En 1882, Goldman invite son gendreSamuel Sachs à rejoindre l'entreprise et rebaptise cette dernièreM. Goldman and Sachs. La société croît rapidement dans les années 1880 au fur et à mesure qu'elle gère un capital croissant. En 1885, Goldman recrute son fils Henry et son beau-fils Ludwig Dreyfuss dans l'affaire et rebaptise l'entrepriseGoldman Sachs & Co[7],[8]. La société se forge un nom, devenant une pionnière dans l'utilisation des papiers commerciaux pour lesentrepreneurs.
En 1894,Samuel Sachs remplace son beau-père Marcus Goldman à la tête de la société. Elle s'inscrit à labourse de New York en 1896[9].
Au début duvingtième siècle, Goldman participe à la création des règles d'introduction en bourse (initial public offering, IPO). En 1906, elle réalise une de ses premières transactions publiques en gérant l'une des plus importantes introductions en bourseà ce jour[Quand ?], pour le compte de laSears, Roebuck and Company, après avoir réalisé avec succès sa première opération de ce type pour United Cigar Manufacturers.
Le, la société crée leGoldman Sachs Trading Corp., unesociété d'investissement à capital fixe(en) avec des propriétés similaires à celles d'unechaîne de Ponzi[10]. Le cours de bourse de la société explose avant de s'effondrer avec lekrach de 1929[11]. En 1932, une commission d'enquête du Sénat américain interrogea Samuel Sachs[12] :
« Senator Couzens: Did Goldman, Sachs and Company organize the Goldman Sachs Trading Corporation? Mr. Sachs: Yes, sir. Senator Couzens: And it sold its stock to the public? Mr. Sachs: A portion of it. The firm invested originally in 10 per cent of the entire issue for the sum of $10,000,000. Senator Couzens: And the other 90 per cent was sold to the public? Mr. Sachs: Yes, sir. Senator Couzens: At what price? Mr. Sachs: At 104. That is the old stock... the stock was split two for one. Senator Couzens: And what is the price of the stock now? Mr. Sachs: Approximately 1¾ »
En 1930,Sidney Weinberg devient associé principal et déplace les activités de Goldman Sachs du négoce vers la banque d'investissement. En 1969 Gus Levy prend la tête de la société. En 1970, Goldman Sachs compte environ 1 300 employés[13].
Une autre crise financière de la société Goldman Sachs s'est produite en 1970, quand la Penn Central Transportation Company a fait faillite avec plus de 80 millions de dollars d'actions en circulation, la plupart émises par Goldman Sachs. La faillite était de grande ampleur, et les poursuites en découlant ont menacé le capital du partenariat et la vie de l'entreprise. C'est cette faillite qui a entraîné la création de notations de crédit pour chaque émetteur d'actions.
John Weinberg, le fils de Sidney Weinberg dirige la société entre 1976 et 1990.
En 1990,Robert Rubin et Stephen Friedman prennent la tête de Goldman Sachs. Robert Rubin quitte la banque pour devenir le70eSecrétaire au Trésor des États-Unis de 1995 à 1999 pendant le gouvernement de Bill Clinton.
Jon Corzine prend la tête de la firme en 1994. Il la quitte pour devenir sénateur puis gouverneur du New Jersey dans les années 2000. Il devient ensuite PDG deMF Global, qui fait faillite sous sa direction en[14].
La rentabilité moyenne annuelle des fonds propres deGoldman Sachs est de 29 % de 2000 à 2008 : ce chiffre est à comparer au 19 % du secteur financier américain et au 1 % de la grande distribution[17].
Dans la deuxième partie de l'année 2007, Goldman Sachs est l'une des seules entreprises du secteur financier à ne pas avoir perdu d'argent en anticipant lacrise des subprimes[18]. En 2008, Goldman Sachs compte environ 30 000 employés[13]. La même année, le groupe bancaire annonce un bénéfice en baisse de 70 %.
Le, en raison des pertes considérables subies par leurs implications dans lacrise des subprimes, le groupe demande et reçoit l’approbation de laRéserve Fédérale (Fed) pour un changement de statut : de banque d’investissement (investment bank) elle devient la quatrièmeholding company du pays[19]. Le groupe peut alors bénéficier des nouvelles liquidités de la Réserve Fédérale débloquées par leplan Paulson[20]. Lesecrétaire au TrésorHenry Paulson étant un ancien président et directeur de la banque Goldman Sachs, des critiques soulèvent qu'il y a un possible conflit d’intérêts[5]. Il ne sera cependant jamais inquiété par la justice. Ce sauvetage semble ne pas être sans contreparties : le capital de Goldman Sachs change de mains. Ainsi,Warren Buffett entre officiellement dans le capital de la banque en injectant 5 milliards de dollars.
