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Grec moderne

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Grec moderne
(Νέα) Ελληνικά
PaysGrèce,Chypre,Albanie,Italie,Turquie et divers autres pays
Nombre de locuteurs15 millions dont 10,7 en Grèce
TypologieSVO,flexionnelle,accusative,à accent d'intensité
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielleDrapeau de la GrèceGrèce
Drapeau de ChypreChypre
Drapeau de l’Union européenne Union européenne

Langue officielle locale dans certaines municipalités

Drapeau de l'AlbanieAlbanie

Codes de langue
IETFel
ISO 639-1el
ISO 639-2ell, gre
ISO 639-3ell
Étenduelangue individuelle
Typelangue vivante
Linguasphere56-AAA-a
WALSgrk
Glottologmode1248
État de conservation
Éteinte
EXÉteinte
Menacée
CREn situation critique
SESérieusement en danger
DEEn danger
VUVulnérable
Sûre
NENon menacée
Languenon menacée (NE) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Άρθρο 1

Όλοι οι άνθρωποι γεννιούνται ελεύθεροι και ίσοι στην αξιοπρέπεια και τα δικαιώματα. Είναι προικισμένοι με λογική και συνείδηση, και οφείλουν να συμπεριφέρονται μεταξύ τους με πνεύμα αδελφοσύνης.
Carte
Image illustrative de l’article Grec moderne
Groupes de dialectes du grec moderne avant et depuis 1923-1974. Les couleurs plus pâles indiquent des aires de distribution disparues[1].
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Legrec moderne (en grec :(νεο)ελληνική γλώσσα /(neo)ellinikí glóssa « langue grecque (moderne) », ou simplement(νέα) ελληνικά /(néa) elliniká) est lalanguematernelle de 15 millions de locuteurs, dont 10,7 millions enGrèce, où il estlangue officielle, comme àChypre. Il existe aussi des minorités de langue grecque enAlbanie et enTurquie.

Le grec moderne est également appeléromaïque (Ρωμαίικα) ouroméique. Cette appellation en vigueur jusqu’auXIXe siècle tend à disparaître.

Il fait partie de labranche hellénique deslangues indo-européennes.

Histoire

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Le grec moderne dérive de lakoinè, elle-même héritière directe dugrec ancien. Lakoinè alexandrine, langue de communication utilisée parAlexandre le Grand et ses successeurs dans les colonies qu'ils fondèrent, subit des évolutions qui peuvent être classées en quatre grandes périodes[2] :

  1. Une périodemacédonienne etromaine (de la mort d'Alexandre en 323av. J.-C. à 642apr. J.-C.) : le grec commun se simplifie en perdant leduel et en négligeant le modeoptatif mais sans trop différer de l'attique ;
  2. une période mal documentée (duVIe au XIe siècle) au cours de laquelle le vocabulaire grec est influencé par lelatin vulgaire ; la langue subit la loi de l'analogie dans la première déclinaison et simplifie la conjugaison des verbes.Henri Tonnet date de cette époque la naissance du grec moderne et note sa remarquable proximité avec le grec parlé aujourd'hui :« À la fin de cette période, le grec moderne est déjà formé. Un Grec d'aujourd'hui comprend la langue populaire du milieu duXIIe siècle, alors qu'un Français sans culture n'entend pas laChanson de Roland (XIIe siècle)[3]. »
  3. La période du grec médiéval (duXIIe siècle à lachute de Constantinople en 1453) : le grec ancien cesse d'être utilisé à l'écrit, le vocabulaire s'enrichit et le processus de réfection analogique modifie sensiblement la conjugaison des verbes.
  4. La période de l'occupation turque (duXVe siècle à 1821) : cent ans après lachute de Constantinople, le grec parlé enGrèce ottomane et enAsie mineure se caractérise par une multitude de dialectes, un très petit nombre d'emprunts aux langues des occupants (italien outurc)[4] et de nombreuses créations néo-helléniques. AuXVIIIe siècle coexistent trois formes du grec : le grec archaïque des ecclésiastiques et des lettrés, des koinès régionales àConstantinople,Smyrne, dans lePont, lePéloponnèse et l'Heptanèse, et des dialectes limités à certains territoires comme legriko ou letsakonien[5]. Cependant, tous ces parlers grecs se caractérisent par une unité, permettant l'intercompréhension des locuteurs. En 1821, les emprunts à la langue ottomane et auvénitien abondent[6]. C'est à cette époque que se pose la question de la langue et la recherche d'une langue authentiquement nationale par plusieurs réformateurs lettrés comme Dimitrios Photiadis ou Katardzis, ainsi qu'Iosipos Misiodax, Grigorios Konstantas etAdamantios Koraïs[7].

