Historiquement, la Basse-Terre est d'abord nommée « Karukera » (« île aux belles eaux », en langue caraïbe[5]) par lesAmérindiens qui l'habitent et la Grande-Terre, « Cibuqueira» (« île aux gommiers », en langue caraïbe)[6]. LaRivière Salée, bras de mer qui les sépare coupant la Guadeloupe en deux, était appelée « Aboukétoutou » qui signifiait « détroit ».Christophe Colomb y aborde le et lui attribue le nom de Guadeloupe en hommage à la Vierge protectrice des navigateursNotre-Dame de Guadalupe. EnEspagne, àGuadalupe, lemonastère royal de Santa María de Guadalupe est dédié à la Vierge des navigateurs. Le nom deGuadalupe vient du nom de la rivière qui coule dans cette ville, en arabewadi-al-lub, qui signifie la « rivière aux cailloux noirs[7] » ou, selon une déformation signalée parAna Castillo, « rivière de l'amour »[8].
On doit aux agences de voyages la périphrase « l'île papillon » inspirée par la forme des deux îles principales.
La Guadeloupe et ses dépendances vues depuis la Station Spatiale Internationale, 2005.
La Guadeloupe se situe sur le bord oriental de laplaque caraïbe et précisément dans une zone desubduction où la plaque américaine (à l'est) glisse et plonge sous la plaque caraïbe (à l'ouest)[16],[17]. LaBasse-Terre et lesSaintes (à l'ouest) sont situées sur l'arc interne de l'arc desPetites Antilles correspondant à la récente ligne volcanique. Et ces deux îles sont issues de la formation d'unechaîne volcanique qui culmine à laSoufrière. LaGrande-Terre etMarie-Galante (à l'est) sont situées sur l'arc externe de l'arc des Petites Antilles[18] correspondant à l'ancienne ligne volcanique. Et ces deux îles sont d'originecorallienne.
Géologie de surface de la Guadeloupe.
La Désirade, en revanche, a une origine bien différente. Si les roches sédimentaires affleurantes sont constituées par des calcaires récifaux relativement récents (pliocène), celles-ci sont déposées sur un socle beaucoup plus ancien, constitué de roches magmatiques dujurassique supérieur, plus ou moins métamorphisées (faciès schiste vert). Ces roches magmatiques n'ont pas été formées par la subduction à l'origine du magmatisme actuel, et constituent les roches antillaises le plus anciennes. La compréhension de l'origine de la Désirade nécessite donc de se replacer dans le contexte paléogéographique du jurassique supérieur, où l'isthme de Panama n'existait pas encore. À cette époque, laplaque Farallon (ancienne plaque dont subsistent des fragments, comme la plaque des Cocos et la plaque de Nazca) subduisait sous la plaque nord-américaine/plaque proto-caraïbéenne, et le socle magmatique de la Désirade pourrait avoir été formé dans le bassin d'arrière arc de cette subduction[19],[20].
Topographie de la Guadeloupe.
LaGuadeloupe et sesdépendances constituent un archipel de 1 702 km2[21] et les caractéristiques de chaque île sont les suivantes :
La majorité des cours d'eau coule sur l'île de Basse-Terre tandis que Grande-Terre, Marie-Galante, Les Saintes et la Désirade, au relief moins élevé, comptent très peu voire aucun cours d'eau. À Basse-Terre coulent par exemple laLézarde, la rivièreMoustique ouGrande Rivière à Goyave. À Grande-Terre coulent la rivièreAudouin et des ravines commeGaschet ou Gardel. À Marie-Galante coulent larivière de Saint-Louis et larivière de Vieux-Fort.
La Guadeloupe bénéficie d’unclimat tropical, tempéré par les influences maritimes. On y distingue deux saisons : unesaison sèche appelée « carême » qui va de janvier à juin et unesaison humide dite « hivernage » qui s'étale de juillet à décembre.
L'île est également sujette au passage desouragans, de mai à novembre, qui se forment localement dans les Antilles ou au large duCap-Vert en Afrique et dérivent dans lesalizés d'est.
Le relief montagneux de l'île deBasse-Terre est dominé par levolcan de laSoufrière, surnommée aussila Vieille Dame et point culminant desPetites Antilles. Elle est recouverte d'une forêt tropicale humide, regorge de cascades, de rivières et est bordée de plages de sable doré ou noir. L'île deGrande-Terre se compose (à l'ouest) d'une plaine bordée demangroves depuisle Gosier jusqu'àPort-Louis, desGrands Fonds (au centre) et d'un plateau aride, dentelé de côtes rocheuses et sauvages (du nord à l'est). Lelittoral sud de la Grande-terre, parsemé de plages de sable blanc à l'abri desrécifs coralliens, concentre les grandes stations balnéaires depuisGosier jusqu'àSaint-François. L'ile de Marie-Galante se caractérise par une falaise calcaire au nord, un plateau qui devient « mornes » à l'est et au sud et qui bascule en pentes escarpées vers une plaine littorale. À l'ouest de l'île, face à la Basse-Terre, les plages et les mangroves s'étendent le long de la mer des Caraïbes et un milieu naturel humide du littoral s'étend dans la baie de Folle-Anse[25].
Lamangrove se structure en trois niveaux, allant du plus proche de la mer au plus éloigné. Au premier se trouvent les palétuviersrouge, au second lesPalétuviers noirs forment la mangrove arbustive et au troisième niveau lespalétuviers blancs forment la mangrove haute. En retrait (là où la marée et le sel ne pénètrent pas) se développe parfois une forêt marécageuse, unique à la Guadeloupe, où pousse leMangle-médaille.
Lesherbiers, comme ceux tapissant lelagon duGrand Cul-de-sac marin, constituent un écosystème et une zone de transition entre la mangrove et les récifs coralliens. Parmi les quatre espèces de plantes à fleurs qui s'y développent, laThalassia testudinum est la plus répandue[26].
Un rapport de laDEAL informe qu'en 2020 la Guadeloupe compte256 espèces végétales menacées, 110 autres quasi menacées comme leGaïac (en « danger ») et le cactusTête à l’anglais (en « danger critique »)[27], et cinq espèces disparues (dont quatre orchidacées).
Forêt tropicale humide.
Savane humide.
Forêt sèche de littoral.
Cactus « Têtes à l'Anglais » poussant en zone aride.
Les milieux naturels guadeloupéens souffrent des prélèvements (chasse et pêche en particulier), durecul de la forêt, de l'urbanisation, de lapériurbanisation et du développement de cultures intensives (banane etcanne à sucre en particulier) qui ont atteint leur apogée dans les années 1955-75. En conséquence les herbiers et les récifs sont dégradés à hauteur de 50 % autour des grandes îles, les herbiers,palétuviers etmangroves à Marie-Galante, aux Saintes et à la Désirade ont quasiment disparu, et sont constatées une augmentation de lasalinité de la nappe d’eau douce souterraine due à « l’intensité de l’utilisation de la nappe » et des pollutions d’origine agricole (pesticides et composés azotés[36]).
De plus, l'étude ChlEauTerre, dévoilée en mars 2018, conclut que37 molécules anthropogéniques différentes (dont plus de la moitié est issue des résidus depesticides désormais interdits, comme lechlordécone) ont été retrouvées sur« 79 % des bassins versants analysés en Grande-Terre et 84 % sur la Basse-Terre »[37]. Un rapport de l’Office de l’eau de Guadeloupe fait état en 2019 d'une « dégradation généralisée desmasses d’eau ».
La population guadeloupéenne a été exposée auchlordécone, un insecticide dangereux, perturbateur endocrinien et vraisemblablementcancérogène[41],[42], autorisé entre 1972 et 1983 dans les bananeraies des Antilles, afin de protéger les bananeraies d'un charançon. Son autorisation à la vente avait été retirée en 1990 par le gouvernement français, mais une dérogation en permettra l'usage jusqu'en 1993, à la suite de la demande pressante des producteurs de banane, relayée par le député de la Martinique,Guy Lordinot. Son usage se poursuivra en réalité jusqu'aux années 2005-2007.
En 2019, une commission d'enquête parlementaire met en cause l'État pour avoir autorisé la vente de ce produit, dont la toxicité était pourtant connue, mais « ces responsabilités sont partagées avec les acteurs économiques. Les industriels d'abord, mais aussi les groupements de planteurs et certains élus.»[43].
Santé publique France indique qu'il y aurait plus de 90% des adultes en Guadeloupe qui seraient contaminée par le chlordécone[41].
Des études sont en cours pour mieux mesurer les impacts de ces produits sur la santé. Des arrêtés d’interdiction de la pêche sont à respecter en Martinique et en Guadeloupe (poissons et crustacés d'eau douce genreouassous, certaines espèces de poissons de lagon et de langouste), rappelle l'AFSSA, de même qu'il faut en zone contaminée éviter de consommer les légumes racines du jardin plus de deux fois par semaine.
Situées dans une région très exposée, la Guadeloupe et sesdépendances doivent faire face à de nombreux cyclones. L'ouragan le plus meurtrier à avoir frappé la Guadeloupe est l'ouragan de Pointe-à-Pitre de 1776 qui a fait au moins 6 000 morts[44].
Le, lecycloneHugo inflige de sérieux dégâts aux îles de l'archipel et marque profondément la mémoire des habitants de l'archipel[45]. En 1995, trois cyclones (Iris,Luis etMarilyn) ont frappé l'archipel en moins de trois semaines. Quelques-uns des ouragans meurtriers ayant frappé la Guadeloupe sont les suivants :
Également localisée dans une zone de subduction entre les plaques américaine et caraïbe, traversée en surface par de nombreusesfailles géologiques comme celles dela Barre ouCadoue, point de départ en profondeur desRifts de La Désirade et de Marie-Galante, la Guadeloupe est pour ces caractéristiquesgéologiques classées en zone III d'après lezonage sismique de la France et fait l'objet d'unplan de prévention des risques spécifique[47]. Leséisme de 1843 aux Petites Antilles est,à ce jour[Quand ?], le séisme connu le plus violent. Il a causé la mort de plus d'un millier de personnes ainsi que de très importants dégâts àPointe-à-Pitre[48],[49]. Le, les îles du département, notamment l'archipel des Saintes, furent frappées par un violent séisme atteignant la magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter et causant la mort d'une personne ainsi que de nombreux dégâts matériels[50].
Aussi, le territoire guadeloupéen est confronté aux risques de tsunamis pouvant provenir de divers lieux dans le monde :
Le1er novembre 1755le tremblement de terre de Lisbonne donna naissance à un tsunami qui se propagea à travers l'Atlantique avant de toucher la Guadeloupe, 7 heures plus tard, générant une vague haute de 4 mètres qui déferla sur la ville de Sainte-Anne et fit plusieurs victimes[51]
En 2003, 2004 et 2006, à la suite de plusieurs éruptions à Montserrat et d'un tremblement de terre survenu aux Saintes, des tsunamis ont atteint les côtes guadeloupéennes en moins d'une dizaine de minutes[52].
Enfin, laSoufrière également surnommée « vyé madanm la » encréole guadeloupéen, littéralement « la vieille dame » en français, est unvolcan en activité situé sur le territoire de lacommune deSaint-Claude, dans le sud de l'île deBasse-Terre. La commune deBasse-Terre, chef-lieu de la Guadeloupe se trouve à une dizaine de kilomètres au sud-ouest. C'est unvolcan actif de typepéléen — explosif ànuées ardentes —, donc très dangereux, et de formation récente (100 000 à 200 000 ans). Son activité actuelle est marquée par desfumerolles, des vapeurs sulfureuses et dessources chaudes sur différents points du sommet. Il est le seul à être actif en Guadeloupe depuis les dernières 10 000 années. La dernière éruption de la Soufrière (uneéruption phréatique) date de1976 et elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de laBasse-Terre ainsi que de lapréfecture, soit 73 600 personnes sur trois mois et demi.
Répartition spatiale de la population et des activités
Les modes de déplacement des actifs guadeloupéens sont les suivants[63] : voiture (80 %) ; transport en commun (7 %) ; marche (7 %) ; pas de transport (4 %) ; vélo (2 %).
Leréseau routier guadeloupéen est très bien développé et en bon état. Au 31 décembre 2011 il comprenait416 kilomètres de routes nationales et619 kilomètres de routes départementales[64]. Deux ponts, qui ne s'ouvrent plus, permettent de franchir laRivière Salée et de relier les îles de Basse-Terre et Grande-Terre.
