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Guanches

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Guanches
ⵉⴳⵡⴰⵏⵛⵉⵢⵏ
Igwanciyen'
Description de cette image, également commentée ci-après
Diorama d'un village guanche (Tenerife).

Populations importantes par région
Îles Canaries650 000
Autres
LanguesGuanche (berbère)
Ethnies liéesLibyens anciens,Berbères

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LesGuanches, enberbèreⵉⴳⵡⴰⵏⵛⵉⵢⵏ,Igwanciyen, prononcé « Igouinchiyène », sont un groupe ethnique etpeuple autochtone desîles Canaries. Les Guanches sont les seuls indigènes qui vivaient dans les Îles Canaries. Ce sont les seulsBerbères à ne pas avoir étéislamisés. Leur civilisation a disparu, mais a laissé des traces dans la culture canarienne et quelques vestiges. Leur langue,éteinte en raison de l'hispanisation, était leguanche.

Momie guanche aumusée de la Nature et de l'Homme (Santa Cruz de Tenerife)

Histoire

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Étymologie

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Le terme espagnol« Guanches » serait, selonNúñez de la Peña, une déformation par les Espagnols de« Guanchinet », termeindigène signifiant homme (Guan) deTenerife (Chinet).Stricto sensu, les Guanches seraient donc uniquement lesaborigènes de l'Île de Tenerife. Le terme a ensuite été étendu à l'ensemble des populations indigènes de l'archipel des Canaries.

Origines

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La plupart des toponymes indigènes étant d'origineberbère, les Canariens autochtones semblent issus des peupleslibyques (Libyens anciens).

Lagénétique démontre une origine berbère, avec quelques autres apports[1],[2], des croisements ayant pu se produire enAfrique du Nord avant le débarquement d’Homo sapiens sur les îles, sans compter les apports plus modernes. L'absence de sources écrites anciennes laisse le champ libre à toutes sortes d'hypothèses, parfois fabuleuses, mettant en scène aussi bien desAtlantes que desTaïnos dePorto Rico[3] en passant par l'Anatolienéolithique[4] ou lesCro Magnon européens, tous plus ou moins rattachés à laculture mégalithique (Ve au IIIe millénaire av. J.-C.), bien qu'elle ne soit pas présente sur l'archipel.

Selon une étude scientifique réalisée en 2017 sur desmomies guanches, leur ADN montre que les Guanches sont originaires d'Afrique du Nord[5] et sont plus étroitement liés aux Nord-Africains d'ascendance berbère que n'importe quelle autre population étudiée, ce qui est cohérent avec les études précédentes mais celle-ci ajoute plus de détails et de nuances, explique Ricardo Rodríguez-Varela, chercheur à l'université de Stockholm et principal auteur de l'étude, publiée dansCurrent Biology[6].

Un lien a été établi par les archéologues entre les Guanches, lesIbéromaurusiens et lesCapsiens. Le « type guanche » de Verneau a été rapproché des individus mechtoïdes qui constituent le support humain exclusif des industries ibéromaurusiennes duMaghreb[7]. Des découvertes récentes ont par ailleurs montré la présence, à l’Holocène moyen, de représentants de ce groupe de Mechta-Afalou sur le littoral du bassin de Tarfaya, l’hinterland continental des Canaries. Quant au type protoméditerranéen, le type II de Verneau, il est, lui, très largement représenté en Afrique du Nord, mais aussi dans tout le bassin méditerranéen. Les individus protoméditerranéens semblent intimement liés à l’apparition des industriescapsiennes au Maghreb, où ils sont attestés pendant toute la durée des temps préhistoriques et historiques à partir de cette civilisation épipaléolithique.

Les types humains mechtoïdes et méditerranoïdes, en usage dans l’archéologie nord-africaine, ont été également identifiés aux Canaries par des anthropologues comme Fusté et Schwidetzky[8]. Ces derniers actualisaient, avec une terminologie nouvelle, les divisions raciales définies par un Berthelot ou un Verneau. Bien que la relation du Berbère avec ces types humains préhistoriques n’ait pas été totalement éclaircie, sa présence dans la préhistoire canarienne n’a jamais été mise en doute. Comme l’affirmait Fusté : « les peuples inhumés dans les tumulus de Gáldar constituent un groupe dépouillé de l’ethnie berbère continentale et ayant immigré vers l’île »[9].