Goldman Sachs a reçu, à l'automne 2008, près de 13 milliards de dollars que lui devaitAmerican International Group, qui lui-même a été renfloué par la Fed[21].
En, le magazine américainRolling Stone publie un article de l'écrivain politiqueMatt Taibbi où ce dernier accuse Goldman Sachs d'avoir provoqué la plupart des « manipulations de marché » ou bulles, lors de ces 80 dernières années[22].
En, laSecurities and Exchange Commission poursuit Goldman Sachs etFabrice Tourre, un de ses vice-présidents, pour fraude dans les événements entourant la crise dessubprimes,« une affaire qui pourrait avoir coûté plus d'un milliard de dollars aux investisseurs »[23],[18]. Le, la société a décidé de verser 550 millionsUSD pour mettre fin à la poursuite[24].
Le, le gouvernement des États-Unis entame des poursuites judiciaires contre Goldman Sachs pour son rôle dans lacrise des subprimes[26].
En,La Tribune publie un article dans lequel elle soupçonne Goldman Sachs ainsi que d'autres gros acteurs du marché des matières premières de créer artificiellement, avec la complicité duLondon Metal Exchange, une pénurie de zinc et d'aluminium et ainsi spéculer à la hausse sur les cours[27].
En, Goldman Sachs est contraint d'acquérir 3,15 milliards de dollars américains de produits financiers dans le cadre de ses poursuites dans le conflit qu'il a avecFederal Housing Finance Agency(en) (FHFA), le régulateur des organismes para-étatiqueFreddie Mac etFannie Mae[28].
En, leNew York Times affirme que Goldman Sachs porte une responsabilité directe dans l'aggravation de lacrise de la dette publique grecque. Elle aurait aidé le gouvernement grec à camoufler sa dette grâce à des outils financiers qui lui auraient permis de dissimuler ses transactions tout en renflouant ses comptes avec l'aide d'autres banques américaines. Goldman Sachs en aurait tiré 300 millions de dollars de bénéfices[29].
Le, Alan Brazil, stratégiste haut placé de Goldman Sachs, remet un rapport de 54 pages aux centaines de clients institutionnels de la firme. Il recommande aux Hedge Funds de tirer profit de la situation en spéculant sur une aggravation de la crise de la dette en Europe. L'affaire est révélée par le Wall Street Journal[30],[31].
En, la crise de la dette grecque en Europe nécessite plusieurs remaniements dans les gouvernements. EnGrèce, le premier ministreGeórgios Papandréou est remplacé parLoukás Papadímos, ayant travaillé à Goldman Sachs[32]. EnItalie,Silvio Berlusconi est remplacé parMario Monti, ayant aussi travaillé à Goldman Sachs[32].Mario Draghi, vice-président de la branche européenne de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs de 2002 à 2005, succède à Jean-Claude Trichet le à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE).
Le, l'économiste britanniqueJim O'Neill estime que la zone euro sera démantelée en cas d'intégration budgétaire plus poussée. Dans un entretien publié par leSunday Telegraph, le président deGoldman Sachs Asset Management pense que certains pays vont quitter la zone euro plutôt que de dépendre de règles budgétaires plus centralisées. La division que dirige Jim O'Neill gère plus de 800 milliards de dollars (581 milliards d'euros) d'actifs[33].Marc Roche estime que Jim O'Neill « tient le haut du pavé dans la défénestration de l'euro »[34].
Du fait de son implication dans les déboires de la zone euro et le trucage des comptes publics grecs, la banque a perdu de son influence en Europe, l'opinion publique comme les gouvernants de grands pays de la zone (en particulierNicolas Sarkozy,Angela Merkel etSilvio Berlusconi) affichant leur hostilité envers la firme[35]. De par ses liens avec plusieurs des plus hautes figures exécutives européennes, Goldman Sachs détenait en effet jusqu'alors une influence inégalée en Europe[36].
Le,Rajat Gupta, ex-administrateur de la banque Goldman Sachs et ancien directeur général du cabinetMcKinsey & Company, est arrêté et incarcéré par leFederal Bureau of Investigation pour délit d'initiés dans l'affaire du fonds d'investissement Galleon[37], et reconnu coupable en.
Le, leFinancial Times révèle que Henry King, analyste de Goldman Sachs pour le secteur technologique, fait l'objet d'une enquête du bureau du procureur de New York pour délit d'initiés[38].
Le M. Greg Smith quitte Goldman Sachs et signe un article « Why am I leaving Goldman Sachs »[39] (Pourquoi je quitte Goldman Sachs) où il dénonce le mépris dans lequel seraient tenus les clients en interne.
En 2014, une commission du Sénat américain dévoile les pratiques de Goldman Sachs et de deux autres banques sur les marchés des matières premières comme ceux du cuivre, du pétrole ou de l'électricité qui ont manipulé les marchés à leur avantage, notamment en stockant de grandes quantités de matières premières ne correspondant à aucune opération de production utile[40].
