| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | Cimetière du Père-Lachaise(jusqu'en) |
| Nationalité | |
| Domicile | |
| Activité | |
| Père | Hew Dalrymple(en) |
| Mère | Grisel Craw(d) |
| Fratrie | Jacintha Dalrymple(d) |
| Conjoints | John Eliot Unknown(d) George Cholmondeley |
| Enfants |
Grace Dalrymple Elliott (1754? -Ville-d'Avray, 1823), dame écossaise, qui fut un temps maîtresse duduc d'Orléans, a vécu à Paris durant les pires moments de laRévolution française. Emprisonnée en, elle échappe à la guillotine grâce à la chute deRobespierre le9 thermidor. Elle laisse une autobiographie très romancée,Ma vie sous la Révolution (Journal of My Life During the French Revolution), publiée à titre posthume en 1859. En 2001,Éric Rohmer en tire un film,L'Anglaise et le Duc.
Grace Dalrymple était fille d'un avocat d'Édimbourg qui portait un nom illustre enÉcosse :Hew Dalrymple. Ses parents se séparèrent alors qu'elle était enfant et elle fut envoyée dans un couvent en France où elle a grandi. Elle y acquit de bonnes manières et une éducation raffinée. D'une grande élégance, elle commença à se faire connaître dans divers cercles et à participer aux événements mondains. Si l'on se fie aux portraits que l'on a fait d'elle à l'époque, elle était grande et mince, extrêmement séduisante, avec un charmant visage aux traits réguliers[1]. Elle sut utiliser sa beauté de statue et son intelligence lorsqu'elle devint une courtisane dans l'entourage de la famille royale.

Elle fait ses débuts en 1771 (elle a probablement 17 ans) dans la bonne société d'Édimbourg, où sa beauté est grandement admirée. Elle épouse le très vieux et richissime docteur John Elliott la même année, devenant Mrs Grace Elliott. Néanmoins, en 1774, elle fuit Édimbourg en compagnie du vicomte Valentia, Arthur Annesley (1744-1816), après un scandale. Si l'on en croit ses mémoires, elle serait née en 1765, et n'aurait eu que neuf ans en 1774, elle en avait plus vraisemblablement dix-neuf.
Elle finit par obtenir le divorce et 12 000 livres à titre de dédommagements. Comme elle était encore mineure, son frère la fait enfermer dans un autre couvent en France. CependantGeorge Cholmondeley, un de ses nombreux bienfaiteurs, vient à sa rescousse et la ramène à Londres où elle mène une vie dedemi-mondaine, entretenue par un certain nombre d'hommes riches et influents.
Thomas Gainsborough a peint d'elle en 1778 un portrait, probablement à la demande du comte de Cholmondeley[1],[2], qui est maintenant exposé auMetropolitan Museum of Art de New York. En 1782, elle a une brève liaison avec le prince de Galles (le futurGeorge IV) et donne naissance à une fille connue sous le nom de Georgina Seymour (1782–1813). Elle est cependant baptisée àMarylebone Georgina Frederica Augusta Elliott, fille de Son Altesse Royale George, prince de Galles & Grace Elliott. Grace est entretenue par Lord Cholmondeley, mais soutient que le prince est bien le père. Ce dernier est d'avis, cependant, comme un certain nombre de personnes, que l'enfant est de Lord Cholmondeley, mais d'autres, à la cour, disent qu'elle ressemble à Charles William Wyndham (frère de Lord Egremont), qui en revendique aussi la paternité. D'autres la supposent fille de l'homme politique écossais George Selwyn. Lord Cholmondeley cependant, l'élève, la marie en 1808 à lord Charles Bentinck et, à sa mort, en 1813, prend soin de l'enfant qu'elle laisse[3].
Le prince de Galles la présente à Philippe d'Orléans, alorsduc de Chartres en 1784, elle devient sa maîtresse et vient s'installer à Paris en 1786. Elle reste sur place pendant la Révolution. Le Duc, qui soutient les idées révolutionnaires, prend le nom de « Philippe-Égalité » en 1792, vote la mort du roi, son cousin, et attise la haine contre la reineMarie-Antoinette. Grace, quant à elle, soutient la monarchie et reste fidèle àLouis XVI et sa famille. L'exécution du roi, en l'anéantit.
C'est le début de laTerreur et laloi des suspects est adoptée le. Malgré l'appui qu'il a apporté à la Révolution, le duc d'Orléans est exécuté le, son fils (le futurLouis-Philippe) étant passé à l'ennemi à la suite du généralDumouriez. Grace est emprisonnée, comme beaucoup d'autres « ci-devant » : elle est anglaise et royaliste déclarée. En outre, elle a en sa possession une lettre suspecte deCharles James Fox. Elle est aussi suspectée d'avoir aidé un ardent royaliste condamné à mort, lepolémiste et chansonnier« Chevalier » de Champcenetz, à fuir Paris. Dans ses mémoires, elle rapporte qu'elle se trouvait dans la même cellule queMadame du Barry, une des maîtresses deLouis XV.
L'accusation portée contre elle, la possession d'une lettre écrite par un Anglais, est abandonnée, aux motifs qu'elle n'avait pas été ouverte (Grace Eliott devait simplement la faire parvenir à l'amiral françaisLatouche-Tréville) et que, lors de son ouverture par le tribunal, on découvrit qu'elle commentait la récente victoire de la marine française àNaples et louait laRévolution.
C'est dans sa prison qu'elle apprend la nouvelle de l'exécution deMarie-Antoinette, le. Plus tard, elle écrivit que « la grandeur et le courage » de la reine inspira à tous les prisonniers la volonté de suivre son exemple pour faire face à leur propre mort avec dignité.
Malheureusement, la plupart de ces événements haut en couleur provenant deMa vie sous la Révolution (Journal of My Life During the French Revolution), ouvrage paru à Londres en 1859, n'ont pas d'assises réelles, selon l'historien anglais Horace Bleackley. Par exemple, elle n'a jamais partagé la cellule deMme du Barry et n'était pas encore emprisonnée au moment de l'exécution de Marie-Antoinette (elle a été emprisonnée de au)[4]. Par ailleurs Bleackley considère que la « grande Dally » était loin d'être aussi belle qu'elle l'affirmait.
Grace Elliott échappe donc de justesse à la mort, à la différence de nombre de ses amies de la noblesse, grâce à la fin du régime de la Terreur. Elle a connu quatre prisons différentes en tout, affirme-t-elle, dans ses Mémoires, bien qu'il n'en soit pas trouvé trace sur les registres d'écrou. Elle affirme aussi avoir été courtisée parNapoléon Bonaparte, mais avoir refusé de l'épouser. Elle meurt le àVille-d'Avray, riche et entretenue par le maire de la ville ([5] page 7, registre état civil Hauts de Seine).
DansL'Anglaise et le Duc (2001),Éric Rohmer met en scène le récit dramatique que Grace Elliott relate dans ses mémoires, son aventure avec leduc d'Orléans (joué parJean-Claude Dreyfus) et la période révolutionnaire. C'est l'actrice anglaiseLucy Russell qui interprète Grace Dalrymple Elliott[6].