La reddition des rois guanches parAlonso Fernández de Lugo (Tenerife).

En2009, une étude génétique sur lechromosome Y, transmis de père en fils et qui permet de suivre la lignée mâle d'une famille ou d'une ethnie, a été menée sur des restes de momies guanches par des équipes espagnoles (université de La Laguna et l'institut de médecine légale de l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle) et une équipe portugaise (Institut de pathologie et d'immunologie de l'université de Porto). Jusqu'ici les recherches avaient plutôt privilégié l'ADN mitochondrial, qui reflète l'évolution des lignées maternelles. Cette analyse génétique a confirmé la théorie de l'origine berbère des autochtones des îles Canaries[10].

D'autre part, les résultats apportent également de nouvelles découvertes, comme le fait que la contribution européenne à la population canarienne actuelle provient essentiellement des hommes, alors que pour les lignées maternelles, il y a une présence plus grande d'origine berbère, indiquant un fort degré d'unions entre hommes européens et femmes guanches. Cette étude sur le chromosome Y dans la population canarienne a révélé l'impact de la colonisation européenne auprès de la population masculine canarienne. « En estimant la proportion de lignées européennes présentes dans l'actuelle population canarienne, on a trouvé qu'elles représentent plus de 90 % », a déclaré Fregel. Toutefois, les études de l'ADN mitochondrial (ligne maternelle) sur la population actuelle ont montré une survie remarquable de lignages autochtones, avec une contribution maternelle dépassant les 40 %. La contribution ibérique et européenne au patrimoine génétique mâle des îles Canaries est passée de 63 % durant lesXVIIe et XVIIIe siècles à 83 % actuellement. En parallèle, la contribution aborigène est passée de 31 à 17 %, et celle des Sub-Sahariens de 6 à 1 %. Du côté maternel, l'apport européen est plus constant, car il est passé de 48 à 55 % et pour les aborigènes de 40 à 42 %. Les études montrent une diminution de l'apport sub-saharien de 12 à 3 % au cours des trois derniers siècles.

Préhistoire et Antiquité

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Leonardo Torriani, 1592,Gomero (es).

Les Berbères qui peuplaient une grande partie del'Afrique du Nord depuis l'époque de l'ancienneÉgypte, auraient, à diverses époques peut-être, depuis les côtes sud du Maroc actuel, traversé cette partie de l'Atlantique, et ce avant l'époque desPhéniciens et desCarthaginois (époques pour lesquelles le peuplement de l'île est reconnu).

Tenerife, plus précisément lagrotte des Guanches àIcod de los Vinos, a fourni les chronologies les plus anciennes desÎles Canaries, datant du troisième siècle avant notre ère[11].

Le premier voyage, supposé attesté historiquement, ayant probablement abouti à la découverte des Îles Canaries, est lepériple d'Hannon, qui eut lieu entre 630 et 425 avant notre ère. Hannon, riche Carthaginois, parti à la recherche de nouvelles routes commerciales, découvre une île, vide d'habitants mais dotée de ruines importantes, faisant peut être partie de ce que l'on appelle depuis la Renaissance l'archipel des Îles Canaries. Si le fait est avéré, ce détail semble indiquer que lessécheresses prolongées existaient déjà dans l'Antiquité, et que les indigènes ont peut-être dû parfois changer d'île ou retourner sur le continent pour survivre.

Un voyage exploratoire certain semble avoir eu lieu sousJuba II, roi lettré deMaurétanie de àapr. J.-C., soucieux d'y recenser la faune et la flore, selonPline l'Ancien auIer siècle[12]. Il aurait d'abord visité quatre des sept îles de l'archipel (actuelles Fuerteventura, Lanzarote, Grasioza et Alegranza) et en aurait reconnu une cinquième, Tenerife ; sa sixième et dernière étape aurait été Grand Canaria[13]. Il donne des îles une description sommaire permettant de les identifier aujourd'hui, mais, s'il mentionne un petit temple à Lanzarote et des vestiges d'édifices à Grand Canaria, il n'évoque pas les indigènes.

