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Gouverneur général du Canada

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Gouverneur général du Canada
(en)Governor General of Canada
Image illustrative de l’article Gouverneur général du Canada
Insigne du gouverneur général du Canada.

Image illustrative de l’article Gouverneur général du Canada
Drapeau du gouverneur général du Canada.

Image illustrative de l’article Gouverneur général du Canada
Titulaire actuelle
Mary Simon
depuis le
(4 ans, 6 mois et 22 jours)

Création
MandantCouronne canadienne
Durée du mandatAu plaisir de Sa Majesté
Premier titulaireVicomte Monck
Résidence officielleRideau Hall (Ottawa)
Citadelle de Québec (Québec)
Rémunération341 776 $CA annuellement[1]
Site internetgg.ca

Liste des gouverneurs généraux du Canada
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Legouverneur général du Canada (enanglais :Governor General of Canada) est le représentant duroi du Canada. En tant que représentant du monarque, il occupe également la position decommandant en chef des Forces armées canadiennes. Le gouverneur général est également selon la loi constitutionnelle de 1867, chargé, au nom du roi, d'administrer le gouvernement fédéral canadien.

L'actuelle titulaire de la fonction estMary Simon, gouverneure générale depuis le. Elle est la première personne à ce poste à avoir en partie des originesautochtones (inuite)[2],[3].

Nomination

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Leroi du Canada nomme le gouverneur général sur avis dupremier ministre du Canada. De1867 à1952, chaque gouverneur général était natif duRoyaume-Uni et membre de l'aristocratie britannique. Le dernier gouverneur général d'origine britannique futHarold Alexander,1er vicomte Alexander de Tunis, qui fut en poste de1946 à1952. Depuis le mandat deVincent Massey, gouverneur général entre 1952 et1959, le poste a été occupé uniquement par desCanadiens. De plus, par tradition, celui-ci est tenu alternativement par desCanadiens anglais et desCanadiens français. Depuis1967, le premier ministre ne communique au souverain qu'un seul nom lorsqu'il recommande une personne pour la fonction. Auparavant, une liste de plusieurs noms était fournie, laissant au monarque le soin de choisir. En général, le souverain est tenu par la Constitution de toujours suivre l'avis de ses premiers ministres, tant et aussi longtemps que ceux-ci gardent la confiance de laChambre des communes et agissent de manière constitutionnelle.

Bien qu'impartiaux durant leur mandat, les gouverneurs généraux ont souvent été d’anciennes personnalités politiques. Depuis1952, des personnes ayant déjà occupé les postes de diplomate, membre du Cabinet ou président de laChambre des communes ont été nommées.Adrienne Clarkson, gouverneure générale de1999 à2005, était auparavant auteure et journaliste de télévision ; elle fut la première gouverneure générale dans l’histoire canadienne à ne pas avoir de passé politique ou militaire. Elle fut également la deuxième femme et la première personne d’origine asiatique à occuper ce poste. La première femme gouverneure générale du Canada futJeanne Sauvé, dont le mandat s'est exercé de1984 à1990.

Il est de tradition que la personne désignée reste en poste pour un minimum de cinq ans, mais en réalité, ce poste est occupé selon « le bon vouloir de Sa Majesté », et le premier ministre canadien peut demander au roi de prolonger le mandat. Ainsi, le mandat d’Adrienne Clarkson fut prolongé d’un an par la reine sur l’avis du premier ministrePaul Martin, car celui-ci croyait préférable de garder un gouverneur général expérimenté en poste tant qu’ungouvernement minoritaire était à la tête du pays. Par le passé, les mandats d’autres gouverneurs généraux tels ceux deGeorges Vanier etRoland Michener ont eux aussi été prolongés.

