʾ, « chose » ;شَاءَ šāʾa, « il a voulu » ;ضَوْءḍawʾ, « lumière ». De plus, la lettrealif étant toujours longue, jamais unehamza ne prendra la lettreʾalif comme support dans cette position ! Les exemples suivants démontrent cet état de fait :شَاءَ šāʾa « il a voulu » ;بَاْءbāʾ, « lettre B ».
  • Dans tous les autres cas, la règle de lahamza médiane prévaut (hamza rafik) généralement. La règle est simplifiée puisque cela ne concerne que les voyelles courtes dans cette partie. Il s'agit de /a/, /i/ ou /o/ suivis dehamza, celle-ci étant un diacritique et ses supports étant dans ce cas respectivementʾalif,yāʾ hamza (sans points),wāw : مُبْتَدَأmubtadaʾ, « commencement ». Malgré tout, on retrouve des caractères (hamza) sur la ligne au-delà de la règle (à l'instar du Waw diphtongue en position médiane dans le mot, donc 2 possibilités également dans ce cas).

Hamza rafik au milieu du mot (dite en position médiane)

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Lorsque la hamza suit une voyelle longue ou une diphtongue (donc, doit être écrite derrière une lettre infirme ا, و, ي) :

  • Après un, qu’il soit voyelle longue (-īʾ-) ou diphtongue (-ayʾ-), le support de la hamza est toujours un second, sans points.
  • Après unWaw voyelle longue (-ūʾ-), lahamza est toujours en ligne.
  • Après unWaw diphtongue (-awʾ-), lahamza est en ligne, ou supportée par la voyelle suivante (sauf pour awʾū, cas où la Hamza est toujours en ligne :وْءُو et nonوْؤُو).
  • Après unalif long, si l’autre voyelle est unkesra ِـ long ou court, la Hamza est au-dessus d'unى sans point. Si l’autre voyelle est un dhammaـُ court, la hamza est au-dessus d'unWawو. Dans les autres cas, la Hamza est en ligne.

Dans les autres cas, il faut comparer V¹ et V² ; lahamza prendra comme support la consonne liée à la voyelle la plus fortedirectement en contact avec la vocalisation de lahamza, selon la hiérarchie[i] > [u] > [a] >sukūn :

  • Ainsi, dans le cas où V¹ et V² sont [a] etsukūn, le support sera unʾalif :raʾs, « tête »,رَأْس ([a] puissukūn[10]).
  • Autre exemple :حَقَائِبḥaqāʾib, « valises » (supportyāʾ hamza car [i] > [a]).
  • Si l’une ou l’autre des « voyelles » que sépare lahamza est undjezma ْ, lahamza prend donc pour support la lettre infirme associée à l’autre voyelle. (بئر / bi'r / puits,مؤمن /mu'min / confesseur, croyant,رأس / ra's / tête). Dès lors, si lahamza reste non-vocalisée (et que donc une consonne la suit), la voyelle avant lahamza est décisive et si c'est lahamza qui suit une consonne non vocalisée, c'estin fine la voyelle qui suit lahamza qui est décisive selon le même principe.
  • Si l’une ou l’autre voyelle est unkesra ِـ , lahamza est au-dessus d'unى sans point (رئة / riʾa / poumon). ;
  • Sinon si l’une ou l’autre voyelle est undhamma ُـ, lahamza est au-dessus d'un Wawو (سؤال / suʾāl / question) ;
  • Sinon si les deux voyelles sont unfatha ـَ, lahamza est au-dessus d'unalif ا (سأل / saʾala / demander).
  • Il n'est possible de trouver que les deux lettres voisines de lahamza portent lasukūn (sauf pour le cas des voyelles longues qui n'ont pas valeur desukūn dans ce cas précis, il faut le préciser).
  • Si V¹ est unā et V² unefatḥa ou unsukūn lahamza n'a pas de support et prend la forme indépendante (écriture dans la ligne). Ceci ressort du fait que l'on ne peut pas faire suivre deux lettresalif à la suite (saufalif maddah pour la voyelle longue "a") :
    شَاءَ šāʾa « il a voulu ».

Le cas contraire ou inverse à ce dernier cas (V¹ unefatḥa ou unsukūn et V² unā) engendrera l'écriture d'unalif maddah pour constituer la voyelle longue "a" lequel inclura lahamza bien que celle-ci soit invisible; le tout à l'instar du début du mot (longue voyelle "a" ethamza invisible bien qu'existant). Cependant, ce dernier cas est général et pas systématique car on peut parfois trouver à la place lahamza dans la ligne comme :قـُرْءَان

Pour le novice, une erreur fréquente consiste à confondre le support de lahamza avec une voyelle longue voire une consonne. En effet, lorsque l'on définit le support de lahamza, on l'ajoute sur le lieu du mot de la vocalisation de justement cettehamza. Ce support ou lahamza dans la ligne peuvent porter une autre voyelle (celle qui suit la vocalisation de lahamza). Cette dernière voyelle peut même être longue. Dès lors, si le support est unWa et que la lettre d'allongement est la même (voyelle longue deWa), cela donnera un arrangement théorique (mot n'existant pas) comme celui-ci :

  • طُؤُوط.

