Directrice de recherche auCNRS (Centre Jean Pépin, UMR 8230)[2], elle a été maîtresse de conférences à l'université Nancy-II et a également enseigné à l'université Paris-IV et à l'ENS-Ulm. Elle est mariée au philosopheQuentin Meillassoux.
Son premier roman,Le diable détacheur, a paru chezActes Sud en 1999. Elle a été lauréate de laVilla Médicis en 2005[3] et a reçu en 2009 leprix Femina pourPersonne.
En 2002 paraîtL'Isolée (Stock, rééditionMercure de France 2010), inspiré par la figure deFlorence Rey[7]. Ce roman fait partie des « 15 coups de cœur » duMonde des livres et est sélectionné pour leprix Médicis[8]. Il est prolongé en 2003 par un bref récit,L'Isolement[9].
Notre vie s'use en transfigurations, dont le titre est emprunté àRilke, paraît en 2007 chezActes Sud. Pour parler de la laideur « comme au-delà de la forme », le livre cherche une « forme nouvelle » faite de « récits, contes, collages, portraits » et « développe une écriture poétique en constante évolution » (Tâm van Thi,Le Magazine littéraire)[10].
En 2009, Gwenaëlle Aubry reçoit leprix Femina pourPersonne, un roman-abécédaire, « portrait en vingt-six angles et au centre absent » d'un mélancolique[11],[12]. Le livre a également été lauréat du prixThyde Monnier de la SGDL[13], et figurait sur la dernière sélection des prix Médicis et de l'Académie française et sur la liste des prix Novembre et de Flore. Il a été traduit dans une dizaine de langues et a paru aux États-Unis avec une préface deRick Moody[14]. Il a été interprété par l'autrice accompagnée deTheo Hakola etMarcial Di Fonzo Bo. En 2022, il inspire àAnnette Messager le titre de son exposition « Comme si » auLaM[15].
En 2012 paraîtPartages, décrit parHenri Raczymow comme un « poème à deux voix contrapunctiques »[16] qui dispose en miroir, parfois dans une alternance page à page[17], les voix de deux jeunes filles, l’une juive, l’autre palestinienne, en Israël pendant la seconde Intifada « pour en faire surgir la tragique gémellité »[18]. Sélectionné pour le prix Goncourt, ce roman a été finaliste du Goncourt des lycéens[19] et du grand prix du roman de l’Académie française[20].
En 2015, le collectifL'Une et l'autre réunit les textes de six autrices consacrés à leurs modèles littéraires, comme un « autoportrait en creux ». Gwenaëlle Aubry y fait paraîtreLazare mon amour surSylvia Plath, qu'elle adapte pour la scène et qui fait l'objet, en 2016, d'une réédition séparée[21].
En 2016, paraîtPerséphone 2014, « un livre charnel et violent, qui creuse l'espace et le temps, “crypte dans l'anonymat du mythe” le matériau autobiographique pour ouvrir de nouveaux territoires » (Sophie Joubert,L'Humanité)[22]. LeMonde des livres en souligne la « musicalité puissante et troublante »[23]. SelonLe Matricule des Anges, « quelque chose d'aussi mystérieux que le pouvoir hypnotique du désir habite ces pages comme resserrées autour d'une chambre secrète abritant l'écho d'une confession chiffrée[24] ». Le texte est lu par l'auteure accompagnée du guitaristeSébastien Martel.
En 2018, Gwenaëlle Aubry publieLa Folie Elisa, un roman choral où s'organisent les récits de quatre femmes qui « dans un monde qu'ensanglantent les attentats et qui se couvre de murs et de barbelés, ont décidé de se défaire des murs qui étaient en elles » (Richard Blin,Le Matricule des Anges[25]). Salué comme « un grand livre du chaos porté par une prose incandescente » (Jérôme Garcin,L'Obs[26]) et dont « la rythmique a la vitalité de la pensée en mouvement, totalement en tension » (Frédérique Roussel,Libération[27]), le texte est lu par l'auteur à l'Opéra Bastille à l'invitation de laMaison de la Poésie avec le guitariste Seb Martel et l'actriceJudith Chemla[28],. Il est mis en voix parBaptiste Guiton auFestival d'Avignon dans le cadre du cycle Voix d'auteurs (France Culture-SACD), avec la participation de l'autrice accompagnée deJudith Chemla,Marianne Denicourt,Marie-Sophie Ferdane etCéline Sallette[29], puis diffusé parFrance Culture[30].
À la rentrée 2021 paraîtSaint Phalle. Monter en enfance, un portrait de l'artisteNiki de Saint Phalle à partir de son oeuvre maîtresse, le Jardin des Tarots[31].Camille Laurens, dansLe Monde des Livres, en parle comme d'une « biographie initiatique »[32], pour Nathalie Crom, dansTélérama, « Il faudrait inventer un genre littéraire inédit pour qualifier le beau livre né de l'immersion de Gwenaëlle Aubry dans le Jardin des Tarots »[33]. SelonBertrand Leclair, « ce qui fait le puissant intérêt du livre tient à sa forme […] et d'autant plus que cette forme prend la dimension d'un jeu »[34]. Le livre est finaliste duPrix Médicis essai[35] et duPrix Renaudot de l'essai[36].