En matière de sécurité, en 2019,47 personnes sont tuées sur les routes de Guadeloupe, ce qui correspond à un taux de114 morts par million d'habitants, double de celui d'autres départements français[65].
Gare maritime internationale de Bergevin à Pointe-à-Pitre.
Un projet deTramway comprenant deux lignes a été voté le par lacommunauté d'agglomération du Sud Grande-Terre[66]. La première phase devait relier, en2019, le nord desAbymes au centre-ville dePointe-à-Pitre. La deuxième phase, en2023, devait compléter la première en desservant l'université. À l'horizon2030, deux lignes étaient prévues : la ligne 1 de Lauricisque àBaie-Mahault, et la ligne 2 jusqu'à Belle plaine auGosier. Le projet est abandonné en 2018[67].
La Guadeloupe dispose de nombreuses installations portuaires et de services de transport permettant la liaison entre les îles de l'archipel[68],[69]. En Grande-Terre il s'agit de la gare maritime internationale de Bergevin, à Pointe-à-Pitre, et de celle de Saint-François. En Basse-Terre il s'agit du port deJarry àBaie-Mahault, du port deBasse-Terre et du port deTrois-Rivières.
Une des entrées de l'Abri Patate, Le Moule, Grande-Terre.
Cette période, leNéoindien ancien ou âge céramique ancien comprend deux cultures bien identifiables par le style de leur production céramique : Huecan et Cedrosan Saladoïde (anciennement dénommésArawaks par les archéologues).
Ces peuples, lesKalinagos ouCaraïbes insulaires décrits par lesEspagnols à leur arrivée dans les Petites Antilles, pourraient correspondre aux cultures dénommées Suazoïde et Cayo par les archéologues. Cette période tardive est marquée par l'évidence de contacts avec lesTaïnos desGrandes Antilles. Selon une thèse aujourd'hui infirmée par plusieurs recherches scientifiques[72], les « Arawaks » auraient été massacrés à l'arrivée desKalinagos, un peuple décrit par les chroniqueurs espagnols comme guerrier et pratiquant lecannibalisme.
Dès 1502, l'archipel de la Guadeloupe est précisément indiqué dans toutes ses composantes (les cinq îles) sur leplanisphère de Cantino indiquant l'importance et la connaissance du lieu par les premiers navigateurseuropéens. La Guadeloupe est alors peuplée par lesCaraïbes, peupleamérindien présent sur l'île depuis leVIIIe siècle.
La Guadeloupe sur le trajet du deuxième voyage de Christophe Colomb (1493-1496).
Les îles de Guadeloupe identifiées et nommées (Ilha de Guadalupe,Ilha Desejada,Marígalante etTodos Santos),planisphère de Cantino, 1502.
Ces débuts sont difficiles. Une famine décime en 1635 une partie des colons, les rapports entre les Amérindiens Caraïbes, qui leur fournissaient des vivres, et lesFrançais se tendent rapidement, dès lors que ces derniers étendent leurs terres au détriment des populations indigènes, se transformant en guerres ouvertes. En 1641, se termine la guerre entre colons et Caraïbes. Ces derniers, déjà diminués par les maladies et les massacres, sont envoyés sur l'île de laDominique.
Croquis d'un moulin à sucre avec des esclaves au travail et des administrateurs de la Compagnie des Indes occidentales en 1667.
La dépréciation du tabac est sensible dès le début de la colonisation : quatre compagnies commerciales font faillite en tentant de coloniser les îles guadeloupéennes, en raison de la chute des cours et du coût des guerres contre les Caraïbes. La population augmente cependant rapidement et l'esclavage se développe. En 1656, les esclaves sont déjà plus de 3 000 à travailler sur l'archipel, pour une population de 15 000 personnes[76].
En 1664, la Guadeloupe et laMartinique passent sous l'autorité directe du roi de France,Louis XIV, qui décide alors de développer la culture de lacanne à sucre. Celle-ci nécessite des investissements plus onéreux que celle du tabac, mais est beaucoup plus rentable. L'édit de mai 1664 crée laCompagnie française des Indes occidentales, qui reçoit alors pour quarante ans une concession sur l'ensemble des possessions françaises des Caraïbes sous suzeraineté royale. Des terres sont données à des officiers supérieurs qui sont encouragés à y importer des esclaves pour exploiter la canne à sucre ; cependant la population d'esclaves diminue en Guadeloupe entre 1664 et 1671 (passant de 6 323 à 4 627 personnes).
Esclaves travaillant dans un atelier de production de tabac. Virginie, 1670.
Dès 1671, le monopole de laCompagnie française des Indes occidentales est aboli pour ouvrir la concurrence à tous les ports français, dans latraite négrière, dont le développement massif, par des Français et des Anglais, fait flamber le prix des esclaves mais abaisse le coût de leur transport et satisfait lesplanteurs de sucre. La Guadeloupe est encore habitée par de nombreux colons blancs qui cultivent du tabac, sur desplantations nécessitant peu de capitaux.
Après 1671, le nombre de planteurs blancs diminue rapidement et en 1674, la création de laferme du tabac entraîne leur ruine. Moins taxé, le tabac produit enVirginie par des planteursjacobites profite de la contrebande et prend son essor.
L‘essor de l'esclavage en Guadeloupe est cependant moins rapide qu'à la Martinique, à qui latraite négrière réserve les esclaves les plus résistants et où Louis XIV a installé plus de nobles de rang élevé et où la population noire double entre 1673 et 1680[77].
Plan de l'île de la Guadeloupe, 1730, Vincent Houël.
Dès 1700, la population d'esclaves en Guadeloupe est remontée à 6 076 personnes, beaucoup moins qu’en Martinique. Cette différence explique aussi qu'un siècle plus tard, en 1794,Victor Hugues ait pu se rendre maître de la Guadeloupe pour le compte de laRévolution française alors que la Martinique est restée sous la domination des grands planteurs de sucre alliés aux Anglais dans le cadre dutraité de Whitehall.
Conflits franco-britanniques, « première » abolition de l’esclavage et période suédoise
Depuis 1757 les forces françaises sont commandées parNadeau du Treil, gouverneur de la colonie :250 soldats et entre 200 et 3 000 miliciens. Les principales places fortes sont : lefort Saint-Charles à Basse-Terre, le fort Louis auPetit Cul-de-sac, les réduits du Dos-d'âne et au Trou-au-Chien (Trois Rivières).
Vue du fort Royal de la Guadeloupe pendant l'occupation anglaise.Archibald Campbell, 1762.Carte du territoire guadeloupéen découpé en quartiers (précurseurs des communes actuelles), milieu duXVIIIe siècle.
L'escadre anglaise est dirigée par le commodore Moore, et comprend 8 000 hommes. La flotte anglaise attaque d'abord la colonie de la Martinique mais est repoussée (15 janvier). Elle se présente devant Basse-Terre le 21 janvier au soir. Les opérations commencent le 23 janvier ; la ville de Basse terre est bombardée, tous les entrepôts sont détruits. Le fort St Charles est évacué le 25 janvier. Les forces françaises se réfugient au réduit duDos-d'âne. La colonie attend des renforts de la Martinique et de la métropole. Une escadre de secours, commandée par Bompar, est annoncée. Les Anglais poursuivent leur conquête et assiègent le fort Louis auPetit Cul-de-sac (8 et 14 février). Ils occupent toute la partie est de l'île (Saint-Anne etSaint-François) dès le 29 mai. Les dernières attaques ont lieu mi-avril en prenant à revers le réduit de Dos-d'âne :Petit-Bourg tombe le 13 avril,Goyave est abandonnée le 15 etCapesterre se rend le 20. Devant les destructions, les colons demandent un arrêt des combats, ils signent de leur côté une reddition le1er mai. N'ayant pas de nouvelle de la flotte française, sans espoir de secours, Nadeau doit capituler le lendemain.
Cette période se caractérise par un fort développement de l'économie de l'île[78] passant par la reconstruction des quartiers bombardé, l'importation massive d'esclaves noirs : 40 525 en 1753 et 77 957 en 1773, une exportation de sucre, de café, de coton et de cacao en forte hausse, la fondation du port de la Pointe à Pitre pour favoriser le commerce (une centaine de vaisseaux chaque année contre dix auparavant), la libre circulation du commerce avec les colonies anglaises et étrangères, et la relance de la production agricole :
Années
1753
1759
1761
1762
1763
1773
sucreries
331
290
339
420
446
378
Devant cette expansion économique, les colons blancs sont devenus favorables à une annexion à l'Angleterre. Mais les colonies anglaises de la région (Barbade,Jamaïque) craignent la concurrence des produits guadeloupéens. Ils militent pour rendre la Guadeloupe à la France. En échange les Anglais conservent leCanada et l'Inde.
À partir de1775, la Guadeloupe n'est plus rattachée à la Martinique mais reste sous l'autorité du gouverneur desîles du Vent.
En avril1794, profitant des troubles provoqués par laRévolution française, les Britanniques reprennent brièvement possession de l'île, après la défaite le 20 avril de Basse-Terre et la capitulation du général et gouverneur depuis 1792,Georges-Henri-Victor Collot.
Carte militaire des Îles de Guadeloupe mentionnant les batteries et les fortifications, 1797-1798.
Victor Hugues, nommé Commissaire national en Guadeloupe, les en chasse dès le mois de mai 1794, aidé par les esclaves, auxquels il avait promis la liberté. Ce dernier annonce, le, l'abolition de l'esclavage (adoptée par laConvention nationale par ledécret du 16 pluviôse an II, soit le).
Victor Hugues, dit « Le Terrible », met en place les lois de la Convention et par conséquent le tribunal révolutionnaire. Lesplanteurs (dont certains soutenaient la Grande-Bretagne) ne se soumettant pas au nouveau régime, sont traduits devant ce tribunal. La répression du commissaire de la Convention sera étendue aux « anciens » esclaves qui se révoltèrent pour ne pas avoir été payés. En 1798, leDirectoire le rappelle en France. Il est remplacé par le généralEdme Étienne Desfourneaux, mais malgré sa volonté de réforme de la gestion locale, ce dernier est également remis en cause par la population et par une partie de l'armée. C'est aussi l'époque de l'expansion des corsaires guadeloupéens.
Face à cet acte d'autonomie de l'île contre le pouvoir consulaire, une petite armée est envoyée sous les ordres du généralAntoine Richepance pour rétablir l'autorité de la métropole, ainsi que l'esclavage. À leur arrivée le devant Pointe-à-Pitre, les notables (Pélage à leur tête) se soumettent, mais à partir du une partie des troupes se rebelle de nouveau, avec leschefs de bataillon Delgrès etIgnace. les combats se soldent par le suicide d'Ignace le 26 mai, puis de Delgrès le 28. Les soldats noirs fait prisonniers sont exécutés ou vendus sur les îles voisines ; l'esclavage est rétabli à la Guadeloupe par l'arrêté du 27 messidor an X ()[79]. Richepance meurt de lafièvre jaune le, le commandement revenant à Lacrosse.
Par son arrêté du, Richepance avait restreint la citoyenneté française dans la colonie aux seuls Blancs :« jusqu'à ce qu’il en soit autrement ordonné, le titre de citoyen français ne sera porté [dans la colonie] que par les Blancs. Aucun autre individu ne pourra prendre ce titre ni exercer les fonctions ou emplois qui y sont attachés »[80]. Lesnoirs libres devaient prouver leur affranchissement. Pour Jean-François Niort et Jérémy Richard, dans leur article paru dans leBulletin de la société d'Histoire de la Guadeloupe, l’arrêté consulaire, à la suite de la féroce répression de la rébellion emmenée par Louis Delgrès, consacre un « ordreségrégationniste »[81].
Les Britanniques se dirigent alors vers Basse-Terre où les troupes françaises peu nombreuses (entre 3 000 et 4 000 soldats), mal équipées et commandées par le gouverneurErnouf sont rapidement prises en tenaille après un nouveau débarquement àVieux-Habitants, et sont obligées de capituler le. L'aigle du66e régiment impérial est un trophée rapporté àLondres, en même temps que de nombreuses troupes prisonnières.
View of Guadeloupe (période anglaise).Jenny Prinssay, 1813.
