En haut : le bâtiment de latélévision d’État iranienne en feu après une frappe israélienne ; en bas : un bâtiment d'habitation détruit àRamat Gan à la suite de l’explosion d’un missile iranien.
1 060 morts (militaires et civils)[5] 5 646 blessés au moins (militaires et civils) (Selon l'Iran)[6]
1 190 morts au moins (dont 435 militaires, 436 civils et 319 personnes non identifiées) 4 475 blessés au moins (dont 256 militaires, 2 071 civils et 2 148 personnes non identifiés) (Selon l'ONG Human Rights Activists)[7]
L'Iran réplique dans les heures qui suivent en déclenchant l'opérationPromessehonnête 3 (persan :عملیات وعده صادق ٣[15]) et attaque leterritoire israélien par des frappes de drones et de missiles.Les États-Unis bombardent plusieurs sites nucléaires iraniens dans la nuit du 21 au.
L'attaque israélienne initiale tue plusieurs officiers iraniens, des dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique, des scientifiques nucléaires de haut niveau et plus de200 civils iraniens, selon leministère de la Santé iranien. La première vague de représailles iraniennes, constituée par le tir de100 missiles selon l'armée israélienne, est suivie de tirs de missiles ultérieurs et d'une centaine de drones, tuant au total24 personnes, toutes des civils selon legouvernement israélien.
Au, le lendemain du cessez-le-feu, l'ONGHuman Rights Activists, basée àWashington, estime que les bombardements israéliens et américains sur l'Iran ont fait au moins 1 054 morts et fait 4 476 blessés (dont417 morts et 2 072 blessés civils,318 morts et256 blessés militaires, le reste non spécifié)[16].
Les relations entre Israël et l'Iran étaient plutôt cordiales jusqu'à larévolution islamique de1979. L'un des principaux traits distinctifs de laRépublique islamique établie cette année-là par l'ayatollahKhomeini était son rejet de « l'impérialisme » des États-Unis et de son allié Israël. Le nouveau régime des ayatollahs a rompu ses relations avec Israël, a cessé de reconnaître la validité despasseports deses citoyens et a saisi l'ambassade israélienne àTéhéran, la remettant à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). L'animosité envers Israël était la pierre angulaire du nouveau régime iranien[17].
En Israël, l'hostilité envers l'Iran n'a commencé que plus tard, dans lesannées 1990, car l'Iran était auparavant perçu comme une menace régionale moins grande que l'Irak deSaddam Hussein. Téhéran a tissé un réseau baptisé « axe de résistance », s'étendant auLiban, àGaza, en Irak, auYémen et enSyrie[17].
En 2005, le président iranienMahmoud Ahmadinejad tient un discours anti-israélien très radical. Il doute de laShoah, qualifie Israël de « tumeur » et demande que les Israéliens soient réinstallés enAllemagne et enAutriche[18].
L'axe de résistance iranien subit de graves revers entre 2024 et 2025, avec la chute du gouvernement de Bachar el-Assad en Syrie et l'affaiblissement duHamas et duHezbollah dans lesguerres de Gaza et duLiban. Le Hezbollah libanais, classé commeorganisation terroriste par les États-Unis et l'Union européenne, est la plus importante et la plus riche de ces organisations[17].
Le site nucléaire d'Osirak en Irak, développé en coopération avec laFrance, a été plusieurs fois bombardé, d'abord en 1980 par l'Iran[19] (il s'agit alors de la première attaque militaire visant un site nucléaire[20]), puis en 1981 par Israël lors de l'opérationOpéra[21]. En 2007, lors de l'opérationOrchard, Israël bombarde une installation nucléaire en Syrie créée en coopération avec laCorée du Nord[21].
En 1996, durant le premier mandat deBenyamin Netanyahou à la tête du gouvernement israélien, Israël envisage de détruire les installations nucléaires iraniennes par des frappes aériennes, mais le projet n'aboutit pas. Jusqu’en 2012, Netanyahou et son ministre de la Défense,Ehud Barak, menacent à diverses reprises de procéder à ces bombardements[22].