Au cours de sa longue histoire, la langue grecque a subi un grand nombre detransformations phonétiques (comme l'iotacisme, lapsilose, la disparition des oppositions dequantité vocalique, laspirantisation des anciennesaspirées, le passage d'unaccent de hauteur à unaccent d'intensité ou encore l'amuïssement de certainsphonèmes, comme [n], en finale), ainsi que des transformationslexicales (nombreuxemprunts aux langues modernes) etgrammaticales (simplification de laflexion nominale, de laconjugaison). Le grec moderne aurait également développé certaines caractéristiques, partagées avec les langues environnantes, qui découlent de sa situation dans l'union linguistique balkanique.

On peut illustrer cette évolution par un court extrait de laRépublique de Platon.

FrançaisGrec ancienGrec moderne
J'étais descendu hier au Pirée avec Glaucon, fils d'Ariston, pour prier la déesse et voir, en même temps, de quelle manière on célébrerait la fête qui avait lieu pour la première fois. La pompe des habitants du lieu me parut belle, encore que non moins distinguée fût celle que les Thraces conduisaient.Κατέβην χθὲς εἰς Πειραιᾶ μετὰ Γλαύκωνος τοῦ Ἀρίστωνος προσευξόμενός τε τῇ θεῷ καὶ ἅμα τὴν ἑορτὴν βουλόμενος θεάσασθαι τίνα τρόπον ποιήσουσιν ἅτε νῦν πρῶτον ἄγοντες. Καλὴ μὲν οὖν μοι καὶ ἡ τῶν ἐπιχωρίων πομπὴ ἔδοξεν εἶναι, οὐ μέντοι ἧττον ἐφαίνετο πρέπειν ἣν οἱ Θρᾷκες ἔπεμπον.

[kate˥bɛːn ɡ̊tʰes eːs perai.jaː˥˩ meta ɡlau˥kɔːnos toː˥˩ aris˥tɔː.nos proseukso˥meno˥ste tɛːi˥˩ tʰe.ɔːi˥˩ kai ha˥.ma tɛːn he.ortɛːn boːlo˥menos tʰe.a˥.sastʰai ti˥na tro˥pon pø̠i.jɛː˩˥.soː.sin ha˥te nyːn˥˩ prɔː˥˩.ton a˥ɡontes. kalɛː men oː˥˩n mø̠i kai hɛː tɔːn˥˩ epikʰɔːri˥ɔːn pompɛː e˥doksen eː˥nai, oː men˥tø̠i ɛːt˥˩ton epʰai˩˥neto pre˥peːn hɛːn˩˥ hø̠i tʰraːi˥˩kes e˥pempon.]
Κατέβηκα χθες στον Πειραιά μαζί με τον Γλαύκωνα του Αρίστωνος, για να προσευχηθώ στη θεά και συγχρόνως γιατί θέλησα να δω πώς θα διεξαχθεί η γιορτή, που για πρώτη φορά επρόκειτο να πανηγυρίσουν. Και πραγματικώς πολύ ωραία μου φάνηκε και η πομπή των εντοπίων, καθόλου όμως πίσω δεν έμεινε, κατά τη γνώμη μου, σε μεγαλοπρέπεια και η πομπή των Θρακών.

[kaˈtɛvika xθɛs stɔn piˈrɛ.a maˈzi mɛ tɔn ˈɣlafkɔna tu aˈristɔnɔs, ʝa na prɔsɛfçiˈθɔ sti θeˈa cɛ siŋˈxrɔnɔs ʝaˈti ˈθɛlisa na ðɔ pɔs θa ði.ɛksaxˈθi i ʝɔrˈti, pu ʝa ˈprɔti fɔˈra ɛˈprɔcitɔ na panijiˈrisun. cɛ praɣmatiˈkɔs poˈli ɔˈrea mu ˈfanike cɛ i pɔmˈbi tɔn ɛndɔˈpjɔn, kaˈθɔlu ˈɔmɔs ˈpisɔ ðɛn ˈɛminɛ, kaˈta ti ˈɣnɔmimu, sɛ mɛɣalɔˈpripja cɛ i pɔmˈbi tɔn θraˈkɔn.]