LaGrande-Bretagne intègre la Guadeloupe dans ses possessions coloniales antillaises tandis que la guerre s'intensifie en Europe (guerre d'indépendance espagnole,guerre de la Sixième Coalition) et en Amérique du Nord (guerre anglo-américaine de 1812). Afin d'assurer l'intégration de laSuède dans laSixième Coalition, les Britanniques signent un traité avecJean-Baptiste Bernadotte, ancienmaréchal de Napoléon devenu prince héritier de Suède, le : la Guadeloupe est cédée à ce prince[82], pour lui et ses descendants, en dédommagement de l'effort de guerre que la Suède doit fournir pour abattre Napoléon et pour dédommager Bernadotte d'avoir abandonné ses titres dans l'Empire français. La Guadeloupe est choisie en raison de sa proximité avecSaint-Barthélemy, possession suédoise depuis 1784. En réaction, l'Empire français fait promulguer le unsénatus-consulte « concernant l'île française de la Guadeloupe » :« il ne sera conclu aucun traité de paix entre l'Empire français et la Suède, qu'au préalable la Suède n'ait renoncé à la possession de l'île française de la Guadeloupe »[83]. L'écroulement rapide de l'empire napoléonien, quelques mois plus tard, et letraité de paix de Paris du 30 mai 1814[82] ne laissent pas aux Suédois le loisir de remplacer les Britanniques sur l'île[84] : l'article 9 du traité confirme que la Suède restitue la Guadeloupe à la France. L'épisode desCent-Jours replace brièvement la Guadeloupe sous occupation anglaise jusqu'audeuxième traité de Paris, en novembre 1815, qui restaure la souveraineté française.
En guise de compensation pour ces retournements de situation,la Grande-Bretagne remet un million de livres (24 millions de francs) au monarque suédois à titre privé ; cette somme ayant ensuite été dépensée pour le remboursement de la dette du pays, leparlement suédois décide de dédommager la famille royale par une rente à perpétuité (leGuadeloupefonden ou « Fonds de la Guadeloupe »), reversée jusqu'en 1983[82].
Institutionnalisation républicaine dans l’empire colonial et immigrations post-esclavage
En1848, sous laDeuxième République, l'esclavage est finalement aboli définitivement. En effet, legouvernement provisoire de 1848 annonce le 4 mars la création d'une commission en vue de l'abolition, présidée parVictor Schœlcher, sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies. Ledécret d'abolition est signé le 27 avril 1848. Cet affranchissement général s'accompagne toutefois de l'indemnisation par l'État des propriétaires esclavagistes. Ce sont ainsi 123 784 426 Francs or (équivalent de près de 5 milliards d’euros d’aujourd’hui) qui sont versés pour compenser la perte des 250 000 travailleurs servils dans l'ensemble des colonies françaises de l'époque[85]. Pour la Guadeloupe, où ce sont au total 87 087 individus qui sont affranchis, le montant de l'indemnité par esclave est fixé à 469 Francs or[86].
Composition de la population guadeloupéenne en 1848[87]
À l'occasion des élections législatives d'août 1848, la Guadeloupe désigne trois députés. Schœlcher est élu à la fois en Guadeloupe et en Martinique, mais opte pour cette dernière et cède son siège guadeloupéen à un nouvel affranchi noir,Louisy Mathieu. L'année suivante, il est éludéputé de la Guadeloupe à l'Assemblée législative.
Le 16 mars1878,Saint-Barthélemy est cédée de nouveau par le royaume de Suède à la France qui l’incorpore dans l’Empire français au sein de la Guadeloupe.
Immigration africaine après l'abolition de la « traite négrière » et de l’esclavage (1852-1861)
Quelques années après ledécret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, et face au refus de nombres d'anciens esclaves de travailler pour un salaire de misère, les propriétaires deplantations se tournent à nouveau vers le système de l'engagisme, et commence avec « le recours à l’Afrique comme territoire de recrutement d’immigrants ». Le 14 mai 1852, un encart paraît dans le journalL’Avenir dans lequel un M. Boissard « annonce son prochain voyage en France afin d’obtenir du gouvernement l’autorisation d’importer dans la colonie des cultivateurs africains ». Deux ans plus tard, un M. Chevalier propose au ministre des Colonies l’aval pour « introduire » 4 000 à 5 000Africains.
Ces demandes, pressantes, vont se multipliant. Dans le fonds ministériel des archives d’outremer, l’historien guadeloupéen Raymond Boutin recense les correspondances du ministre des Colonies avec plusieurs entrepreneurs : Maes, Santelli, Simon. Le lobby des indemnitaires (les colons percevant l’indemnité de six millions de francs en vertu de la loi du 30 avril 1849 « pour dédommagement de la libération de près de leurs 248 500 esclaves » (décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848) obtient, auprès du gouvernement, la signature d’un traité avec la Compagnie générale maritime par lequel celle-ci« s’engageait à fournir à la Guadeloupe600 travailleurs de 12 à 25 ans ».
Néanmoins, cette opération migratoire, pour plusieurs raisons liées à la reprise des activités de traite sur les ports et comptoirs africains[88], fut de courte durée et, semble-t-il,« seuls 71 engagés furent débarqués du Siam à Pointe-à-Pitre ». C’est ainsi que le 4 mars 1857, lamaison Régis deMarseille s’engage à fournir 10 000 Africains sur les trois à six années à venir[89].
Entre 1858 et 1861, ce sont plus de 6000Kongos arrivent en Guadeloupe.
Le dernier convoi d'Africains débarque le 20 juillet 1861. Au début du mois, le traité franco-britannique mettait un terme officiel à cette immigration dont « les conditions de recrutement avaient vivement ému l’opinion britannique qui considérait ce trafic comme une traite déguisée et une incitation au développement de l’esclavage en Afrique »[89]. Laconiques, lesNotices coloniales publiées à l'occasion de l'exposition universelle d'Anvers en 1885 s'en tiennent à l’enchaînement juridique sans en mentionner les motifs.« Le recrutement de travailleurs à la côte d’Afrique ayant été interdit en 1859, le Gouvernement français, après de nombreuses négociations, signa avec le Gouvernement anglais la convention du1er juillet 1861 qui permettait de recruter pour les colonies françaises des travailleurs sur les territoires indiens appartenant à la Grande-Bretagne et d’embarquer les immigrants sujets de Sa Majesté Britannique, soit dans les ports français de l’Inde »[90]. Pourtant, c'est essentiellement en raison de la prohibition du « recrutement de travailleurs à la côte d’Afrique », à la suite des campagnes de presse menées par les réseaux abolitionnistes anglais, que le gouvernement français se tourne vers l’Inde et parvient à s’entendre avec la couronne britannique[89].
Immigration indienne, sud-est asiatique et extrême orientale (1854 - 1896)
Bien avant 1848, en anticipation de l'abolition prochaine de l'esclavage, l'Île Maurice a recours à des travailleurs indiens engagés par contrat, dès 1819. Sitôt que les créoles de Guadeloupe en apprennent l’existence, l’un d’eux, Reiset, y voit une formidable « possibilité » : selon lui, cette main-d'œuvre permettrait de « donner aux esclaves l’exemple du travail agricole fourni par des hommes libres »[89].
Le 24 décembre1854, à bord de l'Aurélie, les premiers immigrants indiens débarquent en Guadeloupe. Il s'agira du plus faible contingent.
Ils épousent la condition de «nègre»[91], les raisons de leur venue et leurs modalités - dans la promiscuité de bateaux sur-occupés, la proie de la vermine et de maladies de toute sorte - étant analogues. D'ailleurs, « Sur l’habitation, les Indiens héritent des cases qui ont autrefois servi à abriter les esclaves » fait observer Raymond Boutin. En tout point similaire à la condition des Africains les ayant précédé, « ils sont corvéables à merci et doivent de longues heures de journée de travail qui dépassent bien souvent la durée fixée par contrat ». Aussi, comme leurs devanciers, « la mortalité est le trait dominant de la démographie des Indiens ». Ce qui ressort des témoignages de « personnalités étrangères au monde de l'habitation », telles que MM. Guilliod et Avril dans les années 1870, est l'enracinement de l'esprit esclavagiste à travers un recours irrationnel et sadique à la violence[92]. Uneviolence illégale autorisée - un trait caractéristique du systèmeplantationnaire[93] - par la corruption et, surtout, la « complaisance de ceux-là mêmes qui ont pour mission d'assurer leur protection ». Pour échapper à ces sévices, des Indiens désertent et vagabondent, si bien que l’on pourrait dire, qu’à leur tour aussi, ilsmarronnent. Certains, grâce à la complicité de marins pêcheurs et de propriétaires d'embarcation, gagnent la Dominique et Antigue. L’incendie est un de leurs « modes de protestation ». En cela, fait remarquer Raymond Boutin,« ils reprennent à leur compte un mode de protestation déjà en cours pendant l’esclavage et très en vogue dans les années qui suivirent l’émancipation »[89].
Lesimmigrants indiens, nomméscoolies, embarquent depuis laCôte de Coromandel,Pondichéry, deMadras, de lacôte de Malabar ou deCalcutta. Ils sont majoritairement tamouls. Cette population indienne s'accroît considérablement, passant de 5 761 personnes en 1860 à 21 805 en 1885. En1925,Raymond Poincaré décide d'octroyer définitivement la nationalité française aux ressortissants indiens ainsi que le droit de vote[94], grâce àHenry Sidambarom qui lutta toute sa vie contre l’engagisme et pour l’accession à la citoyenneté française des travailleurs indiens, victimes de discrimination. Dans les usines, laségrégation est de mise. Traditionnellement, dans les anciennes colonies esclavagistes françaises, il existe une gradation de couleur, du plus sombre au plus clair[95].
Aujourd'hui la communauté indienne longtemps effacée, tient à faire reconnaître son identité. La présence de la couleur indienne que ce soit par lecolombo (épice) ou par le tissu emblématique de la tenue traditionnelle, le madras, rappelle leur contribution très ancrée dans l'identité guadeloupéenne.
En 1859,513 travailleurs chinois ont embarqué à bord de l'Indien à destination de la Guadeloupe. Sur les 513 engagés, 208 ont été recrutés en Guadeloupe. Ces Chinois, engagés pour une durée de huit ans maximum, sont essentiellement originaires de la région deCanton ou plus largement de la province de la Rivière des Perles, actuellementGuangdong[96].
Entre 1866 et 1872, sont arrivés en Guadeloupe 149 Annamites recrutés en majorité comme manœuvres dans les usines sucrières de l'île[97]. L'historien Christian Schnackenbourg avance quant à lui le nombre de268 hommes disant également qu'ils n'auraient pas été des émigrés économiques mais des déportés politiques, ayant résisté à la pénétration française enIndochine[98]. En 1872 se déclare une rébellion causée par la réclamation desAnnamites à regagner l'Indochine. Leur contrat étant arrivée à terme. En 1874, à la suite du procès, ils seront tout d'abord transférés en Guyane puis, après leur amnistie, rapatriés en Annam.
En décembre 1894 arrivent à Pointe-à-Pitre590 travailleurs immigrés japonais. Ils quittent la Guadeloupe au fur et à mesure et les derniers sont rapatriés au Japon en juin 1896.
La Guadeloupe et les Guadeloupéens en temps de conflit
Bon nombre de Guadeloupéens se sont engagés localement ou lors d'expéditions, de révolutions ou de conflits impliquant les grandes puissances militaires, de par le monde.
Ramire Rosan, dernier poilu d'Outre-mer, décoré de la Légion d'honneur en 1996.
Des officiers guadeloupéens se sont engagés dans les guerres coloniales françaises, comme le commandantGabriel Bouscaren pendant la conquête de l'Algérie en 1830 ou les générauxAristide de Gondrecourt àOran en 1836,Paul Joalland (conquérant duKanem et engagé enIndochine et au Soudan) et Charles Auguste Frédéric Bégin (commandant supérieur des troupes au Sénégal puis commandant en chef des forces françaises en Indochine)[107],[108],[109].
Depuis 1848, les citoyens guadeloupéens prennent part à la vie politique française mais, bien que recensés depuis la loi militaire du 15 juillet 1889, sont exemptés de service militaire. Pour le député guadeloupéenGratien Candace c'est la preuve qu'ils ne sont pas considérés comme Français à part entière et le 26 juin 1912 il déclare à la Chambre :« Vous avez fait de nous des citoyens, des hommes libres. Nous voulons être traités comme de vrais Français ! Nous le serons véritablement que lorsque vous nous aurez associés, avec tous les autres fils de la patrie, à l’œuvre sacrée de la défense nationale »[110]. En janvier 1913, il s'adresse une nouvelle fois à l'Assemblée nationale et transmet que « Ceux qui veulent être soldats. Ils considèrent comme un amoindrissement moral le fait de ne point être appelés sous les drapeaux. » En conséquence, la loi de 1912 sur le service militaire est généralisée en 1913 et le 6 juin 1913 le ministre de la GuerreEugène Étienne décide de l'incorporation du régiment créole devant sous peu rejoindre la métropole[111].