Vacance de la fonction

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Dans l'éventualité où le gouverneur général décèderait, démissionnerait ou serait à l'étranger pour une période de plus d'un mois, il revient aujuge en chef du Canada d'agir en tant qu’administrateur du Canada et d'exercer ainsi tous les pouvoirs du gouverneur général. Les seules personnes à avoir endossé cette responsabilité à la suite du décès d’un gouverneur général furent les juges en chefLyman Poore Duff, succédant àLord Tweedsmuir en1940, etRobert Taschereau, succédant àGeorges Vanier en1967. De plus, à la suite de la démission deRoméo LeBlanc en1999, le juge en chefAntonio Lamer exerça l'intérim. En 2005,Beverley McLachlin, juge en chef du Canada, a remplacé Adrienne Clarkson qui a dû être hospitalisée afin de se faire poser un stimulateur cardiaque[4]. Le, la gouverneure généraleJulie Payette démissionne à la suite de la publication d'un rapport validant des accusations de harcèlement moral sur ses employés[5].Richard Wagner en tant quejuge en chef du Canada, et conformément à laConstitution, assure l'intérim.

Histoire

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Portrait de Charles Jacques Huault de Montmagny, premier gouverneur général de Nouvelle-France de 1636 à 1648.

La colonisation française de l’Amérique du Nord a commencé dans les années1580 (le territoire fut découvert parJacques Cartier en1534), mais la vaste colonie de laNouvelle-France (composée du Canada, de laLouisiane et de l’Acadie) a seulement grandi pendant le début et le milieu duXVIIe siècle. L’explorateurSamuel de Champlain devint la première personne officiellement nommée au poste degouverneur de la Nouvelle-France. À l’origine, la Nouvelle-France était administrée par laCompagnie des Cent-Associés ; en1663, cependant, le roiLouis XIV a pris le contrôle de la colonie. Après1663, la personne à la tête de l’administration française en Nouvelle-France était connue en tant que « gouverneur général » ; le premier à occuper cette fonction futCharles Jacques Huault de Montmagny.

La France perdit la majorité de ses territoires nord-américains, Canada inclus, au profit duRoyaume-Uni de Grande-Bretagne au cours de laguerre de Sept Ans (1756-1763), perte confirmée par letraité de Paris. Laproclamation royale de 1763 a changé le nom du Canada en « Province of Quebec » et le poste de gouverneur de Québec fut créé par la même occasion. Le lieutenant-généralSir Jeffrey Amherst a gouverné la province durant les dernières années de la guerre de Sept Ans, mais le premier civil à occuper cette fonction futJames Murray (nommé en1764). Les provinces de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick restèrent séparées, chacune avec son propre gouverneur. Dans les années1780, le gouvernement britannique dirigé par le premier ministreWilliam Pitt a accepté l’idée que les provinces de Québec, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ne devraient partager qu'un seul gouverneur-en-chef (plus tard appelé gouverneur général). La première personne à occuper ce poste futLord Dorchester (nommé en1786). Le gouverneur général, ou gouverneur-en-chef, ne gouvernait cependant que la province duBas-Canada ; leHaut-Canada, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse étaient en fait gérés par leurs lieutenants-gouverneurs respectifs. En1840, le Haut et le Bas-Canada furent réunis pour créer la Province du Canada, qui est restée sous l’autorité directe du gouverneur général.

Le rôle du gouverneur général a énormément évolué au lendemain desrébellions de 1837. En effet, une dizaine d'années après ces rébellions, le gouvernement britannique a consenti à accorder aux provinces canadiennes le statut degouvernement responsable. Cela eut pour effet de rendre le gouverneur général et les lieutenants-gouverneurs des gouverneurs de nom seulement, l’autorité étant en fait détenue par les législatures démocratiquement élues et les premiers ministres provinciaux. Cette répartition des rôles a perduré après l’établissement dudominion du Canada en1867 : le gouverneur général et les lieutenants-gouverneurs sont demeurés les représentants symboliques de la Couronne et du gouvernement britanniques, alors que le pouvoir réel était dans les mains dupremier ministre du Canada et de ses homologues provinciaux.