La langue actuelle est une variante dite « grec mixte » ou « μεικτή δημοτική » ; il s'agit en fait de la langue populaire, c'est le sens de « démotique », influencée parkatharévousa, la langue dite « purifiée ». Celle-ci fut créée d'une part sur le modèle de l'attique pour renouer avec le prestigieux passé de laGrèce antique : on souhaitait en effacer les stigmates, c'est-à-dire la masse des emprunts issus des diverses langues, notamment le turc et l'italien, des nouveaux maîtres de l'écoumène grecque depuis la chute deConstantinople ; d'autre part, lakatharévousa avait pour but de dire la modernité, ce que legrec démotique, langue de paysans et de pêcheurs, ne savait pas faire ; elle fut langue officielle depuis la proclamation du jeune État, tout juste délivré du joug ottoman, laτουρκοκρατία, jusqu'en1975. Lakatharévousas'avéra finalement être le matériau nécessaire[réf. nécessaire] pour faire de la langue populaire une langue moderne, riche des différents sédiments lexicaux que chaque époque (Antiquité,Empire byzantin ouEmpire romain d'Orient,Empire ottoman et républiques maritimes italiennes,Venise etGênes surtout) laissa en héritage. Depuis1982, la langue officielle ne connaît plus que lesystème monotonique.

Zone géographique

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Thucydide,Histoire, trad. [en grec moderne] deElefthérios Vénizélos, Oxford, Oxford University Press, T. 1 (de 2), 1939. (E. V. est un de plus importants hommes politiques de la Grèce moderne.)

Cette langue est parlée enGrèce, àChypre, et au sud de l'Albanie. EnTurquie, la question est sensible pour des raisons politiques et en raison du fortnationalisme : des Turcs, dont le nombre est impossible à évaluer, seraient bilingues grec/turc : il s'agit le plus souvent deMicrasiates convertis à l'islam au moment de la « grande Catastrophe » de 1923 pour échapper auxéchanges de populations obligatoires entre la Grèce et la Turquie et pouvoir rester dans leurs foyers. Les derniers chiffres des statistiques remontent à 1965, où le recensement mentionnait 100 000 Grecs ou locuteurs du grec. On en rencontre encore le long des côtes de la Turquie, ainsi qu'àIstanbul et dans les îlesImbros etTénédos où l'« ethnie » grecque est évaluée à 5 000 personnes, mais le nombre de locuteurs du grec dans la sphère privée est probablement bien supérieur. De même, en Grèce continentale, un grand nombre de Grecs savent parler le turc, mais il n'y a pas de statistiques, et le sujet semble aussi tabou qu'en Turquie. Hors dupatriarcat de Constantinople, l'alphabet grec moderne est interdit en Turquie, où le grec peut toutefois s'écrire avec l'alphabet latin, dans un cadre cultuel et culturel à caractère privé et non officiel, ni politique ou revendicatif, car l'État turc laïc n'admet officiellement que la langue turque et l'alphabet latin.

Historiquement, les deux langues se sont côtoyées durant plus de cinq siècles et bien avant lachute de Constantinople en1453 : une partie du vocabulaire et des mots de la langue turque (par exemple dans ledomaine maritime et dans celui de la halieutique) sont issus dugrec médiéval : une partie de ce vocabulaire passé en turc n'est plus utilisée en grec moderne (comme dans le cas du « chinchard », en turcistavrit du grec médiévalσταύριδος /staúridos « à petites croix », maisτράχουρος /tráchouros en grec moderne). La situation est symétrique pour le turc dont une partie du lexique est passée en grec moderne, même si depuis leXIXe siècle l'académie fait des efforts notoires de « ré-hellénisation » de la langue (par exemple, en remplaçantχάνιον /chánion, du turchan, « auberge », parπανδοχείο /pandocheío « pandochée », et aussi tous les noms de lieux hérités de laGrèce ottomane par leurs noms antiques, comme auPirée où les ports deTürkliman et dePaşaliman sont redevenus respectivementMounychie ouMicrolimano etZéa).