Depuis les années 1990, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou désigne régulièrement l'Iran comme une« menace existentielle » pour Israël, qui rendrait nécessaire uneguerre préventive[22].
Programme nucléaire iranien et négociations américano-iraniennes
En 2015, malgré les protestations israéliennes, les membres permanents duConseil de sécurité des Nations unies ainsi que plusieurs autres pays signent avec l'Iran unaccord sur son programme nucléaire. Celui-ci prévoit de limiter leprogramme nucléaire iranien pendant au moins une décennie, le renforcement des contrôles afin de s'assurer qu'il ne soit pas destiné à produire desarmes nucléaires et la levée progressive dessanctions contre l'Iran. Les stocks iraniens d'uranium faiblement enrichi passent en 2015 d'environ huittonnes à 300 kilos[23],[24]. En 2018, le nouveau président américainDonald Trump se retire de l'accord[22] et rétablit un ensemble desanctions contre l'Iran. Onze rapports de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) attestent alors du respect par l'Iran de ses engagements[25]. Après avoir attendu un an après le retrait des États-Unis de l'accord, et fortement affecté par les sanctions économiques, l'Iran reprend l'enrichissement d'uranium au-delà des limites fixées par l'accord de 2015, de 300 kilos d'uranium faiblement enrichi[26]. En février 2021, l'Iran suspend sa participation de son accord de coopération avec l'AIEA. Il possède alors environ trois tonnes d'uranium faiblement enrichi[23].
L'Iran a ensuite augmenté de manière significative ses stocks d'uranium et ses capacités de production nucléaires, pour atteindre en 2025, 400 kilos d'uranium enrichi à 60 %, 13 000 centrifugeuses[27] et 9,2 tonnes d'uranium faiblement enrichi[23]. L’Iran nie cependant avoir développé des armes nucléaires et affirme que son programme d’enrichissement de l’uranium ne sert qu’à des fins pacifiques[28]. En mars 2025, ladirectrice nationale du renseignement américain indique que les agences d’espionnage américaines ne croyaient pas que l’Iran avait redémarré son programme d’armement nucléaire, que l’AIEA avait jugé terminé en 2003[28].
De son côté, Israël est considéré comme unepuissance nucléaire non déclarée, non signataire dutraité de non-prolifération et qui, à ce titre, n'accueille jamais d'inspecteur de l'AIEA sur son sol[25].
L'attaque intervient après la condamnation par l'AIEA de l'Iran pour « non-respect » de ses obligations en matière nucléaire[29] et avant l'ouverture prévue d'un nouveau cycle de négociations sur le nucléaire iranien entre les États-Unis et l'Iran[30]. Elle intervient également au lendemain de l'expiration d'unultimatum de 60 jours fixé parDonald Trump, qui a été informé la veille de l'attaque israélienne, qu'il présente comme un levier dans ses négociations[31].
Les tensions et affrontements entre Israël et l'Iran sont croissants depuis le début de laguerre de Gaza en octobre 2023[32].
Le, l'un des principaux commandants ducorps des gardiens de la révolution islamique,Razi Moussavi, est tué enSyrie dans une attaque aérienne israélienne. Le, cinq membres des Gardiens de la révolution, dont deux hauts responsables, sont tués àDamas dans une frappe aérienne israélienne[32].
Le, lors d'unbombardement du consulat iranien de Damas en Syrie qui abritait une réunion de militaires iraniens de haut rang, seize personnes, dont huit membres des gardiens de la révolution islamique, sont tuées, dont le chef de laforce Al-Qods sur place, le généralMohammad Reza Zahedi et son adjoint[33]. L'Iran, soutenu par lesHouthis duYémen[34], répond à ceraid par uneattaque le[35], constituée defrappes d'environ300 missiles et drones sur Israël, ce qui constitue la première opération militaire iranienne visant directement Israël depuis la fondation de la République islamique en 1979[32]. Israël répond avec une attaque sur l'Iran contre le système de défense antimissile du pays[35],[36].
