Pour les articles homonymes, voirChartreuse.
Cet article concerne le monastère. Pour le massif montagneux, voirMassif de la Chartreuse.
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LaGrande Chartreuse est le premiermonastère et lamaison-mère des moines-ermites de l'ordre des Chartreux. Il est situé sur le territoire de la commune deSaint-Pierre-de-Chartreuse, dans l'Isère, au pied duGrand Som, le quatrième plus haut sommet dumassif de la Chartreuse.
L'implantation des chartreux dans le massif qui leur a donné son nom fait de ce site le type de l'espace monastique cartusien, bien que l’ordre se soit accommodé dès leXIIIe siècle de sites urbains et de maisons situées en plaine, voire au bord de la mer.
Les Chartreux sont un ordre amoureux des livres, allant jusqu'à appeler la pratique de la lecture « l'aliment de l'âme » dans leurs coutumes écrites en 1127[1]. Le monastère dispose durant toute son existence d'une grande collection d'ouvrages, détruite régulièrement en partie par les avalanches,incendies et pillages.
Conformément à larègle cartusienne qui veille à protéger la solitude des moines, le monastère ne se visite pas. Cependant, unmusée est installé dans laCorrerie, à 2 km environ en aval du monastère. Des reconstitutions de cellules monastiques permettent de comprendre ce qu'est la vie d'un moine chartreux.

Latradition veut que maîtreBruno et six compagnons (deuxlaïcs André et Guérin, et quatre clercs : les chanoines Étienne de Bourg et Étienne de Die, Hugues et Laudouin, natif de Toscane, qui succédera à Bruno dans le gouvernement de la maison mère), guidés par l'évêqueHugues de Grenoble, s'installent le dans le vallon de Chartreuse, lieu qu'on appellera dès lors « le désert de chartreuse » en raison de son isolement. Courte vallée, bloquée au nord par lecol de la Ruchère, et au sud par la vallée duGuiers mort, elle est dominée de 1 000 mètres par leGrand Som. À la fin duXIe siècle, Bruno a construit avec ses six compagnons le premierermitage cartusien pour mener une vie érémitique tempérée d'un peu decénobitisme. Cette tradition de l'installation le, jour de lafête de Jean le Baptiste, explique que la chartreuse soit placée sous le patronage dece saint[2].
Le devant lesynode diocésain à Grenoble, l'évêque Hugues, dans une charte de donation, ratifie solennellement les donations qu'avaient faites deux ans plus tôt les seigneurs propriétaires des terres de Chartreuse, soit un domaine de1 700 ha[3]. Cetespace naturel, agrandi et arrondi par des donations postérieures, recouvre progressivement la région de Chartreuse. Les premiers Chartreux, soucieux de protéger leur isolement, refusent aux femmes tout droit de passage et exproprient les tenanciers du voisinage, ce qui suscite tensions, querelles violentes et procès[4].
La maison se trouvait divisée en deux ensembles distants de quatre kilomètres : la maison basse ou Correrie abritait la communauté des frères et des ateliers ou dépendances, la maison haute abritait leprieur et la communauté des pères, ainsi qu'un ou deux frères.
Du premier monastère qui fut construit deux kilomètres plus haut que le monastère actuel, il ne reste rien. On suppose que les premières constructions furent en bois, à l'exception de l'église conventuelle qui fut élevée en dur. La plus ancienne et unique description connue fut donnée parGuibert de Nogent vers 1114. Hormis le principe d'un regroupement de cellules, distinctes d'un cloître réunissant les bâtiments de la vie communale (église,chapitre, réfectoire) et la présence d'une cuisine et d'un bâtiment susceptible d'abriter la moitié des convers le dimanche, on ne sait rien de la disposition initiale des bâtiments, sans doute très différente de celle qu'on connaît aujourd'hui, compte tenu de la configuration du terrain. Guibert précise toutefois que des conduits aménagés amenaient l'eau courante à l'intérieur des cellules.
Aucune culture ou pâturage n'était possible à la maison haute, enserrée dans une vallée étroite et totalement boisée. Toutes les semaines, le samedi, les frères de la maison basse montaient à la maison haute pour participer à la liturgie dominicale et à la vie commune, réinventant la tradition desLaures des duDésert de Judée, aux origines dumonachisme chrétien.