La langue grecque est également présente enCyrénaïque, dans l'est de laLibye, où une partie des descendants deGrecs convertis à l'Islam (localement appelésGritlis), toujours présents dans la région à la fin duXIXe siècle, la pratiquent encore[8] dans un cadre strictement familial (jusqu'en 2011, le régimeKadhafi interdisait l'utilisation et l'apprentissage des langues autres que l'arabe).

EnSyrie et auLiban aussi, où jadis une partie de la population parlait grec, surtout parmi leschrétiens orthodoxes (avant 1960), la langue a pratiquement disparu car les systèmes éducatifs des deux pays, très centralisés, mirent l'accent sur la langue arabe, facteur identitaire après la fin dumandat français en Syrie et au Liban, en 1943, et avec les vagues denationalisme arabe des années 1950 et 1960. L'héritage grec survit uniquement dans la religion orthodoxe, elle-même en voie de diminution par l'émigration, à la suite des crises, violences et guerres duXXe et du XXIe siècle. EnÉgypte, avant 1956 (crise du canal de Suez), il y avait àAlexandrie un important groupe de locuteurs du grec qui, dans cette ville, était encore la cinquième langue après l'arabe, le français, l'anglais et l'italien. De nos jours, les quelques centaines de Grecs qui y vivent sont le plus souvent des commerçants ou des hommes d'affaires récemment installés, sans liens avec la très anciennediaspora grecque d'avant 1956, entre-temps émigrée.

Enfin, on trouve d'importantesdiasporas de quelques centaines de milliers de Grecs àNew York,Chicago,San Francisco,Melbourne, enFrance, en Allemagne et au Royaume-Uni : les Grecs dits « micrasiates » chassés des pays musulmans sont nombreux parmi ces émigrés[9] et, àLondres, lesGrecs chypriotes en représentent une bonne part. Avec la disparition des anciennes générations, les descendants des diasporas s'intègrent aux populations locales, abandonnent le grec (mais gardent sur plusieurs générations l'appartenance à l'orthodoxie) et passent aux langues locales. Cependant, depuis lacrise économique en Grèce, surtout après 2010, de nouveaux migrants grecs viennent s'ajouter aux anciens.

Écriture et prononciation

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Signalisation routière en grec moderne avec transcription enalphabet latin àNaxos.

Le grec moderne s’écrit avec unalphabet de vingt-quatre lettres, hérité du début de lapériode archaïque (VIIIe siècle av. J.-C.). Chaque lettre correspondait à l’origine à un son différent (bien qu'avec des ambiguïtés concernant principalement les voyelles), mais en grec moderne, la prononciation a largement évolué, et plusieurs lettres ou groupes de lettres se prononcent de la même manière. Ainsi, entendre un mot n’est souvent pas suffisant pour pouvoir l’écrire : par exemple, il existe sixgraphèmes pour le phonème/i/ en raison duiotacisme survenu entre lesVe et IIIe sièclesav. J.-C. Le tableau ci-dessous donne la prononciation des lettres. L’accent aigu sur une lettre marque l’accent tonique du mot.

Le grec moderne suit des règles desandhi internes et externes, qui consistent enassimilations progressives et régressives. Par exemple, un/n/ final voit sonpoint d'articulation s'adapter à la consonne initiale du mot qui suit (il passe à [m] devant uneconsonne labiale et [ŋ] devant unevélaire ; à la fin de certains mots-outils, commeτην /tin,τον /ton,δεν /den, il s'amuït devant uneconsonne continue ; ilvoise uneconsonne occlusive sourde qui le suit (τον πατέρα /ton patéra[tɔm ba.ˈtɛ.ɾa]) et peut empêcher une sonore de sespirantiser.