Le, le chef politique duHamas palestinien,Ismaël Haniyeh, est assassiné dans une résidence dans le nord de Téhéran, après avoir assisté à la cérémonie d'investiture du nouveau président iranien,Massoud Pezechkian. Israël revendique la responsabilité de l'attaque quelques mois plus tard[32].
L'attaque de juin 2025 commence à être planifiée en octobre ou novembre 2024, à la suite des bombardements successifs d'Israël sur l'Iran et de l'Iran sur Israël[38].
Selon les observateurs, l'ampleur de l'opérationRising Lion — qui associe des frappes sur des infrastructures avec l'élimination de responsables du programme nucléaire militaire iranien — est bien supérieure à celle des précédentes interventions[39].
En outre, dans la nuit du au, en parallèle aux frappes aériennes, des agents duMossad auraient mené une série d’opérations clandestines à l’intérieur du territoire iranien. Ces actions desabotage auraient visé à neutraliser des infrastructures stratégiques telles que des sites demissiles balistiques et des moyens dedéfense aérienne, en amont et sur le terrain, dans le but de préparer et renforcer l’impact de l’offensive israélienne[41]. Le gouvernement israélien a confirmé que l'opération s'étalerait sur plusieurs jours et que 200avions de combat avaient été engagés dans les premières frappes, qui ont largué 330 munitions diverses[43]. Des petitsdrones sont également employés par le Mossad depuis le territoire iranien[41].
Dans la nuit du 13 au 14 juin, plusieurs vagues de missiles balistiques iraniens visent les villes deTel-Aviv etJérusalem en Israël[48]. L'Iran nomme sa contre-attaque opérationPromesse Tenue 3 et déclare attaquer des dizaines de cibles, y compris des sites militaires et desbases aériennes[49]. Plusieurs impacts sont signalés dans le centre d'Israël, y compris sur des bâtiments à Tel Aviv. Un fragment d'un missile intercepté cause également des dégâts dans le nord d'Israël[50]. LeMagen David Adom (MDA) rapporte qu'au moins 63 Israéliens sont blessés[51]. Une femme civile grièvement blessée succombe plus tard à ses blessures[52].
LaForce de défense aérienne iranienne aurait réussi, selon elle, à détruire deux avionsF-35 Lightning II ainsi qu'un grand nombre demicro-drones[53]. Mais une semaine plus tard, il n'existe toujours aucun document confirmant la destruction de deux F-35 israéliens, et les experts militaires doutent que les défenses anti-aériennes iraniennes soient capables d'abattre ce type d'avion, en raison de sa furtivité[54].
Les États-Unis évacuent ensuite certains de leurs soldats stationnés en Irak et autorisent également l'évacuation des membres des familles des soldats américains présents dans la région[55],[56].
Le 14 juin, Israël lance une attaque de drones sur une raffinerie stratégique située dans la ville portuaire deKangan, dans le sud de l'Iran[57].
L'Iran procède alors à une nouvelle attaque contre Israël avec une salve d'environ 200 missiles balistiques tirés à 1 h du matin, mais la plupart de ces missiles sont interceptés[50],[58]. Sept personnes sont blessées dans l'attaque, dont une légèrement[59]. Plus tard dans la journée, un missile blesse 19 personnes dont deux succombent à leurs blessures. Les villes touchées sont Tel Aviv,Ramat Gan etRishon LeZion, dans le centre du pays[60].
Israël dit avoir la maîtrise du ciel« dans tout l'ouest de l'Iran, jusqu'à Téhéran »[61].
Le 15 juin, Israël déclare avoir bombardé 80 objectifs pendant la nuit avec une cinquantaine d’avions de combat[62]. Desattentats à la voiture piégée frappent Téhéran. Certaines de ces attaques visaient des scientifiques nucléaires iraniens, selon l'agenceReuters[63].
Le quartier deTajrish, à Téhéran, est touché par deux attaques aériennes. L’une a frappé un immeuble, l’autre a ciblé l’un des carrefours les plus empruntés du nord de la ville. Ces frappes tuent 17 personnes et font 46 blessés[64],[65]. Les vidéos de la frappe sur le carrefour montrent des dégâts importants : un puissant jet d’eau s’échappant d’une canalisation rompue, plusieurs voitures touchées par l’explosion ou par des débris d’immeubles effondrés, des personnes piégées dans leurs véhicules endommagés, alors que d’autres tentent de les aider à en sortir[65].