L'emplacement de la maison haute est marqué par deux chapelles construites à110 mètres de distance l'une de l'autre : en aval Notre-Dame de Casalibus (littéralement « Notre-Dame des cabanes », par allusion aux petites maisons qui servaient de cellules aux moines) et en amont la chapelle Saint-Bruno.
Notre-Dame de Casalibus a été édifiée auXVe siècle, hors d'atteinte des avalanches, tandis que la chapelle Saint-Bruno, perchée sur un rocher qui semble venir d'ailleurs, semble avoir été édifiée à proximité du site originel de la première chartreuse, située probablement sur la plate-forme qui jouxte la chapelle. Elle était initialement dédiée à laVierge Marie. Ce terrain, d'environ 80 m de diamètre, relativement plat, est exceptionnel dans la vallée. Selon des hypothèses invérifiables en l'absence de fouilles archéologiques, les blocs de rocher qui le jonchent pourraient être en partie des vestiges de l'avalanche qui détruisit le premier monastère.
Une chronique de l'époque, nomméeChronique Magister nous relate l'événement qui eut lieu le,48 ans après l'arrivée de Bruno.
« En la vingt-troisième année du priorat de Guigues, une masse incroyable de neige, se précipitant des hauts sommets rocheux avec une soudaine impétuosité, emporta dans son effrayant tourbillon et ensevelit sous sa masse immense toutes les cellules des religieux sauf une, et avec elles six moines et un novice. »
Le terme traditionnel d'avalanche avec lequel on désigne ce drame ne doit pas faire illusion. Aucune avalanche de neige n'aurait pu parvenir si bas dans la vallée et on ne connaît d'ailleurs pas de couloir d'avalanche dans cette zone, mise à part une petite coulée annuelle dont la largeur n'excède pas quelques mètres. Les petits éboulements sont très fréquents dans ce massif calcaire ancien. L'avalanche de 1132 était en fait un éboulement de pierres qui a poussé loin devant lui une énorme quantité de neige. Quand on approche du col de Bovinant,700 mètres au-dessus du monastère, on peut voir un pan de rocher qui se détache de la paroi et on peut imaginer ce qu'il adviendrait si un jour, affaibli par le gel et l'érosion, il venait à se détacher entièrement. Les énormes blocs de rochers qui parsèment l'emplacement du premier monastère laissent imaginer le désastre.
Les survivants de la catastrophe ne pouvaient songer à reconstruire au même endroit.Guigues, le prieur, choisit un nouvel emplacement deux kilomètres plus bas, situé entre deux replis de terrains qui dévieraient toute chute de rochers soit en amont, soit en aval du monastère. Peut-être une autre raison guida-t-elle ce choix. L'emplacement de la première maison, pourtant « parfaitement protégé du vent du nord et bien exposé au midi[5] » semble aujourd'hui marqué par une austérité extrême. Même en plein été il faut attendre la fin de la matinée pour que le soleil se lève au-dessus du Grand Som. Jusqu'aux années 1990, la neige demeurait à cet endroit jusqu'au mois de mai (inclus), soit un bon mois et demi de plus qu'au monastère actuel. Toutefois, les conditions climatiques duXXe siècle ne sauraient permettre de juger les motifs des moines duXIIe siècle sans risque d'anachronisme. Le climat du Moyen Âge était beaucoup moins rude en Europe qu'à la période moderne (« optimum climatique médiéval »). Certaines chartreuses comme celle de Berthaud subsistèrent longtemps dans des milieux encore plus difficiles que la Grande Chartreuse. Quoi qu'il en soit, le nouvel emplacement, plus ouvert, mieux ensoleillé, était à l'abri des avalanches. Il était plus proche de la maison basse ce qui facilitait pour les frères le trajet à faire chaque semaine quel que soit le temps.
Les travaux furent menés rapidement. On ne bâtit en pierre que l'église, aujourd'hui transformée et noyée au milieu de constructions plus récentes, et le chapitre, qui possède maintenant encore intacte sa voûte duXIIe siècle. On construisit une douzaine de cellules de bois. L'église fut consacrée le par un ancien chartreux, Hugues, deuxième du nom, successeur de saint Hugues sur le siège de Grenoble[6].
