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Grande Somalie

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En rose les régions habitées majoritairement par lesSomalis et revendiquées par laSomalie dans le concept de Grande Somalie.

LaGrande Somalie (somali:Soomaaliweyn) désigne une entité territoriale qui serait constituée par le regroupement des territoires habités par les peuples qualifiés desomalis de laCorne de l'Afrique. Cette entité comprendrait laSomalie (britannique etitalienne), tout ou partie deDjibouti, la région deSomali enÉthiopie et laprovince nord-est duKenya.

Concept

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Le concept de « Grande Somalie » semble remonter à la fin de laSeconde Guerre mondiale, proposé par lordErnest Bevin alors responsable duForeign Office dans le gouvernement britannique[1].

La poursuite de cet objectif, inscrit dans sa constitution et symbolisé par les cinq branches de l'étoile qui orne sondrapeau, a conduit la République de Somalie à affronter l'Éthiopie, en 1963 puis en1977, et à soutenir l'insurrection durant laguerre des Shifta auKenya[2].

Le courant politique demandant l'unification des Somalis en une seule nation, la « Grande Somalie », est appelé « pan-somalisme ». Lepansomalisme est une idéologie politique relevant del'irrédentisme. Développé en réaction à la création de frontières par les puissances européennes et l'Éthiopie, le principe de« Grande Somalie » tend à regrouper les régions où vivent lessomalis et les locuteurssomali. Ces populations se regroupent dans les pays deDjibouti, de l'Éthiopie et duKénya.

Contexte

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Depuis l'ouverture ducanal de Suez en1869, les nations européennes se sont installées dans laCorne de l'Afrique. LaFrance dans le territoire deDjibouti, leRoyaume-Uni dans leSomaliland et l'Italie dans laSomalie sur les côtes longeant l'océan Indien. Le partage de l'Afrique avec letraité de Berlin en1885 met en place des frontières effectives entre les grandes puissances de la Corne de l'Afrique qui sont : l'Empire britannique,l'Éthiopie, la France et l'Italie. Ce découpage distribue l'ethnie locale, lessomalis, dans différents territoires[3].Les vœux pour une« Grande Somalie » commencent à être avancés par différents partis politiques commeSomalia National League (créé en 1935) ou encoreSomalia Youth League (créé en 1943)[4]. En 1956 Abdullahi 'Ise considéra un pansomalisme sur la base suivante:

« The Somali form a single race, practise the same religion and speak a single language. They inhabit a vast territory which, in its turn, constitutes a well defined geographic unit. All must know that the Government of Somalia will strive its utmost with the legal and peaceful means which are its democratic prerogative to attain this end: the union of Somalis, until all Somali form a single Great Somalia. »

« Les somalis forment une race unique, pratiquent la même religion et parlent la même langue. Ils habitent dans un vaste territoire qui, quant à lui, est défini comme une unité géographique. Le gouvernement de Somalie doit faire savoir qu'il aspire par des médiums légaux et pacifiques, qui sont des prérogatives démocratiques, à atteindre cette fin : l'union des somalis, jusqu'à la formation d'une Grande Somalie[4],[5]. »

De fait, c'est en 1960 avec l'indépendance de la Somalie que les considérations d'un pansomalisme sont devenus plus claires. Il s'agit en effet de surmonter les barrières claniques et les anciennesfrontières coloniales[3]. Mohamed Hassan Giasti décrit en1961 les territoires visés en ces termes[6]:

Ces cinq régions sont visibles sur chaque branches de l'étoile du drapeau somalien[7].

Réactions

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Ces revendications rencontrent des oppositions, notamment de l'Éthiopie[4]. En, le président somalien Adan Abdoullah alors en déplacement auGhana, émet un communiqué avec le président Ghanéen Nkrumah qui reconnaissent« le besoin impératif de restaurer les liens ethniques, culturels et économiques arbitrairement détruit par la colonisation ». Le président duKénya Tom Mboya, en 1961, en visite àAddis-Abeba annonce qu'il s'opposera à tout référendum dans les six provinces du district du nord (Garissa, Wajir, Mandera, Moyale, Marsabit et Isiolo) où habitent près de 200 000 somalis mais aussi d'autresethnies[5]. Le « pansomalisme » est inscrit dans une dimensionpanafricaine mais contrairement à d'autres qui assument les frontières coloniales, les représentants somaliens n'envisagent pas la mise en place d'une telle union sans l'existence d'une Somalie unie. Dans la seconde moitié duXXe siècle, le « pansomalisme » est utilisé parSyaad Barré dans les guerres qui l'opposent à l'Éthiopie[8],[9]. Mais les échecs de la prise de l'Ogaden affaiblissent cette idéologie, encore plus fragilisée avec les déclarations unilatérales d'indépendance duSomaliland en 1991 et duPuntland de 2004 à 2008[7].

Voir aussi

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Références

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  1. Foucher (Michel),Fronts et frontières - Un tour du monde géopolitique, Fayard, Paris, 1991, p. 175; Malécot (Georges), «La France à Djibouti, les raisons d’une présence»,Le Mois en Afrique (Revue française d’études politiques africaines),no 85, janvier, 1973, pp. 38-53.
  2. « Somalie : le spectre de la «guerre des bandits» / Slate Afrique », surSlate Afrique(consulté le).
  3. a etbAbou-Bakr Abélard Mashimango, « Du pansomalisme au séparatisme: Extrémisme et violence en Somalie. »,Revue des Sciences Sociales,‎(lire en ligne)
  4. ab etc(it) Il Corriere della Somalia, « Un comunicafo ufficiale di Addis Abeba in replica alla conferenza stampa dell'On Abdullahi Iss », surdspace-roma3.caspur.it,.
  5. a etb(en) I. M.Lewis, « Pan-Africanism and Pan-Somalism »,The Journal of Modern African Studies,vol. 1,no 2,‎,p. 147–161(ISSN 1469-7777 et0022-278X,DOI 10.1017/S0022278X00001038,lire en ligne, consulté le).
  6. Mohamed HassanGiasti, « Le Pansomalisme »,Présence Africaine,no 38,‎,p. 135–136(lire en ligne, consulté le)
  7. a etbAlain GASCON (dir.), « Les défis stratégiques africains : exploration des racines de la conflictualité en Afrique de l'Est. : Stabilité et instabilité dans la Corne de l'Afrique. »,Études de l'IRSEM,‎
  8. Michel Caraël, « La ruine du pansomalisme »,Le Monde diplomatique,‎(lire en ligne, consulté le)
  9. Gérard Prunier, « Recomposition de la nation somalienne »,Le Monde diplomatique,‎(lire en ligne, consulté le)
v ·m
Concepts nationaux d’irrédentisme dit de « Grande patrie »
Généralités
Afrique
Asie
Europe
Amérique
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