L'exemple précédent inclut les lettres ﻁ ou Ṭa comme consonne mais cela aurait pu être n'importe quelle autre consonne. De même, il y a une voyelle courteWa (en faitdhamma, pour être exact) avant lahamza mais on aurait pu écrire unalif à la place mais pasYa voyelle (qu'elle soit longue ou courte donckesra) dans cet exemple ; sinon le support deviendrait cette dernière selon les règles précédentes. Pour finir, on peut remarquer toujours dans le même exemple en plus du reste encore queWa support porte effectivement lahamza (ce qui le rend distinctif des autresWa) ainsi que la voyelle qu'il porte au-dessus de lahamza ; voyelle qui serait courte sans le deuxièmeWa de prolongation qui suit.

Pour ce qui est des règles générales, il existe un tableau sur la page anglaise dédiée au même sujet avectous les cas généraux; le tout bien utile.

Il existe un dernier cas d'hamza en position médiane. Il s'agit dans ce dernier cas du support de lafathatan sans consonne préalable. À l'initiale, lahamza se situe "étrangement" avant la lettrealif puis tout autant étonnement en suspension au milieu du mot entrealif et celle à laquelle cette dernière lettre est liée (la précédente) avec par exemple :شَيْـًٔا. Il est facile de décoder cette possibilité en raison de la "double voyelle" (tanwine) indiquée sur lahamza dans ce cas et il ne faut pas suivre les règles précédemment stipulées pour ce dernier cas de figure (celui de latanwine).

Hamza instable

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Lahamza dite « instable » n'apparaît qu'à l'initiale ; elle représente toujours le son suivi d'une voyelle mais à la différence de lahamza stable, l'instable ne se manifeste que si le mot qui la porte est en début de phrase ou après une pause. Ailleurs, lahamza et sa voyelle sontélidées.

Cettehamza instable est portée par unʾalif dit « prosthétique ».

Cette écriture est induite par lastructure syllabique de l'arabe : une syllabe y est soit unesyllabe ouverte (de la forme « consonne + voyelle »), soit unesyllabe fermée (de la forme « consonne + voyelle + consonne »). De ce fait, un mot en début d'énoncé ou après une pause ne peut pas commencer par deux consonnes ; pour pouvoir prononcer deux consonnes, elles doivent nécessairement être précédées par une voyelle (de même qu'en français,espérer a ajouté une voyelle devant son originesperare).

Mais comme dans lastructure syllabique de l'arabe, une syllabe ne peut pas non plus commencer par une voyelle, on ajoute formellement unehamza qui sert de consonne artificielle, et permet de porter la voyelle initiale. Ceʾalif et sahamza traduisent dans ce cas une « attaque vocalique », c'est-à-dire le fait de débuter une énonciation par une voyelle.

Mots portant unehamza instable

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On trouvera donc unehamza instable dans deux cas :

  • Les mots commençant par deux consonnes, c'est-à-dire dont la première consonne ne porte pas de voyelle ; c'est le cas :
    • au début de certaines formes verbales : l'impératif de la première forme et des formes vii à x ; l'inaccompli des formes vii à x ;
    • pour certains mots d'origine étrangère commeistūdiyū.
  • Les mots commençant par une voyelle, c'est le cas :
    • au début de l'articleٱل, dupronom relatif, et du motاَللّٰهAllāh, « Allah (Dieu) » ;
    • au début de certains noms, parmi lesquelsٱِبْنʾibn, « fils » etٱِسْمʾism, « nom ».

Écriture de laHamza instable à l'initiale

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Dans un texte vocalisé, on ne l'écrit pas au moyen de la lettre ou du diacritiquehamza mais on garde leʾalif de support seul, sans marque. Comme aucun mot ne commence par une voyelle, unʾalif seul en début de mot dans un tel texte ne peut que porter unehamza instable et sa voyelle ; on peut aussi noter la voyelle sans lahamza, voire écrire les deux (plus rarement) :ʾal, « le, la », s'écrit le plus souventال, sinonاَل, et dans les ouvrages didactiquesأَل (pour des raisons didactiques). La graphieاَل ne doit cependant pas faire penser que le mot se prononceal.

Comme la notation de lahamza instable est très flottante, on trouvera souvent de nombreuses orthographes pour un même mot.

Prononciation de laHamza instable élidée

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Lahamza instable ne servant qu'à marquer une syllabe-béquille aidant à la prononciation, il est normal qu'elle disparaisse ailleurs qu'en début d'énoncé, lorsqu'elle est précédée d'une voyelle.