En, Goldman Sachs est contraint de payer une amende de 5 milliards de dollars pour son rôle dans la crise des subprimes, comme plusieurs autres grandes banques américaines pour des montants similaires[41].
En, Goldman Sachs annonce l'acquisition d'United Capital, banque californienne spécialisée dans la banque privée, pour 750 millions de dollars[42].
En septembre 2020, Goldman Sachs annonce l'acquisition des activités de cartes de crédit deGeneral Motors pour 2,5 milliards de dollars[43]. En 2021, la banque ouvre des bureaux à Paris pour renforcer ses activités en France[44].
En août 2021, Goldman Sachs annonce l'acquisition de NN Investment Partners, un fonds d'investissement néerlandais pour 1,6 milliard d'euros[45]. En septembre 2021, Goldman Sachs annonce l'acquisition de GreenSky, une entreprise spécialisée dans les prêts pour la restauration immobilière, pour 2,24 milliards de dollars[46].
En janvier 2023, la banque d'investissement commence un plan de licenciement portant sur 3 200 salariés (sur les 48 500 employés que compte la banque) à travers le monde. C'est le plan de licenciement le plus important depuis lacrise financière de 2008[47].
Les activités de Goldman Sachs sont divisées en cinq grands pôles : la banque d’investissement, les marchés de capitaux, l’investissement et les prêts, la gestion d’actifs et la recherche[48].
De 8,2 milliards de dollars en 2005, le revenu net avant impôt de la banque est passé à 19,8 milliards en 2009. Les opérations detrading représentent 75 % des 45 milliards de dollars de revenus de Goldman Sachs en2009. SelonLloyd Blankfein, Goldman Sachs est unMarket maker qui réalise 10 à 15 % de ses activités pour son propre compte[49].
Les services de la banque d’investissement (conseils en fusions acquisitions, en financement et en gestion des risques) sont proposés à un grand nombre de clients : gouvernements, institutions financières et sociétés des secteurs des biens de consommation, de la santé, de l’industrie, de l’immobilier, et de la technologie.
Le département fusions et acquisitions de la société propose ses conseils et son expertise sur des transactions complexes : fusions, acquisitions, cessions, acquisitions par emprunt, protections contre l’activisme et le raid financier, coentreprises, et restructurations.
Les services de financement comprennent les émissions d’actions et de dettes et les prêts structurés.
Les services de gestion des risques proposent des solutions relatives à la gestion des risques de change, de taux, et de matières premières.
Les équipes de Goldman Sachs conseillent une clientèle institutionnelle globale lors de l’achat et de la vente d’instruments financiers sur les marchés de capitaux. Goldman Sachs leur permet d’intervenir sur l’ensemble des classes d’actifs et sur les principaux marchés dans le monde.
Le département compensation fournit à ses clients un accès direct aux actions et aux produits dérivés de toutes les bourses mondiales. Les activités dePrime Brokerage de Goldman Sachs permettent à leurs clients Hedge Fund de gérer leurs risques, de contrôler la performance de leurs portefeuilles et de financer leurs activités.
Le pôle Investissement et Prêts est divisé en quatre départements : la banqueGoldman Sachs USA, la divisionMerchant Banking (Direct Private Investing), leUrban Investment Group, et leSpecial Situations Group (Middle Market Financing and Investing).
Goldman Sachs Bank USA (« GS Bank ») est une banque de l’État de New-York, sous la supervision de la Réserve Fédérale. Elle fournit des services bancaires tels les dépôts, les prêts aux individus et aux entreprises et les transactions sur les produits dérivés (crédits, taux, et monétaires).
LaMerchant Banking Division (MBD) assure le ‘Direct Private Investing’ en investissant en capital ou en dette dans des domaines multiples, notamment l’immobilier et les infrastructures. Depuis 1986, le groupe a levé $125 milliards de capitaux destinés à ces investissements.
LeSpecial Situations Group (SSG)intervient sur le segment du ‘Middle Market Financing and Investing’: le groupe prête et investit le capital de Goldman Sachs directement auprès des sociétés de tailles moyennes.
Enfin, leUrban Investments Groupassure les investissements en faveur de projets d’urbanisme, et soutient le développement des zones d’habitat au travers de partenariats avec notamment des organismes à but non lucratif.
La branche Goldman Sachs Asset Management (GSAM) conseille les clients institutionnels et les particuliers fortunés dans leurs investissements et la gestion des risques. Les fonds GSAM peuvent également être distribués par des banques tierces. La branche Banque Privée conseille les particuliers et les fondations dans la gestion de leurs actifs financiers.
Le département Global Investment Research fournit à ses clients des analyses sur un grand nombre de marchés, dont les actions, les taux, les devises et les matières premières, s’appuyant notamment sur de nombreuses études macro-économiques.