La fonction de gouverneur général a connu de grands changements durant la fin des années1920 et au début de la décennie suivante, au lendemain de l'affaire King-Byng. En1926, le premier ministrelibéralWilliam Lyon Mackenzie King a demandé au gouverneur généralLord Byng de Vimy de dissoudre le Parlement ; celui-ci, cependant, a utilisé sonpouvoir de réserve pour refuser cette requête, arguant du fait que des élections générales avaient été tenues seulement quelques mois plus tôt. King a donc remis sa démission, et Lord Byng a nomméArthur Meighen pour le remplacer à la tête du gouvernement. En une semaine cependant, le gouvernementconservateur de Meighen perdit unvote de non-confiance à la Chambre des communes, forçant le gouverneur général à dissoudre le Parlement et à déclencher les élections. Mackenzie King fut élu avec une majorité claire et revint avec la ferme intention de redéfinir le rôle du gouverneur général.

Leduc du Devonshire, gouverneur général du Canada de 1916 à 1921[6]. Jusque dans les années 1970, les gouverneurs généraux portaient l’uniforme de cour, un habit ressemblant à l’uniforme militaire, comme le montre cette photo.

Lors d'uneconférence impériale tenue plus tard en1926, le Royaume-Uni, le Canada et les autres dominions ont tous accepté ladéclaration Balfour. Celle-ci reconnaissait que chaque dominion était l’égal du Royaume-Uni, et que chaque gouverneur général agirait désormais dans son dominion seulement en tant que représentant de la Couronne et non en tant qu’agent du gouvernement britannique. Ce dernier rôle devait plutôt maintenant appartenir auxhauts-commissaires, équivalents des ambassadeurs. Le principe d’égalité entre les dominions fut développé plus avant par leStatut de Westminster en 1931. On abandonna le concept d’un grand empire dont les territoires appartenaient à la couronne britannique ; chaque dominion était un royaume à part entière et le souverain devenait ainsi roi du Royaume-Uni, roi du Canada, roi d’Australie, etc. Même si le dominion du Canada était maintenant reconnu comme indépendant et l’égal du Royaume-Uni, les responsabilités de gouverneur général ont traditionnellement continué à être confiées à des Britanniques, et non à des Canadiens. L’appellation « dominion » n’est plus qu'utilisée aujourd’hui dans les documents officiels vu la constitution de 1867, car elle impliquerait que le gouvernement britannique aurait une forme d’autorité sur le Canada, ce qui n’est pas le cas. Le premier gouverneur général de nationalité canadienne,Vincent Massey, ne fut nommé qu’en1952.

D’autres changements importants ont été apportés à cette fonction durant le mandat deRoland Michener (1967-1974). Michener a assoupli les protocoles et les formalités entourant le poste ; par exemple, l’antique coutume de s’incliner devant le gouverneur général fut abandonnée. Michener a conservé l’uniforme militaire traditionnel associé à son office, mais il fut le dernier gouverneur général à le faire. En1971, Michener visitaTrinité-et-Tobago, devenant ainsi le premier gouverneur général à faire une visite d’État dans un autre pays. Cette visite fut initialement la source de controverses, car plusieurs soutenaient que le souverain, et non le gouverneur général, était techniquement le chef de l’État canadien. Mais la controverse n’a pas duré ; il est maintenant très commun pour un gouverneur général de faire des visites d’État.

La fonction de gouverneur général a occasionnellement été un sujet de controverses au Canada. L'organismeCitoyens et citoyennes pour une république canadienne milite pour une modification du poste, en vue de ce que cet organisme voit comme une éventuelle transformation vers un système présidentiel similaire aux républiques d’Irlande ou de l’Inde, remplaçant ainsi complètement la monarchie. D’un autre côté, des organisations comme laLigue monarchiste du Canada sont favorables au maintien du rôle de gouverneur général en tant que représentant du monarque régnant. Depuis l’échec de l’Accord du lac Meech en1987 et de l’Accord de Charlottetown en1992, les politiciens canadiens se sont montrés réticents à ouvrir à nouveau la discussion sur la question constitutionnelle, surtout sur un sujet aussi polarisé que la monarchie. Il y a eu peu de débats sur une éventuelle abolition de la monarchie, principalement parce que beaucoup de Canadiens considèrent que le conflit portant sur lasouveraineté québécoise est plus urgent. Ainsi, le mouvement républicain au Canada n’est pas aussi fort que des mouvements similaires apparus dans d’autres royaumes du Commonwealth tels que l’Australie.