Les sources historiographiques et les recherches archéologiques toujours en cours ne permettent pas de déterminer si les Guanches ont été ou non des habitants permanents des îles Canaries.

Moyen Âge et époque moderne

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L'absence de toute trace de pénétration de l'islam parmi les populations y vivant à l'arrivée des Espagnols laisse penser qu'il s'agirait de la plus lointaine migration vers l'ouest de Berbères, survenue entre l'époque dePline l'Ancien et laconquête musulmane du Maghreb duVIIe auIXe siècle, et peut-être bien avant 3 000 ans av. J.-C. Une partie des Guanches périt en résistant à laconquête espagnole de l'archipel, d'autres ont été vendus comme esclaves[14], et la plupart ont embrassé de force la foicatholique, certains s'unissant par mariage aux conquérants.

L’économie sucrière sur l’île canarienne se développe dans les années 1490, en étroite relation avec la traite portugaise. La conquête de l’île de Palma, en 1492, parAlonso Fernández de Lugo, est ainsi financée par J. Berardi et F. Riberol, deux membres du réseau de B. Marchionni. La mise à sac de l’île s’accompagne de l’extermination et/ou de la réduction enesclavage des autochtones[15]. Plusieurs milliers de Guanches sont réduits en esclavage et déportés vers leshuertas et les propriétés agricoles deValence et deMadère. Pour les années 1489-1497, l'historien António de Almeida Mendes a retrouvé la trace de 656 esclaves arrivés dans le seul port de Valence, dont 80 % de femmes[15]. Plutôt que d’utiliser les Guanches dans les moulins canariens, les Espagnols préfèrent les déplacer hors de l’île afin de les couper de leur milieu et réduire lesrévoltes[15].

Les esclaves aborigènes ont aussi souvent servi d'interprètes entre les insulaires et les conquistadors[16].

Les Espagnols effectuaient aussi desrazzias sur les aborigènes[17]. Les razzias espagnoles ont notamment déclenché des razzias arabes continues en représailles, qui ont touché les Espagnols mais aussi les aborigènes des Canaries[18],[19]. Ainsi, de nombreusesexpéditions punitives arabes (1569-1571, 1586-1618) eurent lieu. En 1586, les troupes d'Amurat III pillentTeguise, capitale deLanzarote dans l'archipel canarien, et capturent la femme du marquis. Entre 1593 et 1595, les Maures tiennent en permanence le nord-est deFuerteventura. En 1618, Soliman investit leJameo del Agua, un tunnel de lave qui servait de refuge, et s’empare de 800 personnes dont il échangea la vie contre du bétail. La dernière incursion arabe aura lieu à Jandia en 1779[20]. Parallèlement de nombreuses expéditions espagnoles considérées comme desactes de souveraineté d'un genre spécifique ont été effectuées sur la côte marocaine et le Sahara occidental voisins des îles Canaries. L'objet de ces razzias espagnoles était de maintenir l'activité économique des îles Canaries fondée sur le système esclavagiste[21].