Lors d'une attaque menée par l'Iran, la raffinerie deHaïfa, dans le nord du pays, subit des dégâts importants et prend feu[66]. Trois hommes qui travaillaient dans l'installation pétrolière au moment de la frappe sont tués[67].
Le gouvernement iranien annonce que lesmosquées, les stations de métro et les écoles serviront d'abris à la population face aux attaques israéliennes[68]. Alors qu'aucun quartier de Téhéran n’est épargné par les bombardements[69], beaucoup d'habitants fuient la capitale[70].
Vers 15 h,Israël bombarde le siège de latélévision d'état iranienne àTéhéran[71], après avoir, plus tôt dans la journée, demandé une évacuation du quartier où se trouvent lesdits bureaux[72]. L'Iran accuse Israël d'avoir bombardé un hôpital dans la ville deKermanshah, dans l'ouest du pays, dénonçant un « crime de guerre »[73]. Un drone de l’armée de l’air israélienne a frappé et détruit deuxavions de chasseF-14 iraniens dans unaéroport de Téhéran, a révélé le porte-parole de l’armée israélienne, lebrigadier général Effie Defrin, lors d’une conférence de presse. Les F-14 Tomcat, de fabrication américaine, ont été fournis à l’Iran avant la révolution islamique de 1979 et seraient les derniers encore en service. L’armée israélienne a publié des images de la frappe[74]. Lesinfrastructures énergétiques vitales sont méthodiquement attaquées, telles lesdépôts pétroliers, les raffineries etchamps gaziers, provoquant de nombreux incendies et coupures de production. L’objectif recherché est de provoquer des pénuries de carburant et des coupures d’électricité[69].
Ce même jour, l'Iran tire 350missiles balistiques sur la ville balnéaire deBat Yam en Israël. Ces tirs font 24 morts et de nombreux blessés[75].
LePakistan ferme sa frontière terrestre avec l'Iran[76].
Le président américainDonald Trump déclare, surTruth Social, que l'Iran aurait dû signer l'accord, qu'il ne peut pas posséder l'arme nucléaire et que toute la population devait évacuer Téhéran[77],[78]. Compte tenu de la situation au Moyen-Orient, il quitte prématurément lesommet du G7 pour retourner à Washington[79].
Le, l'Iran lance une nouvelle salve d’environ vingt missiles balistiques à moyenne portée en direction du centre d’Israël, soit le nombre le plus élevé enregistré en une seule attaque depuis les dernières 48 heures[82].
Des explosions sont signalées dans plusieurs zones de Tel Aviv, notamment sur une tour résidentielle et à proximité de l'hôpital de Soroka àBeer-Sheva, où elles font des blessés parmi le personnel médical et les patients[83].
Le, Donald Trump décide de déplacer des États-Unis vers l'Europe l'USS Gerald R. Ford, unporte-avions de 100 000 tonnes àpropulsion nucléaire en service depuis 2017, afin de pouvoir l'utiliser en cas de bombardements américains sur l'Iran[84].
21 juin : frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens
Le 21 juin, l'armée israélienne annonce bombarder la région deBandar Abbas, grand port du sud de l'Iran, sur la rive nord dudétroit d'Ormuz[85].
Dans la soirée (heure locale), Donald Trump annonce que l'US Air Force a mené une opération de grande envergure baptiséeMarteau de Minuit (anglais :Operation Midnight Hammer) contre l'Iran, frappant troissites nucléaires stratégiques situés àFordo,Natanz etIspahan. Ces frappes, coordonnées avec l'armée israélienne, visent à détruire des installations clés duprogramme nucléaire iranien, notamment des centres d'enrichissement d'uranium et des infrastructures souterraines fortement protégées. Selon Donald Trump, l'opération est un succès complet, tous les avions ayant regagné leur base en toute sécurité[86] et les« principales installations d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été complètement et totalement éradiquées ». Cette destruction est immédiatement infirmée par des experts et hauts responsables étrangers, y compris israéliens, qui considèrent qu’il est impossible à établir si rapidement un bilan[87].
