En1944, il publie un rapport sur le statut des Noirs aux États-Unis (An American Dilemma). Son autre contribution majeure traite des conditions économiques de l'Asie du Sud-Est (Asian Drama). Il est particulièrement pessimiste à propos d'un éventuel développement de l'Asie.
Il est député à partir de 1933 puis entre 1945 et 1947. Il est ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement deTage Erlander.
Son livreLe Dilemme américain (1944), évoquant la question des Noirs aux États-Unis, inspire directement Simone de Beauvoir à écrireLe Deuxième Sexe (1949), traitant en profondeur de la condition féminine.
De formation intellectuelle marquée par les enseignements deKnut Wicksell,Eli Heckscher etGustav Cassel, Gunnar Myrdal soutient sa thèse intitulée « Le problème de laformation des prix et le changement économique » en 1927. Myrdal aurait pu être un économiste orthodoxe mais son analyse institutionnaliste le classe dans les hétérodoxes sociaux démocrates. Figure de « l'école suédoise » (« école de Stockholm ») ses travaux serviront à une analyse dynamique de l'équilibre général, dont se serviraJohn Hicks dansValue and Capital (1939). Myrdal exprime des résultats voisins de ceux deJohn Maynard Keynes. Ses thèses exposées dansL’Équilibre monétaire attirent la bienveillance des économistes néoclassiques et furent prolongées par le « courant de la synthèse » entre néoclassiques et keynésiens.
Son adhésion à l'institutionnalisme s'effectue dans les années 1930, période au cours de laquelle il s'engage dans la vie politique avec sa femme, Alva Myrdal, et oriente ses travaux vers l'étude des problèmes sociaux. Ils adhèrent en 1931 auParti social-démocrate et entreprennent ensemble des recherches sur les problèmes démographiques et de logement. Ils publient en 1934État critique du problème démographique, dans lequel est préconisé le développement de réformes sociales natalistes, lesquelles influenceront fortement les politiques sociales suédoises. À cette même période, Myrdal, membre d'un comité sur le chômage, rédigeLes Effets économiques de la politique fiscale (1934). Ces différents travaux témoignent d'une volonté de répondre aux nouveaux enjeux de l'époque, marquée par lacrise de 1929.
Gunnar Myrdal incarne l'économiste soucieux de travailler en interdisciplinarité (science politique, sociologie, économie) afin de magnifier une science morale contribuant au bien-être par l'intervention de l’État.
Gilles Dostaler, Diane Éthier, Laurent Lepage dir.,Gunnar Myrdal et son œuvre, Montréal, Presses de l'université de Montréal / Paris, Economica, 1990, 230 p.
Gilles Dostaler, « Les premiers travaux économiques de Gunnar Myrdal »,L'Actualité économique, 67,no 2, 1991,p. 192-217 (en ligne).
(en)Autobiographie sur le site de lafondation Nobel (le bandeau sur la page comprend plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par la personne lauréate — lePrize Lecture — qui détaille ses apports)