Tant dans ses peintures que dans ses écrits, il décrit la vie primitive et rude dans ledésert algérien, au moment où naît en France un grand intérêt pour les populations algériennes en raison de leurs rapprochements politiques et économiques.
Gustave Guillaumet est ainsi un des premiers artistes, incluantEugène Delacroix avec son célèbre tableauFemmes d'Alger dans leur appartement[1], à pénétrer dans l’espace intime des femmes algériennes et à en dévoiler un portrait bien plus réel que les nombreux fantasmes deharem qui régnaient à cette époque[2]. Cet artiste visionnaire a su porter un regard lucide et franc sur les débuts de lacolonisation, lesépidémies et lafamine qui ont sévi entre 1866 et 1869[3], en réalisant des œuvres bien loin des clichés de nombreux peintres orientalistes[4],[3].
Guillaumet vient d’obtenir le secondprix de Rome en 1862 quand il a l’occasion d’aller en Algérie pour la première fois. Il contracte lamalaria et doit passer trois mois à l’hôpital militaire deBiskra. Néanmoins, enthousiasmé par ce pays, il y retourne neuf fois.
Début, dans toute la force de l’âge et dans la maturité du talent, décoré, alors qu’il allait être de nouveau membre du jury de peinture, riche, même plus que millionnaire, après une dispute avec sa maitresse beaucoup plus âgée que lui, Mme T*, il tente d’en finir avec l’existence en se tirant une balle de revolver dans le cœur, dans son atelier du5cité Pigalle[5]. La balle ayant dévié pour aller se loger dans les intestins, son premier cri, dès que la balle l’a frappé, est d’appeler sa femme et son enfant. Celle-ci, qui vivait séparée de corps depuis un an, accourue, il s’écrie :« Ah ! je suis sauvé maintenant, dit-il en lui tendant les bras. » Une dizaine de jours plus tard, il succombe à une péritonite, au milieu de ses toiles ébauchées, ayant fait descendre son lit sur la table à modèles.
Il fait l’objet d’obsèques religieuses àla Trinité, à l’issue desquelles, il est transporté aucimetière de Montmartre àParis, oùWilliam Bouguereau et Roger Ballue, inspecteur général des Beaux-Arts, prononcent un discours[6]. Il repose dans la21e division[7]. Sa tombe est ornée deLa Fille de Bou Saâda, une statue en bronze deLouis-Ernest Barrias figurant une jeune Algérienne assise le bras levé jetant quelques pétales sur le portrait en médaillon de l’artiste.
Ses premières œuvres sont d’inspiration mélodramatique. Dès 1872, il montre l’existence humble des populations du désert dont il partage la vie. Évitant la civilisation européenne, il préfère voyager dans le Sud algérien.
CommeEugène Fromentin, Guillaumet écrit, et ses « Tableaux algériens », articles parus dansLa Nouvelle Revue entre 1879 et 1884, sont des notations sur l’attitude d’un artiste européen face à la vie des Algériens.
↑Présenté à l’expositionBiskra, sortilèges d’une oasis de l’Institut du monde arabe, du 23 septembre 2016 au 23 janvier 2017.
↑Renaissance du Musée de Brest, acquisitions récentes : [exposition], Musée du Louvre, Aile de Flore, Département des Peintures, 25 octobre 1974-27 janvier 1975, Paris,, 80 p..
↑abcd etePrésenté à L'expositionL'Algérie de Gustave Guillaumet (1840-1887) au musée des Beaux-Arts de La Rochelle du 15 juin au 17 septembre 2018, au musée des Beaux-Arts de Limoges du 18 octobre 2018 au 4 février 2019, àLa Piscine-musée d’Art et d’Industrie André Diligent de Roubaix du 8 mars au 2 juin 2019.
Collectif,L’Algérie de Gustave Guillaumet, 1840-1887, éditions Gourcuff Gradenigo, 2018. — Catalogue de l’exposition éponyme au musée des Beaux-Arts de La Rochelle du au, au musée des Beaux-Arts de Limoges du au, àLa Piscine-musée d’Art et d’Industrie André Diligent de Roubaix.