À la rentrée 2024 paraîtZone base vie aux éditions Gallimard, un roman-fresque sur lapandémie du Covid-19 où se croisent plusieurs personnages résidant dans le même immeuble, en écho àLa vie mode d'emploi de Georges Perec[37]. Cette œuvre explore les effets du confinement en mettant en scène des personnages divers confrontés « à un monde où l'exception est devenue l'ordinaire »[38]. Elle interroge les notions d'enfermement, de pouvoir, de langage, thèmes récurrents dans son travail[39]. Par la suite, le 10 septembre, paraitraLa Lettre absente qui inaugure les Éditions du Nid-de-pie et la collection « Laboratoire de la Création », fondée par Gisèle Sapiro[40]. Cet essai questionne la pratique de l'écriture à travers le mythe transmis par la Kabbale d’un « alphabet perdu » à même de « rejouer » et réparer le monde[41].
Dans l'essai qu'il a consacré à l'oeuvre narrative de Gwenaëlle Aubry, Fabio Scotto distingue entre les premiers romans et la période ouverte parPersonne. L'unité réside selon lui dans la recherche d'une forme à chaque fois nouvelle, « dans une constante intersection des modes et des stylèmes », ainsi que dans une prose poétique où « sont souvent individualisables des mesures métriques-versales » : « On est face à une modalité ludique et oulipienne mise au service, d'une façon, elle, non oulipienne, de l'exploration du sens »[42].
Dans sa préface à l'édition américaine dePersonne, l'écrivain Rick Moody range le livre sous la catégorie d'autofiction[43]. Claude Burgelin considère pour sa part que « Personne n'a rien d'un roman »[44], etMaxime Decout et Stéphane Chaudier que « son positionnement générique, entre roman, autobiographie ou biographie “à romancer”, ne laisse pas de faire problème »[45]. L'autrice revendique l'appellation de « roman » et défend plus généralement l'idée de l'écriture comme « exercice de dépersonnalisation »[46].
La recherche philosophique de Gwenaëlle Aubry s'organise autour de deux principaux axes problématiques, orientés par la question du sujet et par celle de la puissance.
L'Isolement, Stock, 2003 (L'isolée/L'isolement, rééd. Mercure de France, 2010, Foliono 5201)
Notre vie s'use en transfigurations, Actes Sud, 2007
Personne, Mercure de France, 2009, Foliono 5200.Prix Femina. Prix Thyde Monnier de la SGDL. Traduit en allemand, anglais (États-Unis), arabe, coréen, croate, hongrois, italien, roumain.
Partages, Mercure de France, 2012 ; Le Livre de poche, 2013. Traduit en croate.
Lazare mon amour, L'Iconoclaste, 2016 (édition canadienneLazare mon amour. Avec Sylvia Plath, Héliotrope, 2016). Traduit en allemand et en roumain.
Perséphone 2014, Mercure de France, 2016. Traductions américaines partielles par Benjamin E. Stevens dansArion, Winter 2018, par Wendeline A. Hardenberg dansAsymptot, April 2019, et par Richard Jonathanhttps://www.maramarietta.com/greek-mythology/persephone/, 2021.
La Folie Elisa, Mercure de France, 2018. Traduction américaine partielle par Wendeline Hardenberg dans leColumbia Journal, oct. 2021.
Saint Phalle. Monter en enfance, Stock, 2021; Le Livre de poche, 2023.
Zone base vie, éditions Gallimard, 2024.
La Lettre absente, Éditions du Nid-de-pie, collection « Laboratoire de la Création », 2024
Dieu sans la puissance : Dunamis et Energeia chez Aristote et chez Plotin.Archéologie de la puissance I, Paris, Vrin, 2007. Nouvelle édition revue et augmentée Vrin, 2020 (Prix de l'Association des Études grecques)[47].
Le moi de l'intériorité : G. Aubry et F. Ildefonse (dir.), Vrin, 2008
« L'impuissance de Dieu », inRevue philosophique de la France et de l'étranger, G. Aubry (dir.),no 3, juillet-.
Genèse du Dieu souverain. Archéologie de la puissance II, Vrin, 2018.
Relire les Éléments de théologiede Proclus. Réceptions, interprétations antiques et modernes, G. Aubry, L. Brisson, Ph. Hoffmann, L. Lavaud (dir.), Hermann, 2021.
Textes parus en revues, collectifs, articles de recherche
« Défigurations du réel », Entretien pourLe Matricule des anges, juillet-.
F. Scotto, «LePersonae nell'opera narrativa di Gwenaëlle Aubry», postface àNessuno, trad. T. Gurrieri, Firenze, Barbès Editore, 2010.
E.K. Kaplan, «Personne by Gwenaëlle Aubry »,The French Review 84/3, February 2011, pp. 605-606.