C'est au prieur Guigues que l'on doit lesconsuetudines cartusiae (rédigées en 1127) qui définissent les us et coutumes d'un monastère de chartreux en opérant un subtil équilibre entre vie érémitique et vie communautaire. Les moines se réunissent à l'église aux vigiles, aux matines, à la messe du matin et aux vêpres, vivant le reste du temps retirés dans leur cellule où ils se concentrent à l'étude des Saintes Écritures, mais aussi investis dans les travaux agricoles et de construction. Progressivement, l'ordre des chartreux s'est structuré. Il est demeuré attractif pendant tout le Moyen Âge[7].
Le monastère de Guigues subsista un peu moins de deux siècles. Entre 1320 et 1676, le monastère subira huit incendies[8] (et non onze comme parfois affirmé) :
La pauvreté des moyens de lutte contre l'incendie et surtout la particularité régionale des toitures couvertes en essendolles (bardeaux ou tuiles de bois d'épicéa particulièrement combustibles) ont entraîné à chaque fois une destruction quasi totale de tout ce qui pouvait brûler.
Après l'incendie de 1676, domInnocent Le Masson reconstruisit le monastère selon un nouveau parti architectural, celui qu’on lui connaît. Les bâtiments sont classésmonuments historiques depuis1920.
Par décret du, l'Assemblée constituante met les biens de l’Église, dont les biens des congrégations, à la disposition de la Nation. Par le décret du, elle interdit les vœux monastiques et supprime les ordres religieux réguliers. La même année, un inventaire des tableaux du monastère établit une liste de cent-vingt-cinq peintures, mais sept ans plus tard le professeur de dessinLouis-Joseph Jay chargé de les récupérer afin de créer lemusée de Grenoble n'en retrouve que cinquante[9].
Dans le courant de la même année, la collection littéraire de 400 manuscrits et 3500 imprimés dont environ 300 incunables qui appartenait à la Grande Chartreuse va progressivement être transportée à labibliothèque municipale de Grenoble, avec une livraison finale en 1813. Parmi les différents documents, certains sont anciens, comme une bible dite de Notre-dame de Casalibus, datant d'avant 1132[10]. D'autres types de documents existent dans la collection, comme un grand lectionnaire temporal et sanctoral duXIIe siècle que les Chartreux utilisaient au quotidien pendant les offices, ou au réfectoire[11]. Tous ces documents précieux, traces de la vie des moines, et qui n'auraient pas été conservés dans un autre contexte, sont maintenant sauvegardés dans labibliothèque d'étude et du patrimoine de Grenoble. Les ouvrages sont encore étudiés régulièrement par des chercheurs et sont disponibles en ligne sur Pagella[12].
Le père général, dom Nicolas-Albergati de Geoffroy, quitta la Grande Chartreuse le mercredi. Non seulement la communauté de la Grande-Chartreuse n'existait plus, mais l'ordre des Chartreux n'avait plus une seule maison vivante en France. Le chapitre général ne pouvait plus se réunir. Lors de sa dernière session, il avait établi qu'en cas de dispersion de la communauté, le définitoire désignerait un vicaire général en attendant des jours meilleurs. Par la suite, le définitoire ne pouvant se réunir, les vicaires généraux successifs désignèrent leurscribe pour leur succéder en cas de décès, moyennant confirmation duSaint-Siège.
Par ordonnance royale du, l'ordre obtint de l'État la location de la Grande Chartreuse pour y établir « un lieu de retraite ». Le, le Vicaire général en exercice, dom Romuald Moissonier, profès de la Grande-Chartreuse, mais alors prieur de laPart-Dieu en Suisse, seule chartreuse de l'ordre ayant survécu à la tourmente révolutionnaire, rentrait à la Grande-Chartreuse avec quelques religieux pour y reprendre la vie régulière.
En 1857, un décret impérial définit une réserve autour du monastère pour préserver le paysage et garantir la tranquillité des moines.

Les chartreux échappèrent à lapremière vague d'expulsion des congrégations non autorisées de 1880 : le, les décrets annonçaient la dissolution des congrégations masculines non autorisées par l'État, mais une ordonnance permit aux Chartreux de demeurer dans leur monastère.
La congrégation s’estimait autorisée implicitement par des textes de 1816 et 1857. Néanmoins, dans le cadre des mesures d'exception prévues pour les congrégations dans laloi de 1901 sur les associations, les chartreux déposèrent une demande d'autorisation. L'autorisation fut refusée par un vote de la Chambre des députés le.
