La commune avec l'emplacement de la mairie dans le département
Carte OpenStreetMap
Carte topographique
Avec les communes environnantes
Entrée de Gouy
1 : carte dynamique ; 2 : carte OpenStreetMap ; 3 : carte topographique ; 4 : avec les communes environnantes ; 5 : entrée du village.
Gouy est un village ruralpicard duVermandois voué à la polyculture, situé dans l'Aisne, à la limite du département duNord. Il est desservi par l'ex-RN 44, actuelle RD 1044.
Gouy etLe Catelet se touchent à quasiment former un village double.
La commune est située dans lebassin Artois-Picardie. Elle est drainée par le canal des Torrents, la rivière Escaut qui prend sa source dans la commune et le Catelet[1],[Carte 1].
Le territoire communal est couvert par leschéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Escaut ». Ce document de planification concerne un territoire de 2 005 km2 de superficie, délimité par lebassin versant de l'Escaut. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte Escaut et Affluents (SyMEA)[3].
Au, Gouy est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à7 niveaux définie par l'Insee en 2022[10].Elle est située hors unité urbaine[11]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Quentin, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[11]. Cette aire, qui regroupe 120 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[12],[13].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d'occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (97 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (97 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (91,4 %), prairies (3,4 %), zones urbanisées (3 %), zones agricoles hétérogènes (2,1 %)[14].
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Gouy apparaît en 1178 sous le nom deGoi dans un cartulaire de l'abbaye du Mont-Saint-Martin puisGoiacum,Goy-en-Arrouaise,Goi-en-Arrouaise,Gouy-en-Arrouaise sur lacarte de Cassini vers 1750, et l'orthographe actuelleGouy à la fin duXVIIIe siècle[15].
Les vestiges d'un camp retranché des Longues Bornes, daté dela Tène, ont été retrouvées au lieu dit le Bois de la Barre avec une triple enceinte fortifiée en terre, ainsi que des vestiges celtiques et gallo-romains au lieu dit le Henois (poteries et médailles)[16].
Vers 980, le domaine de Gouy, enlevé à Arnould, seigneur de Cambrai par Othon de Vermandois, devient possession duVermandois dont il ne sera plus séparé. En 1213, sous le règne dePhilippe II Auguste, le Vermandois et donc Gouy sont réunis audomaine royal français[17].
Après 1363, au cours de laguerre de Cent Ans, leCambrésis ayant été intégré auxÉtats bourguignons se retrouve à la frontière du royaume de France. En 1477, par héritage, le Cambrésis devient possession germanique puis, en 1515, par héritage encore, passe aux mains deCharles Quint, devenant ainsi territoire espagnol. Le village se trouve donc sur la frontière entre les deux domaines, qui passait àLempire,Vendhuile, Gouy,Beaurevoir,Bohain,Guise et dans une zone de guerres fréquentes entre les deux puissances, cinq entre 1557 et 1660[17].
Sur lacarte de Cassini ci-contre datant duXVIIIe siècle, Gouy est appeléGouy-en-Arrouaise. C'était une paroisse située sur l'Escaut. Un moulin à eau symbolisé par une roue dentée était implanté sur la rivière entre Gouy et Le Câtelet; Au sud-est, la ferme de Bonaire a été détruite en 1858. Un moulin à vent en bois était implanté dans le hameau de Lormisset qui appartenait à l'abbaye du Mont-Saint-Martin[18]. Au sud, le village du Mont-Saint-Martin était une paroisse qui appartenait à l'abbaye du Mont-Saint-Martin. Ses terres appartiennent de nos jours à la commune. Il existait un relais de poste établi entre les deux villages qui permettait aux cavaliers ou diligences de disposer de chevaux frais. Aucun renseignement n'a été trouvé à ce jour sur le lieu-dit:Les Trois Fœtus.