Mary Simon, première personne d'origineautochtone (inuite) à occuper le poste de gouverneur général du Canada.

Le, le premier ministreJustin Trudeau annonce la nomination deMary Simon comme nouvelle gouverneure générale du Canada. Elle est la première personne d'origineautochtone (inuite) à occuper ce poste, à partir du[2]. Au moment de sa nomination, elle ne parle ni ne comprend le français. Elle s'est engagée, après sa nomination, à apprendre le français, l'une des deux langues officielles du Canada depuis laLoi sur les langues officielles de 1969, quandPierre Elliott Trudeau était premier ministre fédéral.

Rôle gouvernemental

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Article détaillé :Monarchie canadienne.

Le gouverneur général est le représentant dumonarque canadien et exerce la quasi-totalité des pouvoirs de la Couronne. Le souverain conserve les pouvoirs exécutifs et sesprérogatives royales et les exerce conjointement avec le gouverneur général du Canada, mais il intervient extrêmement rarement dans la politique canadienne. Toutefois, seul le roi possède le pouvoir de nommer les gouverneurs généraux et comme requis par la Constitution canadienne, d’ajouter des sièges au sénat[7]. Il n’agit cependant que sur l’avis du premier ministre canadien.

Bien que le monarque duRoyaume-Uni soit aussi monarque du Canada, legouvernement britannique ne peut conseiller le gouverneur général ou interférer dans les affaires du Canada, ce pays étant une nation souveraine. Cela depuis l'adoption duStatut de Westminster en 1931.

Bien que les pouvoirs que possède le gouverneur général soient en théorie considérables, ils sont en pratique très limités. Le gouverneur général est unchef exécutif symbolique et nominal, agissant selon les contraintes de la Constitution et selon des précédents. En pratique, la grande majorité du pouvoir politique est entre les mains duparlement canadien (composé de laCouronne, duSénat et de laChambre des communes), et dupremier ministre ainsi que de soncabinet. Ainsi, le gouverneur général exerce presque toujours les prérogatives royales sur l’avis du premier ministre et des autres ministres, qui à leur tour, sont responsables face à une Chambre des communes élue démocratiquement, et à travers celle-ci, face au peuple. Mais, une partie des prérogatives royales, appeléepouvoirs de réserve, reste entre les mains de la Couronne, en tant que dernier contrôle du pouvoir gouvernemental ; comme l’expert constitutionnel et sénateurEugene Forsey (en) l'a dit : « A Governor General must take all steps necessary to thwart the will of a ruthless prime minister. (Un gouverneur général doit prendre toutes les mesures nécessaires pour contrecarrer les désirs d’un premier ministre intraitable) ». Ce pouvoir fut utilisé par le gouverneur généralLord Byng contre le premier ministreMackenzie King dans ce qu'on a appelé l’Affaire King-Byng, en1926. Certains, commeLarry Zolf de laCBC, ont également spéculé sur la possibilité que la gouverneure généraleAdrienne Clarkson refuse la recommandation du premier ministreJean Chrétien de dissoudre le Parlement en2002[8].

Toutes les lois sont édictées au nom du souverain. Pour qu’un projet de loi adopté par le Parlement soitmis en vigueur, lasanction royale est requise. À cette occasion, le gouverneur général agit au nom du souverain ; en théorie, il a trois options : accorder la sanction royale et ainsi approuver la loi, refuser la sanction en apportant son veto, ou émettre un droit de réserve sur le projet de loi afin que la sanction soit personnellement accordée ou refusée par le souverain[9]. Si le gouverneur général accorde la sanction royale, le monarque a deux ans pour « rejeter » le projet de loi, annulant ainsi la loi en question. Aucun gouverneur général n’a refusé d’accorder la sanction royale depuis la Confédération, mais certains lieutenant-gouverneurs l’ont fait.