23 juin : frappes iraniennes sur les bases américaines
À la suite des bombardements américains dans la nuit du 21 au 22 juin, le Parlement iranien vote en faveur de la fermeture dudétroit d'Ormuz[88], espace de passage maritime étroit où 20 % du trafic mondial de pétrole transite et qui pèse pour 600 milliards de dollars par an. Les conséquences en seraient la flambée des prix du baril de pétrole et du gaz naturel dans le monde. Sous la pression des États-Unis et de la Chine, l'Iran finit par renoncer au blocage du détroit[89].
L'aviation israélienne bombarde la prison d'Evin à Téhéran, tuant 71 personnes. Des membres du personnel de la prison, des prisonniers, des proches venus leur rendre visite ainsi que des habitants vivant à proximité de l'établissement figurent parmi les victimes. Un nombre indéterminé de détenus est ensuite transféré vers d'autres établissements pénitentiaires[90].
24 juin : cessez-le-feu approuvé par l'Iran et Israël
Le 24 juin, Donald Trump annonce sur son réseau social Truth Social que la république islamique d'Iran et l'État d'Israël ont tous deux approuvé un cessez-le-feu « complet et total » d'une durée de 12 heures[91]. Malgré le cessez-le-feu, Tsahal accuse l'armée iranienne de tir de missiles[92]. En Iran, neuf personnes sont tuées dans des frappes israéliennes sur des bâtiments résidentiels àAstaneh-ye Achrafiyeh, une ville proche de la mer Caspienne[93].
De nombreux civils sont tués le 13 juin dont certains ont été identifiés par des associations et médias. La fédération iranienne detaekwondo annonce la mort de plusieurs de ses membres, dont Amir Ali Amini, adolescent membre de l’équipe nationale junior. Un joueur depadel, Parsa Mansour, est tué alors qu’il rentrait chez lui après un entraînement, indique la fédération iranienne de tennis. La poétesse et professeure d'anglais Parnia Abbasi, âgée d'une vingtaine d'années, est tuée avec toute sa famille dans le bombardement de leur maison dans la capitale iranienne. Sina Soleimani, un jeune analyste du marché boursier en Iran, est tué dans une frappe sur « une aire urbaine », de même que Najmeh Shams, jeune diplômée en sciences sociales de l’Université de Téhéran[94]. Au moins 78 morts, dont des enfants[95], et 329 blessés sont recensés le 13 juin[96].
Le 14 juin, une soixantaine de personnes, dont vingt enfants, sont tuées dans une frappe israélienne contre un complexe résidentiel de Téhéran[94].
Un dessinateur connu en Iran, Saleh Bairami, est tué dans une frappe israélienne alors qu’il attendait à un feu rouge du carrefour deTajrish àTéhéran le 15 juin[65].
Au 16 juin, l'ONG Human Rights Activists, basée à Washington, indique que les bombardements israéliens sur l'Iran ont tué au moins 406 personnes et fait 654 blessés, majoritairement des civils. Ce bilan provisoire inclut au moins 197 civils tués, 90 militaires et 119 personnes non identifiées. Le ministère iranien de la Santé déclare qu’au moins 224 personnes avaient été tuées depuis le début des attaques vendredi, et que 1 277 personnes avaient été hospitalisées, précisant que 90 % des victimes étaient des civils[97].
Au 18 juin, Human Rights Activists fait état de 585 personnes tuées et 1 326 blessées par les bombardements israéliens. Parmi les tués, 239 étaient des civils et 126 des militaires[98].
Au 21 juin, la même ONG indique que plus de 722 personnes ont été tuées et 2 546 blessées par les bombardements israéliens. De son côté, le ministère de la Santé iranien fait état de 430 morts et quelque 3 500 blessés[99].
Au 24 juin, premier jour du cessez-le-feu, le ministère iranien de la Santé annonce que la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran a fait au moins 610 morts et plus de 4 700 blessés parmi la population civile. Le nombre de militaires tués ou blessés n'a pas été communiqué[100].
