Laguerre des Six Jours s'est déroulée du lundi 5 au samedi et a opposéIsraël à l'Égypte, laSyrie, l’Irak, et laJordanie, après une offensive israélienne contre l’Égypte.
Les relations entre Israël et ses voisins arabes étaient restées conflictuelles depuis les accords d’armistice de 1949 qui ont mis fin à laguerre israélo-arabe de 1948-1949. En 1956, les tensions régionales se sont intensifiées lors de lacrise de Suez, lorsque Israël a envahi l’Égypte en réaction à la fermeture dudétroit de Tiran aux navires israéliens.
Les tensions israélo-arabes s’intensifient à nouveau au printemps 1967. La crise débuta le 7 avril, lorsqu'à la suite d'un incident mineur à la frontière israélo-syrienne, un combat aérien aboutit à la destruction de sept avions syriens. La montée des tensions fut exacerbée par les actions descommandospalestiniens opérant sur le territoire israélien, tandis que Israël menaça la Syrie d'une guerre en raison de son soutien aux Palestiniens. Le chef d'État égyptien,Gamal Abdel Nasser, répondit en fermant ledétroit de Tiran, et en déployant des troupes aux frontières.
Le 5 juin 1967, Israël lança une série de frappes aériennes contre des aérodromes égyptiens et d'autres installations dans le cadre de l'opération Focus. Les forces égyptiennes furent prises par surprise et la quasi-totalité des moyens aériens militaires égyptiens furent détruits au sol, donnant à Israël la suprématie aérienne. Simultanément, l'armée israélienne lança une offensive terrestre dans lapéninsule du Sinaï ainsi que dans labande de Gaza. Les chars de l'armée israélienne prirent l'ascendant sur leurs adversaires. Après une résistance initiale, Nasser ordonna l'évacuation de la péninsule du Sinaï. LaJordanie, qui avait conclu un pacte de défense avec l'Égypte, a mené des attaques contre les forces israéliennes afin de ralentir leur avancée. Le cinquième jour, laSyrie est entrée en guerre en bombardant les positions israéliennes dans le nord.
La guerre des Six Jours a entraîné plus de 15 000 morts coté arabe et moins de 1 000 coté israélien. En outre, 15casques bleus de l’ONU ont été tués par des frappes israéliennes dans le Sinaï et34 soldats américains ont été tués lors de l’incident du USS Liberty, au cours duquel les forces aériennes israéliennes ont attaqué un navire américain pour des raisons qui restent controversées.
En moins d'une semaine, l'Égypte perdit labande de Gaza et la péninsule duSinaï, la Syrie fut amputée duplateau du Golan et la Jordanie de laCisjordanie et deJérusalem-Est. Israël prit le contrôle de lavieille ville de Jérusalem. Environ 280 000 à 325 000 Palestiniens ont été expulsés de la Cisjordanie et 100 000 Syriens ont fui ou ont été expulsés du plateau du Golan. La victoire d'Israël l'a placé au rang de puissance militaire auMoyen-Orient.
Les résultats de cette guerre, épisode duconflit israélo-arabe, influencent encore aujourd'hui lagéopolitique de la région[2]. Si Israël s'est depuis retiré d'un de cesterritoires occupés, à savoir le Sinaï, deux autres ont étéannexés,Jérusalem-Est et leplateau du Golan, — deux actes non reconnus par la communauté internationale — une grande partie de laCisjordanie est toujours occupée, et la bande de Gaza était depuis 2005 sousembargo maritime, terrestre et aérien jusqu'au début de laguerre de Gaza d'octobre 2023 à aujourd'hui. Ces territoires annexés sont considérés comme une occupation illégale selon le droit international.