Lettres simples

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LettreNomPrononciation
Α αάλφα (álfa)[a] antérieur comme danspatte
Β ββήτα (ta)[v] commevie
Γ γγάμμα (mma, c'est-à-dire/ɣa.ma/)devant les sons /a/, /ɔ/ et /u/, [ɣ] proche dur français derien maisvélaire et nonuvulaire ; devant les sons /i/ et /ɛ/, [ʝ] proche duy deyoyo. Donc, la lettre Γ elle-même se dit à peu de chose près comme un francophone diraitrama, mais avec accent sur la première syllabe.
Δ δδέλτα (délta)[ð]th anglais sonore dethis
Ε εέψιλον (épsilon)[ɛ] commemère
Ζ ζζήτα (ta)[z] commezoo,apico-alvéolaire
Η ηήτα (íta)[i] commefini
Θ θθήτα (thíta)[θ]th anglais sourd dethink
Ι ιιώτα (ta)[i] commefini
Κ κκάππα (ppa)[k] commekangourou; [c] devant [i], [ɛ] ou [t]
Λ λλάμδα (lámda)[l] commelettre
Μ μμι (mi)[m] commemoi
Ν ννι (ni)[n] commenous
Ξ ξξι (ksi)[ks] comme lex d’axe (en général :ξέρω/ˈksɛɾɔ/ « je sais ») ou[gz] comme lex d’exemple (derrièreν :δεν ξέρω = /ðɛŋ ˈgzɛɾɔ/ pouvant aller jusqu’à /ðɛg-/ = « je ne sais pas »)
Ο οόμικρον (ómicron)[ɔ] d’aperture intermédiaire entrehotte ethôte
Π ππι (pi)[p] commepatte
Ρ ρρω (ro)[ɾ]battu (espagnolpero)
Σ σ/ςσίγμα (gma)[s] comme dansrosse, apico-alvéolaire (jamais [z] comme dansrose sauf devant un consonne sonore : σβέλτος, κόσμος /sv-, -sm-/ « svelte, monde »)
Τ τταυ (tav)[t] commetête
Υ υύψιλον (ípsilon)[i] comme dansfini ; dans le digramme ‹ ου › qui note [u] comme danscoucou
Φ φφι (fi)[f] comme dansfaire
Χ χχι (chi)[ç] :challemand deich devant les sons /i/ et /ɛ/ ([ʝ] sourd) ; [x] :ch allemand deach devant les sons /a/, /ɔ/ et /u/ ([ɣ] sourd)
Ψ ψψι (psi)[ps] comme danspsychologie
Ω ωωμέγα (oga)[ɔ] d’aperture intermédiaire entrehotte ethôte

Digrammes

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LettresPrononciation
αιdigraphe prononcé commeε : [ɛ]
αυdigraphe prononcé[af] (devant les consonnes sourdesκ,π,τ,χ,φ,θ,σ,ξ,ψ) et[av], devant les consonnes sonoresβ,γ,δ,ζ,λ,μ,ν,ρ et les voyelles
γγ, γκ[g] à l’initiale comme dansgare et [ɟ] devant [i] ou [ɛ] comme dansguitare ;[ŋg] ou[g] au milieu du mot et[ŋɟ] ou [ɟ] devant [i] ou [ɛ]
γι, γυ[ʝ] ([ç] sonore)
γκι[ɟ]
ει, οι, υιprononcé commeη,ι,υ : [i]
ευ[ɛf] (devant les consonnes sourdesκ,π,τ,χ,φ,θ,σ,ξ,ψ),[ɛv], devant les consonnes sonoresβ,γ,δ,ζ,λ,μ,ν,ρ et les voyelles
κι[c] (occlusivepalatale comme danséquitable
μπ[b] à l'initiale, comme dansbar (qui en grec moderne s’écritμπαρ) et[mb] ou [b] au milieu du mot
ντ[d] à l'initiale, comme dansdemain, et[nd] ou [d] au milieu du mot
ου[u] comme danscoucou
τσ[t͡s] (affriquée apico-alvéolaire sourde)
τζ[d͡z] (affriquée apico-alvéolaire voisée)
λι[ʎ], habituellement comme dans l'italienfiglio
νιhabituellement [ɲ], comme dansbaignade
χι[ç]

Exemples

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MotTranscriptionSignification
αίμαémasang
καλοριφέρkalorirradiateur
είναιíneil/elle est ouils/elles sont
μπάρμπαςrbastonton
εμπρόςembrósdevant
εντάξειendáksid’accord
ευρώeveuro
μπύραbírabière

Dans la langue orale courante, il est fréquent d'omettre la consonne nasale présente dans les digrammes γγ, γκ, μπ, ντ situésen milieu de mot (elle est . C'est ainsi qu'εντάξει est souvent prononcé eksi (au lieu de endáksi), ou queεμπρός sonne comme ebrós (au lieu de embrós). La prononciation de la nasale à l'intérieur du mot relève d'une langue plus soignée, tandis que sa non réalisation est un rendu plus relâché[10].

