| Guillaume II Roger | ||
Dans laChambre du Cerf du Palais des papes d'Avignon, Guillaume II Roger et son filsGuillaume III chassent au faucon. | ||
| Titre | Seigneur de Rosiers-d'Égleton, de Margeride, de Saint-Exupéry-les-Roches, de Fay, de Combrailles et de Cornillon Baron de Saint-Rémy-de-Provence, de Pertuis de Meyrargues et de Séderon | |
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| Autres titres | Vicomte deLamothe et deValernes, comte deBeaufort et d’Alès | |
| Conflits | Guerre de Cent Ans | |
| Faits d'armes | Blocus de Belleperche,bataille de Poitiers | |
| Distinctions | Anobli en1332 | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Guillaume Roger | |
| Naissance | Manoir de Maumont, àRosiers-d'Égletons | |
| Décès | Cornillon | |
| Père | Guillaume Roger | |
| Mère | Guillaumette de Mestre | |
| Conjoint | Marie de Chambon Guérine de Canillac Catherine d'Adhémar | |
| Enfants | Guillaume III Roger de Beaufort,Roger Roger de Beaufort, Delphine,Jean Roger de Beaufort,Nicolas Roger de Beaufort, Marhé,Pierre Roger de Beaufort, Marie,Alix, la comtesse major,Tristan, le Bâtard de Beaufort,Claire Beaufort de l’Épine,Marquis de Canillac, Jeanne,Raymond de Valernes | |
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Guillaume II Roger (1290-1380), né au manoir de Maumont, àRosiers-d'Égletons, mort àCornillon, est le fils aîné de Guillaume Ier Rog(i)er ou Roguier (frère del'archevêqueNicolas Roger) et de Guillaumette de Mestre, et le frère du papeClément VI (Pierre Roger), dont la carrière ecclésiastique fit de la famille de son aîné l'une des plus en vue de laProvence et duroyaume de France. Il fut, par don ou par acquisition, baron dePertuis etSaint-Rémy, vicomte deLamothe et deValernes, comte deBeaufort et d'Alès. Il est le père du papeGrégoire XI (Pierre Roger lui aussi).
Pierre Roger, futur pape Clément VI, devintabbé de Fécamp en1326,évêque d'Arras en1328,archevêque de Rouen et président de la Chambre des Comptes en1330. Le prélat, un des favoris dePhilippe VI de Valois, usa de la faveur royale[1]. Son frère aîné Guillaume II Roger, qui avait reçu en dot de sa première femme le fief deChambon enCombraille en1331, fut anobli l'année suivante[2],[3],[4].
Les revenus archiépiscopaux de Pierre Roger — l'archevêché de Rouen était le plus riche de France[5] — furent judicieusement investis. Le, Guillaume II Roger put acheter à Bernard de Ventadour sa terre deRosiers-d'Égletons. Puis le, il rendit hommage àMarie de Flandre-Termonde, veuve deRobert,comte d’Auvergne etde Boulogne, pour son château deMargerides qu'il venait d'acquérir. Le fief voisin deSaint-Exupéry-les-Roches lui fut vendu parAymery de Châlus, en1338[6].
Devenu cardinal en1338, Pierre fut élu pape, àAvignon, le, sous le nom deClément VI. Le, Philippe de Valois accorda1 000 livres de rente à Guillaume II Roger sur les comtés du Maine et d’Anjou. Le frère du pape se vit attribuer, la même année, lefief de Beaufort.Jean duc de Normandie, comte d'Anjou et du Maine, ayant transformé ce fief en vicomté en1344, Guillaume fit restaurer le château dès1345. Puis la faveur royale en fit un comté en1347, tout en exemptant de chevauchée le nouveau comte[1].
Le, Guillaume II Roger acheta auDauphin Humbert II le château deVeyre-Monton et les seigneuries auvergnates duPont-du-Château, deMonton, d'Aubusson, d'Aurouze, deSaint-Martial, deChanteuges et deLangeac. Ces fiefs, relevant du domaine royal, avaient été cédés àHumbert II, Dauphin du Viennois, par Philippe VI, le, pour l'amener à composition et préparer la cession duDauphiné au royaume de France. Leur vente fut confirmée le19 novembre de la même année[N 1]. La vicomté deLamothe fut achetée1344 par Guillaume II àArmand de Roquefeuil[7].
Le, Raymond de Chambarlhac de Lherm, damoiseau, rendit hommage à Guillaume II Roger, comte de Beaufort, dont il était le vassal dans la baronnie deFay[8].
À la mort de son frère le cardinalHugues Roger en automne 1362, Guillaume, par héritage, se vit attribuer la baronnie deBagnols-sur-Cèze et le comté d’Alès[6].