Le 16, l'Égypte déclare l'état d'alerte, procède à d'importants mouvements de troupes dans le désert duSinaï et exige le départ des forces de maintien de l'ordre de l'Organisation des Nations unies (ONU) qui s'y trouvent depuis 1957. Elle impose aussi le blocus dudétroit de Tiran qui donne accès à lamer Rouge, via legolfe d'Aqaba, aux navires israéliens. Israël rappelle que le blocus constitue un acte de guerre en violation du droit international[3]. Face à ce blocus, aux propos belliqueux de dirigeants arabes et à la mobilisation des armées arabes[3], Israël décide de lancer une attaque préventive[4] aérienne et terrestre le contre l'Égypte au sud. Israël demande par voie diplomatique à la Jordanie de rester neutre, mais celle-ci attaque Israël dès le premier jour[5],[6]. À la suite du succès éclair dans le Sinaï, Israël lance une contre-attaque contre la Jordanie puis le contre la Syrie sur le plateau du Golan.
Après six jours de combats, de nouvelles lignes decessez-le-feu remplacent les anciennes, la Cisjordanie, la péninsule du Sinaï, la bande de Gaza et le plateau du Golan passant sous contrôle israélien (voirTerritoires occupés). La navigation des navires israéliens par ledétroit de Tiran est désormais assurée et Jérusalem, qui était divisée entre Israël et la Jordanie depuis 1949, est réunifiée sous contrôle israélien.
À l'issue de la guerre des Six Jours, leConseil de sécurité des Nations unies adopte larésolution 242 (1967) qui réclame la fin immédiate de l'occupation militaire. Cette résolution, fréquemment invoquée depuis dans les négociations de paix auProche-Orient, reste encore inappliquée[7]. Elle ne précise pas comment devraient être restitués les territoires dont elle demande l'évacuation par Israël, les territoires aujourd'hui dits « palestiniens » étant avant 1967 sous contrôle jordanien ou égyptien.
La précédente guerre israélo-arabe de 1956 lors de lacrise du canal de Suez s'était soldée par une défaite militaire, mais une victoire politique capitale pour l'Égypte. À la suite du renoncement desÉtats-Unis et duRoyaume-Uni à soutenir financièrement la construction dubarrage d'Assouan[8], le président égyptien,Gamal Abdel Nasser, avait nationalisé lecanal de Suez en 1956. LaFrance et le Royaume-Uni avaient alors soutenu ensemble une attaque israélienne dans leSinaï jusqu'aucanal de Suez. Mais la condamnation fut unanime dans le monde. LesÉtats-Unis, l'Union soviétique et l'ONU s'accordèrent sur le retrait israélien et l'URSS menaça même Paris et Londres d'unefrappe nucléaire[9].
Durant la période menant à la guerre, les attaques desfedayin palestiniens et les contre-attaques israéliennes augmentent les tensions interfrontalières.
Le succès de Nasser avait donc été d'obtenir cette pression diplomatique des États-Unis et de l'Union soviétique pour pousserIsraël à se retirer de la totalité duSinaï. En échange, Israël obtint le maintien deCasques bleus de l'ONU dans le Sinaï pour veiller à garder cette frontière démilitarisée. L'Égypte avait également accepté de mettre un terme à la guérilla menée sur le sol israélien. Ainsi, la frontière israélo-égyptienne put connaître une période de calme sans précédent depuis 1948.
Aucun pays arabe n'avait pourtant reconnu l'existence de l'État d'Israël, mais la région était dans un équilibre incertain depuis 1956, maintenu davantage par la compétition entreÉgypte,Syrie etJordanie que par une résolution réelle des problèmes. En pleineguerre froide, l'Égypte et la Syrie étaient désormais alliées à l'URSS deNikita Khrouchtchev et aubloc de l'Est tandis que la Jordanie était soutenue par les Britanniques.
Plusieurs années après le conflit, Israël construisit unréseau de transport de l'eau en puisant dans les eaux dulac de Tibériade. En réponse, la Syrie initia unplan de dérivation des sources du Jourdain des eaux de certaines rivières (Dan/Baniyas) afin qu'elles n'alimentent plus le lac. Des attaques à l'artillerie lourde, depuis les hauteurs du Golan, se répétèrent aussi contre les civils israéliens du Nord-Est de laGalilée. Avec le bombardement des voies et le détournement de l'eau en 1964, la frontière israélo-syrienne resta le théâtre de tensions permanentes.
