Laguerre des Boers (prononcé aujourd'hui « bour » la plupart du temps, proche de la prononciationnéerlandaise etafrikaans, mais à l'époque en France on écrivait aussi Boërs, avec la prononciation en rapport) est une expression qui désigne deux conflits intervenus enAfrique du Sud à la fin duXIXe siècle entre lesBritanniques et les habitants des deuxrépubliques boers indépendantes :
Le leRoyaume-Uni reconnaît l'indépendance des territoires situés au nord du fleuveVaal, qui prennent ainsi le nom deTransvaal, de République d'Afrique du Sud ou de ZAR (Zuid-Afrikaansche Republiek). Elle reconnaît également le territoire compris entre l'Orange et leVaal, qui deviendra le l'État libre d'Orange. Le fleuve Orange marque désormais la frontière entre la colonie britannique du Cap et lesrépubliques boers. En1867 on découvre desdiamants dans la région duGriqualand. Les deux États boers, l'État libre d'Orange et leTransvaal, revendiquent cette région, invoquant diverses conventions. Mais grâce à une habile politique c'est la Grande-Bretagne qui hérite de cette région et annexe leGriqualand le.
Quelques années plus tard les Britanniques, sous les ordres de Lord Carnavon, décident alors d'annexer leTransvaal car la situation se dégrade et menace indirectement lacolonie du Natal.
En1877, SirTheophilus Shepstone pénétra dans la république boer du Transvaal avec 25 hommes de la police montée du Natal. Ce fut sans rencontrer de résistance qu'il atteignitPretoria, où les discussions avec le gouvernement boer aboutirent à l'annexion du Transvaal par l'Empire britannique le. Le vice-président de la république,Paul Kruger, fut alors l'un des rares dirigeants boers à s'y opposer.
Boers au combat. Gravure parue dans l'Illustrated London News, 1881.
C'est avecPiet Joubert etMarthinus Wessel Pretorius que Paul Kruger commença à organiser une résistance armée qui ne fut en mesure de passer à l'action qu'à la fin de l'année 1880.
Le, les rebelles boers proclamèrent l'indépendance du Transvaal àPotchefstroom. Le, ils attaquèrent et détruisirent un convoi militaire britannique àBronkhorstspruit. Plusieurs garnisons britanniques du Transvaal furent alors assiégées par des commandos boers jusqu'au. Les Boers étaient habillés en vêtementskaki couleur de terre, alors que les uniformes britanniques arboraient une couleur rouge vif, ce qui permit aux Boers de tirer facilement et à distance sur les troupes de l'Empire.
Bataille de Majuba Hill (1881).
Après plusieurs escarmouches, les britanniques furent sévèrement défaits à labataille de Majuba le.
Un traité d'armistice fut signé le et complété par un traité de paix final le. Selon les termes de ce dernier, les Boers du Transvaal retrouvaient leur autonomie tout en restant sous la souveraineté britannique.
Le traité fut ensuite ratifié par la convention de Pretoria le.
En1884, la convention de Londres redonna sa pleine souveraineté au Transvaal réorganisée sous sa forme originelle de république d'Afrique du Sud.
La seconde guerre des Boers (ou guerre d'Afrique du Sud)
Avec la découverte d'or au Transvaal, des milliers de colons britanniques arrivèrent de laColonie du Cap. Johannesburg devint une ville champignon pratiquement du jour au lendemain, au fur et à mesure de l'installation desuitlanders (mot néerlandais signifiant étranger, désignant les Britanniques venant s'installer dans le Transvaal) près des mines. Lesuitlanders dépassèrent rapidement en nombre les Boers sur le gisement, bien que restant une minorité dans le Transvaal lui-même. Les Boers, agacés par la présence desuitlanders, leur refusèrent le droit de vote et taxèrent lourdement l'industrie aurifère. En réponse, lesuitlanders exercèrent une pression sur les autorités britanniques, en vue d'obtenir le renversement du gouvernement boer. En1895,Cecil Rhodes appuya une tentative decoup d'État par une action militaire, leraid Jameson qui se solda par un échec.
Le meurtre de l'uitlander Tom Edgar en par un des membres de la police du Transvaal à la suite d'une bagarre fut monté en épingle et déboucha finalement sur des pétitions demandant l'intervention de la Grande-Bretagne pour protéger les Britanniques présents au Transvaal. Le présidentMarthinus Steyn de l'État libre d'Orange invita Milner et Kruger à une conférence àBloemfontein, qui débuta le, mais les négociations furent rapidement interrompues. Le, Kruger, pressentant que la guerre était inévitable, lança son propre ultimatum avant même d'avoir reçu celui deChamberlain. Il donnait 48 heures aux Britanniques pour évacuer leurs troupes des frontières du Transvaal, ou la guerre leur serait déclarée en accord avec leur allié, l'État libre d'Orange.