Le Général Charles Lanrezac, 1916.
Au cours de la Première Guerre mondiale :
9 151 Guadeloupéens ont été mobilisés sous les drapeaux ;
6 345 ont été envoyés en métropole ou ailleurs comme auxDardanelles ;
1 137 sont morts, parmi eux de maladies et du froid[112].
Parmi les soldats ayant participé à cette guerre citonsRamire Rosan, engagé dans laBataille de la Somme en 1916 et devenu le dernier poilu de laFrance d'outre-mer. D'autres Guadeloupéens ont exercé des responsabilités éminentes durant ce conflit commeCharles Lanrezac qui pendant les premières semaines a commandé la Cinquième armée française etCamille Mortenol qui s'est distingué dans la création d'une défense antiaérienne efficace pour protéger Paris.
Six semaines après le début de l'invasion du sol français par les troupes allemandes lemaréchal Pétain, devenuprésident du Conseil, demande un armistice, signé dans la nuit du 24 au. Avant ce cessez-le-feu et du fait de leurs origines, le, le capitaineMoïse Bebel et ses compagnons d'arme ont été victimes de crime de guerre par les Allemands, drame aujourd'hui connu sous le nom demassacre du bois d'Eraine.
De son côtéGratien Candace qui avant la Première Guerre mondiale militait ardemment en faveur de la participation des soldats guadeloupéens dans la défense de la patrie, fait partie des députés ayant voté les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Et si désormais la France est sous l'emprise de l'Allemagne nazie, l'Empire colonial français et les « anciennes colonies » dont la Guadeloupe s'en sortent pour l'instant indemnes[113].
Dès septembre 1939, l'amiral Robert est commandant en chef de l’Atlantique Ouest et haut-commissaire de France aux Antilles, àSaint-Pierre-et-Miquelon et enGuyane[114]. EtConstant Sorin est nommé gouverneur en Guadeloupe parGeorges Mandel, dix jours avant l'offensive allemande. L'amiral Sorin d'abord soutien dugénéral de Gaulle au lendemain de l'appel du 18 Juin, devient un pétainiste convaincu sous la pression de son supérieur hiérarchique l'amiral Robert. Tandis qu'à l'inverse l'époque se caractérise dans une grande part de la société guadeloupéenne par une loyauté vis-à-vis de la France, par une aversion contre tout ce qui attrait aux Allemands et par des sentiments mitigés vis-à-vis desÉtats-Unis. Pays dans lequel deslois ségrégationnistes sont appliquées contre les gens de couleurs auxquels les Guadeloupéens s'identifient[115]. Cette période de 1940 à 1943 est désignée en Guadeloupe sous le nom d'« an tan Sorin » (au temps de Sorin), pour signifier cette situation assez particulière de l'histoire de la Guadeloupe où se sont mêlés la dissidence, le travail, la créativité, la débrouillardise, l'autosuffisance mais aussi le rationnement et la pénurie.
Le Fort Napoléon des Saintes, un des lieux d'emprisonnement des dissidents durant la Seconde Guerre mondiale.
Cependant des voix s'élèvent en Guadeloupe à l'exemple de celle duconseiller généralsocialistePaul Valentino. Qui, en porte-parole du conseil général de Guadeloupe, fait part de la décision de l'assemblée de poursuivre le combat aux côtés des Alliés avec l'Empire français d'outre-mer. Ce qui aboutira à la suppression du conseil général en octobre 1940 et à la nomination des conseillers municipaux par Constant Sorin, en application des décisions durégime de Vichy. En conséquence de ses prises de position, Paul Valentino sera condamné et incarcéré aufort Napoléon des Saintes puis une nouvelle fois arrêté le et incarcéré sur l'Île du Salut en Guyane[116].
À partir du la politique vichyste se fait de plus en plus opprimante et répressive en Guadeloupe, obligeant par exemple tous les élus à déclarer qu'ils n'appartiennent pas à des sociétés secrètes telle lafranc-maçonnerie[117]. La propagande vichyste prend le pas et les Guadeloupéens y voient une régression de leurs acquis républicain et démocratique : un couvre-feu est ordonné, la presse est censurée, les émissions de laBBC sont proscrites, dans les écoles s'instaure le salut au drapeau, la consommation de rhum est interdite, laPlace de la Victoire est rebaptisée place du Maréchal Pétain, les nouveaux conseils municipaux et le conseil général sont nommés par Sorin.
Sur le front extérieur on estime qu'entre 1940 et 1943 un peu plus de 2 000 Guadeloupéens se sont rendus sur l'île voisine de laDominique afin d'y rejoindre lesForces françaises libres[113]. Dans un premier temps ces engagés étaient directement envoyés en formation àLondres. Mais devant l'afflux croissant de volontaires, il a été décidé de les former directement sur le sol dominiquais puis de les envoyer auxÉtats-Unis, d'abord enLouisiane puis au camp deFort Dix dans leNew-Jersey, pour parfaire leur formation[119]. Durant cette période c'est 1 % de la population guadeloupéenne qui ralliera la Dominique. C'est-à-dire un chiffre qualifié de très élevé comparativement au nombre d'habitants de l'île à cette époque (environ 230 000 habitants), selon l'historien Éric Jennings[120] ; en témoigne un directeur d'usine deSainte-Rose adressant ses préoccupations à Constant Sorin, le 30 avril 1943 : « J'ai l'honneur de vous faire savoir qu'à cause de nombreux départs journaliers de dissidents, et malgré le concours de prisonniers la récolte ne pourra être enlevée[116]. » C'est en effet en raison des ralliements toujours plus importants des Antillais dans les Forces françaises libres que leGénéral de Gaulle crée en 1942 le Bataillon des Antilles duquel découle lebataillon de marche n° 5.
Élie Bloncourt, résistant guadeloupéen et président de laSFIO pour la zone occupée.
En Guadeloupe la résistance passive se transforme peu à peu en défiance et débouche sur des confrontations de plus en plus directes et brutales avec les autorités et les forces de l'ordre locales. Et la libération de Paul Valentino de l'Île du Salut, à la suite du basculement de laGuyane dans le camp allié, signale le début de la dissidence armée. Revenu clandestinement en Guadeloupe en mai 1943, il fomente deux opérations d'envergure contre le régime de Vichy. Dont celle du 30 avril 1943, àPort-Louis, qui se traduit par l'attaque d'un poste de police et lesabotage de lignes de communications. Malgré l'échec de cette opération due à l'arrivée de renfort de la gendarmerie, les jours du gouvernement Sorin sont comptés. Et quelques jours plus tard, à la suite d'un match de football se jouant à la ville deBasse-Terre, des heurts entre supporters et gendarmes font un mort de 17 ans, Serge Balguy, et plusieurs blessés. Dans la foulée des gens encerclent la demeure d'un médecin proche des autorités en place, la tension monte et les troubles inquiétants entraînent la démission du conseil municipal de Basse-Terre[116]. La situation générale n'est plus tenable et en juillet 1943 Constant Sorin quitte ses fonctions[121] et la Guadeloupe est placée sous l'autorité duComité français de libération nationale.
De colonie à région ultramarine, mouvements sociaux et question statutaire
Plaque déposée en hommage aux victimes de mai 1967, à Pointe-à-Pitre.
Le, dans la commune duMoule, une grève est organisée par les ouvriers de l'usine Gardel en raison d'un retard dans l'application du relèvement du salaire minimum garanti. Des barrages sont érigés par les grévistes. La tension monte et finalement, lesgendarmes etCRS présents sur place tirent sur la foule. Le communiqué officiel de l'époque publié par le ministère de l'intérieur dans la presse métropolitaine4 jours plus tard parle de légitime défense après que les forces de l'ordre aient reçu « des coups de feu blessant un officier et plusieurs gendarmes et C.R.S (…) et des bombes incendiaires » Le bilan est de quatre morts, tous du côté des manifestants, et de quatorze blessés. Localement ces événements sont appelés lemassacre de la Saint-Valentin[127].
Denouvelles émeutes ont lieu les 25, 26 et 27 mai1967 lors des manifestations ouvrières en vue d'obtenir une augmentation salariale de 2,5 %. Ces manifestations donnent lieu à des affrontements avec lesCRS, qui ouvrent le feu sur la foule, et entraînent la mort de 5 à87 personnes, selon les sources, dont Jacques Nestor, un célèbre militant duGONG et plusieurs blessés[128]. Les personnes arrêtées seront relâchées par la cour.
En 2009, l'ensemble des secteurs économiques de l'île sont paralysés par unegrève générale qui durera un mois et demi, les grévistes dénonçant notamment les prix des biens de consommation de base[129]
Référendum sur le projet d'une collectivité unique
Le, la « Déclaration de Basse-Terre » est signée. Les présidents de Région desDFA proposent au président de la République et au Gouvernement une modification législative voire constitutionnelle, visant à créer un statut nouveau de Région d'Outre-mer doté d'un régime fiscal et social spécial pour la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, dans le cadre de la République française d'une part, et de l'Union européenne d'autre part (article 299-2 du traité d'Amsterdam).
L’égalité des droits sociaux en outre-mer fut longue à atteindre. Ainsi, les Guadeloupéens n’ont bénéficié du Smic et du RMI métropolitains qu’en 1996 et 2002[130],
Le, les électeurs de Guadeloupeont rejeté à 73 %[131] le projet de création d'une collectivité unique se substituant au département et à la région qui coexistent sur le même territoire. Le même jour, les électeurs deSaint-Barthélemy et deSaint-Martin ont voté en faveur de l'autonomie de leurs communes, devenues par la loi organique du deuxcollectivités d'outre-mer[132](COM) distinctes des autresdépendances et de la Guadeloupe.
Le, débutent les grèves générales duLiyannaj Kont Pwofitasyon, ou LKP, (« Union contre les profiteurs ») qui durent jusqu'au. Ce collectif rassemble48 organisations syndicales, associatives et politiques. C'est la première fois que l'on assiste à une telle union de la société civile qui élabore une plateforme de revendications balayant l'ensemble des problèmes de l’île. Jusqu'à 100 000 personnes, soit un quart de la population, défilent dans les rues. Le LKP se livre alors à une mise en accusation publique de l'État français en décortiquant les mécanismes d'un système inégalitaire[133]. Ces44 jours de paralysie affaiblissent l'économie de la Guadeloupe et révèlent un profond malaise social sur fond de crise économique.
En avril 2009, pour trouver des réponses à la crise sociale en outre-mer,Nicolas Sarkozy ouvre les États généraux ; de nombreux ateliers dont l'atelier gouvernance proposent un projet d'évolution statutaire à caractère autonome (art. 74 de la constitution) et un projet d'évolution institutionnelle (simplification administrative) relevant de l'assimilation législative (art. 73 de la Constitution)[134] soumis à consultation référendaire, à l'instar de laMartinique et laGuyane[135]. Les populations de ces dernières se sont prononcées endeux référendums en janvier 2010, rejetant l'autonomie en faveur de la simplification administrative (fusion des assemblées départementale et régionale).
À la demande du président de région,Victorin Lurel, la Guadeloupe décide un report de dix-huit mois des consultations populaires, vu la proximité des scrutins régionaux et la pluralité des évolutions statutaires sollicitées par elle-même et par ses dernièresdépendances. Mais en définitive, la Guadeloupe et sesdépendances s'inscriront dans laréforme nationale des collectivités territoriales.
L'administration de la Guadeloupe s'organise comme celle des autres régions de laFrance métropolitaine et s'inscrit donc dans l'application stricte de la séparation des pouvoirs et l'héritage jacobin de l'État modulé desdifférentes lois de décentralisation. Depuis la réforme constitutionnelle du, qui a supprimé les appellations DOM et TOM, la Guadeloupe est un DROM (Département et région d'outre-mer denuméro 971). Elle est donc à la fois unerégion administrative et undépartement français d'outre-mer (l'expressionDOM reste utilisée aujourd'hui) formant une région mono-départementale pour qualifier cette particularité administrative. Un seul préfet de région et préfet du département est nommé[136] et siège àBasse-Terre, chef-lieu du département et de la région. Leréférendum du 7 décembre 2003, où le « non » l'a emporté, proposait de mettre en place une nouvelle collectivité territoriale gérée par une assemblée unique regroupant les compétences de la région et du département. Cette nouvelle collectivité devait rester dans le cadre de l'article 73 de la Constitution avec un régime dit d'assimilation législative.