Vingt-huit personnes ont été tuées en Israël par des tirs de missiles iraniens au cours du conflit de douze jours entre Jérusalem et Téhéran. La plus âgée était une survivante de la Shoah âgée de 95 ans, et la plus jeune était une enfant ukrainienne âgée de 7 ans atteinte d’un cancer[101].
Parmi ces victimes, quatre femmes sont tuées et dix personnes blessées le 15 juin 2025 par un missile àTamra, une ville arabe du nord d’Israël[102]. Les habitants des villes arabes israéliennes, ainsi que le députéAyman Odeh, dénoncent depuis longtemps le manque d’abris antiaériens et le fait que presque aucune habitation ne dispose d’une pièce blindée, en dépit de la loi israélienne qui l'impose à toute construction. Certains Israéliens se sont réjouis ouvertement de la mort de leurs compatriotes arabes, ce que d'autres ont condamné[102],[103].
Les missiles iraniens sont dirigés pour 90 % d'entre eux sur des cibles militaires et pour 10 % sur des cibles civiles selon des responsables politiques et militaires israéliens cités dans la presse[104]. L’institut Weizmann des Sciences àRehovot, au sud de Tel Aviv, a été touché par un missile le 15 juin. L'attaque n'a pas causé de mort mais a en revanche détruit des bâtiments ainsi que des années de recherches demédecine régénérative avec un une perte estimée entre 300 et 500 millions de dollars[105]. Par ailleurs, les médias iraniens indiquent que la République islamique a notamment visé labase de Tel Nof, l’une des principales bases des forces aériennes israéliennes, ainsi quecelle de Nevatim dans ledésert du Néguev. Le complexe militaire de Kirya, qui abrite lequartier général de l'armée israélienne et leministère de la Défense, dans le centre de Tel-Aviv, a été frappé par un missile le 13 juin, dans la première riposte iranienne[104].
Un immeuble résidentiel moderne, toujours dans le centre de Tel Aviv, subit de graves dégâts. Des incendies éclatent dans plusieurs appartements. Un bâtiment adjacent subit d'importants dégâts extérieurs, notamment des fenêtres brisées et du métal tordu pendant de la façade. ÀRamat Gan, plusieurs voitures sont retrouvées incendiées et trois maisons visiblement endommagées[106].
Selon les autorités municipales, neuf bâtiments sont complètement détruits à Ramat Gan, tandis que des centaines d'autres subissent des dégâts à divers degrés. Une centaine de résidents doivent quitter leur domicile en raison du barrage demissiles[106]. L'armée israélienne déclare qu'un nombre limité de bâtiments sont endommagés par des éclats d'obus résultant des tirs d'interception de missiles.
Les frappes exacerbent considérablement les tensions régionales et soulèvent des inquiétudes quant au risque d'une escalade incontrôlée de la situation. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) exprime sa profonde préoccupation concernant la stabilité régionale et l'impact possible sur lesinstallations nucléaires dans la région[106]. Israël déclare l'état d'alerte maximale, lesforces de défense israéliennes exhortant les civils à rester dans les abris en prévision de nouvelles attaques. Les rassemblements publics sont interdits, lesécoles sont fermées, et lesvols à l'aéroport principal Ben-Gourion d'Israël sont annulés par mesure de précaution.
L'Iran annonce la fermeture de sonespace aérien jusqu'à 14 h 00, heure locale, le samedi 14 juin et active ses systèmes dedéfense aérienne àTéhéran pour intercepter toute nouvelle frappe israélienne potentielle. Téhéran menace également de viser lesbases militaires régionales appartenant aux pays qui défendent Israël, ce qui révèle son intention d'élargir le conflit pour impliquer d'autres parties[44].
En Israël, la guerre contre l'Iran a été soutenue par une grande partie de la classe politique, des médias et de l'opinion publique. Les médias israéliens ont décrit la guerre comme « un moment de gloire » pour Israël et « rivalisé de commentaires patriotiques sur la conduite de l’opération »[107].
