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Guillaume-Joseph-Roux Peyrusse (Carcassonne, - Carcassonne,), est un fonctionnaire et homme politiquefrançais,trésorier deNapoléon Ier sous lePremier Empire etmaire de Carcassonne pendant lamonarchie de Juillet sousLouis Philippe[1].



Il est Issu d'une famille de bourgeois et négociants en draps. Son père, Dominique (1734-1818),consul de Carcassonne en 1769, était marié avec Louise-Anne Pascal (1841-1801), la fille du fondateur et directeur de lamanufacture royale de Montolieu, Louis Pascal (1695-1752). Sa maison natale se situe dans l'hôtel particulier édifié pour Bernard Reich de Pennautier, Trésorier de France et des États du Languedoc, qui accueillit à cet endroit le roi Louis XIII le 14 juillet 1622 et abrita de 1626 à 1628 le peintreNicolas Tournier.
Guillaume Peyrusse, s'engage à 17 ans, le 13 septembre 1793, au début de laguerre du Roussillon dans la Compagnie des chasseurs du bataillon de la masse de Carcassonne, puis dans l'armée des Pyrénées-Orientales où il servira sous les commandements des généraux,Luc Dagobert etJacques-François Dugommier. Jusqu'en 1798, il occupe des fonctions de soldat et de secrétaire d'état major. Tombé malade, il est réformé et regagne sa ville natale. Il trouve du travail à la manufacture de Montolieu, dirigée depuis 1760 par Pierre-André-Louis Thoron (1748-1818)[2].
Son frère, André (1774-1854) alors receveur payeur de l'armée duHanovre[3],[4], le fait entrer à partir de 1805 commecommis dans les bureaux du Trésor de la Couronne au service de lamaison de l'Empereur, sous les ordres du comteMartin-Roch-Xavier Estève[5],[6]. André Peyrusse avait noué, à la suite de son frère ainé, Louis-Vincent (1762-1831)commissaire de la marine à Toulon et Lorient, des liens d'amitiés en Égypte avec le comte Estève, après avoir été le secrétaire du généralJean-Baptiste Kléber jusqu'à sa mort en 1800.
Nommé inspecteur en 1808, Guillaume Peyrusse part faire lacampagne d'Allemagne et d'Autriche en 1809, où il sera payeur de l'ambassade chargée d'aller recevoir l'impératriceMarie-Louise d'Autriche àBraunau.
Sous la protection duDuc de Frioul, leGrand maréchal du palaisGéraud Christophe Michel Duroc en sa qualité de chef des recettes du Trésor à partir de 1810, il est désigné par le baronFrançois Roullet de La Bouillerie (trésorier général de la Couronne) pour remplir les fonctions de payeur du Trésor de la Couronne afin de suivre l’Empereur en Russie.
Il participe auxcampagnes de Russie[7],[8]de Saxe etde France. Pendant la campagne de Russie, au retour de Napoléon à Paris, il passe brièvement au service duroi de Naples,Joachim Murat, à partir du. Celui-ci lui rappellera, lors d'un entretien, son séjour en garnison à Carcassonne en 1788, au début de sa carrière militaire, avec le6erégiment de chasseurs à cheval des Ardennes[9].
En 1814, sur recommandation du comtePierre Daru, qui écrira dans un rapport remis à Napoléon :
« Mr Peyrusse, à la retraite de Moscou, a sacrifié tout ce qui lui appartenait pour sauver le Trésor, les papiers et les bijoux de votre Majesté, ainsi que toute sa comptabilité; il a mis dans la reddition de ses comptes une probité qui a été jusqu'au scrupule »
Il est nommé sous-inspecteur aux revues de 1ère classe dans la Garde impériale (avec le rang de colonel et un traitement de 21 000 fr). Il est promu, le 23 mars, chevalier de laLégion d'honneur[10].
La même année, après lapremière abdication de NapoléonIer, il le suit avec le titre de trésorier général de l'Empereur et receveur général de laprincipauté de l'île d'Elbe[11], où il tisse des relations amicales avec le directeur des mines de fer,André Pons de l'Hérault, qui perdureront jusqu'à sa disparition en 1853[12].
De retour en France en 1815, promubaron d'Empire par décret le 27 mars, il sera, durant lesCent-Jours,trésorier général de la Couronne et élevé, le 21 juin, au grade d'officier de la Légion d'honneur. Alors qu'il est à peine installé au plus haut échelon de sa fonction, la défaite de Waterloo, le 18 juin, signe la fin de son mandat. Guillaume Peyrusse cède son poste au baron de La Bouillerie et ne suit pas, malgré sa demande, Napoléon àSainte-Hélène. Le 8 juillet, il remit son service et quitta définitivement lepalais des Tuileries.
Ayant servi dans l'armée pendant la Révolution et l'Empire, il écrira postérieurement dans une note conservée à la bibliothèque de Carcassonne :
« J'évite d'entrer dans le développement d'opérations militaires. Étranger à cette noble carrière, exclusivement occupé de ma trésorerie, j'étais au quartier général de Sa Majesté, attentif à mes fourgons, prêt à tourner bride abattue à l'approche de l'ennemi »[13].
À l'issue de laSeconde abdication de NapoléonIer, retiré dans sa maison familiale du chef-lieu de l'Aude, et dans son « domaine de Lassac » àLimousis, situé à proximité, Guillaume Peyrusse, consacre une existence discrète, pendant les premières années du règne deLouis XVIII, ponctuée de travaux liés à l'agriculture et à la mise en ordre de sa volumineuse comptabilité de l'île d'Elbe. Il épouse àRoujan (Hérault), le 2 décembre 1818, Marie-Ambroisine-Eugènie Cabal (1794-1883). Une fille est issue de cette union : Louise (1819-1883), qui se mariera avec Augustin Cornet (1817-1889), le 17 avril 1847[14],[15].
Letestament de NapoléonIer enregistré à Londres en 1821, renfermait un troisième codicille dont le deuxième paragraphe portait la mention suivante :
« J'avais chez le banquierTorlonia, de Rome, 2 à 300 000 francs en lettres de changes, de mes revenus de l'île d'Elbe ; depuis 1815, le sieur Peyrusse, quoiqu'il ne fut plus mon trésorier et n'eût pas de caractère, a tiré à lui cette somme : on lui fera restituer ».
Cette terrible accusation, fut démentie par le généralHenri-Gatien Bertrand, compagnon de l'Empereur à Sainte-Hélène, ministre de l'Intérieur, gouverneur des affaires civiles sur l'île d'Elbe, qui témoigna avec le comteCharles-Tristan de Montholon, le valetLouis-Joseph Marchand (ses exécuteurs testamentaires) et le baronAgathon Jean-François Fain, de la probité de Peyrusse pour le mémoire explicatif que celui-ci rédigea afin de se disculper. Le général Bertrand attribua, ce codicille malheureux, à une humeur passagère de l'Empereur à la fin de son existence.
Le prince-président,Napoléon III après son passage à Carcassonne le 9 octobre 1852, où il salua à la préfecture, Guillaume Peyrusse, avant de le recevoir en audience auPalais de Saint-Cloud le 30 juin 1853, lui attribua lamédaille de Sainte-Hélène et le promu commandeur de la Légion d'honneur au titre « d'ancien trésorier de l'Empereur » par décret publié le lendemain de cette visite. Guillaume Peyrusse par ce geste fut définitivement lavé de tout soupçons de malversations par le propre neveu de NapoléonIer.
Nommé le 21 juin 1831, sous-intendant au service de l'intendance militaire, il est élu conseiller municipal la même année, avant d'être désigné maire de Carcassonne en 1832 sousLouis Philippe jusqu'en 1835, date à laquelle il démissionne et est remplacé par l'ancien chef de bataillon, Jean-Louis Sarrand (1784-1842) qui participa à treize campagnes napoléoniennes entre 1803 et 1815 jusqu'à celle de Waterloo. Guillaume Peyrusse fut également conseiller général de l'Aude ducanton de Carcassonne-Centre de 1833 à 1840.
L'une de ses grandes réalisations à la tête de la municipalité sera la création de laCaisse d'épargne et de prévoyance, avec l'autorisation du gouvernement, en avril 1833.