En mai 1698, sont données à Versailles, des lettres autorisant Pierre François de Cardevacque, seigneur de Gouy, gentilhomme d'Artois, fils de Pierre de Cardevacque, lieutenant de dragons, créé chevalier, à porter sur l'écusson de ses armes qui sont « D'hermines au chef de sable » une couronne de cinq fleurons d'or avec deux licornes pour tenants, comme le marquis d'Havrincourt, l'aîné de la famille, a droit de les porter. Pierre de Cardevacque, père du demandeur, a pour neveu Joseph de Cardevacque, seigneur des Haut-Bois, capitaine de grenadiers dans le régiment de Croÿ, qui assista à labataille de Fleurus en 1690, à labataille de Steinkerque en 1692, à labataille de Neerwinden en 1693, au siège de Mons en 1694 (siège de Mons en 1691?), ausiège de Namur en 1695, au siège de Charleroi en 1696 (siège de Charleroi en 1693?), ausiège de Barcelone, où après avoir donné des preuves éclatantes de sa valeur aux attaques du chemin couvert et des bastions de la place, il fut tué sur la brèche du second retranchement[20].
En mars 1720, des lettres de chevalerie héréditaire sont données à Paris pour Pierre François de Cardevacque, écuyer, seigneur de Gouy,Boucly, qui a toujours servi fidèlement le roi dans les assemblées des États de la province d'Artois. Il a deux frères actuellement au service, l'un en qualité de capitaine, l'autre de lieutenant au régiment de Boufflers. Il a eu un neveu tué sur la brèche, à l'assaut de Barcelone en 1697, alors qu'il commandait cinq compagnies de grenadiers, et il a un autre neveu gouverneur d'Hesdin depuis 1705[21].
Vers 1777, Pierre-Joseph-Alexandre de Cardevacque, chevalier, est seignuer de Gouy. Il se marie le avec Marie-Joseph-Pauline Grenet de Marquette (Marquette-en-Ostrevant), née le. Elle est la fille de Jérôme-Joseph Grenet de Marquette, chevalier, conseiller de la ville deLille, subdélégué de l'Intendant àCambrai, anobli en 1743, substitut du procureur du roi, et de mademoiselle de Hoves[22].
En, les religieux quittent l'abbaye dont les terres sont mises en vente dès le mois de mars commebiens nationaux[17].
En 1811, le sucre ayant pratiquement disparu du marché lors du blocus de l'Angleterre,Napoléon Ier encourage la culture en France de la betterave et la fabrication de sucre. En 1812, l'Aisne est chargée d'en cultiver 1000hectares et Alexandre Cougouilhe installe une sucrerie au Mont Saint Martin dont il est propriétaire. A la fin de l'épopée napoléonienne, Gouy est occupé par les coalisés et doit verser des indemnités de guerre. Le Mont Saint-Martin est loué jusqu'en par leduc de Wellington, généralissime de l'armée anglaise[17].
Vers 1825, Gouy voit se développer la culture desbetteraves sucrières, la confection de plumetis et l'installation d'unebriqueterie, suivie, en 1830, de la construction de latuilerie-pannerie, et, en 1832, du développement du tissage du coton. En 1835, est créée une activité de confection de rideaux enmousseline. Unfour à chaux est construit en 1836, puis, en 1838, ouverture d'une sucrerie qui occupera jusqu'à 150 habitants[17].
En 1862, un moulin à farine (à eau et à vapeur) fonctionne sur l'Escaut, au pont vers Estrées, deux moulins à vent tournent dans la campagne: 1 pour la farine, 1 pour l'huile (tordoir) à Guizancourt et un moulin à vapeur est installé à Gouy-au-Mont. D'autres activités industrielles existent à cette époque, telle une fabrique de chicorée[17].
Après 1945, le trafic décline, du fait de l'essor du transport des marchandises par camion et des voyageurs par autobus. Le Département de l'Aisne, propriétaire de la ligne Guise-Le Catelet, décide de son déclassement le. La ligne du Cambrésis cessera son activité en 1960.
La gare du Catelet-Gouy vers 1910 (carte postale).
L'ancienne gare transformée en habitation.
Horaire des trains en 1946.
Carte des lignes de chemin de fer à Gouy-Le Catelet.