La guerre fut déclarée le, et les Boers attaquèrent les premiers en envahissant lacolonie du Cap et lacolonie du Natal entre et. À la mi-, au cours d'une période connue sous le nom de semaine noire, du au, les Britanniques subirent de nombreuses pertes àMagersfontein,Stormberg etColenso.
Après encore une nouvelle défaite dans leur tentative de briser le siège de Ladysmith lors de labataille de Spion Kop, les troupes britanniques, commandées parLord Roberts, ne reprirent l'initiative qu'avec l'arrivée de renforts le.Winston Churchill, officiellement correspondant de guerre, racontera ces opérations dans plusieurslivres à succès.
Après la levée dusiège de Mafeking le, obtenue par les actions deRobert Baden-Powell (le rôle que ce dernier fit jouer aux jeunes dans l'entreprise fut déterminant dans la création duscoutisme), les Britanniques parvinrent à forcer la reddition du GénéralPiet Cronje et de 4 000 de ses combattants et à affaiblir le reste des troupes boers. Ils avancèrent alors au cœur des deux républiques, prenant la capitale de l'État libre d'Orange,Bloemfontein, le et la capitale du Transvaal,Pretoria, le.
De nombreux observateurs britanniques pensaient la guerre terminée après la capture des deux capitales. Mais les Boers se réunirent en une nouvelle capitale,Kroonstad, et mirent sur pied une campagne deguérilla pour attaquer les lignes de communication et de ravitaillement britanniques.
Le nouveau dirigeant de l'armée britannique,Lord Kitchener, réagit en construisant des postes fortifiés, des petites constructions de pierre entourées de fils barbelés, afin de réduire les mouvements des groupes de guérilla en de petites zones où ils pouvaient être battus. Les postes fortifiés permirent de réduire les mouvements des guérillas mais ne pouvaient à eux seuls les battre. Kitchener forma de nouveaux régiments de troupes irrégulières de cavalerie légère, y compris descarabiniers Bushveldt, qui parcoururent les territoires contrôlés par les Boers, traquant les groupes de combattants. En, il adopta une stratégie de laterre brûlée et se mit à vider les campagnes de tout ce qui pouvait être utile aux guérillas boers. Cette stratégie mena à la destruction d'environ 30 000 fermes et d'une quarantaine de petites villes. En tout, 116 572 Boers furent envoyés dans descamps de concentration, soit à peu près un quart de la population, auxquels s'ajoutaient encore quelque 120 000 Africains noirs. Il y eut au total 45 camps de tentes construits pour enfermer ces civils ainsi que 64 autres pour les Noirs (garçons de ferme, bergers, etc.) qui avaient vécu auprès des Boers.
Les camps de Boers abritaient essentiellement des personnes âgées, des femmes et des enfants pour un total d'environ 120 000 personnes. 25 630 d'entre eux furent déportés à l'étranger.
Lizzie van Zyl, enfant boer internée et morte dans le camp de concentration de Bloemfontein.
Les conditions de vie dans ces camps étaient particulièrement insalubres et les rations alimentaires réduites. Combinée avec des manques en matériels et fournitures médicales, la situation provoqua de nombreux décès — un rapport postérieur à la guerre estima à 27 927 le nombre de Boers morts (parmi lesquels 22 074 enfants de moins de16 ans) et 14 154 Noirs, morts defamine, demaladies et d'exposition au soleil. En tout, environ 25 % des Boers et 12 % des Noirs moururent (des recherches récentes suggèrent une sous-estimation des pertes africaines, qui s'élèveraient en fait à environ 20 000 victimes).
En tout, la seconde guerre des Boers coûta environ 75 000 vies — 22 000 soldats britanniques (7 792 au cours d'affrontements, le reste de maladies comme latyphoïde[1]), 4 000[1] à 7 000 soldats boers, 20 000 à 28 000 civils boers et sans doute 20 000 Noirs.
Les derniers Boers se rendirent en, et la guerre se termina officiellement avec letraité de Vereeniging à la fin du même mois.
The King's Man : Première Mission deMatthew Vaughn, 2021 – la scène d'introduction évoque la guerre des Boers lors d'une rencontre entre le héros et Kitchener.