Les moines de la Grande Chartreuse furentexpulsésmanu militari le[13]. La communauté se réfugia en Italie, à lachartreuse de Farneta (à Maggianofrazione deLucques) et ne put réintégrer la maison mère qu’en1940. Le chapitre-général, après s'être tenu une fois exceptionnellement à la Valsainte, continua à se tenir régulièrement à Farneta, permettant, cette fois-ci, l'élection régulière de deux successeurs réguliers à Dom Michel Baglin qui avait obtenu sa miséricorde (démission en langage cartusien) en 1905[14].
Le, l'ensemble du monastère est classé au titre desmonuments historiques[15].

Dès 1903, mais surtout après le classement du monastère aux Monuments historiques en 1912, celui-ci devient l'objet de visites nombreuses. À partir de 1920, les curieux se précipitent pour découvrir le monastère. Entre les deux guerres, ils sont plus de 100 000 par an à monter en autocars ou en voitures. On y vient en famille avec femme et enfants. La foule est telle que des réglementations doivent être imposées pour la circulation ou le stationnement des automobiles.
Parallèlement, le conseil général fait faire des travaux importants de restauration au Pavillon des étrangers (installation notamment de l'électricité sous le contrôle du doyen de la faculté des sciences de l'université de Grenoble, René Gosse). À partir de 1930, ce bâtiment se transforme chaque été en Maison universitaire où viennent résider des universitaires et chercheurs français et étrangers. Parmi les premiers résidents, Marie Curie et sa filleIrène Joliot-Curie. L'installation de cette Maison universitaire suscite l'ire des milieux catholiques, en particulier de la Ligue dauphinoise d'action catholique (LDAC) qui développe une campagne haineuse, nourrie d'anti-intellectualisme, de xénophobie, d'antimaçonnisme et, parfois, d'antisémitisme.
Surnommée[évasif] l'« Auberge des coucous », ou l'« Auberge des intellectuels fatigués », cette Maison universitaire reste ouverte jusqu'à l'automne 1939. Le retour des moines en juin 1940, lié à la déclaration de guerre de l'Italie à la France[16], en même temps que l'instauration de l'État français, marque la fin de cette Maison universitaire, comme des possibilités de visite du monastère de la Grande Chartreuse. Le 6 juillet 1940,Paul Claudel salue dans sonJournal les deux évènements :« La France est délivrée après60 ans de joug du parti radical et anti-catholique (professeurs, avocats, juifs, francs-maçons). Le nouveau gouvernement invoque Dieu et rend la Grande-Chartreuse aux religieux. Espérance d'être délivré du suffrage universel et du parlementarisme, ainsi que de la domination méchante et imbécile des instituteurs qui lors de la dernière guerre se sont couverts de honte. Restauration de l’autorité »[17].
En, le consul français de Livourne conseilla au Père Général et aux moines français de Farneta de rentrer en France. L'imminence de l'entrée en guerre de l'Italie faisait craindre que les frontières vers la France, qui leur avaient été interdites avant la guerre, ne soient prochainement fermées. Dans le contexte de la débâcle, le Révérend Père général Dom Ferdinand Vidal, et ceux qui l'accompagnaient purent s'installer provisoirement à Orgeoise, dans le faubourg de Voiron (Isère), où demeuraient des frères convers chargés de la fabrication de la liqueur. Après avoir tenté en vain d'atteindre le gouvernement français replié à Bordeaux pour en obtenir la permission de rentrer à la Grande-Chartreuse, dom Vidal envoie des religieux pour réoccuper la Grande-Chartreuse, avant que les Allemands, qui étaient déjà à Voreppe, n'y arrivent. Les premiers pères se présentent le. Passant outre l'opposition du préfet de l'Isère, Perrier, le maire deSaint-Pierre-de-Chartreuse, M. Villars, réquisitionna le monastère « pour y abriter des réfugiés ». Le,Georges Mandel, ministre de l'Intérieur, régularise la situation de fait. Le l'Italie entre en guerre. Le, lendemain de l'annonce de l'armistice, trois Pères reprirent officiellement possession des bâtiments. Les orientations du nouveau gouvernement de Vichy, incontestablement favorable à l’Église et aux congrégations, créaient une situation favorable. La nomination parPétain d'un nouveau préfet de l'Isère,Raoul Didkowski, facilita la réintégration. Une loi dugouvernement de Vichy le accorda aux Chartreux une reconnaissance légale en France. Durant ces années difficiles, la communauté ouvrit ses portes aux juifs et aux personnes pourchassées[18]. Il en alla de même au cours de la période de l'épuration qui suivit la guerre, au profit d'anciens collaborateurs et de miliciens, dontPaul Touvier[note 1].