Ayant survécu à l'épidémie de choléra de 1854[16], dans les dernières années de son existence, il occupera la modeste fonction demarguiller de l'église Saint-Vincent (ce qui lui vaudra d'être inhumé un temps dans la chapelle du cimetière éponyme avant que sa tombe ne soit déplacée quelques mètres plus loin), de trésorier du « Cercle du Salon » situé à l'emplacement de laMaison des Mémoires dont il fut l'un des membres fondateurs en 1827 et de président de la Société des arts et des sciences (1859). Il appartenait à laloge maçonnique de « l'Aigle française » et à celle de « la Persévérance »[17],[18].
Ces quelques vers écrits à son sujet résument la fin de son existence :
« Le marguillier de Saint-Vincent, La tête en l'air, le nez au vent, Courant les bancs après le prône, Pense au trésor de la Couronne ! Puis tout bas, il se dit : Sic transit gloria mundi (ainsi passe la gloire du Monde) ».
il repose au cimetière Saint-Vincent (allée 7, tombeno 191) qui domine la bastide Saint-Louis et la Cité médiévale.

Son gendre, Augustin Cornet, un érudit local, qui rajouta celui de Peyrusse à son patronyme, donna à la ville en décembre 1869, pour remplir le vœu de son beau-père, des objets, dont certains ayant appartenu à l'Empereur, avec plus de 400 pièces concernant, entre-autres, la comptabilité des administrations diverses de l'île d'Elbe, pendant le séjour de l'Empereur, la comptabilité du payeur des voyages de S.M, pendant les campagnes de 1809 à 1814, et la comptabilité du quartier impérial pendant les Cent-jours. Aujourd'hui, ses documents, d'une valeur scientifique indéniable, sont conservés par la médiathèque deCarcassonne Agglo avec une partie des archives d'André Pons de l'Hérault[20].
Lemusée des beaux-arts de Carcassonne, possède outre son portrait peint en miniature par Édouard Corbet vers 1815 et deuxdaguerréotypes du baron et de son épouse, photographiés par Malbret vers 1850, lalongue-vue qui servit à l'Empereur NapoléonIer, du 26 février au, lors de son retour de l'île d'Elbe sur le brickl'Inconstant. Donnée par le capitaine anglais de la frégatel'Inébranlable,Thomas Ussher, à Guillaume Peyrusse, elle fut redécouverte dans les réserves du musée en 2011[21],[22],[23],[24],[25],[26],[27],[28].

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