Grammaire

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Substantifs, adjectifs, pronoms

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Le grec moderne est unelangue à déclinaisons (comme lelatin, par exemple) : laterminaison des mots change suivant lafonction du mot dans la phrase. Il existe quatre cas dans la langue moderne (voir l'exemple ci-dessous) :nominatif,accusatif,génitif etvocatif ; ledatif ne subsiste qu'à l'état de traces dans les expressions figées. Lesnoms propres se déclinent également :

  • Ο Φίλιππος έφυγε (O Fílippos éfyge) : « Philippe est parti » ;
  • Βλέπω τον Φίλιππο (Vlépo ton Fílippo) : « Je vois Philippe » ;
  • Είναι το σπίτι του Φιλίππου (Íne to spíti tou Filíppou) : « C’est la maison de Philippe » ;
  • Φίλιππε, έλα εδώ! (Filíppe, éla edó) : « Philippe, viens ici ! ».

À cause de l'absence du cas datif, le grec utilise les pronoms au génitif pour exprimer le complément d'attribution.

  • Του δίνω τα κλειδιά. (Tou díno ta klidiá) : « Je lui donne les clés (à lui) » ;
  • Της δίνω τα κλειδιά. (Tis díno ta klidiá) : « Je lui donne les clés (à elle) » ;
  • Σου δίνει τα κλειδιά. (Sou díni ta klidiá) : « Il te donne les clés (à toi) ».

Ne possédant pas de déterminants possessifs (mon, ton, son, ...), le grec utilise également les pronoms au génitif pour transposer cette notion, qu'il postpose aux noms possédés.

  • Τα κλειδιά του (Ta klidiá tou) : « Ses clés (à lui) » ;
  • Τα κλειδιά της (Ta klidiá tis) : « Ses clés (à elle) » ;
  • Τα κλειδιά σου (Ta klidiá sou) : « Tes clés ».

Parmi les autres spécificités du grec, il est à noter l'existence d'un pronom relatifπου /pou qualifié d'« universel ». Il peut en effet correspondre aux pronoms relatifs français « qui », « que », « dont », etc.

  • Ο άντρας που βλέπει τη θάλασσα. (O ándras pou vlépi ti thálassa) : « L'homme qui voit la mer » ;
  • Η θάλασσα που βλέπει ο άνδρας. (I thálassa pou vlépi o ándras) : « La mer que l'homme voit » ;
  • Η θάλασσα, που το χρώμα της είναι γαλάζιο, είναι κοντά. (I thálassa, pou to chróma tis íne galázio, íne konda) : « La mer, dont la couleur est cyan, est proche ».

La traduction littérale de la proposition relative de la dernière phrase est « quisa couleur est cyan ».

De manière plus soutenue, les relatifsο οποίος, η οποία, το οποίο permettent de remplacerπου /pou, et se déclinent avec l'article défini. Voici la proposition ci-mentionnée déclinée au génitif féminin.

  • Η θάλασσα, της οποίας το χρώμα είναι γαλάζιο, είναι κοντά. (I thálassa, tis opías to chróma íne galázio, íne konda) : « La mer, dont la couleur est cyan, est proche ».

Système verbal

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Le verbe grec comporte les mêmespersonnes que leverbe français : trois au singulier et trois au pluriel. Ces personnes sont marquées uniquement par des terminaisons. Le verbe peut être exprimé à lavoix active et à la voix dite médio-passive, laquelle note lavoix pronominale du verbe français (ce que note le terme « médio- ») et lavoix passive. Le verbe a deuxmodes, l'indicatif et l'impératif, mais la langue peut exprimer d'autres modes grâce au recours à des particules :subjonctif,conditionnel etoptatif[11].

Le système verbal grec présente des formessimples, à part auparfait qui a des formescomposées, avec unverbe auxiliaire auquel vient se joindre un élément invariable. Le grec distingue deuxaspects pour chaque verbe (à l'exception des auxiliaires) — et c'est là un élément fondamental de la langue[12]. Selon une définition donnée parAndré Mirambel[12], l'aspect est une« représentation spatiale de l'action ou de l'état », autrement dit, comme le noteHenri Tonnet[13],« la façon dont le locuteur vise l'action. » Chacun des deux présente une forme distincte (outhème) : d'une part la forme duprésent,continue, qui marque précisément la continuité, la durée de l'acte ou de l'état, sa répétition, et d'autre part la forme momentanée (bâtie sur le passé — que l'on appelle « aoriste »), qui marque les notions contraires : le momentané, l'absence de durée ou de répétition[12].