Le gouverneur général convoque, proroge, et dissout le Parlement[10]. Chaque session parlementaire commence avec la semonce du gouverneur général. Une nouvelle session est caractérisée par l’ouverture du Parlement, durant laquelle le gouverneur général lit lediscours du Trône depuis le Sénat, donnant ainsi les grandes lignes de l’agenda législatif du gouvernement pour l’année à venir. La prorogation du Parlement survient habituellement environ un an après l’ouverture d’une session, et suspend officiellement les séances. La dissolution, dont le moment peut varier selon différents facteurs, met fin à un mandat parlementaire (celui-ci ne peut excéder cinq ans)[11]. S’ensuivent alors des élections générales pour tous les sièges de la Chambre des communes. Un gouverneur général pourrait théoriquement refuser une dissolution, mais les circonstances qui le lui permettraient sont imprécises. Un refus pourrait être justifié si un gouvernement minoritaire était en fonction très brièvement et qu’un autre parti semblait pouvoir réussir à obtenir la confiance de la Chambre. La dernière fois qu’un gouverneur général a refusé de dissoudre le parlement, était durant la susmentionnée affaire King-Byng.

Lorsque cela est nécessaire, le gouverneur général est responsable de la nomination d’un nouveau premier ministre. En accord avec laconvention constitutionnelle (non écrite), il doit choisir la personne qui a le plus de probabilités de conserver le soutien de la majorité de la Chambre des communes : généralement le chef du parti majoritaire à la Chambre[12]. Si aucun parti n’a de majorité, deux groupes ou plus peuvent former une coalition, dont le chef désigné en interne est ensuite nommé premier ministre[13]. De tels gouvernements de coalition sont rares au Canada. Lorsqu'aucun parti ou coalition n’a de majorité à l’intérieur du Parlement, la convention exige du gouverneur général qu’il nomme la personne ayant le plus de chance d’obtenir le soutien de la Chambre des communes : généralement, mais pas nécessairement, le chef du parti qui occupe le plus de sièges. Ainsi,Paul Martin est resté premier ministre plus d’un an après l’élection de 2004 alors même que son parti n’avait pas la majorité. Dans certains contextes, le gouverneur général va devoir utiliser son jugement pour déterminer la personne la plus appropriée à devenir premier ministre.

Le gouverneur général a aussi le pouvoir de nommer les ministres fédéraux, lessénateurs, les juges et d’autres fonctionnaires[14]. Dans les faits, cependant, les intéressés sont choisis par le premier ministre ou d’autres ministres. De plus, le gouverneur général a la responsabilité de nommer, au nom du souverain, les lieutenant-gouverneurs dans les provinces. Dans ce cas-ci également, ce sont les premiers ministres (fédéraux et provinciaux) qui en font le choix. Un lieutenant-gouverneur peut, plutôt que d’accorder la sanction royale à un projet de loi provincial, émettre un droit de réserve et laisser la décision au gouverneur général. Cette pratique est cependant tombée en désuétude et a été utilisée pour la dernière fois par le lieutenant-gouverneur de laSaskatchewan en1961. Lescommissaires des territoires canadiens ne sont pas nommés par le gouverneur général ; ils n’agissent pas non plus en tant que représentants de la Couronne.

Rôle honorifique

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Les fonctions du gouverneur général sont majoritairement honorifiques. En qualité de représentant du souverain, il accomplit certaines fonctions habituellement associées à celles d’un chef d’État. Il fait des visites d’État à l’étranger, reçoit des chefs d’État étrangers au Canada, reçoit lesambassadeurs et leshauts-commissaires, rencontre des groupes officiels, remet des décorations honorifiques et des prix. De plus, une tradition récente veut que chaque gouverneur général sortant crée un trophée ou un prix (généralement dans le sport) portant son nom.

Il occupe le rôle symbolique decommandant en chef des Forces canadiennes. L’allégeance des membres des Forces armées est due à la monarchie canadienne, et non à un gouvernement en exercice, temporaire et changeant. En pratique, il n’est pas évident de savoir si le commandant des Forces armées peut, dans la réalité, se tourner vers le gouverneur général s’il pense que les ordres reçus du premier ministre ou du ministre de la Défense nationale sont illégaux ou contraires à l'éthique[15], ni si le gouverneur général peut donner directement de nouveaux ordres. En effet, il n'existe aucun précédent de ce genre dans l'histoire du Canada. Si un gouverneur général annulait un ordre du premier ministre, cela créerait indubitablement une crise constitutionnelle.

