Le nom de ville, écritHaralem auIXe siècle,Harlhem etHarlem auXIIe siècle, puisHerlehem auXIIIe siècle, serait probablement un composé des termesHarl signifiant « relief », « monticule » ethem désignant une « demeure », mais il n'y a aucune certitude sur l'étymologie[2].
Une hypothèse romane d'origine gallo-romaine pourrait être les terres fiscales « harlées » et « araiées », c'est-à-dire desséchées ou asséchées par le soleil et/ou les artifices des premiers paysans dès la fin de l'époque mérovingienne, puis assez rapidement divisées et cultivées ou exploitées en parcelles. Ces nouvelles terres auraient été administrées par lots regroupés dans une manse ou domaine spécifique de gestion à l'époque carolingienne, c'est-à-dire un foyer fiscal collectif qui porte le nom germanique deheim ouhem en langue germanique commune. Le plus gros village, centre de ban le plus important, aurait repris le nom de ce terroir. Il existe probablement plusieurs autres dénominations oubliées, elles ont pu être qualifiées temporairement avec l'adjectif « are », « aride » (latinaridus) ou avec le mot arée, « terre labourée » (latin classiquearatio ou vulgairearata), ce qui expliquerait certaines graphies hasardeuses des clercs administrateurs[3].
Haarlem se trouve à une vingtaine de kilomètres à l'ouest d'Amsterdam et à 6 km environ de lamer du Nord. Au cœur de la cité, la rivièreSpaarne qui la traverse, est bordée de monuments historiques. Haarlem est d'ailleurs surnomméeSpaarnestad.
Haarlem est entourée d’eau et plusieurs ports de plaisance dans les environs accueillent voiliers, planches à voile et bateaux à moteur.
Haarlem est fondée auIXe siècle sur les bords d'un cordon littoral d'un lac appeléHaarlemmermeer. Elle est dotée d'un riche passé et obtient les franchises communales depuis plus de sept cent cinquante ans. Les brasseries, la construction navale et l'industrie textile ont fait autrefois de cette ville, l'une des plus prospères des Pays-Bas.
Quelques grandes dates de l'histoire haarlemoise :
Durant le terrible hiver1572/1573, la ville souffre de disettes et de froid car elle est assiégée par les armées espagnoles duduc d'Albe. Elle parvient néanmoins à résister sept mois grâce au ravitaillement arrivant sur destraîneaux à patins glissant facilement sur la glace des canaux gelées en hiver, que les Hollandais menant la guerre de libération contrôlent encore. Mais avec le printemps boueux survient la reddition inévitable. Après les persécutions du duc d'Albe et la déportation ou le massacre planifié d'une partie de la population passée au protestantisme, la ville rejoint en cachette l'alliance confédérée des Pays-Bas, puis ouvre ses portes. Elle se relève sur le plan démographique en accueillant les réfugiés protestantsflamands ou anversois, français oulorrains.LeXVIIe siècle est marqué par l'essor de l'activité textile, ainsi que le début prolifique et spéculatif de la culture de latulipe. De nombreuxFlamands s’établissent à Haarlem vers1700.
À laBelle Époque, les fonderies et la construction navale, par exemple dedragues aux établissements Werf Conrad, acquièrent une réputation mondiale, alors que les brasseries et l'industrie textile demeurent importantes.
Haarlem est administrée par le Conseil municipal (39 membres élus au suffrage direct), le bourgmestre (nommé par leroi) et six échevins (choisis par et parmi les membres du Conseil municipal). Le collège des bourgmestre et échevins assure la gestion courante de la commune.
Le centre historique de Haarlem, très bien conservé, compte plus d’un millier de monuments protégés. Le cœur de la ville est constitué par le Grote Markt, autrefois lieu de joute des comtes deHollande, avec l'hôtel de ville datant duMoyen Âge, la Grote Kerk ouÉglise Saint-Bavon et leVleeshal (halle aux viandes). Haarlem compte un grand nombre debéguinages, dont le plus ancien remonte à 1395.
Lemusée Frans-Hals expose les œuvres de peintres illustres alors que lemusée Teyler (sciences), qui est le plus ancien musée des Pays-Bas, est consacré auXVIIIe siècle. Haarlem est aussi la ville d’écrivains tels queBeets (« Camera Obscura »),Bomans etMulisch (« L’Attentat »). Citons encore le Festival d’orgue international, l'orchestre Holland Symfonia et le chœur de la Cathédrale Basilique St.Bavo, le théâtre Toneelschuur, le cinéma Filmhuis, des galeries et festivals culturels et musicaux.
Haarlem possède un centre animé, où l’on trouve les boutiques, cafés et restaurants les plus divers. Toutes sortes d’événements y sont organisés toute l’année (Vaardagen, Stripdagen, festivals dans le bois Haarlemmerhout).
Plan d'assèchement du lac de Haarlem à partir de 1840.
Haarlem est renommée pour la culture des fleurs. Les champs detulipes, dejacinthes véritables et denarcisses, au sud de la commune, attirent les touristes. Chaque année en avril, les chars décorés du Corso fleuri traversent cette cité pendant deux jours. Haarlem doit son surnom de « ville des fleurs » à l’abondance de fleurs égayant partout la ville le reste de l’année et à son cadre de verdure formé par le Haarlemmerhout (bois municipal) et divers parcs duXIXe siècle.
Vestibule d'entrée du musée Teyler.Deux tableaux en la gare.
Les secteurs importants sont lesecteur (semi)-public, lesecteur graphique (le plus grand éditeur des Pays-Bas est établi à Haarlem, de même queJoh. Enschedé & Zn., imprimeurs entre autres de billets de banque) et l’industrie pharmaceutique. Il n’y a pratiquement pas d’industrie lourde. Des nombreux Haarlemois travaillent hors de la commune.
Quelquesmoulins accessibles en 15 minutes à vélo entourent la ville. Haarlem abrite aussi la petite portion restante duHaarlemmermeer, lacpoldérisé en 1852.
En1658, le hollandaisPieter Stuyvesant a fondé le campement deNieuw Haarlem (la Nouvelle-Haarlem) sur l'île deManhattan en Amérique du Nord. Ce campement est devenu plus tard le quartier deHarlem dans la ville deNew York[5].
↑Les formes verbales haler, hasler, harler sont similaires en ancien français. Elle proviendrait du franciquehallôn « dessécher », selonAlgirdas Julien Greimas. L'amenuisement du r est rapide en ancien français, le renforcement du son r peut provenir d'une confusion sémantique précoce chez les clercs latinistes, alors que les paysans et les habitants garderaient étonnamment le nom primitif, l'imposant plus tard avec une évolution de prononciation germanique limitée.