En 1966, l'Égypte et la Syrie signèrent une alliance militaire qui les engageait réciproquement dans le cas d'une guerre impliquant l'un des deux pays. Le, un incident mineur à la frontière israélo-syrienne se transforma rapidement en une bataille aérienne de grande échelle au-dessus du Golan. Le résultat fut la destruction de septMiG-21 syriens et le survol menaçant des avions de l'armée israélienne au-dessus deDamas. Les incidents frontaliers se multiplièrent et nombre de dirigeants arabes politiques et militaires appelèrent à la fin des représailles israéliennes. EnÉgypte,Nasser, toujours en quête d'une position centrale dans le monde arabe, surenchérit par la déclaration selon laquelle il prévoyait de remilitariser leSinaï. LaSyrie encouragea l'Égypte dans ce sens, mais ne se prépara pas immédiatement à l'éventualité d'un nouveau conflit. L'Union soviétique soutint les besoins militaires des pays arabes. On apprit plus tard qu'un rapport soviétique du 13 mai avait prétendu que les troupes israéliennes se regroupaient le long de la frontière syrienne alors qu'il n'en était rien[10].
Les troupes israéliennes ont détruit un avion de surveillance arabe.
En, Nasser massa les troupes égyptiennes dans le Sinaï[10] et le 17 mai, il exigea le retrait des forces d'interposition de l'ONU duSinaï et lesecrétaire général de l'ONU,U Thant, suivit cette requête. L'ONU demanda à déplacer ses troupes sur le territoire israélien, mais Israël refusa ce redéploiement qui aurait constitué unebrèche dans l'accord de cessez-le-feu précédent. Nasser concentra des troupes et des chars d'assaut sur la frontière avec Israël. Le 23 mai, l'Égypte bloqua l'accès au détroit de Tiran aux navires israéliens (route du sud essentielle à l'approvisionnement des Israéliens en pétrole et blocus du port d'Eilat), ce qui était sans précédent depuis les accords internationaux sur les droits de passage dans le détroit, signés en 1957 par 17 puissances maritimes[11]. Israël considéra cela comme uncasus belli. La tension dans la région glissait d'un relatifstatu quo vers une guerre régionale. Un début de panique s'empare de la population israélienne qui redoute un nouvelholocauste[10].
Les quelques réticences à entrer en guerre du roi Hussein qui craignait lepanarabisme de Nasser furent vite effacées par les nombreux partisans de la guerre en Jordanie. Le, l'Égypte signait avec laJordanie un traité de défense mutuelle, qui s'ajoutait à l'alliance militaire déjà en place avec laSyrie. Le président Nasser déclara :« Notre objectif sera la destruction d'Israël. Le peuple arabe veut se battre. » Plusieurs jours plus tard, les forces jordaniennes étaient commandées par un général égyptien. Israël appela de nombreuses fois la Jordanie à éviter les hostilités, mais Hussein était face à un dilemme : partir en guerre et risquer le contrecoup d'une réponse israélienne, ou bien rester neutre et risquer une insurrection en Jordanie.
Le gouvernement d'Israël était soucieux de savoir si la Jordanie serait impliquée dans le conflit pressenti, car une attaque depuis laCisjordanie (sous contrôle jordanien depuis 1949) aurait pu couper le pays en deux très rapidement. Toutefois, l'armée jordanienne ne semblait pas capable d'une telle manœuvre et la Jordanie avait plutôt jusque-là été le terrain d'opérations menées par les autres pays arabes. De plus, plusieurs états éloignés commencèrent à mobiliser leurs armées, notamment l'Irak, leSoudan, leKoweït et l'Algérie.