L’opposition interne à Benyamin Netanyahou s'est rangée derrière la décision du Premier ministre de déclencher la guerre. « Benyamin Netanyahou est mon rival politique, mais sa décision de frapper l’Iran en ce moment est la bonne », a ainsi écrit le chef de l’oppositionYaïr Lapid dans une tribune publiée par le journalJerusalem Post.Naftali Bennett a souligné de son côté qu’il n’y avait « ni droite, ni gauche, ni opposition, ni coalition », à propos des frappes contre Téhéran[107].
Au sein de la population, 70 % des Israéliens (82 % des juifs) disent soutenir la guerre[107].
Entre les 18 et 21 juin, leConseil suprême de sécurité nationale iranien impose une censure numérique et une coupure du réseau internet, après une première dégradation sévère dès le 13 juin, à la date du début de la guerre[108].
Le gouvernement israélien impose à chaque média de faire approuver par le bureau du censeur militaire, une unité dépendant desrenseignements de l’armée israélienne, toute diffusion d'images ou d'informations depuis les « zones de combats et les sites d'impact ». Les autorités israéliennes laissent faire, généralement, quand il s’agit de zones civiles bombardées mais elles interviennent dès lors que des sites sensibles, comme des bases militaires, sont concernés[109].
Le ministre israélien de la sécurité nationale,Itamar Ben-Gvir, avertit que quiconque montrant où des missiles ont explosé serait traité « comme quelqu’un qui porte atteinte à la sécurité de l’État »[109].
Lesprix du pétrole mondiaux augmentent de plus de 10 %, atteignant leurs plus hauts niveaux depuis janvier, ce qui reflète les craintes dumarché concernant les perturbations de l'approvisionnement en pétrole de la région — en particulier via ledétroit d'Ormuz stratégique, une route de transit énergétique vitale.
Lesmarchés boursiers américains clôturent en baisse, leDow Jones Industrial Average chutant de 1,79 % et leS&P 500 de 0,69 %. En période d'incertitude, lesvaleurs refuges telles que l'or et lefranc suisse prennent de la valeur. Les médias israéliens rapportent que les frappes aériennes israéliennes sur l'Iran coûtent au gouvernement environ 1,5 milliard de dollars, ce qui ajoute une pression financière au budget de la défense d'Israël[110],[111].
Lesnégociations nucléaires entre l'Iran et les États-Unis sont au point mort. L'Iran annonce la suspension indéfinie des pourparlers indirects avec les États-Unis, dont un sixième cycle est prévu àOman. En représailles aux attaques, l'Iran pourrait réduire sa coopération avec les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEI). Les gouvernements européens font face à des défis politiques pour réimposer lessanctions des Nations unies contre l'Iran avant l'expiration du mécanisme desnapback en octobre, ce qui complique les efforts internationaux pour contenir leprogramme nucléaire iranien[113].
Selon l'agenceReuters, l’Iran a demandé auQatar, à l’Arabie saoudite et au sultanat d’Oman de faire pression sur le président américainDonald Trump pour qu’il use de son influence sur Israël en vue d’uncessez-le-feu immédiat, en échange d’une« flexibilité » de Téhéran dans les négociations sur le nucléaire[114].
Le rôle de la diplomatie française apparait selon plusieurs analytiques comme manquant de lisibilité[115], et marginal[116] au cours du conflit. Le 13 juin, le président Emmanuel Macron a défendu « le droit d'Israël à se protéger », saluant les « effets » des frappes israéliennes contre les capacités nucléaires de l'Iran. Le 16 juin au cours dusalon aéronautique du Bourget, le premier ministreFrançois Bayrou a ordonné de condamner l'accès aux stands de cinq industriels israéliens[117], décision dénoncée par l'ambassadeur israélien en France, Joshua Zarka[118]. Le 23 juin, le président français déclare que les frappes américaines sont illégales[119], réclamant un débat auParlement français[120]. Le même jour, le ministre des affaires étrangèresJean-Noël Barrot dénonce une frappe israélienne sur laprison d'Evin comme « inacceptable »[121].