La Guadeloupe moderne, malgré une organisation administrative et une gouvernance lourde, complexe et confuse par le bicaméralisme de son exécutif local, mène une politique active utilisant pleinement ses institutions qui l'intègrent au reste du territoire français en application des directives assimilationnistes que prévoient la départementalisation et l'intégration à l'Union européenne. Cette orientation la rapproche de l'Europe et de la France.
La politique internationale -CARICOM,CARIFORUM,Association des États de la Caraïbe (AEC) - est entretenue par Paris, même si cette dernière délègue depuis peu la représentation française dans la zone caraïbe au Président de région des trois départements français d'Amérique. Cependant, malgré une organisation institutionnelle parfois inadaptée à la réalité guadeloupéenne, ce schéma politique a permis d'améliorer et d'aligner les infrastructures et les services publics, sanitaires et sociaux au même niveau que la métropole. La Guadeloupe se place donc dans le profil d'un pays développé pour sa qualité et son niveau de vie et se situe au même degré économique qu'un pays en voie de développement. Sa population active qui s'inscrit principalement dans un cadre ouvrier et agricole est un électorat sensiblement ancré à gauche, comme le démontrent les scrutins territoriaux.
Le représentant de l'État est le préfet de région[137], installé àBasse-Terre[138], qui, malgré la suppression dutroisième arrondissement, conserve encore certaines prérogatives dans les collectivités deSaint-Barthélemy etSaint-Martin[139] où un préfet délégué a été nommé[140]. Il représente avec les collectivités territoriales l'exécutif local dans l'exercice des prérogatives qui lui sont conférées. Un sous-préfet[141] siégeant àPointe-à-Pitre[142] administre ledeuxième arrondissement. Le préfet de région rend compte à l'exécutif national, aux différents ministres du gouvernement qui rendent compte au Président de la République. Il prend les différents arrêtés et déclenche les différents plans de secours et d'alertes.
Lesconseillers municipaux sont élus par le peuple qui élisent à leur tour unmaire dans chacune des trente-deux communes.
Lesconseillers départementaux sont élus au scrutin binominal majoritaire à deux tours dans chaque canton (vingt-un pour la Guadeloupe).
Lesconseillers régionaux, eux, sont élus au suffrage universel direct par scrutin de liste à la proportionnelle à deux tours pour occuper les41 sièges de l'hôtel de région Guadeloupe ; une prime majoritaire de 25 % est attribuée à la liste arrivée en tête, depuis la loi du[143].
Les quatredéputés[144], élus au même mode de scrutin que les cantonales dans chacune des circonscriptions, et les troissénateurs[145] élus au suffrage universel indirect par les grands électeurs, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour la Guadeloupe, sont chargés de représenter la population au parlement à Paris (Assemblée nationale etSénat) et de porter les doléances du territoire. Ils participent au système législatif de la nation.
Les pouvoirs judiciaires sont placés sous l'autorité du procureur de la République nommé par legarde des sceaux.
Les deux premiers degrés de l'ordre administratif sont également présents à Basse-Terre qui héberge le tribunal administratif et la cour administrative d'appel. Le troisième degré est le conseil d'État à Paris.
La tendance politique générale actuelle de la Guadeloupe moderne est principalement à gauche, même si la droite fut active pendant de très nombreuses années aux assemblées départementale et régionale. En effet, depuis 1999 et la déclarations de Basse-Terre, les crises internes à droite se sont accumulées : position autonomiste de la présidente de régionLucette Michaux-Chevry (Objectif Guadeloupe) et revers au référendum de 2003 amenantVictorin Lurel (PS) à sa place aux élections régionales de 2004, départ de la présidente de la section locale de l'UMP, la députée maire du MouleGabrielle Louis Carabin, en juin 2009 et guerre de succession entre cette dernière etMarie-Luce Penchard alors Ministre chargée de l'Outre mer (et fille de Lucette Michaux-Chevry). Malgré l'intervention et l'arbitrage de Paris[147], la fracture au sein de la droite a contribué à la victoire de la gauche et de Victorin Lurel[148].
La Guadeloupe se situe dans une zone pivot de l'archipel antillais et également à cheval entre l'océan Atlantique et lamer des Caraïbes. Ce promontoire de choix dans la région permet à la France d'avoir une portée sur une large partie de la façade orientale du continent américain. Lazone économique exclusive formée par la Guadeloupe et la Martinique s'étend sur un peu plus de 126 146 km2[154]. Ce qui offre à la France d'importantes ressources halieutiques et une indépendance dans le développement d'une politique souveraine en matière de recherche et de protection sous-marines (protection desbaleines à bosse,réserve Cousteau, protection des récifs coralliens). Du fait de sa position géographique, la Guadeloupe permet à la France de participer aux dialogues politiques et diplomatiques tant au niveau régional (Petites et Grandes Antilles) que continental (Amérique latine etAmérique du Nord)[155]. La signature de la Convention régionale pour l’internationalisation des entreprises (CRIE), l'adhésion à laCommission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) ou l'adhésion à l’Association des États de la Caraïbe (AEC) sont autant de jalons posés permettant à la Guadeloupe de développer ses relations bilatérales ou multilatérales dans le cadre d'accords ou au sein d'institutions internationales[156]. Le développement de partenariats économiques bilatéraux et multilatéraux avec d'autres États caribéens et américains passe par la modernisation duport autonome de Guadeloupe ou l'importance de l'aéroport international Guadeloupe-Pôle Caraïbes.
Photo satellite de l'île d'Aves.
L'îlot d'Aves, possession duVenezuela, est au centre d’un litige territorial avec les pays voisins (Grenade,Barbade,Antigua-et-Barbuda, et laDominique). En effet cet îlot, bien qu'il soit inhabité et consiste en une simple bande de sable d'une taille comparable à celle d'un terrain de football, confère au Venezuela une grande superficie d'eaux dans les Petites Antilles.
En Guadeloupe, la question a été soulevée par le groupuscule indépendantiste CIPPA en 2014[157] : puisque la Guadeloupe est l'île des Petites Antilles la plus proche de l'îlot d'Aves, le groupe estime qu'il se trouve dans lazone économique exclusive de la France, faisant fi de la souveraineté vénézuélienne. En réponse, leministère des Affaires Étrangères a rappelé qu'un critère d'éloignement ne constitue pas un motif solide pour dénoncer unilatéralement untraité international.
Depuis le1er janvier 2021 et la sortie duRoyaume-Uni de l'Union européenne, les autorités britanniques projettent de renforcer la protection de leur frontière maritime située entre leterritoire britannique d'outre-mer deMontserrat et la Guadeloupe. De plus l'île britannique, dépendante en partie des approvisionnements provenant de la Guadeloupe, pourrait voir ces derniers se compliquer et peser défavorablement dans son économie[158].
Entre 2007 et 2012, la croissance démographique a été de l'ordre de 0,1 % par an[160], croissance inférieure à celle de laFrance métropolitaine (+ 0,5 % par an), sur la même période. Cela s'expliquant par un solde migratoire négatif (-0,6 % par an) et par de nombreux départs vers la métropole dus aux difficultés économiques du département, dont le taux de chômage est élevé (28,7 % au recensement de 2012).
En 2023, le département comptait 384 160 habitants[Note 1], en évolution de −1,56 % par rapport à 2017 (France horsMayotte : +2,36 %).(Les données démographiques ne tiennent pas compte deSaint-Martin etSaint-Barthélemy.)
L'INSEE estime que[161]« si les tendances démographiques récentes se prolongeaient, le déclin démographique de la Guadeloupe s’accentuerait et la population atteindrait 314 000 habitants dans 20 ans (en 2042), puis 242 000 habitants en 2070. Le solde naturel et le solde migratoire seraient tous deux négatifs, prolongeant ainsi le déclin démographique guadeloupéen initié en 2011 ».
La relativerichesse de la Guadeloupe contraste avec la grande pauvreté de plusieurs îles de la région desCaraïbes ; ainsi, la collectivité s'apparente à un îlot de richesse pour les populations de ces territoires[162]. D'autres facteurs, comme l’instabilité politique, et lescatastrophes naturelles expliquent cette immigration.
Dès lesannées 1970, les premiersimmigrés clandestins d’originehaïtienne qui fuyaient la dictature des Duvalier arrivèrent en Guadeloupe pour satisfaire un besoin de main-d'œuvre dans le secteur agricole ; à côté de cette immigration haïtienne, plus visible parce que plus nombreuse, la Guadeloupe a également connu l’arrivée et l’installation de populations de l’île de laDominique et de laRépublique dominicaine.
En 2016, l'INSEE compte un peu plus de 20 000 étrangers dans le département[163].
Créé en 1963 parMichel Debré, leBumidom a eu pour objectif de« […] contribuer à la solution des problèmesdémographiques intéressant les départements d'outre-mer »[164]. Et pour ce faire ces missions ont été multiples : information des futurs migrants, formation professionnelle,regroupement familial, gestion des centres d'accueil. À l'époque, ce projet était aussi vu comme un moyen de diminuer l'influence des mouvements indépendantistes antillais qui, dans les années 1960, se renforçaient[165]. Entre 1963 et 1981, on estime à 16 562 le nombre de Guadeloupéens ayant migré vers la métropole par le biais du Bumidom. Et une mini-série diffusée en 2018,Le Rêve français, se propose de relater certaines des conséquences relatives à la migration des Antillais et Réunionnais vers l'Hexagone.
On estime à environ 50 000 le nombre de Guadeloupéens et de Martiniquais qui ont participé au chantier du canal de Panama, entre 1904 et 1914. En 2014, on évaluait entre 60 000 et 70 000 les descendants de ces Antillais vivant au Panama[166]. D'autres vagues migratoires se sont faites vers l'Amérique du Nord notamment vers le Canada, au cours du début duXXe siècle.
Guadeloupéennes à Ellis Island, New-York. Bibliothèque publique de New-York.
Guadeloupéennes recrutées comme servantes faisant escale àEllis Island pour Montréal, 1911.
L'Insee informe qu'en 2019 la parité homme/femme au sein des assemblées locales était respectée et dépassait même celle rencontrée au niveau national. Et, à ce titre, la Guadeloupe ferait figure de « modèle de parité[167],[168] ». Selon les études, le modèlematrifocal antillais serait une des raisons de la participation élevée et de l'implication importante des femmes dans la vie politique locale.
En effet, au sein des conseils municipaux et à l'échelon national, on estime entre 82 et 92 conseillères pour 100 conseillers alors que ce nombre est de 95 conseillères pour 100 conseillers en Guadeloupe, dans les communes de plus de 1 000 habitants. Et malgré le peu de postes de maire occupés par des femmes (8 sur 32 postes au total, soit 25 %), la Guadeloupe se place devant le Centre-Val de Loire et l'Île-de-France qui en comptent 20 %. Également, dans le cas de leur présence au sein des intercommunalités guadeloupéennes, on dénombre 2 femmes pour 4 hommes à la présidence de ces assemblées territoriales dont 44 % sont des conseillères communautaires, chiffre supérieur à celui des autres Dom et à celui national (31 %). Elles représentent également 30 % des vice-présidents, alors que dans le reste de la France elles ne représentent que 8 % des mandats. Le conseil général est composé à parts égales et le conseil régional compte 21 femmes pour 20 hommes[169].
Le créole a été créé pour que tous les groupes ethniques (européen majoritairement français, africain et amérindien) puissent se comprendre[170]. Il est donc issu d'un mélange créé dès leXVIIe siècle en réponse à une urgence communicative. Puisque contrairement aux Anglais et aux Espagnols dont seuls les Castillans avaient au départ le droit de coloniser l'Amérique, les Français ne possédaient pas à l'époque de la colonisation de la Guadeloupe de langue unifiée. Les Normands parlaient le normand, les Bretons le breton et c'est pourquoi ils ne pouvaient pas imposer leur langue. Par ailleurs,Terre-de-Haut etTerre-de-Bas dans l'archipel des Saintes, du fait de leur histoire de peuplement (colonsbretons,normands etpoitevins), ont leurs créoles propres qui se distinguent du créole guadeloupéen du fait de leurs prononciations francisées, leurs expressions particulières, leurs syntaxes et leurs sonorités. Bien que non transcrit, ces insulaires qualifient leur créole de « patois » ou « parler saintois » et assurent activement sa transmission et sa pérennité par leurs descendances de manière vernaculaire.