R. Moody, Préface àNo One, Portland-New York, Tin House Books, 2012.
E.K. Kaplan, «Partages by Gwenaëlle Aubry »,The French Review 87/1, October 2013, p. 260.
L. Amanieux, « Le récit siamois dansPersonne de Gwenaëlle Aubry », dans Damlé et Rye (éd.),Aventures et expériences littéraires: écritures des femmes au début du vingt-et-unième siècle, Rodopi 2014.
M. Vanderhyden, «Writing Memory, Writing the Self: Autofiction in Aubry'sNo One», AGNIOnline, Boston University, 2014.
B. Ocal,L'expérience de la marge ordinaire chez Gwenaëlle Aubry, Master thesis,Université de Lausanne. Faculté des Lettres, 2014.
S. Abroug,Quête du passé, quête du sens : Pierre Bergougnioux, Pierre Michon, Gwenaëlle Aubry, Michel Del Castillo, thèse de troisième cycle sous la direction de Guy Larroux soutenue le 23-05-2016 à l'Université Toulouse 2.
A. Dean, «"To be novelized": an Investigation of Autofiction and How it Operates in Gwenaelle Aubry'sNo One», University Honors Theses, 2017.
K. Kukkonen, «Interview with Gwenaëlle Aubry », Écrire le hasard/Writing Chance/Séries/Serie, Episode 1, 17/06/ 2022,https://hasard.hypotheses.org/4792.
« J'écris en écho à des instants de foudre », Entretien avec Gwenaëlle Aubry, dans A. Aubry,Oser écrire. Conversations avec quelques autrices contemporaines, Grenade, Editorial Comares, 2023, p. 19-34.
« La tribu de l'enfance fait confiance à la langue », Rencontre avec Gwenaëlle Aubry, dansMental n°48, 2023, p. 195-203.
Mathilde Savard-Corbeil, « L'autothéorie comme forme d'engagement de la littérature contemporaine. Esthétique et féminisme dans Saint Phalle. Monter en enfance de Gwenaëlle Aubry »,Revue critique de fixxion française contemporaine [En ligne], 27, 2023,https://journals.openedition.org/fixxion/13271
Perséphone 2014, mise en scène Anne Monfort, création et tournée Festival de Caves mai-juin 2016, avec Léopoldine Hummel et Léa Masson[48].
«Donnez-moi donc un corps!», mise en scène Sarah Oppenheim d'après des textes d'Ovide,Rainer Maria Rilke,Georges Rodenbach, Gwenaëlle Aubry (Notre vie s'use en transfigurations), Théâtre du Soleil, du 18 janvier au 5 février 2017, avec Jonathan Genet, Fany Mary, Jean-Christophe Quenon[49].
Perséphone ou le combat de vivre, spectacle musical écrit par Pauline Cheviller et Claude Lemesle à partir d'extraits dePerséphone 2014 et de textes de Grisélidis Réal, création Théâtre Le Liberté, Toulon, septembre 2019.
La Folie Elisa, mise en voix et réalisation Baptiste Guiton, Festival d'Avignon, juin 2019, dans le cadre du cycle Voix d'auteurs (France Culture-SACD) avec Gwenaëlle Aubry, Judith Chemla, Marianne Denicourt, Marie-Sophie Ferdane et Céline Sallette. Diffusion France Culture, Théâtre & Cie, le 6 octobre 2019.
↑Alexandra Schwartzbrod, « Niki de Saint Phalle, super nana »,Libération,(lire en ligne)
↑Camille Laurens, « « Saint Phalle. Monter en enfance », de Gwenaëlle Aubry: le feuilleton littéraire de Camille Laurens »,Le Monde des Livres,(lire en ligne)
↑Nathalie Crom, « Saint Phalle. Monter en enfance. Gwenaëlle Aubry »,Télérama,(lire en ligne)
↑Bertrand Leclair, « Derrière les miroirs déformants de la légende - sur « Saint Phalle », de Gwenaëlle Aubry »,AOC,(lire en ligne)
↑Isabel Contreras, « Les finalistes du Médicis 2021 »,Livres Hebdo,(lire en ligne)
↑Isabel Contreras, « Les finalistes du Renaudot 2021 »,Livres Hebdo,(lire en ligne)
↑Claude Burgelin, « Écrire pour prononcer son nom. »,Recherches & Travaux [En ligne], 97 | 2020, mis en ligne le 12 novembre 2020, consulté le 02 février 2021(lire en ligne)
↑Maxime Decout et Stéphane Chaudier, « Introduction. Devenir orphelin: entre l'ordre des choses et le désordre des affects. »,Recherches & Travaux [En ligne], 97 | 2020, mis en ligne le 12 novembre 2020, consulté le 02 février 2021(lire en ligne)
↑Gwenaëlle Aubry, « À romancer »,Recherches & Travaux [En ligne], 97 | 2020, mis en ligne le 12 novembre 2020, consulté le 02 février 2021(lire en ligne)