Le gouverneur général est également le colonel de trois régiments canadiens : lesGovernor General’s Horse Guards, lesGovernor General's Foot Guards et lesCanadian Grenadier Guards. Le grade de colonel est situé directement sous celui de colonel en chef, titre destiné au souverain.

Précédemment, leslettres de créance (présentées par des ambassadeurs ou des hauts-commissaires arrivant ou quittant leur poste au Canada) étaient adressées au monarque ; depuis début2005, cependant, elles sont directement adressées au gouverneur général, sans référence au souverain. Cette décision a causé quelques controverses, soulevant l'ire de certains monarchistes[16].

Préséance et privilèges

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Selon l’ordre de préséance, lors d'un événement officiel, le gouverneur général précède tous les invités, sauf le souverain. En tant que représentant direct du monarque, le gouverneur général a même préséance sur d’autres membres de lafamille royale.

Tout au long de son mandat, le gouverneur général ainsi que son conjoint reçoivent le prédicat honorifique « Son Excellence », son épouse ou époux est appeléconsort vice-royal. De plus, les gouverneurs généraux sortants sont nommés auConseil privé du Roi pour le Canada et ont droit au titre de « très honorable » à vie ; le terme « Son Excellence » est cependant retiré lorsqu’ils quittent leur fonction, ce titre étant attribué internationalement aux chefs d'État. Le gouverneur général et son conjoint sont les seuls Canadiens ayant le privilège de recevoir le traitement « Son Excellence » au pays. Pendant toute la durée de son mandat, le gouverneur général est également le chancelier et compagnon principal de l'ordre du Canada, le chancelier de l'Ordre du mérite militaire et le chancelier de l'Ordre du mérite des corps policiers et dutrès vénérable Ordre de Saint-Jean. Ainsi, il est autorisé à porter les médailles et insignes de ces ordres. Lors de son investiture, il se voit présenter les colliers de l'Ordre du Canada, de l'Ordre du mérite militaire, de l'Ordre du mérite des corps policiers et aussi l’Autorité héraldique.

Ledrapeau du gouverneur général a préséance sur tous les autres drapeaux et étendards, sauf sur l'étendard personnel du souverain du Canada. Cet étendard est arboré sur le véhicule utilisé par le gouverneur général et sur l'édifice dans lequel il se trouve ou réside. Cependant, lors de visites officielles à l’étranger où le gouverneur général représente le Canada, il utilise ledrapeau du Canada, aussi appelé unifolié, symbole représentatif et reconnu du pays.

Le « salut vice-royal » est l’hymne utilisé pour accueillir le gouverneur général. Il est composé des six premières mesures de l’hymne royal canadien (God Save the King) et des quatre premières et quatre dernières mesures de l’hymne national canadien (Ô Canada). À l’étranger, seul leÔ Canada est utilisé. Lors des cérémonies officielles, une salve royale de 21 coups d'artillerie est tirée à l'arrivée du gouverneur général[17].

Le gouverneur général perçoit un salaire annuel imposable de 302 114 $. Le, il est pratiquement doublé, passant de 137 000 $ à 270 000 $. Legouvernement explique que cette augmentation a pour but de compenser le fait que celui-ci sera désormais imposé comme tous les Canadiens[18]. Il dispose de deux résidences officielles :Rideau Hall àOttawa, enOntario, et laCitadelle de Québec, auQuébec, où le couple passe chaque année quelques semaines. Par métonymie, les membres du couple vice-royal sont appelés « châtelain et châtelaine de Rideau Hall ».

Jusque durant laSeconde Guerre mondiale et avant d'être incorporé aux bureaux du premier ministre, le gouverneur général ainsi que son personnel bénéficiaient de bureaux sur lacolline du Parlement, dans l'aile Est[19]. Lorsque les bureaux du premier ministre furent déménagés dans l’édifice Langevin dans les années1970, les anciens locaux qui abritaient les bureaux du gouverneur général furent restaurés pour leur rendre leur apparence duXIXe siècle. Ils représentent aujourd’hui une attraction touristique lors des visites sur la colline parlementaire à Ottawa[20].