Le créole a été écrit pour la toute première fois par unbéké[171] guadeloupéen à la fin duXVIIe siècle. Et il l'avait, à l'époque, retranscrit à partir de l'orthographe française. Citons quelques éléments de transcription phonétique : la lettre « c » n'existe pas, ni l'association « qu » et donc le son [k] s'écrit avec un K. Le son « in » (de matin) s'écrit « en » et le son « an » (de enfant) s'écrit « an »[172].
La Guadeloupe étant undépartement français, lefrançais en est la langue officielle. Toutefois, le français guadeloupéen (en contact avec le créole) possède certaines caractéristiques linguistiques différentes de celles dufrançais standard métropolitain[173]. Mais, ce français régional a été peu étudié et la plupart des descriptions faites portent sur son lexique et sa morphosyntaxe[174]. Cependant, il y a désormais une étude[175] très détaillée sur l'aspect phonique du français guadeloupéen (ce serait la première étude qui traite à la fois des aspects phonétiques acoustiques, phonologiques et perceptifs du français guadeloupéen en particulier et du français antillais en général).
Depuis le retour aux sources d'une partie de la population guadeloupéenne, il s'est créé un véritable intérêt pour le créole à travers l'apparition de livres de contes et de poésies qui sont, depuis une dizaine d'années, édités en créole et en français. Et, dans ce courant,Hector Poullet est notamment un pionnier des dictées médiatisées en créole. Le créole est aussi une langue très imagée, et très philosophique par ses expressions et son phrasé, ce qui, lorsqu'il est traduit littéralement en français, peut être objet de confusions. Les représentants des plus vieilles générations ne parlent pas toujours couramment le français, mais lecréole guadeloupéen.
Basse-Terre. - Église de N.D. Du Mont-Carmel. C'est la plus ancienne des églises qui existent actuellement. Elle fut élevée par Houël, gouverneur et sénéchal de l'île, vers 1655. Extrait deLes étapes de la Guadeloupe religieuse, 1935[176]
En 1685, leCode noir[177] prononce lareligion catholique comme seule autorisée aux Antilles françaises, excluant de fait aux juifs et aux protestants la pratique de leur culte. Il impose également la conversion forcée des esclaves nouvellement arrivés ainsi que le baptême de ceux plus anciens. S'ensuit rapidement un engouement chez les esclaves puisque cette religion leur offre un refuge spirituel et permet la sauvegarde de certaines de leurs croyances et coutumes africaines. Cette appropriation marque ainsi le début d'unsyncrétisme religieux[178]. Depuis les années 1970, de nouvelles religions sont en concurrence avec l'Église catholique telles que : l'Église évangélique de tendance pentecôtiste, l'Église adventiste du septième jour, les Étudiants de la Bible ouTémoins de Jéhovah et l'Église des mormons. Administrativement, le territoire de la Guadeloupe fait partie dudiocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre rattaché à l'Église catholique en France. Le diocèse regroupe les territoires de Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin et le nombre de fidèles est estimé 400 000. En 2020,59 prêtres étaient en activité dans le diocèse[179],[180],[181]. Le siège épiscopal est àBasse-Terre dans lacathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe.
Historiquement la mort d'une personne était annoncée en soufflant dans uneconque de lambi, ce qui produisait un son rauque et puissant audible à bonne distance. Puis uncrieur de mornes ou « kouri-sikilè » avait pour mission d'aller avertir la famille éloignée et en chemin faisait également circuler l'information pour qu'elle se propage debouche-à-oreille. Puis, la nouvelle du décès annoncée, chacun s'affairait à la préparation de la veillée mortuaire[191].
Il fallait pour cela rassembler les sièges et les tables permettant aux invités de s'asseoir et de se restaurer, ce qui était le rôle des hommes. Et nettoyer le domicile de la personne défunte, préparer le repas, obtenir des bougies et tout le nécessaire permettant de passer la nuit à veiller le corps, ce qui était le rôle de femmes. Tandis que d'autres se chargeaient de commander le cercueil auprès d'un ébéniste ou d'un charpentier, de s'occuper des tâches administratives auprès de la mairie ou des préparatifs de l'office religieux auprès de l'église[192]. Et une fois les préparatifs terminés, la veillée pouvait commencer.
Véyé asi granfon, jeux et traditions de veillée funéraire des Grands-Fonds (Guadeloupe) *
Aujourd'hui, les crieurs de mornes ont été remplacés par les radios locales et la presse qui diffusent de façon quotidienne les avis d'obsèques. Et de nos jours, lors d'un décès, ce sont les entreprises funéraires qui assurent la préparation à l'enterrement. Proposant à la famille et aux proches un espace, dans leurs locaux, dédié à la veillée mortuaire. Si toutefois quelques veillées mortuaires sont encore pratiquées comme autrefois, notamment à la campagne, il est indéniable que cette tradition tend à disparaître[193].
Le "Véyé asi granfon, jeux et traditions de veillées funéraires des Grands-Fonds" sont classés à l'inventaire national du patrimoine culturel immatériel depuis 2024[194].
Dans la culture guadeloupéenne et plus notamment dans les contes populaires, de nombreuses créatures surnaturelles sont évoquées telles que : Lesoucougnan ouvolant : sorte devampire qui peut prendre l'apparence d'une boule de feu ou d'un oiseau noir. Son arbre de prédilection est lefromager, appelé« arbre aux esclaves » aux Antilles. Ledorlis : homme doté du pouvoir d'invisibilité pour se faufiler dans les domiciles et abuser des femmes. Ladiablès oudiablesse : belle femme élégante, ayant au moins un pied de cheval ou de cabri, se tenant généralement au bord des rivières et qui entraîne les hommes dans les bois pour les perdre à jamais, ou qui les précipite du haut d'une falaise.Manman dlo (la mère des eaux), équivalente deMamy wata :sirène qui fait chavirer les embarcations et emporte les enfants laissés sans surveillance au bord de l'eau (mer ou rivière). Pour apaiser sa colère on lui lance un peigne. Leszombis ouzèspri (Nzambé signifiant Dieu enkikongo) :morts-vivants. Lesmofwazé oumorphroisés (de « métamorphosés ») : entités en forme de chien poursuivant les personnes marchant seules la nuit tombée.Bèt a man ibè est une femme transformée en truie par un sorcier jaloux. Elle entraîne dans son sillage des petits cochons, ses enfants, dans une cacophonie de bruits de chaînes, de grognements et de cris. Son passage les nuits sans lune provoque la fermeture des volets. Celui qui s’aventure à regarder par le trou de la serrure risque d’être atteint de cécité[195]. Lebokor (différent du bokor haïtien) : gros crabe ou crapaud apportant le désordre dans un foyer et que l'on chasse avec de l'eau bénite, de l'ammoniaque ou en le frappant avec les branches d'un acacia (lebwa-pini). Leti mons (petit monstre) : génie hideux de petite taille sorti d'un œuf qu'on aurait couvé sous son aisselle, durant7 jours. Celui-ci, reconnaissant envers celui qui l'a fait naître, exaucerait tous ses vœux.
La région académique de la Guadeloupe comprend uniquement l’académie de la Guadeloupe. Elle emploie 9 618 personnes et son budget de fonctionnement a été de 714,3 millions d'euro pour l'année 2018-2019[196]. Le territoire compte300 écoles primaires dont unematernelle privée sous contrat et14 écoles élémentaires privées sous contrat[197]. Il compte aussi 52 collèges dont 6 privés sous contrat. Et enfin compte 38 lycées dont 13 sont privés sous contrat[197].
Depuis 2014, l'Académie compte 12 circonscriptions réparties en 5 pôles[198] :
Le Pôle Îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy) ;
Le Pôle Basse-Terre Nord (Baie-Mahault, Capesterre-Belle-Eau et Sainte-Rose) ;
Le Pôle Basse-Terre Sud : Basse-Terre et Bouillante (Les îles des Saintes incluses) ;
Le Pôle Grande-Terre Nord : Grande-Terre nord, Sainte-Anne et Saint-François (Les îles de La Désirade et de Marie-Galante incluses) ;
Le Pôle Grande-Terre Sud : Les Abymes, Gosier et Pointe-à-Pitre.
Les îles de la Guadeloupe comptent également deux campus locaux de l'Université des Antilles (Fouillole etCamp Jacob), une « cité de la connaissance » comprenant un campus sanitaire et social, une « Université des métiers » comportant un centre de formation pour apprentis (CFA), un pôle régional des arts et des spectacles, une résidence étudiante, et enfin trois antennes de l'école régionale de la deuxième chance.
L’île est considérée comme undésert médical. Alors que l'on compte 246 médecins généralistes à Paris pour 100 000 habitants, ce chiffre tombe à 140 pour la Guadeloupe. Concernant les chirurgiens-dentistes, alors qu'ils sont en moyenne 88 pour le département des Bouches-du-Rhône pour 100 000 habitants par exemple, ils ne sont que 45 en Guadeloupe[201].
Le même constat est fait trois ans après, en 2022 à la suite d'un rapport de l'Observatoire régional de la Santé[202]. Une faculté de médecine devrait ouvrir ses portes en 2023 en Guadeloupe: cette annonce a été bien accueillie mais suscite aussi des inquiétudes en raison d'une crainte sur la qualité de la formation si les moyens ne sont pas au rendez-vous[203].
Lemayolè est un sport de combat guadeloupéen créé, développé et exercé par les esclaves durant la traite négrière. Sa pratique consiste à opposer deux combattants munis chacun d'un long bâton et s'affrontant, aux rythmes des tambours, au centre d'une assemblée de spectateurs. Cette lutte, autrefois dangereuse, pouvait provoquer de graves blessures (on employait jadis le terme de « mayolè sang »). Aujourd'hui, le mayolè est pratiqué à la façon d'une lutte dansée comme lacapoeira auBrésil.
La Guadeloupe était le département le plus violent de France en 2015[204] :45 meurtres avaient été enregistrés en Guadeloupe et à Saint-Martin[205]. Ces résultats font des deux îles le département « le plus meurtrier de France, loin devant lesBouches-du-Rhône » avec8,4 meurtres pour 100 000 habitants, soit trois fois plus que dans la région marseillaise. Outre les crimes, on observe selon les chiffres de 2013 une forte augmentation des vols à main armée contre les locaux commerciaux (+63 %) ainsi que celle des cambriolages sur ces mêmes locaux (+31,5 %)[206].
La région Guadeloupe est globalement sous-dotée en infrastructures, logements sociaux, numérique et réseaux d’énergie. Et le taux de couverture desimportations par lesexportations s'est élevé à 6 % en 1996. Également, d’après ladirection du Budget, l’investissement moyen de l’État par habitant est de 116,29 euros en outre-mer, contre 176,40 en moyenne nationale[207]. Toutefois, malgré sa situation économique, la Guadeloupe fait partie des îles les plus riches et les plus stables des Caraïbes[208].
La situation économique difficile de la Guadeloupe est traduite par deux chiffres significatifs : letaux de chômage (23,7 % de la population active en2015[209]), et elle se classe au second rang des régions les plus touchées par le chômage dans l'Union européenne[210].
En janvier 2010, le nombre de demandeurs d'emploi est de 51 860 personnes, ce qui augmente le taux de chômage à 23,7 % de la population totale soit une hausse de près de 11,5 % par rapport à 2009.
En 2017, le taux de chômage en Guadeloupe est de 22 % contre 24 % de 2014 à 2016, et un jeune guadeloupéen sur deux (tranche d'âge 15/24 ans) est sans emploi[211].
Selon lacour des comptes, l'octroi de mer contribue« à la hausse des prix pour de nombreux biens de première nécessité, non produits dans les départements et régions d’outre-mer, ou produits dans une proportion limitée » et a« pour effet de maintenir une dépendance aux importations pour garantir un certain niveau de ressources fiscales aux collectivités locales »[213].
De fait, d'après l’INSEE, les prix de l’alimentaire en Guadeloupe sont supérieurs de 42 % à ceux de la métropole[130].
Et les deux plus grosses productions de l'île, la canne à sucre et la banane, sont en crise. « La canne, c'est notresidérurgie », ont coutume de dire les Guadeloupéens et pour cause lesindustries, peu nombreuses, appartiennent essentiellement ausecteur agroalimentaire (sucreries, rhumeries, conserveries). Quant aux cultures fruitières et maraîchères, elles ne parviennent pas à couvrir les besoins des 400 000 habitants. Et chaque année, la Guadeloupe doit donc importer plus de dix mille tonnes de fruits et de légumes.