En Israël, certains voyaient, dans l'éventualité d'un nouveau conflit, une occasion d'assurer l'intégrité du pays en établissant des zones tampons. Selon le journaliste Mike Shuster, Israël« était encerclé par des États arabes décidés à le détruire. L'Égypte était dirigée par Gamal Abdel Nasser, un nationaliste provocateur dont l'armée était la plus puissante des pays arabes duMoyen-Orient. La Syrie était gouvernée par le radicalParti Baas qui préparait en permanence des menaces pour pousser Israël à la mer ». L'élite israélienne, dans la situation de blocus du détroit au sud et de mobilisation égyptienne dans le Sinaï et étant donné l'état d'embourbement des États-Unis auViêt Nam, jugea que, si des dispositions militaires pouvaient apparaître non souhaitables, elles pourraient néanmoins être nécessaires.
Dans le camp égyptien, Nasser, fort du soutien syrien et du contrôle militaire des forces jordaniennes que lui attribuait l'alliance signée le, se faisait la même réflexion. Il estimait qu'Israël se soucierait de l'opinion publique internationale et n'attaquerait donc pas en premier. En même temps, le blocus du détroit du sud fragilisait de plus en plus l'économie et l'armée israéliennes, et Nasser estimait que son armée pourrait facilement repousser une première attaque déclenchée par les Israéliens, puis aurait suffisamment de forces pour couper Israël en deux. Certains de ses commandants pensaient le contraire, sachant qu'un tiers des troupes égyptiennes était impliqué dans la guerre civile auYémen et que les moyens de communication et de ravitaillement égyptiens n'étaient pas en bon état. Nasser continua néanmoins à augmenter le niveau de mobilisation en Égypte, en Syrie et en Jordanie pour mettre Israël sous pression.
Israël tenta d'empêcher le blocage du détroit par des voies diplomatiques. Notamment, elle se tourna vers les États-Unis et le Royaume-Uni qui avaient garanti en 1957 qu'ils seraient capables d'ouvrir le détroit de Tiran si besoin était. Elle se tourna même vers legénéral de Gaulle qui avait déclaré que « 1967 n'est pas 1957 », dans le cadre de la nouvelle politique arabe de laFrance. Les Israéliens dénoncèrent le blocus comme étant une action correspondant aux critères internationaux d'acte de guerre. Alors que des négociations étaient toujours en cours pour la réouverture du détroit, Israël attaqua ses voisins par surprise. D'aprèsDean Rusk, secrétaire d'État américain entre 1961 et 1969 : « Nous n'avons peut-être pas réussi à obtenir la réouverture du détroit par l'Égypte, mais c'était une réelle possibilité ». Les négociations étaient toujours en cours lorsque les Israéliens ont lancé l'offensive surprise. Ils ont attaqué un lundi, sachant que le mercredi, le vice-président égyptien arriverait à Washington pour parler de la réouverture du détroit de Tiran[12].
D'après l'historien israélienMichael Oren, ce fut la première fois que le « téléphone rouge » liant laMaison-Blanche auKremlin fut utilisé pendant laguerre froide. Le, le ministre israélien des Affaires étrangères,Abba Eban, se rendit àWashington pour connaître la position du gouvernement américain dans l'éventualité d'une guerre. À peine arrivé, il lui fut secrètement annoncé par le gouvernement israélien que des informations révélant le plan d'une attaque syro-égyptienne dans les 48 prochaines heures avaient été obtenues. Eban en informa le présidentJohnson et ses conseillers, qui le renvoyèrent en précisant que les positions égyptiennes dans le Sinaï n'étaient que défensives et que les services d'espionnage américains n'avaient pas reçu d'informations corroborant l'annonce de cette opération. Toutefois, Johnson entra en contact avecAlexeï Kossyguine auKremlin pour demander à l'URSS d'empêcher ses protégés du Proche-Orient d'attaquer Israël pour éviter une crise mondiale. L'ambassadeur soviétique auCaire,Dimitri Pojidaev, lut une lettre de Kossyguine à Nasser qui le prévenait qu'en cas d'attaque dans les 48 heures, l'URSS ne le soutiendrait pas. Le ministre égyptien de la Défense,Abdel Hakim Amer, annonça alors au généralMahmud Sidqi(en) que l'opération était annulée[13].