Durant et à la suite du conflit, l'Iran expulse 230 000 réfugiés afghans en[122], dans un contexte de répression visant ceux soupçonnés avoir aidé Israël[123]. Au, le nombre d'Afghans expulsés dépasse les 410 000, portant le total à plus d'un million et demi depuis le début de l'année 2025[124],[125].
L'armée israélienne annonce le 13 juin leblocus total de toutes les villes palestiniennes enCisjordanie. Le lancement de cette opération de siège total« fait suite à une évaluation sécuritaire » après les bombardements en Iran[126].
« Alors que la confrontation entre Tel-Aviv et Téhéran monopolise l’attention diplomatique et médiatique », l'armée israélienne poursuit ses opérations dans labande de Gaza,« tuant et blessant des centaines d'habitants chaque jour » selon le quotidien françaisLibération[127].
Au début de la guerre plusieurs journalistes et analystes expriment des réserves sur l'efficacité des frappes israéliennes sur les installations nucléaires souterraines iraniennes.
Toutefois, après des bombardements américains du 21 juin sur les trois centres, le porte-parole duministère des affaires étrangères iranien Esmaeil Baghaei, admet que les « installations nucléaires ont été gravement endommagées »[128]. En parallèle, laCommission israélienne de l’énergie atomique estime que les infrastructures essentielles de Fordo ont été « rendues inutilisables », « retardant de plusieurs années la capacité de l’Iran à développer des armes nucléaires »[128]. Le président américain Donald Trump avait dès le 21 juin affirmé que les sites étaient « complètement détruits ».
L’ancien chef d’état-major israélienShaul Mofaz affirme en 2012 que Benyamin Netanyahou est animé par« une conviction messianique de bombarder l’Iran »[22]. Pour divers analystes, l’invocation récurrente de la menace iranienne participe d'une manœuvre politique :« La dramatisation du dossier iranien sert Netanyahou sur le front intérieur et elle éclipse la question palestinienne sur la scène internationale », écrit l’historienJean-Pierre Filiu, dans sa biographie du premier ministre en 2019[22].
Selon leNew York Times, l'Iran ne s'attendait pas à être bombardé avant les consultations prévues avec les États-Unis le 15 juin. Les officiers supérieurs iraniens se trouvaient chez eux lorsque les attaques ont commencé, plutôt que dans des lieux sûrs, constituant des cibles faciles à atteindre[129].
Plusieurs diplomates européens estiment que les attaques israéliennes sur l'Iran visaient en partie à faire annuler la conférence de l'ONU sur lasolution à deux États, prévue à partir du 17 juin et coprésidée par la France et l'Arabie saoudite, qui devait aboutir à la reconnaissance de laPalestine par de nouveaux États en échange de la reconnaissance d'Israël par certains États de la péninsule arabo-persique. Le gouvernement israélien avait vivement dénoncé le projet de cette conférence[25].
Les attaques contre les centrales nucléaires, les raffineries et les dépôts de missiles suscitent des inquiétudes quant à une hausse de la pollution dans le pays[130].
À la suite du bombardement de l’armée israélienne sur la base militaire iranienne deBidganeh, de la fumée orange s’est échappée du site. « L’inhalation de ce type de fumées toxiques peut entraîner la mort immédiate », affirme Wim Zwijnenburg, spécialiste des questions liées aux conflits et à l’environnement[130].
Plus dangereuses encore pour l’environnement et la population, les frappes sur les centrales nucléaires et les raffineries iraniennes peuvent provoquer « des risques sanitaires aigus et à long terme »[130]. L'Agence internationale de l'énergie atomique avertit qu'une attaque directe contre lacentrale nucléaire de Bouchehr, en activité, pourrait provoquer une catastrophe nucléaire[131].
Par ailleurs, les bombardements sur des zones résidentielles soulèvent de grandes quantités de poussières et peuvent libérer de l'amiante et d'autres substances toxiques[130].
↑« L'Iran va-t-il bloquer le détroit d'Ormuz ? Quatre questions sur un scénario jusqu'ici impensable »,Les Echos,(lire en ligne[archive du], consulté le)