Première guerre mondiale
Après labataille des frontières du 7 au, devant les pertes subies, l'état-major français décide de battre en retraite depuis la Belgique. Le[23], les Allemands s'emparent du village et poursuivent leur route vers l'ouest[24]. Dès lors commença l'occupation qui dura jusqu'en. Pendant toute cette période, Gouy restera loin des combats, le front se situant à une quarantaine de kilomètres à l'ouest versPéronne. Le village servira de base arrière pour l'armée allemande.
Des arrêtés obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien. En, le général Hindenburg décida de la création d'une ligne défense à l'arrière du front ; cetteligne Hindenburg de fortifications s'appuie sur lecanal de Saint-Quentin. Gouy est donc un point stratégique Les habitants du village sont évacués le[23].
En, l'offensive des Alliés sur le front dePéronne porte ses fruits, les Allemands cèdent du terrain peu à peu. Le, les troupes anglaises et australiennes se heurtent, à l'armée allemande. Pendant plusieurs jours, le village sera l'objet de nombreux combats[25].Au cours de ces combats, les bombardements ont provoqué de nombreuses destructions[26].Après l'Armistice, peu à peu, les habitants évacués sont revenus, mais la population de 1271 habitants en 1911 ne sera plus que de 793 en 1921 .Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions, la commune s'est vu décerner laCroix de guerre 1914-1918 (France) le[27].Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des 38 soldats de la commune Morts pour la France ainsi que de 3 civils.
Fusion de communes
La fusion de Gouy et du Catelet a été envisagée en 2017/2018 sous le régime descommunes nouvelles. Celle-ci a été abandonnée après le vote des conseils municipaux intervenus dans les deux villages le, et où la fusion a recueilli 10 voix pour et 2 contre au Catelet, mais 4 voix pour et autant contre à Gouy[28].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[35]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[36].
En 2022, la commune comptait 570 habitants[Note 3], en évolution de +1,42 % par rapport à 2016 (Aisne : −1,97 %,France horsMayotte : +2,11 %).
Les enfants de la commune sont scolarisés au sein d'unregroupement pédagogique intercommunal réunissant Gouy et Le Catelet[38], et administré par le syndicat intercommunal scolaire du haut Escaut[39].
Cimetière militaire britannique de Gouy (Prospect Hill Cemetery, Gouy) situé dur la route deBeaurevoir, qui abrite la sépulture de 538 soldats (dont 115 inconnus) décédés lors de la première Guerre Mondiale. On y recense 451 britanniques (dont 104 inconnus), 77 australiens (dont 11 inconnus) et 10 sud-africains[46].
Guizancourt Farm Cemetery
Prospect Hill Cemetery
Les sources de l'Escaut et son vallon, ainsi que le déversoir dans l'Escaut du Canal des Torrents, rigole de drainage creusée auXVIIIe siècle[47].
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2025, millésimée 2022, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2024, date de référence statistique : 1er janvier 2022.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155,lire en ligne, consulté le)
↑Amédée le Boucq de Ternas,Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 255,lire en ligne.
↑Amédée le Boucq de Ternas,Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 363,lire en ligne.
↑Amédée le Boucq de Ternas,Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 396,lire en ligne.
↑Éléonore Paul Constant Baron DU CHAMBGE DELIESSART,Notes historiques relatives aux offices et aux officiers du Bureau des finances de la généralité de Lille, L. Leleu,(lire en ligne),p. 83-85.
↑René Hennequin,La Formation du département de l'Aisne en 1790, Soissons, Imprimerie de G. Nougarède,(lire en ligne),p. 266.
↑« Le maire de Gouy, las, n'ira pas plus loin : Moïze Denizon ne démissionne pas, mais il ne briguera pas un nouveau mandat, à Gouy »,L'Aisne nouvelle,(lire en ligne, consulté le).
↑« Sophie Denizon-Rekut succède à son père à Gouy au bout du suspense face à Jacques Gendreau »,L'Aisne nouvelle,(lire en ligne, consulté le)« Elle ne souhaitait pas s'engager si tôt mais elle devient maire après un duel face à Jacques Gendreau à Gouy ».
↑« Une nouvelle équipe de football voit le jour à Gouy : Le « Gouy Football club » vient de voir le jour. Le village n'avait pas eu d'équipe de foot depuis 40 ans »,Le Courrier picard,(lire en ligne, consulté le).