Les dirigeants israéliens décidèrent qu'en l'absence de réaction américaine et de l'ONU, Israël se devait d'agir. Le1er juin,Moshe Dayan fut nommé ministre de la Défense d'Israël. Le 3 juin, le cabinet du président américain Johnson fit un constat ambigu : Israël continue ses plans de guerre.
SelonShlomo Gazit(en), la confiance des dirigeants israéliens aurait été confortée par le fait qu'en 1965, le roi du Maroc,Hassan II, avait fait enregistrer au profit duMossad et duShin Bet les travaux d’une réunion secrète des dirigeants arabes destinée à évaluer leurs capacités militaires, enregistrements qui montraient l'impréparation de l'armée égyptienne[14]. Les enregistrements ont été transmis à une équipe composée duMossad et duShin Bet et dont le nom était« Oiseaux »[15]. Toujours selon Shlomo Gazit :« Ces enregistrements, qui étaient vraiment une réussite extraordinaire des renseignements, nous ont encore montré que d'une part, les états arabes se dirigeaient vers un conflit auquel nous devions nous préparer. D'autre part, leurs divagations sur l'unité arabe et l’existence d'un front uni contre Israël ne reflétaient pas l'unanimité réelle entre eux ». Il continua en disant« Nous savions à quel point ils étaient peu préparés à la guerre. Nous avons conclu que le Corps des blindés égyptiens était dans un état pitoyable et qu'il n'était pas prêt au combat »[15]. L'attaque israélienne contre l'Égypte survint le 5 juin et alors démarra une guerre-éclair.
Invité parEzer Weizman, l'as français aux 33 victoires aeriennes en 1943 - 45,Pierre Clostermann, confident dugénéral de Gaulle, assista à l'assaut du dans le QG du Chel Ha'Avir. En milieu de journée il sera également présent au Conseil des ministres, Shimon Peres souhaitant s'entretenir avec lui sur la position française[16], de même que Ben Gourion qu'il rencontrera à son domicile le[17].
La plus grande force aérienne des armées arabes est en Égypte. Leurs avions sont tous récents et de conception soviétique. Ils possèdent également45 bombardiers moyensTu-16 capables d'attaquer des cibles civiles ou militaires israéliennes. Toutefois, les infrastructures défensives égyptiennes sont relativement faibles et ils ne disposent pas non plus de bunkers pour protéger leur aviation en cas d'attaque.
Le lundi à7 h 45, survolant laMéditerranée à très basse altitude pour éviter les radars, l'aviation israélienne attaque l'Égypte où la plupart des avions de chasse et leurs pilotes sont comme à leur habitude au sol après leur première patrouille de la matinée comme les services secrets israéliens l'avaient observé. La totalité de l'aviation israélienne est engagée tandis que seuls12 intercepteurs sont gardés en réserve pour protéger l'espace aérien israélien[18]. En500 sorties, Israël détruit 309 des340 avions militaires égyptiens[19]. Cela représente un succès au-delà des espérances des stratèges israéliens, qui avaient élaboré ce plan depuis longtemps. Les pertes israéliennes sont de19 appareils, pour des causes techniques principalement. Cela a pour conséquence une supériorité aérienne totale de l'aviation israélienne durant tout le conflit, supériorité dont dépendit en grande partie la victoire écrasante d'Israël.