En1348, lareine Jeanne, chassée de sonroyaume de Naples, dut se réfugier enProvence. Pour reconquérir ses États napolitains, elle venditAvignon au pape pour 80 000 florins, et obtint au passage l'absolution pontificale qui la lavait de tout soupçon dans le meurtre de son premier épouxAndré de Hongrie. Reconnaissante, elle offrit à Guillaume le fief deValernes, qui fut érigé envicomté par lettres patentes en1350[1]. Valernes, place forte dès leXIe siècle, était l'un des verrous de lamoyenne vallée de la Durance. La nouvelle vicomté comprenait les communautés deBayons,Vaumeilh,la Motte,Bellaffaire,Gigors,Lauzet,les Mées,Mézel,Entrevennes etle Castellet, avec leurs juridictions et dépendances[9].
En1353, lareine Jeanne, considérant« les avantages importants et nombreux que nous a procuré, dans des moments critiques pour nous, le zèle charitable et paternel du Très Saint Père dans le Christ, le Seigneur Clément, nous fait étendre jusqu’aux siens toute notre reconnaissance et toute notre bonté et nous les font récompenser chaleureusement par nos largesses », offrit contre hommage de Guillaume II et de façon inaliénable,Saint-Rémy,Pertuis,Meyrargues,les Pennes etSéderon[10].
D’emblée, la cession de Saint-Rémy posa problème. Le, par lettre, la reine Jeanne ordonnait aux Saint-Rémidois de rendre hommage à Guillaume II. Cinq jours plus tard, elle étendit la portée de sa donation aux droits régaliens et de justice des premières appellations sur lecastrum et ses appartenances. Le, la reine écrivit au SénéchalFoulques d'Agoult pour le presser à mettre ses lettres en application. Trois jours après, elle signait une lettre adressée aux communautés qui devenaient vassales de Guillaume II, ainsi qu’aux habitants d’Aix et de Tarascon, pour leur signifier et confirmer ses donations aux Roger de Beaufort[11].
Au cours du mois de mars1371, Guillaume II fit définitivement enregistrer par la Cour des Comptes d'Aix les lettres de confirmation de la donation de Saint-Rémy par la reine Jeanne[12].
L'émancipation de son fils aînéGuillaume III Roger fut effective le. Il léguait à son« fils bien-aimé », l'ensemble de son patrimoine limousin, avec le fief et le titre de comte deBeaufort, d'une part, ainsi que ses fiefs d'Auvergne contigus au Limousin, et la moitié de ses terres dans les comtés de Provence et Forcalquier, selon la partition faite par notre seigneur le pape[N 2].

Il participa à labataille de Poitiers, en1356, et fut fait prisonnier à rançon. Le résultat immédiat fut de faire sortir des ordres son cadetNicolas Roger de Beaufort. Relever son fils de ses vœux et réunir sa rançon fut l'œuvre des cardinaux de la famille.
Guillaume II guerroya en Auvergne avec leduc de Berry durant tout ce dernier semestre 1369. Puis l'année suivante, le comte participa avecLouis II de Bourbon aublocus de Belleperche.
Molinier dans sonHistoire du Languedoc signalait une lettre de1376, dans laquelle Guillaume II Roger de Beaufort s'élevait contre les menées pro-anglaises de Bernard Pelet, coseigneur d'Alès, dans son comté. Il était aidé par un agent anglais, Pierre de Galard, connu en Cévennes sous le diminutif de Perrot et qualifié de gros et méchant[13].
Pour son neveuRaymond,Grégoire XI trouva un parti prestigieux en la personne deMarie de Boulogne, nièce par alliance du roiJean le Bon[6]. Le. Par contrat, Marie apportait à Raymond de Turenne sa seigneurie deSaint-Just-en-Champagne, tandis que son frère,Jean II de Boulogne, vendait ses seigneuries deCombrailles à Guillaume II Roger de Beaufort pour 30 000 francs. Les seigneuries de Combrailles étaient celles deChambon-sur-Voueize,Evaux-les-Bains (Evaon), Semur (Sermur ?) et Stusanie[14].
Verfeil, dans la vallée de la Seye, fut acheté par Guillaume II, comte de Beaufort, le, lors de l'émancipation de son fils Raymond, vicomte de Valernes[N 3].

1° Marié en1325 à Marie deChambon, elle lui donna dix enfants[N 4], dont :
Marie de Chambon décéda en1344[1].