Résumé chronologique
AnnéeÉvénements
10 millions d'annéesav. J.-C.Formation des îles Canaries.
3000av. J.-C.Premier peuplement des îles Canaries par plusieurs vagues d'immigration venues d'Afrique du Nord.
1100av. J.-C.Possible reconnaissance des îles Canaries par lesPhéniciens au cours d'expéditions à but commercial.
entre 630 et 425av. J.-C.Premier voyage, attesté historiquement, de probable découverte des Iles Canaries par Hannon, riche Carthaginois parti chercher de nouvelles routes commerciales et qui trouva une île, vide d'habitants, mais dotée de ruines importantes.
entre 500 et 200av. J.-C.Nouvelle vague d'immigration venue d'Afrique du Nord ; fusion avec d'éventuelles populations aborigènes préexistantes.
Ier sièclePline l'Ancien rapporte l'expédition du roi berbère deMaurétanieJuba II vers les îles Canaries. Le termeInsula Canaria est utilisé pour désigner l'île deGrande Canarie. D'autres sources témoignent d'une vraisemblable connaissance de l'archipel et de ses habitants, les Guanches (Ovide dansles Métamorphoses).
IIe siècleSur la carte du monde dePtolémée, le méridien 0 passe parEl Hierro. De son côté,Pausanias le Périégète évoque desîles Satyrides au-delà descolonnes d'Hercule, certaines inhabitées, et d'autres peuplées par des « Satyres à peau rousse » (ou « cuivrée ») pourvus dequeues presque aussi longues que celles des chevaux[22].
1312Les îles Canaries sont explorées parLancelot Maloisel.
1402-1406Jean de Béthencourt conquiert les îles deLanzarote,Fuerteventura etEl Hierro pour le compte du roi de CastilleHenri III. Il laisse un compte-rendu de ses voyages,Le Canarien, qui sert de base à la connaissance moderne des Guanches.
1435Le papeEugène IV publie l'encycliqueSicut dudum condamnant l'esclavage pratiqué sur les Guanches.
1441Le franciscain espagnol Didakus (Diego de Alcala), missionnaire à Fuerteventura, y évangélise les Guanches.
1478-1483Les Guanches deGrande Canarie sont vaincus et soumis.
1492Alonso Fernández de Lugo commence la conquête deLa Palma.
1493Les tentatives de paix avec les Guanches deTenerife échouent. Début de la campagne militaire espagnole contre les royaumes indigènes.
1494-1496Alonso Fernández de Lugo débarque àTenerife. Il subit le àLa Matanza une sévère défaite.

Le, les Guanches sont finalement écrasés par les Espagnols àLa Victoria. Tenerife est la dernière île à être soumise. La culture originale des Guanches est presque totalement anéantie.

Langue

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Gravures guanches.

Il subsiste des témoignages de leur langue, leguanche : quelques expressions,toponymes etanthroponymes (noms propres de leurs chefs) qui restent portés comme noms de famille : ces témoignages permettent de les relier auberbère.Il est connu que les Guanches parlaient un idiome berbère à l'arrivée des espagnols sur les îles.

Écriture

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Dans la plupart des îles, on a retrouvé dessignes rupestres.Domingo Vandewalle, gouverneur militaire deLa Palma fut le premier à les reconnaître en1752. C'est grâce à la persévérance d'un prêtre de La Palma, DonAquilino Padran, que certains ont été identifiés sur l'îleEl Hierro.

En1878,René Verneau découvrit des inscriptions de typelibyque dans les ravins de Los Balos. Ces inscriptions rupestres sont toutes, sans exception, des inscriptions libyques d'originemaurétanienne. Dans les deux îles deTenerife etla Gomera, où les Guanches ont conservé une plus grande homogénéité ethnique que dans les autres îles, aucune de ces inscriptions n'a été découverte.

Les Guanches sont aussi à l'origine dulangage sifflé appelésilbo qui est encore pratiqué de nos jours, sur l'île deLa Gomera surtout.

Toponymes guanches des îles Canaries

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Rois de Tenerife

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Statue en bronze du roiBeneharo àCandelaria,Tenerife.

Avant la conquête, l'île de Tenerife était divisée en neuf royaumes appelés menceyatos. Chacun avait un roi :

Avant cette division territoriale, il n'y avait qu'un seul royaume dont les rois les plus célèbres étaientTinerfe etSunta.Ichasagua était le dernier membre de l'île de Tenerife après la conquête castillane.

Organisation sociale et politique

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L'organisation sociale et politique des Guanches diffère d'une île à l'autre. Certaines sont soumises à une autocratie héréditaire, dans d'autres, les autorités sont élues. À Tenerife, toutes les terres appartiennent aux chefs qui les louent à leurs sujets. Sur la Grande Canarie, lesuicide est considéré comme honorable, et lors de l'intronisation d'un nouveau chef, l'un de ses sujets l'honore de façon volontaire en se jetant dans un ravin. Sur quelques îles, on pratique lapolyandrie et sur les autres, lamonogamie. Mais partout les femmes sont respectées et tout coup porté à une femme par un homme armé est puni comme crime.Les diverses sociétés des diverses îles connaissaient sans doute les violences intragroupes et intergroupes.

