Laurent Joly qualifie ce gouvernement comme une « union des droites » faite de personnalités d'extrême droite comme Maxime Weygand et Raphaël Alibert, de catholiques conservateurs comme Yves Bouthillier ou d'hommes de centre droit comme Pierre Laval. On note aussi la présence de René Belin, syndicaliste de laCGT pacifiste et anticommuniste, et de Adrien Marquet, promoteur d'un néo-socialisme autoritaire et nationaliste[4].
Garde des Sceaux et ministre secrétaire d’État à la Justice, chargé des services de secrétariat général de présidence du Conseil et de la direction générale des services d'Alsace et de Lorraine(à partir du)
Une nouvelle loi relative à la composition du Gouvernement est décrétée par Pétain le 6 septembre, elle réorganise la forme et le fond du gouvernement. La nomenclature des « ministres secrétaire d'État » changent tous pour « secrétaires d'État ». Cependant, seul le vice-président, Laval, et huit secrétaires d'État sont des ministres de pleins droits et forment le conseil des ministres, les autres n'ont qu'une voix délibératives lorsqu'il s'agit d'une loi intéressant leurs départements. Un conseil de cabinet est créé, composé du vice-président du Conseil et des secrétaires d'État. Il prépare les décisions du conseil des ministres[16].
Ministre secrétaire d'État, vice-président du Conseil, chargé de l'Information, de la presse et de la radiodiffusion et de la coordination des différents ministères
Garde des Sceaux et Secrétaire d’État à la Justice, chargé des services de secrétariat général de présidence du Conseil et de la direction générale des services d'Alsace et de Lorraine(à partir du)
↑Adrien Marquet est unnéo-socialiste, maire de Bordeaux exclu de laSFIO en 1933 après avoir publié un manifeste avecMarcel Déat prônant « Ordre - Autorité - Nation ». Il fonde en 1935 leParti néo-socialiste pour une politique corporatiste et autoritaire puis il s'oppose au Front populaire en 1936.
↑a etbPaul Baudouin est proche du centre-droit et l'homme de confiance dePaul Reynaud, s'éloignant de lui en juin par sa position pro-armistice.
↑Yves Bouthillier est un haut-fonctionnaire ouvertement hostile auFront populaire et se rapproche dePaul Raynaud qu'il trahi en juin pour rejoindre Pétain.
↑Maxime Weygand entre en 1936 dans leRassemblement national pour la reconstruction de la France, groupe traditionaliste et réactionnaire. Il signe en 1937 un manifeste pro-franquiste. Il est membre duCercle Fustel de Coulanges. En juin 1940, il écrit une note-programme qui demande un nouveau régime avec pour devise « Dieu, Patrie, Famille, Travail ».
↑Pierre Caziot est un ingénieur agronome, conservateur agrarien.
↑Membre du Syndicat national des agents des PTT, associé à laCGT dont il devient en 1933 un secrétaire général adjoint. Il y tient une ligne pacifiste et anticommuniste. En 1938, sa tendance « Syndicats » dépend les accords de Munich. Il est donc associé à l'aile droitière de la CGT et devient une « caution de gauche ».
↑Henry Lémery est un avocat martiniquais d'abord proche du centre-gauche, député entre 1914 et 1919 puis sénateur à partir de 1920. Il se rapproche du centre-droit à partir des années 1920. Il défend une ligne sécuritaire et de puissance nationale contre la sécurité collective d'Aristide Briand. Il s'oppose aux sanctions contre l'Italie et au soutien à la République espagnole. Il participe en 1934 au projet de réforme autoritaire de la Constitution d'André Tardieu. Il doit quitter en 1936 le groupe de la Gauche démocratique et devient donc un non-inscrit, opposant au Front populaire. Il est ouvertement anticommuniste et à la fin des années 30 se rapproche des milieux conservateurs.
↑Louis Colson est polytechnicien ayant été chargé de l'envoi d'équipements aux républicains espagnols mais n'a pas d'affiliation politique.
↑François Darlan est issu d'un milieu républicain progressiste, conservateur socialement. Il est anticommuniste et méprise l'antiparlementarisme.
↑Bertrand Pujo est un aviateur avec deux citations à l'ordre de l'armée. Il est président d'Air France en 1936.
↑Jean-PaulCointet,Les hommes de Vichy: l'illusion du pouvoir, Perrin,(ISBN978-2-262-04929-4)
↑HubertBonin, BernardLachaise et FrançoiseTaliano-des Garets,Adrien Marquet: les dérives d'une ambition, Bordeaux, Paris, Vichy, 1924-1955, Confluences,(ISBN978-2-35527-005-5)