2° Sa seconde épouse fut Guérine deCanillac, avec laquelle il convola en1345. Le couple eut deux enfants, - Jeanne (épouse sans postérité de Louis,comte de Forez en 1358-1362), et :
Ladite Isabelle/Isabeau Roger de Canillac était fille de Jeanne deNorry et Louis Roger de Canillac — lui-même fils de Marquis/Marquès Roger de Beaufort-Canillac qu'on vient de citer et d'Eléonored'Anduze — et elle avait toute une fratrie, dont :
Guérine de Canillac mourut en1359[1].
3° Son troisième mariage, en1368, se fit avec Catherined'Adhémar. Guillaume était alors âgé de cinquante-trois ans. Son épouse, née en1336, était la fille de Doulceline Gaucelin deGraveson et de Lambert d'Adhémar, sire deMonteil, et sœur de Hugues, seigneur dela Garde, l’ancienSénéchal de Beaucaire. Ces Adhémar étaient une branche de lafamille comtale desPoitiers-Valentinois. Il eut d'elle un seul fils, - Raymond Rogier de Beaufort, qui hérita de la vicomté deValernes et deCornillon (voir ci-après)[1].
Le comte de Beaufort rédigea son testament le, au château deCornillon, où il s'est retiré[1].
: À Cornillon, Guillaume II, qui avait fait l’acquisition de la ville deVerfeil, près deSaint-Antonin-Noble-Val, émancipa son dernier fils Raymond, unique enfant issu de son troisième mariage contacté, en 1363, avec Catherinede la Garde-Adhémar, sœur d’Hugues Adhémar, seigneur de Monteil et de la Garde. Le jeune garçon reçut de son père la moitié de la vicomté de Valernes et tous les fiefs qui en dépendaient avec leurs revenus, bénéfices et cens y afférents. Le comte de Beaufort y ajouta le château deSaint-Rémy et celui de la Tour (tour du Cardinal ou de Canillac) qui le jouxtait avec tous les droits de cette seigneurie[6].
Il se vit en outre remettre les châteaux deMargerides et deSaint-Exupéry-les-Roches, au diocèse de Limoges, celui de Cornillon, au diocèse d’Uzès, ainsi qu’une propriété comportant habitations et jardins àVilleneuve, près d’Avignon. À cette partie immobilière étaient jointes des armes, des chevaux, des meubles, des services pour la table, de la vaisselle en argent blanc ou doré, ainsi que tout le matériel de cave du château de Cornillon et des exploitations viticoles de Vérune et Saint-Mabille qui en dépendaient[6].
Se sentant déjà à l'article de la mort, le dimanche 16 et lundi Guillaume II Roger, comte de Beaufort, avait repris son testament du pour y ajouter deux codicilles. Son fils aîné,Guillaume III était désigné comme son exécuteur testamentaire et son cadet Roger héritait du titre de comte de Beaufort. Il mourut à la fin du mois de.
L'abbé Papon l’a publié sur huit pages et demie dans saChorographie (tirée de sonHistoire générale de Provence dédiée aux Etats, 1777) et il en parle comme d’un inventaire curieux. Le comte de Beaufort avait transformé la chapelle castrale deCornillon en véritable salle au trésor. Parmi toutes les richesses entreposées, se trouvaient trente-six cuillères en argent ainsi que deux cent quarante et un ustensiles d’argenterie allant des plats aux aiguières en passant par les plats à barbe et un coquemar (bouilloire à anses). L’orfèvrerie comptait soixante-dix pièces en argent doré comprenant des pots, des plats, des aiguières, des tasses, des coupes, des gobelets ainsi qu’un drageoir et un vase à épices[N 5]. Selon Papon, il y avait aussi des boîtes à parfum et à musc, un crucifix orné de perles et de pierres précieuses au pied duquel se tenaient les apôtres Pierre, Jean et Paul. Se trouvaient encore deux reliquaires d’argent doré, dont le premier renfermait un morceau de la croix de saint André et le second des ossements de saint Thomas, ainsi que des objets cultuels en or et en argent dont une dizaine d’anneaux épiscopaux ayant appartenu àPierre Roger. S’y ajoutaient des patènes et des ciboires en or, des burettes en argent, des croix pectorales en or et en argent rehaussées de pierreries, des bagues et des anneaux d’or ornés de rubis, de saphirs et de pierres fines ainsi que des perles et des pierres précieuses en vrac. Les Roger de Beaufort avaient aussi conservé des prises de guerre dont quatre mille oboles aragonaises, des gobelets aux armes de Navarre et de Flandre, ainsi que deux coupes faites en travail anglais dont une coupe dorée et une grande coupe d’argent doré. Soit une estimation de cent trente neuf mille sept cent soixante-dix (139 770) livres tournois[6].