L'industrie représentait selon l'INSEE, 5,4 % de la valeur ajoutée totale du département en 2006 (contre 6,5 % en 1993) et 6,9 % des emplois. Son développement est partiellement dû auxlois de défiscalisation. La Guadeloupe compte une dizaine de zones industrielles réparties sur tout le territoire. Ces activités se concentrent principalement dans l’agglomération pointoise, sur le site deJarry (325 hectares) àBaie-Mahault. Cettezone d'activitéindustrielle (l’une trois premières zones industrielles de France) regroupe 80 % des créations d’emplois des dix dernières années.
Letourisme est le seul secteur économique à conserver un certain dynamisme et les bons résultats de l’année 2007 confirment l’orientation favorable de la conjoncture du secteur. Le trafic des passagers à l'aéroportPôle Caraïbes (hors transit) a progressé de 6,2 %, notamment sous l’effet du développement du tourisme decroisière, en hausse de 26,9 % sur l’exercice ; hors croisiéristes, le nombre de passagers arrivés dans l'archipel a crû de 3,6 %. L’hôtellerie classée a également bénéficié de l’augmentation de la fréquentation ; la Guadeloupe est visitée par une majorité de voyageurs en provenance de lamétropole (92 % des flux) devant ceux de l’Italie et de laBelgique[215].
L'île dispose d'un fort potentiel d'énergie solaire, éolienne et marines, mais en 2018, labiomasse-énergie et lecharbon et les hydrocarbures pétroliers restent les plus utilisés.
La Guadeloupe compte : une centrale de production d'électricité, auMoule, adossée à la filière agricole de lacanne à sucre et qui en récupère les déchets du broyage de la canne (bagasse) afin de produire de l'énergie ; 12parcs éoliens comme àla Désirade, auMoule ou àMarie-Galante[217] ; unecentrale géothermique, àBouillante, exploitant l'énergie de la vapeur d'eau produite par l'activité volcanique (la production d'électricité de cette centrale la place au premier rang national) ; un projet d'exploitation de l'énergie des vagues et des courants marins ; des installationsphotovoltaïques contribuant au fonctionnement deschauffe-eaux solaires chez les particuliers et au développement du secteur des véhicules électriques[218].
Représentant 2,2 % de la production totale, l'électricité produite par la force hydraulique provient de barrages aménagés dans le lit de quelques cours d'eau.
Approvisionnement et distribution de l’eau potable
L’eau distribuée par le réseau d’eau potable de Guadeloupe provient principalement de la Basse Terre, pour 70 % de prises d’eau en rivière et pour 20 % de captages de sources. Les 10 % restants proviennent deforages qui exploitent leseaux souterraines de la Grande Terre et de Marie-Galante[219].
Entre 1945 et le début des années 1990, l’État français organise et finance les grands travaux d’adduction, développe le réseau. Il crée également le principal acteur : le SIAEAG, le syndicat intercommunal de l’eau et de l’assainissement, celui-ci étant chargé de s’assurer de la collaboration des collectivités locales de la Côte au vent (la partie à l’Est de l’île, où se trouve l’eau) avec celles de Grande-Terre, davantage peuplées mais sans accès suffisant à la ressource[220]. En 1997, Amélius Hernandez, soutenu par les formations autonomistes, est élu président du syndicat, à la tête duquel il demeure jusqu’à sa démission forcée en 2014[220].
L'accès à l’eau et l'assainissement sont problématiques du fait de la vétusté du réseau provoquant énormément de perte dans le système d'adduction. Depuis des années, les coupures d’eau se font récurrentes, imposant des « tours d'eau », principalement dans les communes de la Grande-Terre qui sont les plus touchées avec des conséquences pour les particuliers mais aussi les activités agricoles[221]. En 2021, un quart de la population guadeloupéenne – soit près de 100 000 habitants - ne dispose plus d’un accès quotidien à l’eau potable[222].
D’après les statistiques de l’Office de l’eau (données de 2020), 61 % de la production d’eau potable est gâchée, soit près de50 millions de mètres cubes d’eau par an, en raison de canalisations vétustes. D'autre part, 70 % des stations de traitement des eaux usées ne sont pas aux normes[207]. Cet état « catastrophique » des stations d’épuration aurait pour conséquence que celles-ci rejettent « trop souvent » dans la nature ou en mer des eaux usées non traitées. De ce fait, de nombreuses plages ou rivières sont interdites à la baignade et la situation s’aggrave[222].
Selon le média en ligneBlast, le principal responsable de l’effondrement du système guadeloupéen de distribution des eaux est le SIAEAG, dont la gestion sur la période 2005/2011 a été qualifiée d’« abracadabrantesque » par la chambre régionale des comptes. Celle-ci cite notamment les dépenses cumulées de communication élevées à 6,9 millions d’euros, dont la moitié pour l’organisation des « fastueuses journées de l’eau »[220]. Son ancien président de 1997 à 2014, Amélius Hernandez, a été condamné en novembre 2019 à trois ans de prison (dont deux avec sursis) et 150 000 euros d’amende pour « détournement de fonds et favoritisme »[220].
Le rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale rendu en juillet 2021 pointe du doigt la responsabilité des élus locaux « ayant sciemment organisé l’incapacité de leurs propres services à contrôlerVeolia ou les autres acteurs privés à qui ils avaient délégué la production et la distribution de l’eau potable. » Pour Blast, « la corruption de certains et le clientélisme généralisé, sur lequel repose le système politique guadeloupéen », ont également constitué une combinaison permettant au plus grand nombre de profiter du système pendant des années[222]. Le média en ligne met également en avant la passivité de l’État français durant des années avant de réagir à cette situation, les acteurs privés ayant profité de cet état de fait. Confrontée à l'apparition des problèmes, Veolia décide de quitter l’île en 2014[222].
L'architecture des édifices religieux reflète une grande diversité de style :baroque pour la Cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe,néoclassique pour les églises Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Pointe-à-Pitre et Saint-Jean-Baptiste du Moule, avec un plafond en forme decarène inversée pour l'église Notre-Dame de l'Assomption de Terre-de-Haut,art déco et en béton armé pour l'église Saint-Jean-Baptiste de Baie Mahault ou en pierres volcaniques pour l'église Saint-Joseph de Vieux-Habitants.
Certaines personnalités historiques, modèles, événements historiques ou paysages de la Guadeloupe ont été immortalisés au cours du temps et font aujourd'hui l'objet d'une notoriété nationale voire internationale. Illustrant notamment les représentations sociales, les personnalités historiques et les modèles d'hier :
Quatre femmes créoles. Joseph Savart, 1770. Musée départementale Victor Schoelcher.
Le Chevalier de Saint-Georges. D'après Mather Brown et William Ward, 1789.
Madeleine ou Le portrait de Madeleine. Marie-Guillemine Benoist, 1800. Musée du Louvre.
Zeno Oreno ou Bildnis des Zeno Oreno von Guadeloupe. Ferdinand Fagerlin, 1854. Museum Kunstpalast, Düsseldorf.
Bertha Soucaret. Première gagnante d'un concours de Miss Monde. Spa, en Belgique. 1888.
La littérature écrite par les Guadeloupéens fait partie des littératuresfrancophones etcréolophones. Et la Guadeloupe, que ce soit sa nature, sa société, son histoire, se retrouve dans de nombreux genres et styles littéraires comme :
La Guadeloupe dispose depuis 1996 d'une Scène nationale, l'Art-chipel, répondant à une exigence artistique en matière d'art contemporain : spectacle vivant, arts plastiques et images. Situé à Basse-Terre, cet équipement doté de deux salles de spectacle dispose d'un budget de l'État français important pour produire des artistes, les présenter et dispenser un programme d'éducation artistique destinée en priorité à la jeunesse, scolarisée ou non.
Cérémonie de Grap a Kongo, 2019, Capesterre-Belle-Eau.Cliquez sur l'image pour écouter.Musique traditionnelle gwoka jouée au marché aux épices deBasse-Terre.
Festival international de musique Saint-Georges, 2019.Jacob Desvarieux, ancien membre du groupe Kassav', 2012.
Parmi les nouveaux courants musicaux se développent : Le « Gwada style », nouveau courant musical nommé du diminutif que donnent les jeunes à l'île la « Gwada », est développé par une jeunesse guadeloupéenne soucieuse de mettre en valeur leur patrimoine culturel. Et on retrouve souvent cette expression dans la musiquereggae et ledancehall, genres musicaux très populaires aux Antilles (Admiral T,Missié GG). Le « créole Jazz »[231], le « kako gwada », et le « rock gwada », à l'image des artistes commeAlain Jean-Marie, Sonny Troupé etJacques Schwarz Bart pour le créole jazz, et à celle deDominik Coco, Soft, Exxòs Mètkakola, Erik, Florence Naprix, G'Ny,The Bolokos ou Stevy Mahy, représentent la « nouvelle scène créole », alliant avec créativité les sonorités et rythmes traditionnels avec les tendances musicales de la scène underground (néo soul, acoustique,rock,électro,hip-hop).
Guadeloupéennes en tenue traditionnelle, 1979.Tenue traditionnelle portée lors de la Fête des cuisinières et qui se compose dumadras d'Inde, dujupon breton et dumaré tèt africain et espagnol.
La tenue traditionnelle, héritée aujourd'hui, est le résultat d'un long brassage culturel impliquant l'Afrique, l'Asie et l'Europe. Métissage culturel ayant d'abord pour toile de fond le commerce triangulaire puis un commerce plus mondialisé incluant des importations de tissus venus d'orient. Par exemple, on retrouve dans le costume traditionnel guadeloupéen des influences asiatique avec l'emploi dutissu madras provenant d'Inde, africaine et européenne (espagnole en l'occurrence) avec le port du foulard commecouvre-chef et à nouveau européenne (française en l'occurrence) dans l'adoption dujupon endentelle venu deBretagne[233].
Madame Ailhaud, vêtue en créole, dans sa propriété de la Guadeloupe vers 1760.
Sous la pression de l'église et dès la mise en application duCode noir en 1685, il était à la charge des propriétaires de fournir : « à chacun esclave par chacun an deux habits de toille ou quatre aulnes (environ 7,5 m2) de toilles…art.25 »[236], ce qui améliora que très modestement leurs conditions. Toutefois, la mauvaise qualité des vêtements portés durant l'esclavage reste à nuancer car ces derniers pouvaient varier selon le jour de la semaine (vêtements du quotidien, du dimanche, des grandes occasions), ou en fonction du statut des esclaves employés dans leshabitations. Ces derniers, effectivement, pouvaient se voir habillés de vêtements de qualité variable selon le métier qu'ils exerçaient au sein de la propriété. S'agissant des femmes domestiques, par exemple, leurs habits pouvaient être de meilleurs confections car elles devaient refléter l'image de réussite et d'aisance que voulait montrer leur maître.
Après l'abolition de l'esclavage, les grandes périodes de la tenue traditionnelle guadeloupéenne vont être les suivantes :
1848 à 1930, mise en place de l'utilisation du costume ;
1930 à 1950, déclin significatif du port du costume traditionnel ;
1950 à 1960, période durant laquelle le costume devient uniquement un vêtement « folklorique » ;
1960 à nos jours, le costume traditionnel retrouve un nouveau souffle et est valorisé à la fois comme vêtement du quotidien et témoignant l'attachement à la culture guadeloupéenne[238]. Aujourd'hui de nombreux stylistes s'inspirent de la tenue traditionnelle pour réaliser certaines de leurs créations.
Issue de cette fusion des codes vestimentaires africain et européen au cours des siècles, incluant des matériaux aux origines lointaines, la garde-robe guadeloupéenne compte des vêtements créoles comme :
la robe douillette ouwòb ti-do, robe du quotidien également nommée « à corps » car elle tient bien au corps comme un corset ;
la jupe-chemise, en tenue d'apparat (la chemise est en batiste très fine garnie de dentelles, qui s'arrêtent aux coudes et boutonnée par des boutons en or ;
la jupe, ample et très large par derrière avec une queue, se noue jusqu'au-dessus des seins) ;
la robe à corps qui se distingue des autres par la quantité et la richesse du tissu utilisé (satin, de satin broché, satinette).