La situation en Égypte et en Israël au soir du premier jour
L'Égypte vit depuis longtemps sous la censure et la propagande pour mobiliser l'opinion arabe. Au soir du premier jour, alors que la situation des troupes égyptiennes est catastrophique, la radio diffuse l'annonce de grandes victoires et insiste sur le fait que des avions israéliens ont été abattus. Le peuple est en fête, surtout au Caire où les gens descendent dans les rues fêter une victoire qu'ils croient acquise[20]. Alors que l'armée israélienne progresse, les généraux égyptiens préfèrent dissimuler le délitement de l'armée égyptienne àNasser : lorsqu'il l'apprend, celui-ci est effondré[21]. En Israël, la radio israélienne diffuse seulement l'annonce du début des combats, sans indiquer les vainqueurs. La seule chaîne de télévision captée en Israël étant égyptienne, la population croit à un désastre.
La frontière entre l'Égypte et Israël aux environs d'Eilat, en 2008.
Bénéficiant de l'avantage acquis par l'aviation et seulement quelques minutes après le début de l'attaque aérienne, les 70 000 hommes et700 blindés[10] de l'armée de terre israélienne attaquent les forces égyptiennes stationnées dans leSinaï. Privées de soutien aérien, celles-ci ne sont pas capables de faire face. De plus, les officiers supérieurs égyptiens ne peuvent coordonner une retraite en ordre qui devient rapidement une débandade. Les jours suivants, l'armée israélienne conquiert facilement le désert du Sinaï.
Le 8 juin, l'Égypte accepte le cessez-le-feu. 15 000 Égyptiens furent tués ou blessés, 5 000 furent faits prisonniers ainsi que500 officiers durant les quatre jours de combats. 80 % de la puissance militaire égyptienne était mise hors de combat. Les pertes israéliennes étaient de300 tués et 1 000 blessés environ[22].
Suite de la guerre : dégagement par les Israéliens de l'esplanade devant lemur des Lamentations à Jérusalem en juillet 1967.
Israël appelle laJordanie à rester en dehors de la guerre à travers des voies diplomatiques (dont par le biais desNations unies)[23]. La Jordanie ne déclare pas la guerre, mais engage les hostilités le à9 h 30 en tirant à travers la ligne d'armistice de 1949, en bombardant Israël, en capturant le quartier général des Nations unies à Jérusalem et en encerclant les positions israéliennes sur lemont Scopus. La Jordanie lance aussi une attaque aérienne avec 16Hawker Hunter[23].
Le premier jour de guerre est un désastre pour l'armée égyptienne, mais la radio diffuse des annonces de victoire. Au contraire, les communiqués de l'armée israélienne disent seulement que des combats ont été engagés. Israël brouillant les communications, le roiHussein de Jordanie tout comme le général (égyptien) de ses armées auraient donc cru à la victoire de l'Égypte.
Le ministre de la Défense israélienMoshe Dayan, au vu de la facilité qu'avaient ses troupes au Sinaï, rappelle des forces à Jérusalem. L'aviation israélienne détruit celle de la Jordanie, tandis que les parachutistes israéliens encerclent puis prennent le contrôle de tout Jérusalem et de toute la rive occidentale duJourdain le mercredi 7 juin. Dans le calendrier hébraïque, cette date correspond au 28Iyar 5727, jour où sera désormais célébré chaque année leJour de Jérusalem.
Le cessez-le-feu israélo-jordanien prend effet le au soir.
Jusqu'au vendredi 9 juin, les combats sur la frontière syro-israélienne sont limités à des bombardements syriens. Mais le, après avoir intercepté un télégramme qui le convainc que les Soviétiques n'ont pas l'intention d'intervenir, Moshe Dayan décide de lancer l'armée israélienne à la conquête du plateau duGolan. Ce plateau représente une hauteur stratégique importante pour Israël. LaSyrie étant un allié de l'Union soviétique, l'armée israélienne n'a que quelques heures pour avancer avant de se voir imposer un cessez-le-feu par l'URSS et les États-Unis.
