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Pendant ce temps, il devient l'un des principaux partisans d'une politique connue sous le nom d'« absolutisme éclairé », où il épouse les idéaux desLumières tout en augmentant sa propre puissance etautocratie. À cette fin, il devient unmécène des arts suédois, réduit le pouvoir et lacorruption de lanoblesse et introduit des réformes pourlibéraliser l'économie. Dans le même temps, il accumule un énorme pouvoir personnel et sévit contre laliberté de la presse.
Alors qu'il réduit le pouvoir des nobles et impose sonabsolutisme, de nombreux nobles en Suède commencent à mépriser le roi et complotent activement contre lui. Le, alors que le roi assiste à unbal masqué à l'opéra royal de Stockholm,Jacob Johan Anckarström tire sur le roi, dans le dos.GustaveIII meurt treize jours plus tard d'unesepticémie.
GustaveIII effectue uncoup d’État en août1772 au moment où le pays s'apprête à sombrer dans l'anarchie. Soutenu par sa mère, l'armée et le peuple, il fait arrêter les membres duRiksdag et durad. Il règne dès lors endespote éclairé, en réorganisant la justice et les finances et en abolissant latorture. Il encourage l'enseignement primaire, améliore la condition paysanne, amorce leremembrement des sols et institue la liberté de commerce des grains.
Parlant et écrivant parfaitement le français,GustaveIII est un souverain francophile, adepte de laphilosophie des Lumières ; il admire Beaumarchais, Marmontel et Voltaire. Il visite à deux reprises la Cour de Versailles, qui lui réserve le meilleur accueil.Patron des arts, il entretient une troupe de comédiens, de chanteurs et de danseurs français[2]. En1773, il crée la première troupe d'opéra de Suède et fait bâtir le premieropéra royal de Stockholm, qui sera inauguré en1782.
En1786 il fonde l'Académie suédoise, dont il rédige lui-même en grande partie le règlement, en lui assignant des missions calquées sur celles de l'Académie française, et en premier lieu de veiller« à la pureté, à la force et à la noblesse de la langue suédoise. »
Femme de pouvoir, lareine douairière — qui avait tenté, en vain, de faire renverser le Parlement en 1756 — pensait que son fils gouvernerait avec elle. OrGustaveIII fait preuve d'indépendance, ainsi qu'il le montre dès1775 quand il autorise son frère cadet et héritierCharles, duc de Södermanie, à épouser la princesse deHolstein-Gottorp, proche parente de latsarineCatherineII, alors que la reine douairière mettait en avant une de ses niècesprussiennes.
D'ailleurs, la reine douairière, qui donne son affection à ses deux cadets, le princeFrédéric-Adolphe et la princesseSophie-Albertine (qui resteront célibataires), apprécie peu ses belles-filles. Elle trouve l'épouse de son filsGustaveIII, la reineSophie-Madeleine, trop timide et trop froide, et la duchesse de Södermanie trop frivole. De plus, aucune des deux ne semble capable de donner un héritier à la couronne.
En effet, après 11 ans de mariage, le couple royal n'a toujours pas d'enfant, et le duc de Södermanie reste l'héritier putatif de son frère.
En 1778, après douze ans de mariage, la reineSophie-Madeleine accouche enfin d'un fils, le futurGustaveIV de Suède. Des rumeurs, colportées par les frères du roi chez la reine-mèreLouise-Ulrique, prétendent alors que le père de cet enfant est le comteMunck(en), que la cour dit épris de la reine. Le scandale est immense : la reine-mère a une violente altercation avec son fils et la famille royale se trouve divisée, avant que le roi n'oblige ses frères et sa mère à déclarer, ouvertement et par écrit, qu'ils croient sincèrement en la légitimité du petit prince royal. La reine-mère est exilée et ne reparait plus à la cour. Le roi ne se réconciliera avec elle que sur son lit de mort (elle meurt en 1782 auchâteau de Svartsjö).
Cette année-là, le roi et la reine ont un autre fils, Charles, duc de Småland, mais le petit prince meurt en bas âge l'année suivante.
Désireux de renforcer ses liens avec laFrance et de donner à la Suède unempire colonial,GustaveIII se fait céder par la France l'île deSaint-Barthélemy contre un droit d'entrepôt àGöteborg en1784. Les Suédois font de Saint-Barthélemy unport franc en1785. En hommage au roi de Suède, le principal bourg de l'île (Le Carénage) est renomméGustavia vers1787. Les bonnes relations que le roi entretenait avec la France furent rompues lors de laRévolution française.
En1789, pour lutter contre la noblesse,GustaveIII renforce sonpouvoir absolu par « l'Acte d'Union et de Sécurité », qui accorde à tous les Suédois l'égalité des droits, dont l'accès aux fonctions publiques.
La reine consortSophie-Madeleine meurt en1813, après avoir été témoin de la destitution de son filsGustaveIV et de ses petits-enfants en 1809, au profit de son beau-frèreCharlesXIII, puis de l'élection en 1810 comme prince héritier au trône de Suède d'un militaire français issu des rangs de la Révolution française, puis maréchal de l'Empire français :Jean-Baptiste Bernadotte, qui règne officiellement à partir de 1818 sous le nom deCharlesXIV.
En1833,Daniel-François-Esprit Auber compose l'opéraGustaveIII, ou Le Bal Masqué rendant hommage à l'action du roi de Suède et relatant les événements liés à son assassinat. Il est probable qu'Auber soit le premiercompositeur à avoir abordé ce sujet, puisque la création deGustaveIII eut lieu en 1833 auGrand Opéra de Paris.Giuseppe Verdi n'avait alors que 20 ans.
Écartelé : à la croix pattée d'or, qui est la Croix de Saint-Eric, cantonnée en 1 et 4, d'azur à trois couronnes d'or posées 2 et 1 qui est de Suède moderne, en 2 et 3, d'azur, à trois barres ondées d'argent, au lion couronné d'or armé et lampassé de gueules, brochant sur le tout, qui est de Suède ancien, sur-le-tout écartelé : 1, de gueules, au lion couronné d'or, tenant dans ses pattes une hallebarde d'argent, emmanchée du second; 2, d'or, à deux lions léopardés d'azur, armés et lampassés de gueules (deSchleswig) ; 3, de gueules, à la feuille d'ortie d'argent (deHolstein) ; 4, de gueules, au cygne d'argent, becqué, membré et colleté d'une couronne d'or (deStormarn ; enté en pointe de gueules, au cavalier armé d'argent (deDithmarse) ; sur-le-tout-du-tout, écartelé d'or à deux fasces de gueules (de Oldenbourg) et d'azur, à la croix pattée, au pied fiché d'or (deDelmenhorst)[6].
[Collectif],Le Soleil et l'Étoile du Nord - La France et la Suède au XVIIIe siècle, 1994 (catalogue de l'exposition présentée àStockholm puis auxGaleries nationales du Grand Palais, à Paris), 467 pages.