Sur Grande Canarie, un certain nombre de Guanches rescapés (de la conquête castillane) et réfractaires au nouvel ordre colonial se seraient réfugiés en zone montagneuse et forestière, et auraient survécu, assez longtemps pour être chassés, exécutés, capturés, asservis ou vendus comme esclaves. Ils auraient été connus sous le nom d'"Inekaren" (debout, levés, dressés).Inekaren est également la dénomination depuis 2008 d'une organisation révolutionnaire canarienne, qui rejoint en 2013 lecongrès mondial amazigh.

Mode de vie

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La grotte de Belmaco, àla Palma, jadis occupée par des Guanches.

Les Guanches vivent en partie d'élevage (chèvres, moutons, porcs). SurEl Hierro, lechien-loup herreño (es), spécifique à l'île, proche duloup d'Arabie, aurait été utilisé comme chien de troupeau.

Les Guanches portent des vêtements en peau de chèvre ou en fibres textiles, d'après ce qui a été retrouvé dans des tombes sur la Grande Canarie. Ils apprécient lesbijoux, les colliers en bois, en pierre ou de coquillages fabriqués selon divers modèles. Ils utilisent principalement des perles decéramique de formes variées, lisses ou polies, en général noires et rouges. Ils se peignent le corps. Lespintaderas, objets en terre cuite évoquant des sceaux, semblent servir uniquement à la peinture corporelle, dans des couleurs variées. Ils fabriquent despoteries grossières généralement sans aucun décor, mais parfois ornées à l'aide des ongles.

La société peut être guerrière. L'armement guanche est similaire à celui des anciens peuples du sud de l'Europe :hache enpierre polie sur Grande Canarie, et plus fréquemment hache en pierre ou enobsidienne taillée à Tenerife,lance,massue (parfois garnie de pointes en pierre),javelot, et probablementbouclier.

Pour l'habitat, les Guanches vivent dans descavernes naturelles ou artificielles, situées dans les parties montagneuses, sommairement aménagées. Dans les zones où le creusement de cavernes n'est pas possible, ils construisent des cases ou huttes rondes et, selon ce que rapportent les Espagnols, quelquesfortifications grossières.

L'alimentation de base des Guanches est legofio, aliment à base de céréales grillées d'origineberbère et élaboré à partir d'orge, deblé et derhizome defougère.

Rites funéraires

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Article détaillé :Momification chez les Guanches.

Les Guanches pratiquent la momification et embaument leurs morts. Un grand nombre demomies ont été retrouvées dans un état dedessiccation complète, ne pesant guère plus de 3 ou 4 kg. Plusieurs procédés d'embaumement existent. Selon les recherches actuelles, la pratique de la momification est concentrée à Tenerife, tandis que dans d'autres îles, elle a été préservée en raison de facteurs environnementaux[23]. À Grande Canarie, le cadavre est simplement enveloppé dans des peaux de chèvre ou de mouton, alors qu'à Tenerife un produit résineux est employé pour conserver le corps, qui est ensuite placé dans une caverne difficile d'accès ou enterré sous un tumulus. Le travail d'embaumement est réservé à une certaine classe, de femmes pour les femmes et d'hommes pour les hommes. L'embaumement ne semble pas avoir été systématiquement pratiqué, et des cadavres sont simplement cachés dans des grottes ou inhumés.

À La Palma, les vieillards sont abandonnés seuls pour mourir, si et quand ils le souhaitent. Après avoir fait leurs adieux à leurs proches, ils sont emmenés dans une caverne sépulcrale avec seulement un bol de lait.