Cette différence est très vivante et se retrouve aufutur et ausubjonctif. Un Grec ne confondra pasθα τον δώ (tha ton dó) etθα τον βλέπω (tha ton vlépo) : les deux signifient « je le verrai », mais le premier sous-entend « une fois », le second sous-entendant « continuellement ». Le choix de l'une ou l'autre forme n'est donc pas purement grammatical, mais dépend de ce que le locuteur veut dire[14].

Les formes verbales du grec moderne présentent deux

Lexique

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Lelexique du grec moderne, ou démotique, comprend des éléments d'origines diverses qui reflètent l'histoire plurimillénaire de l'hellénisme et de ses contacts avec d'autres civilisations et donc d'autres langues. Le vocabulaire du grec moderne est très riche, ce qui tient tout d'abord à l'héritage considérable du passé, aux empruntsallogènes et aux créations dans tous les domaines, permis par les ressources la langue[15].

Le lexique issu dugrec ancien reste, de loin, quantitativement le plus important[16]. Toutefois par« grec ancien », il faut entendre non seulement le lexique des différentsdialectes qui constituaient le grec dans l'Antiquité mais aussi divers emprunts à d'autres langues, indo-européennes ou non, déjà assimilés à la période classique. On trouve par exemple dans l’Anabase deXénophon[17] un mot d'origine étrangère, le terme de « parasange » (παρασάγγης), issu dupersan, qui désigne une mesure itinéraire d'environ 6 km. Bon nombre de mots grecs ont traversé les siècles sans subir la moindre altération sauf pour la phonologie commeο ουρανός (le ciel) ouτο κρέας (la viande). D'autres ont été créés auXIXe siècle pour exprimer des notions abstraites commeπολιτισμός /politismós, « civilisation » ou des réalités de la vie moderne commeμυθιστορία /mythistoría, « roman », les deux inventés en 1804 parAdamántios Koraïs[18].

Parmi les apports les plus importants, relevons l'hébreu, lelatin, leslangues romanes (y compris le français), l'albanais médiaéval, leslangues slaves (depuis l'époque médiévale et les occupations du territoire grec par lesSlaves), leturc (qui constitue un apport notable à partir duXVe siècle. Plus récemment, on relève aussi des apports des langues germaniques, en particulier l'anglais. Toutefois, le nombre de mots provenant de ces différentes langues restent bien inférieur au fonds grec qui représentait au début des années 1970, trois quarts du lexique grec[19].

Notes et références

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  1. Pour éviter toute interprétationréductrice, il faut préciser que ce type de carte n’implique ni que le grec était la « seule » langue parlée dans ces territoires, ni qu’il n’était présent « que là ».
  2. Tonnet 2011,p. 42-45
  3. Tonnet 2011,p. 43
  4. Tonnet 2011,p. 165 ; 188
  5. Tonnet 2011,p. 207
  6. Tonnet 2011,p. 206
  7. Tonnet 2011,p. 224
  8. Adam Benkato, « The Arabic Dialect of Benghazi, Libya: Historical and Comparative Notes »,Journal of Arabic Linguistics,vol. 59 (2014), p. 57-102. V.p. 61.[Lire en ligne (accès payant) (page consultée le 9 août 2025)]
  9. Site Bibliomonde.« http://www.bibliomonde.com/donnee/grece-diaspora-322.html »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  10. Henri Tonnet (avec la collaboration de Georgios Galane et Marianthi Oikonomakou),Méthode de grec moderne, Paris, L'Asiathèque, 2019 (nouvelle édition entièrement remaniée), 389 p.(ISBN 978-2-360-57088-1)
  11. Tonnet 2019,p. 125-126
  12. ab etcMirambel 1969,p. 55
  13. Tonnet 2019,p. 127
  14. Tonnet 2019,p. 128
  15. André Mirambel, « Grèce : Langue et littérature »Accès payant, suruniversalis.fr(consulté le)
  16. Mirambel 1969,p. 107-108
  17. Xénophon,Anabase, 1, 10, 1 ;Hérodote,Histoires[détail des éditions][lire en ligne], II, 6 et V, 53.
  18. Tonnet 2011,p. 237-238
  19. Mirambel 1969,p. 111

Voir aussi

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Bibliographie

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