Les combats du donnent des résultats mitigés : les Syriens perdent en fin d'après-midi leurs positions avancées, mais la pénétration israélienne reste limitée. Le 10 juin, l'état-major syrien, craignant un mouvement de contournement israélien à travers laplaine de la Bekaa auLiban, ordonne le retrait de ses troupes du Golan pour construire une ligne de défense autour deDamas. L'armée israélienne s'engouffre alors dans l'espace libéré et la confusion s'installe côté syrien où l'on voit par exemple la radio annoncer vers8 h 45 la chute deQuneitra alors que les premières troupes israéliennes n'atteindront la ville que dans l'après-midi[24].
Face à l'évolution de la situation,Léonid Brejnev (dirigeant de l'URSS) menace les États-Unis d'intervenir militairement de façon directe et les deux super puissances imposent un cessez-le-feu à la Syrie et à Israël qui prendra effet le samedi au soir, mettant fin à la guerre des Six Jours[25].
Durant les combats, les Syriens subissent 2 500 tués, 5 000 blessés et591 prisonniers. Les Israéliens ont à déplorer127 tués et600 blessés[22].
Après la conquête du Golan, Israël expulse les populations civiles qui n’avaient pas fui, à l'exception des quelques milliers deDruzes. Selon diverses estimations, entre 115 000 et 120 000 Syriens du Golan ont dû fuir. Dans la foulée, une centaine de villages sont rasés par l'armée israélienne. Le territoire est annexé en 1980 par l’État israélien, ce qui a été condamné par les Nations unies qui ont souligné « l’inadmissibilité de l’acquisition des territoires par la guerre »[26],[27].
Le, un bombardier irakien, unTupolev Tu-16, parvient à lâcher plusieurs bombes de plusieurs tonnes sur la ville deNetanya. La ville semble avoir été confondue avec Tel Aviv et l'avion avait été confondu par les radars israéliens comme étant un avion israélien de retour à la base. Celui-ci est abattu après avoir effectué son bombardement[28].
Le, l'aviation et la marine israéliennes attaquent par erreur l'USSLiberty, navire américain spécialisé dans la collecte de renseignements[29].
Les pays arabes adoptent larésolution de Khartoum en, définissant une ligne de conduite commune. La résolution contient notamment dans sonparagraphe 3, ce qui est connu comme les « trois non » des relations israélo-arabes de l'époque[30] :
pas de paix avec Israël,
pas de reconnaissance d'Israël,
pas de négociation avec Israël.
À partir du début de l'année 1969, de nouveaux combats eurent lieu entre l'Égypte et Israël le long ducanal de Suez. Les Égyptiens s'appuyaient sur l'utilisation de l'artillerie dans desopérations de type soviétique[pas clair]. Les avions israéliens faisaient des incursions poussées en Égypte. Les États-Unis parvinrent à mettre un terme à ces hostilités en, mais malgré leurs efforts dans les négociations, ils n'obtinrent ni la réouverture du canal de Suez ni de désengagement militaire. Cetteguerre d'usure trouva son apogée lors de laguerre du Kippour, en.
Opération Oiseaux : Un ancien agent du Mossad rapporte que le Maroc aurait apporté des informations stratégiques à propos des plans arabes de la guerre des six jours.
↑M. Bakre, J. Bethemont, R. Commère et A. Vant,L'Égypte et Haut-Barrage d'Assouan : de l'impact à la valorisation, Presses de l'université de Saint-Étienne,(ISBN2851452037,lire en ligne).
↑abc etdCyrille Louis, « Guerre des Six-Jours: une victoire écrasante qui a stupéfié les armées arabes »,Tribune Juive (repris duFigaro),(lire en ligne, consulté le).
« le golfe d'Aqaba dont les côtes appartiennent à quatre différents États constitue des eaux internationales… la liberté de navigation doit être assurée dans ce golfe et dans les détroits qui y mènent… aucun pays n'a le doit d'empêcher le libre et simple passage des navires de toute nationalité et de tout type. »