Religion

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On connaît peu des religions des Guanches. Ils professent la croyance généralisée en un Être suprême nomméAchamán à Tenerife, Acoran à Grande Canarie, Eraoranhan à Hierro et Abora à La Palma. Les femmes de Hierro adorent une déesse nommée Moneiba. Le dieu de la pluie estAchuhucanac à Tenerife. Traditionnellement, les dieux et déesses vivent au sommet des montagnes d'où ils descendent pour écouter les prières des fidèles. Dans les autres îles, les habitants vénèrent le Soleil (Magec), la Lune, la Terre et les étoiles. La croyance auxdémons est générale. Le démon de Tenerife s'appelleGuayota et vit au sommet du volcanTeide, qui est l'enfer nommé Echeyde. En temps de troubles, les Guanches conduisent leurs troupeaux dans des prairies consacrées où les agneaux sont séparés de leurs mères dans l'espoir que leurs bêlements plaintifs attireraient la pitié du Grand Esprit. Pendant les fêtes religieuses, toute guerre et même toute dispute personnelle sont suspendues.

Interaction avec le christianisme

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En 2019, unecroix chrétienne a été retrouvée gravée dans le rocher et orientée vers le soleil, sur un site guanche, dans la municipalité deBuenavista del Norte, au nord-ouest de Tenerife. Ce symbole, découvert dans un mégalithe utilisé pour les rituels de fécondité et comme calendrier solaire, montre une possible connaissance duchristianisme par les anciens Canariens[24] ou du moins de ce symbole (pas forcément exclusivement chrétien).

Rites et célébrations

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Les Guanches donnaient au mois d'août le nom de Beñesmer ouBeñesmen, époque de la récolte et de son festival[25],[26].

Sur El Hierro, les Guanches Bimbaches honoraient un arbre-fontaine, legaroé.

La génétique

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Origine des Guanches

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La date de la première colonisation humaine des îles est mal connue, mais semble remonter aux environs de 500 avant l’ère chrétienne[27].

L'analyse génétique confirme ce qui était supposé pour des raisons linguistiques : les Guanches ont une très forte parenté avec les populations berbères nord-africaines[27]. Ce qui inclut donc également des influences extérieures communes aux populations berbères (et européennes), les schémas de peuplement n'étant pas connus, seule une ressemblance génétique peut être retenue[4].

Influence dans la population canarienne moderne

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Une étude génétique publiée dansCurrent Biology en 2017 indique que les Guanches pèsent à hauteur de 16 à 31% (selon les îles ou communautés) des ancêtres descanariens modernes[27].

Aborigènes des Canaries et Portoricains

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Un groupe d'étudiants d'universités portoricaines a mené une étude sur l'ADN mitochondrial, laquelle a révélé que la population actuelle dePorto Rico compte une très forte proportion d'aborigènes canariens dans ses ancêtres, en particulier les Guanches qui habitaient l'île de Tenerife[3].

Ce type de gènes Guanche a également été détecté enRépublique dominicaine[28]. La pratique de l'esclavage par lescolonisateurs espagnols est probablement à l'origine de la présence de ces gènes enAmérique centrale hispanophone.

Liens avec l'Anatolie

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Selon une enquête internationale dont les résultats ont été communiqués en 2017 et à laquelle l'université complutense de Madrid a participé, l'ascendance génétique en partie des aborigènes des Canaries comme des Berbères continentaux indique comme parents génétiques les premiers agriculteursanatoliens d'Asie mineure (aujourd'hui enTurquie). Ces données ont été découvertes grâce à l'analyse du génome qui confirme également que la grande majorité des aborigènes des Canaries sont originaires d'Afrique du Nord[4].