Ailleurs qu'en début d'énoncé ou qu'après une pause, lahamza est élidée avec sa voyelle, puisque la syllabe prosthétique n'a plus lieu d'être. L'écriture, cependant, continue à la noter au moyen duʾalif waṣla :ٱ, qui ne porte jamais de voyelle, puisque celle-ci est aussiamuïe. Ce diacritique est cependant rarement écrit en pratique.

  • Toute voyelle longue qui précède unehamza élidée est abrégée, sans que l'écriture ne le montre :فِي, « dans » suivi du syntagme الْفُنْدُقʾal-funduq, « l'hôtel », s'écritفِي ٱلْفُنْدُق, prononcéfi l-funduq alors qu'il est en réalité écritfī ʾal-funduq. De manière plus courante, la graphie sera في ٱلفندق voire, encore plus couramment,في الفندق, sanswaṣla.
  • Si le mot précédent se termine par une voyelle casuelle, celle-ci est maintenue et sert de liason :قُبَّعَةُ ٱلسَّيِّدَة,qubbaʿat-u s-sayyida, le chapeau de la dame, maisقُبَّعَةِ ٱلسَّيِّدَة,qubbaʿat-i s-sayyida, du chapeau de la dame.
  • Enfin, quand la lettre qui précède est une consonne fermant lasyllabe (portant donc lesukūn) mais pas une consonne de prolongement, une voyelle de liaison est ajoutée. Elle est en général réalisée /i/, sauf dans quelques cas où elle est /u/ pour des raisons d'harmonisation vocalique, notamment après les désinences personnelles en /um/, ou /a/ après la prépositionمن. Exemples :كتبتِ البنت,katabat-i l-bint, "la jeune fille écrivit" ;عليكمُ السلام,`alaikum-u s-salâm, "[que] la paix [soit] sur vous" ;منَ النّاس,min-a n-nâs, "des hommes, parmi les hommes".

Lahamza instable élidée peut même ne pas être écrite, quand des mots avec une tellehamza sont précédés d'un préfixe. Ainsi, la célèbre formule d'ouverture duCoranبِسْمِ ٱللَّهِ,bi-smi-llāhi « au nom de Dieu », s'analyseبِbi (particule de serment, préfixe inséparable) suivi deإِسْمِʾismi, « nom », portant unehamza instable quand il est en position libre (c'est donc la forme trouvée dans les dictionnaires). Cettehamza instable est due au fait que le termesmi commence par deux consonnes attenantes. Lesprépositions d'une seule lettre s'agglutinent au mot suivant. Ce rattachement (agglunination) dispense d'avoir à ajouter lei prosthétique porté par unehamza, et l'ensemble se dit et s'écrit simplementبِسْمِbi-smi. Lahamza instable ne s'écrit plus lors de la concaténation. Le mot suivant,اَللّٰه « ʾAllāh », s'écrit aussi avechamza instable qui est élidée (même sans préposition) pour être écrite avec leʾalif waṣla (comme pour un préfixeal- normal).

Position dans le dictionnaire

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Dans un dictionnaire arabe classique, les entrées sont triées par racines. Dans le cas où lahamza est une lettre radicale, il faut faire attention à ce que son support peut être variable, et apparaître dans l'écrit sous la forme de l'une ou l'autre des lettres faibles,ya,waw oualif.

Conventionnellement, lahamza apparaît toujours comme unalif dans les têtes de section (alif-hamza), et occupe par conséquent le premier rang dans l'ordre alphabétique. Dans la recherche d'une racine hamzée, il faut donc remplacer le siège de lahamza par unalif, et le rechercher à cette position dans l'ordre alphabétique.

Notes et références

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Références

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  1. Histoire de l'écriture, James Février, Payot 1984,p. 269.
  2. The Encyclopaedia of Islam. New Edition. Band 3. 1971; S. 150–152
  3. abcd eteModern Written Arabic: A Comprehensive Grammar. El Said Badawi, Michael Carter, Adrian Gully. Routledge, 2015.(ISBN 1317929837).
  4. Kazimirski, racine شءن.
  5. Kazimirski, racine دءب.
  6. a etbA grammar of the Arabic Language, W. Wright (1874), §132.
  7. A grammar of the Arabic Language, W. Wright (1874), §25.
  8. Grammaire arabe à l'usage des élèves de l'École Spéciale des Langues Orientales Vivantes. Antoine Isaac Silvestre de Sacy, Imprimerie Royale, 1831. §187.
  9. Cf Kazimirski , racine هيء.
  10. lahamza en question n'est pas suivie d'une voyelle : elle porte donc elle-même lesukūn

Bibliographie

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Voir aussi

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Liens externes

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Autres articles
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