Le personnel du gouverneur général est dirigé par le secrétaire du gouverneur général du Canada, travaillant àRideau Hall[21].

Liste des gouverneurs généraux

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Article connexe :Liste des gouverneurs généraux du Canada.

Activités post-mandat

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Les gouverneurs généraux à la retraite se retirent généralement de la vie publique ou acceptent des postes diplomatiques.Edward Schreyer, en mandat de1979 à1984, est devenu haut-commissaire en Australie à sa retraite. En2005, il est devenu le premier ancien gouverneur général à briguer un poste de député à laChambre des communes lorsqu’il s’est présenté en tant que candidat duNPD dans la circonscription deSelkirk—Interlake. Schreyer a perdu face au conservateurJames Bezan.

À la suite de son mandat de gouverneure générale de 2005 à 2010,Michaëlle Jean exerça plusieurs autres fonctions publiques. Elle est envoyée spéciale de l'UNESCO pour Haïti, chancelière de l'Université d'Ottawa et Grande Témoin de la Francophonie aux Jeux olympiques de Londres. Le, elle est désignée secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie au Sommet de Dakar par les chefs d'État et de gouvernement des États membres. Elle est pleinement investie dans ses fonctions le.

L’histoire des gouverneurs généraux britanniques compte plusieurs exemples d’anciens vice-rois revenant à une carrière politique enGrande-Bretagne après leur mandat. En1952,Lord Alexander de Tunis a démissionné de son mandat de gouverneur général pour accepter le poste de ministre de la Défense deWinston Churchill.Lord Lansdowne et leduc de Devonshire sont également devenus membres du gouvernement britannique après leurs carrières vice-royales. Lansdowne lui-même fut durant plus de dix ans le chef duParti conservateur à laChambre des lords à Londres.

Seuls trois anciens gouverneurs généraux canadiens ont laissé une autobiographie.John Buchan fut le premier avecMemory Hold-the-Door, écrite durant son mandat à Rideau Hall et publiée en1940.Vincent Massey fut le second, avec sa biographie en deux volumes,On Being Canadian publiée en 1948 etWhat’s Past is Prologue: The Memoirs of the Right Honourable Vincent Massey, C.H. en 1963. Peu après son départ de Rideau Hall,Adrienne Clarkson a signé un contrat de deux livres avecPenguin Canada, le premier intituléHeart Matters.

Notes et références

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  1. « Indemnités, salaires et allocations », surParlement du Canada(consulté le)
  2. a etbFrançoisMessier, « Mary Simon sera la 30e gouverneure générale du Canada », surRadio-Canada,(consulté le)
  3. Gouvernement du Canada,L'installation — La gouverneure générale désignée,consulté en ligne le 25 juillet 2021.
  4. Adrienne Clarkson hospitalisée
  5. « La gouverneure générale Julie Payette démissionne », Radio-Canada, publié et consulté le 21 janvier 2021.
  6. Crédit : Dupras & Colas / Library and Archives Canada / C-001013.
  7. Défendre les intérêts de la population canadienne
  8. [1]
  9. Comment les projets de loi du gouvernement deviennent des lois - Canada
  10. Gouverneur général
  11. Cycle parlementaire — article général — Compendium de procédure — Chambre des communes . Canada
  12. Le Canada en devenir - Événements et sujets spécifiques
  13. Les Canadiens et leur système de gouvernement,6e édition - Le régime parlementaire
  14. http://www.parl.gc.ca/compendium/web-content/c_g_parliamentaryframework-f.htm Voir annexe : Rôle de la Couronne et du gouverneur général
  15. Secrétariat du Conseil du Trésor duCanada, « Qu'est-ce que l'éthique ? », surwww.canada.ca,(consulté le)
  16. Monarchist League of Canada, Ottawa branch.
  17. Honneurs et saluts
  18. [http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/559297/gouverneur-salaire-augmentation
  19. Bureau du Gouverneur Général – Colline du Parlement
  20. L'aile Est de la Colline du Parlement
  21. Bureau du gouverneur général

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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