La cuisine guadeloupéenne est métissée du fait de ses influences africaine, européenne et asiatique. Elle se sert tout d'abord des produits agricoles comme le poyo (appelé localement banane verte ou ti-nain), le fruit de l'arbre à pain, legombos, lechou, lepois d'Angole, lachristophine, l'igname ou la patate douce. La mer et les rivières approvisionnent en raies, vivaneaux,poulpes (chatou),lambis, burgots (type de gros bulot), oursins etouassous. Les vergers procurent en fruits comme lecorossol, lejambosier rouge, lefruit de la passion (marakoudja), lamangue, laquenette et les agrumes. Les condiments parfois utilisés sont lepiment habanero, la cive (sorte d'oignon du pays) ou leroucou qui donne une teinte rouge aux sauces.
La cuisine souvent épicée et assaisonnée résulte de la macération de la viande ou du poisson pendant des heures, avant de les faire cuire, afin d'en relever le goût. Les plats typiques sont : leblaff de poisson, lesdombrés, lebébélé (originaire deMarie-Galante[240]), lecolombo (équivalent ducurry indien) ou le matété (riz cuit avec du crabe). En ce qui concerne les mises en bouche ou en-cas, citons leboudin créole, lesaccras, la galette decassave ou lebokit.
Du point de vue des desserts, notons : leblanc-manger, les sorbets, les salades de fruits. Et du côté des pâtisseries citons : les pâtés à la confiture, letourment d'amour (aux Saintes), le caca bœuf (à Marie-Galante[241]) ou le sacristain. Souvent consommé, lepain natté est un pain brioché local.
Il existe une production locale de fruits confits (surelle,ananas,carambole) et de confitures (goyave,banane,noix de coco). On y consomme des sorbets (coco) ou des snowballs ("sinobol" en créole) fait de glace pilée à laquelle on ajoute un sirop (menthe, grenadine, anis). Enfin, parmi les sucreries on nommera la doucelette, le sucre à coco, lekilibibi et lekonkada (d'originebéninoise).
Ti-punch, accras et boudin créole.
Dans la catégorie des boissons, la consommation de soda est très importante en Guadeloupe, tout comme celle d'une boisson localement surnomméebière noire. Aussi, il n'est pas rare de rencontrer, aux bords des routes, des vendeurs de jus de canne à sucre ou d'eau de coco. Lechaudeau est, quant à lui, une boisson chaude consommée lors des mariages, baptêmes ou communions. Et il s'agit d'un lait de poule à la mode guadeloupéenne que l'on déguste accompagné d'ungâteau fouetté (génoise). Lerhum provient notamment des distilleries que compte encore le territoire et qui produisent lesrhums de Guadeloupe.
En période deNoël, les familles et amis se réunissent lors dechanté Nwel, occasion de chanter des cantiques et de faire la fête. Après les périodes de fêtes de fin d'année débutent les répétitions ducarnaval de Guadeloupe. Les groupes de carnaval défilent tous les dimanches après-midi, dans les rues jusqu'au vacances de Carnaval qui arrivent en février ou en mars. Lesgroupes à peaux, par exemple, le groupeAkiyo sont des groupes composés uniquement de grosses percussions et d'instruments de coque delambi. Ils ont la particularité de ne pas avoir de cuivres dans l'orchestre, ni de chorégraphie, défilent souvent sans costumes thématiques. Depuis 2014, leCarnaval en kabwèt de Marie-Galante est inscrit à l’inventaire du patrimoine immatériel de France à l’Unesco[242].
LeMardi gras, c'est la grande fête où les groupes de carnaval concourent dans le chef-lieu Basse-Terre ou à Pointe-à-Pitre pour les meilleurs costumes, meilleure musique ou meilleure chorégraphie dont le thème est imposé par les comités de carnaval. Le lendemain, lemercredi des Cendres, jour qui termine le carnaval, la mascotte de roi du carnaval surnomméeVaval est brûlée, ce qui signe la fin des festivités, tout le monde défile en noir et blanc (pour marquer le deuil de Vaval), et débutent alors les quarante jours decarême. La population majoritairement catholique, respecte cette période. Mais, étant donné le grand engouement pour les fêtes, le « jeudi mi-carême », un défilé en rouge et noir identique au carnaval donc avec des groupes de musiciens précédés de personnes qui défilent est organisé.
Après cette période de privation, ce sont les fêtes dePâques, lors desquelles les familles vont souvent camper sur la plage et mangent des plats traditionnels et très populaires à base de crabes :matété (riz cuit avec du crabe),calalou (crabes avec des feuilles de madères accompagné de riz blanc) oudombrés aux crabes (petites boules de farine cuites avec du crabe).
D'abord journée de protestations et grèves pour la journée de travail de8 heures ; traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France. Journée devenue fériée sous le régime de Vichy. Depuis 1947, l’appellation « Fête du Travail » n’est que coutumière,i.e. non officielle.
Commémoration de la naissance (en fait le) du députéVictor Schœlcher qui fut à l'origine de l'abolition de l'esclavage, spécifique à la Guadeloupe et à laMartinique.
Lescombats de coqs, bien qu'en voie de disparition, font partie dupatrimoine immatériel de la Guadeloupe. Et les défenseurs de cette pratique ont la volonté de faire perdurer cette tradition, incluse dans la culture guadeloupéenne depuis plusieurs siècles. Toutefois, la loi actuelle n'autorise pas la construction ni l'ouverture de nouveauxgallodromes[243]. La saison s'étale de novembre à juillet et les combats se déroulent le samedi après-midi et le dimanche. Une quinzaine de combats peuvent se succéder, les jours d'ouverture[244]. En 2016, la Guadeloupe comptait 10 pitakoks.
Les concours de cabris-tirant, calqués sur le modèle des bœufs-tirant, mettent en compétition des boucs évoluant en binôme et devant tracter une charge jusqu'au sommet d'un sentier dont la longueur ne dépasse pas150 mètres[247].
Lescourses hippiques pratiquées à l'hippodrome de Saint-Jacques, àAnse-Bertrand, se déroulent tous les dimanches, du mois de décembre au mois d'août. Passionnés et parieurs viennent voir se mesurerpur-sang etdemi-sang montés par desjockeys caribéens[248].
LeChevalier de Saint-George transmettra à la postérité des compositions commeLes Caquets, œuvre réalisée en 1783. Cette dernière, harmonisée et interprétée parMarius Casadeus en 1936, sera jouée à l'occasion du Tricentenaire du rattachement de la Guadeloupe, de laMartinique et de laGuyane à laFrance, (1935-1936).
Le clip vidéo du titreCopines (2018), d'Aya Nakamura a été tourné en Guadeloupe.
Le clip vidéo du titreMobali (2017), deSiboy feat.Benash etDamso a été tourné en Guadeloupe.
Le clip vidéo du titreBB Compte, deMeryl feat.Akiyo a été tourné en Guadeloupe.
Le clip vidéo du titreMové Lang, deBooba feat. Bridjahting et Gato a été tourné en Guadeloupe.
Paysage guadeloupéen illustrant un tome de l'encyclopédieNouvelle géographie universelle : la terre et les hommes. 1876, Université du Connecticut aux États-Unis.
Le célèbre géographe du19e siècleÉlisée Reclus illustra un des tomes de sa magistrale encyclopédie géographiqueNouvelle géographie universelle : la terre et les hommes par un paysage guadeloupéen.
Dans le romanVingt Mille Lieues sous les mers deJules Verne les passagers duNautilus passent aux abords de la Guadeloupe :« Le 16 avril, nous eûmes connaissance de la Martinique et de la Guadeloupe, à une distance de trente milles environ. J’aperçus un instant leurs pitons élevés »Partie 2, Chap XVIII.
Dans le romanBourses de voyage deJules Verne les passagers de l'Alert font une escale de 4 jours en Guadeloupe :« La distance qui sépare Antigoa de la Guadeloupe, ou pour mieux dire du groupe d’îles compris sous ce nom, n’est que de cent à cent vingt milles »(p. 34-41)Partie 2, tome 17 et 18, Chap II.
En 1822, lechevalier de Fréminville : Christophe-Paulin de la Poix, marin-naturaliste en campagne aux Saintes à bord du vaisseaula Néréïde partage un amour passionné avec Caroline, une Saintoise, plus connue sous le nom de « Princesse Caroline » en référence à sa beauté. Cette dernière se suicide en se jetant du haut dumorne Morel, pensant son amoureux mort àSaint-Christophe car il n'est pas revenu de campagne. Elle condamne ainsi le chevalier à la folie. Pris de chagrin, ce dernier retourne àBrest, emportant les habits de sa bien-aimée avec lesquels il se travestit jusqu'à la fin de ses jours. Les gravures et récits de ce drame sont conservés au musée dufort Napoléon.
Trois navires de laCompagnie générale transatlantique ont porté le nom de la Guadeloupe : Guadeloupe (période navigation : 1870-1889) ; Guadeloupe (période de navigation : 1907-1915) ; Guadeloupe (période de navigation : 1929-1936).
La Soufrière (La Soufrière - Warten auf eine unausweichliche Katastrophe), court métrage documentaire allemand réalisé parWerner Herzog, sorti en 1977.
Souvenirs encombrants d’une femme de ménage deDani Kouyaté sorti en 2008.
Le Chevalier de Saint-George deClaude Ribbe sorti en 2011.
Karukera, film réalisé par Mark-Alexandre Montout et sorti en 2016.
La Guadeloupe a également été le décor de nombreuses séries télévisées (réalisées en partie ou en intégralité sur le territoire) parfois à audiences internationales.
Domino, série télévisée française répartie en120 épisodes de2 minutes, interprétée par Laurent Tanguy et Laurence Joseph, et diffusée depuis 2011 sur Guadeloupe1re.
Meurtres au paradis (Death in Paradise), série télévisée policière britanico-française créée par Robert Thorogood, entièrement tournée en Guadeloupe, et diffusée depuis le 25 octobre 2011 auRoyaume-Uni surBBC one et depuis le 22 juillet 2013 en France surFrance 2 puis sur France Ô.
Les Îles d'en face, série télévisée française humoristique créée par Philippe Giangreco et diffusée à partir en 2013 sur France Ô et sur les autres chaînes du Réseau Outre-Mer première.
Villa Karayib, série télévisée française de durée courte, au ton humoristique en140 épisodes, créée parAlain Agat et Philippe Giangreco, et réalisée par Philippe Giangreco et Gwendal Pointeau, pour le compte deCanal+ Overseas1. Tournée en Guadeloupe entre novembre et décembre 2013, pour une première diffusion sur Canal+ Antilles à partir de mars 2014 et sur France Ô au début de l'année 2016.
Bienvenue à Nimbao, série française réalisée par Philippe Lefebvre et sortie en 2017.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑« Mer marginale de l'Atlantique tropical, limitée par le continent américain et les arcs insulaires des Grandes et Petites Antilles, communiquant avec le golfe du Mexique par le détroit du Yucatán et avec le Pacifique par le canal de Panamá ; 2 500 000 km2 »,Encyclopédie Larousse, en ligne
↑D'après le linguiste Thierry l'Etang : la Guadeloupe s'appelait Turuqueira puis Çurruquia pour Chanca, elle est appelée diversement Carucueria, Carucueira, Caracueira, Queraqueira ou Caraquéira parMartyr d’Anghiera. Sur la carte-croquis dite deBartolomé Colon (1503-5), apparaît dans la partie supérieure de l’arc des Petites Antilles, au-dessus de Guadalupa et au niveau des îles Vierges, l’île Carucura. Dans leLibretto (1504), Guadipea est dite Carachara, alors que l’Isolario de Bordone (1528) nomme Characara une île située près de Guadalupe. Geraldini comme Santa Cruz la nomment Caruqueira, Bernaldez, Quaruqueria, Quaruquena ou Quaréquena. Gregory McInstosh relève ainsi plusieurs autres variantes : Caraquiera, Carqueixra, Carqueira, Kerkeria, Quiqueri, Quariqui. Parallèlement à cette ligne historique, un autre vocable ou variante affecté à la Guadeloupe fait son apparition depuis Gomara : Guacana, Guacane ou Guancano. Encore dite, Caroucaira par l’Anonyme de Carpentras, elle est nommée Carucueira par Rochefort. PourBreton et pour les autochtones qui distinguent fort bien les deux îles, Kaloukéra ou Caloucaéra ne désigne que la Basse-Terre ou la Guadeloupe « proprement dite ». La Grande-Terre étant appelée Kousaalaoua, Couchâalaoüa ou Couchahalaoüa.[PDF]Voir Du nom indigène des îles de l'archipel des Antilles.
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