Notes et références

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  1. « The Iberian contribution to the male genetic pool increases from 63% in the17th–18th centuries to 83% in the present-day population, which is accompanied by a parallel dropping of the male indigenous (31% vs 17%) and sub-Saharan (6% vs 1%) contributions. However, relative proportions in the female pool are strikingly constant for Iberians (48% vs 55%) and aborigines (40% vs 42%), from the17th–18th centuries to the present, and only the sub-Saharan female contribution shows an important decrease (12% vs 3%). », Fregel et al. 2009,Demographic history of Canary Islands male gene-pool: replacement of native lineages by European.
  2. Maca-Meyer et al. 2003,Ancient mtDNA analysis and the origin of the Guanches.
  3. a etbEstudio del genoma Taíno y Guanche
  4. ab etcn
  5. (es) « Estudio de las momias guanches », surhistoria.nationalgeographic.com.es,(consulté le).
  6. (es) « Momia guanche », surwww.nationalgeographic.com.es,(consulté le).
  7. E. B et J.Onrubia-Pintado,« Canaries (Îles) », dansEncyclopédie berbère, Éditions Peeters,(ISBN 9782857445814,lire en ligne),p. 1731–1755.
  8. JosuéRamos-Martín, « L’identité amazighe aux Canaries : l’historiographie des origines »,L’Année du Maghreb,no 10,‎1er juillet 2014,p. 143–162(ISSN 1952-8108,DOI 10.4000/anneemaghreb.2056,lire en ligne, consulté le).
  9. (Fusté, 1962, 112)
  10. "Autochthonous (E-M81) and prominent (E-M78 and J-M267)Berber Y-chromosome lineages were detected in the indigenous remains, confirming a North West African origin for their ancestors which confirms previous mitochondrial DNA results.", Fregel et al. 2009,Demographic history of Canary Islands male gene-pool: replacement of native lineages by European.
  11. Protohistoria de Tenerife
  12. Pline l'Ancien,Historia naturalis, VI, 37-2.
  13. « Juba II, roi, savant et écrivain - L’auteur des ’’Lybica’’ renaît de ses cendres », surblog.com,nacerboudjou.over-blog.com/,(consulté le).
  14. de Almeida Mendes António, « Les réseaux de la traite ibérique dans l'Atlantique nord (1440-1640) »,Annales. Histoire, Sciences Sociales,‎ 2008/4 (63e année),p. 739-768(lire en ligne).
  15. ab etcde Almeida Mendes António, « Les réseaux de la traite ibérique dans l'Atlantique nord (1440-1640) »,Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2008/4 (63e année),p. 739-768. DOI : 10.3917/anna.634.0739. URL :https://www.cairn.info/revue-annales-2008-4-page-739.htm
  16. AlbertOdouard,Les Iles Canaries, terres d'Europe au large de l'Afrique, Presses Univ de Bordeaux,(ISBN 978-2-905081-28-5,lire en ligne)
  17. Yves Jacob. La Canarienne - Le crépuscule des Guanches.
  18. AlbertOdouard,Les Iles Canaries, terres d'Europe au large de l'Afrique, Presses Univ de Bordeaux,(ISBN 978-2-905081-28-5,lire en ligne)
  19. EL KOLLI (Jane), « Les IlesCanaries et lesnavigateurs arabes au Moyen Age », Les îles Atlantiques : réalités et imaginaire
  20. AlbertOdouard,Les Iles Canaries, terres d'Europe au large de l'Afrique, Presses Univ de Bordeaux,(ISBN 978-2-905081-28-5,lire en ligne)
  21. International Court ofJustice,Sahara occidental: Exposés oraux, Cour internationale de justice,(lire en ligne)
  22. Pausanias,Description de la Grèce, chap. 23, sections 5 et 6
  23. Conrado Rodríguez-Maffiote: “Estamos en uno de los mejores momentos en cuanto a la investigación sobre la cultura guanche”
  24. Encuentran una cruz cristiana en un yacimiento de culto guanche en Canarias
  25. Historia de las siete islas de Canaria
  26. Descripción e historia del reino de las Islas Canarias: antes Afortunadas, con el parecer de sus fortificaciones.
  27. ab etc« Genomic Analyses of Pre-European Conquest Human Remains from the Canary Islands Reveal Close Affinity to Modern North Africans », Rodríguez-Varela et al.,Current Biology, 6 novembre 2017 ; 27(21):3396-3402.e5. doi: 10.1016/j.cub.2017.09.059. Epub 2017 Oct 26.
  28. Un estudio descubre la presencia de genes guanches en la República Dominicana

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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