Une convention du entre la Grande Chartreuse et l'administration desBeaux-Arts du régime de Vichy définit les modalités de la concession des immeubles et permet la restauration rapide des bâtiments[19]. La communauté continue jusqu'à ce jour à louer les bâtiments à l'État français, moyennant un loyer modique et la charge de l’entretien courant. À partir de1947, la Grande Chartreuse recommença à abriter régulièrement le chapitre général tous les deux ans.
Dans les deux décennies qui suivirent laSeconde Guerre mondiale, l'essor du tourisme et les progrès des réseaux routiers devinrent de plus en plus gênants. À la Grande-Chartreuse, les supérieurs envisagèrent même de quitter le massif et de transférer la communauté vers un site plus isolé. Finalement, ils obtinrent que le site soit classé comme site historique et naturel, interdit au survol des avions de tourisme (avantage dont ne bénéficient pas toutes les maisons de l'ordre) et fermé à la circulation automobile.Un musée fut aussi établi dans une partie des bâtiments de l'ancienneCorrerie, un peu plus bas que la Chartreuse, évoquant pour les touristes la vie cartusienne dans un cadre approprié et faisant connaître quelque chose de la vie de la Chartreuse. Le flot des voitures s'arrête là, à un kilomètre et demi du monastère, ce qui permet aux chartreux de vivre dans la solitude qu'ils estiment conforme à leur vocation. Ils souhaitent que ce lieu demeure un « désert » au sein d'une zone de silence, maintenant officiellement protégée par les pouvoirs publics.
En 1999, le général de l'ordre a envoyé deux chartreux de la Grande Chartreuse àSéoul pour fonder lachartreuse Notre-Dame de Corée, installée maintenant à Sangju[20].
Le prieur de la Grande Chartreuse a reçu – ou pris – divers titres au cours de l'histoire. Aujourd'hui, il porte celui de ministre général de l'ordre.
Après dom François-Marie Velut qui a demandé à être relevé de sa charge pour des raisons de santé le23 octobre 2014, la communauté de la Grande Chartreuse a élu domDysmas de Lassus comme nouveau prieur et ministre général de l'ordre. Il fut père maître à la Grande Chartreuse de 1990 à 2012, puis prieur de laChartreuse Notre-Dame de Portes, dans l'Ain. La communauté l'a donc choisi le3 novembre 2014 et le cette élection a été confirmée par le collège des prieures et prieurs de tout l'ordre[21].
(liste non exhaustive)
L'inventaire et la description du fonds de la Grande Chartreuse, incluant des bibles duXIe au XVe siècle et de nombreux documents comme des graduels ou une copie du décret de Gratien[23], sont disponibles en ligne sur le site du CCFR[24]. L’entièreté de la collection numérisée peut être trouvée sur le site Pagella de la bibliothèque de Grenoble[25].

À l'origine, la subsistance de la communauté fut assurée par l'élevage d'ovins et quelques cultures de légumes et de céréales pauvres. Longtemps, les chartreux n'acceptèrent qu'avec réticence la générosité des donateurs, refusant les fondations demesses. Dès leXIIe siècle, l'exploitation directe ou indirecte de mines de fer, notamment au col de Bovinant, permit aux chartreux de développer une activité de forge, qui dura jusqu'à laRévolution et provoqua quelques frictions avec le duc d'Entremont, qui voulait s'emparer des mines.
Depuis leXIXe siècle, le succès de laliqueur de Chartreuse, dont la formule a été remise en 1605 parFrançois-Annibal d'Estrées, assure à la communauté de la Grande-Chartreuse, puis à l'ordre tout entier des revenus substantiels qui, capitalisés, permettent encore à l'ordre de subvenir aux dépenses extraordinaires, de soutenir les maisons sans revenus propres ainsi que des projets caritatifs ou religieux extérieurs.
En 2021, l'État français, propriétaire des bâtiments, rénove les toits du cloître des officiers, pour un montant de plus de deux millions d'euros (autorisation de travaux n° AC 038 442 19 00001).
.« n. 1 « La Grande Chartreuse, en plus du camouflage d'armes, ouvrit ses portes aux juifs et à différentes personnes pourchassées » [de l'un et l'autre camp] »
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