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| Mère | Antoinette Berr(d) |
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Hélène Berr, née le dans le4e arrondissement de Paris et morte en aucamp de concentration deBergen-Belsen, est une jeuneFrançaise, autrice d'unjournal relatant sa vie de 1942 à 1944 et qui est publié pour la première fois en2008.
« Née dans une famillejuive d'originealsacienne et descendante de l'ingénieurMaurice Lévy, Hélène Berr préparait l'agrégation d'anglais. Dans son journal truffé de citations deShakespeare ou deLewis Carroll, la guerre n'est d'abord qu'un mauvais rêve[1]. »
Ce journal raconte lavie quotidienne et les épreuves de la jeune femme, comme le port de l'étoile jaune en[2].
Hélène Maxime Camille Berr naît le dans le4e arrondissement de Paris[3], elle est la fille deRaymond Berr (1888-1944),polytechnicien (X 1907), ingénieur ducorps des Mines, vice-président de l'entrepriseKuhlmann (qui fusionnera plus tard avecPéchiney), déporté par le même convoi qu'elle, le, le « convoino 70 »[4], et d'Antoinette Rodrigues-Ély (1891-1944), également déportée dans ce convoi[5].
Ne pouvant passer l'agrégation, qu'elle préparait à laSorbonne, en raison deslois antisémites durégime de Vichy sur le statut des Juifs, Hélène Berr, âgée de 21 ans, se présente au siège de l'Union générale des israélites de France (UGIF), où elle est recrutée comme assistante sociale bénévole le. Trois mois plus tôt, à l'occasion d'une dédicace qu'elle obtient dePaul Valéry, elle entame ce jour-là, le, un « Journal ». Dans sa préface de l'ouvrage publié en 2008 auxéditions Tallandier,Patrick Modiano le compare au style deKatherine Mansfield. Hélène Berr est aussi la secrétaire de Denise Milhaud à l'Entraide temporaire, un groupe clandestin créé en 1941 aux côtés duService social d’aide aux émigrants (SSAE), lequel est dirigé parLucie Chevalley[6].
Hélène Berr est arrêtée avec ses parents à leur domicile, au 5,avenue Élisée-Reclus[7] dans le7e arrondissement de Paris, le à l'aube, détenue aucamp de Drancy, puis déportée àAuschwitz avec son père et sa mère, le, jour de ses 23 ans. Devant l'avance desSoviétiques, elle est évacuée d'Auschwitz le 31 octobre et arrive le 3 novembre au camp deBergen-Belsen[8], où elle contracte letyphus[9].
Un matin, trop malade pour pouvoir se lever à l'heure de l'appel, elle est battue à mort par une gardienne, quelques jours avant la libération du camp par les troupes britanniques, le[10].
En mars 2008, l'éditeur du journal, Antoine Sabbagh, écrit àChristophe Girard,adjoint à la culture de la mairie de Paris pour lui suggérer que la ville honore la mémoire d'Hélène Berr. Après vote duConseil de Paris, en mars 2009, le nom d'Hélène Berr est donné à la bibliothèque Picpus qui devient lamédiathèque Hélène-Berr.
Une plaque est dévoilée le sur l'immeuble du5avenue Élisée-Reclus dans le7e arrondissement de Paris où résidait la famille Berr et où elle est arrêtée en[8].
À l’occasion d’une restauration duchâteau du Vivier, àAubergenville dans les Yvelines, en 2016, uneplaque commémorative en mémoire de la jeune écrivaine est apposée près de l’entrée[11].
L'un des amphithéâtres du campus de Clignancourt deSorbonne Université à Paris porte son nom.
Ce journal commence le, après une visite chezPaul Valéry. Il s’achève àDrancy le. Les derniers mots,« Horror ! Horror ! Horror ! »[12], font écho à la pièce deShakespeare,Macbeth, où Macduff s'exclame de façon similaire« O horror, horror, horror ! ». Mais cette dernière phrase rappelle aussi fortement le« The horror ! The horror ! » deKurtz, à la fin du romanAu cœur des ténèbres deJoseph Conrad[13] (l’une des nombreuses lectures d’Hélène Berr[14]). Par ailleurs, Hélène Berr cite souvent le poète romantique anglaisJohn Keats, dont elle a étudié l'œuvre.
LeJournal est constitué de 262 feuillets volants, « couverts à l'encre bleue ou noire et au crayon d'une fine écriture qui se fait de plus en plus hâtive au fil des pages »[1]. Sa publication résulte de la volonté de Mariette Job, la nièce d’Hélène Berr et ancienne libraire, qui, connaissant ce texte par des copies circulant dans sa famille, a retrouvé le manuscrit original : selon le vœu d’Hélène, il avait été remis après la guerre à Jean Morawiecki(d), son fiancé et futur diplomate, et était resté entre ses mains. Ce dernier a institué Mariette Job légataire du journal.
Le manuscrit du journal est déposé en 2002 auMémorial de la Shoah. Il est publié pour la première fois en, avec une préface du romancierPatrick Modiano.
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