Elle est propriétaire du groupeISS, leader mondial du « facility services »[53] et de la compagnie allemandeXella[54].
Le groupe a investi 500 millions de dollars dansFacebook[55].
Le, Goldman Sachs met fin à 34 ans d’investissement dans les matières premières, en vendant ses mines decharbon enColombie, Colombia Natural Resources[56].
En 2019, le groupe s'intéresse à nouveau à l'énergie, et auGaz naturel notamment. En France, un arrêté ministériel du autorise Goldman Sachs« à exercer l'activité de fourniture de gaz sur le territoire français pour approvisionner les fournisseurs de gaz nature »[57].
En 2009, le chiffre d'affaires de Goldman Sachs est de 51,67 milliards de dollars, dont 13,39 milliards de dollars de bénéfices[58].
En 2010, la compagnie verse 15,38 milliards de dollars en salaires et en primes à ses employés, ce qui représente une diminution de 5 % par rapport à 2009[59].
Goldman Sachs a employé de nombreuses personnalités qui ont occupé des postes importants dans les institutions de leurs pays ou internationales, personnes qui ont parfois repris une carrière dans des fonctions publiques
Président de la Commission européenne entre 2004 et 2014, en exercice à l'époque de la crise financière de plusieurs pays de la zone euro, il prend la présidence non exécutive de Goldman Sachs International à Londres, quelques jours après le vote des Britanniques en faveur duBrexit. Vivement critiquée par plusieurs députés européens, qui envisagent d'engager une procédure à l'encontre de l'ancien président[65], ce « pantouflage » a provoqué de nombreuses condamnations en Europe, dont en France et au Portugal[66], son pays d'origine. Interrogé sur cette nomination, Jean-Claude Juncker, l'actuel président de la Commission, déclare qu'il ne « l'aurait pas fait »[67]. José Manuel Barroso doit aider Goldman Sachs à préserver ses intérêts financiers à la City, notamment l'accès aupasseport financier européen
Jon Corzine est trader sur les obligations pour Goldman Sachs depuis 1975. Il est président directeur général (Chief executive officer) de Goldman Sachs de 1994 à 1998. Il est sénateur démocrate du New Jersey de 2001 à 2006 puis gouverneur démocrate de ce même état de 2006 à 2010. Il est un invité très fréquent dugroupe Bilderberg depuis qu'il a pris la présidence de Goldman Sachs[68]
En, il devient président deMF Global, courtier financier spécialisé dans les produits dérivés à l'échelle mondiale. Sous son égide le courtier parie massivement sur les dettes publiques européennes, surtout italiennes et espagnoles, alors en proie à une hausse brutale de leurs taux d'intérêt. MF Global reconnaît être exposé à hauteur de 6,3 milliards de dollars sur les dettes publiques espagnoles et italiennes depuis l'été 2011. MF Global fait faillite le. Cette faillite est la huitième plus importante aux États-Unis en trente ans[69]
Il est vice-président de Goldman Sachs pour l'Europe entre 2002 et 2005 chargé des « entreprises et pays souverains ». D'après Marc Roche, journaliste au journalLe Monde, « l'une de ses missions est [alors] de vendre le produit financier "swap" permettant de dissimuler une partie de la dette souveraine, qui a permis de maquiller les comptes grecs »[70]. Il est Gouverneur de la Banque d'Italie entre 2006 et 2011
Il est commissaire européen de l'Italie (1995-2004), commissaire européen au Marché intérieur, des Services, des Douanes et de la Fiscalité (1995-1999),Commissaire européen à la Concurrence (1999-2004). Il est conseiller international de Goldman Sachs à partir de 2005. Il est chef du gouvernement italien de à et il reçoit le grand prix de l'économie en 2012
Donald R. Mullen Jr., ancien « Associé principal » de Goldman Sachs (à partir de2001), alors responsable mondial des activités de crédit et d'hypothèques, président du comité d'investissement principal, et membre du Comité de gestion et du Comité des risques, l'un des auteurs du système baptisé « Big short » (« grand court-circuit ») qui a consisté à parier sur l'effondrement du marché immobilier en raison de lacrise des subprimes
Goldman Sachs diffère des autres entreprises du monde de la finance par uneculture d'entreprise bien spécifique, qui se caractérise par rigueur, austérité, goût de l'effort et loyauté absolue envers l'institution.
L'esprit de corps est une caractéristique fondamentale de cette banque, au point queMarc Roche, journaliste au quotidienLe Monde et auteur d'un ouvrage sur Goldman Sachs, indique que l'« on rentre à Goldman Sachs comme on rentre en religion[76]. » On apporte à la sélection des collaborateurs un soin extrême : la banque est censée débaucher les« meilleurs », les« plus intelligents[77]. » Pour ce faire, le recrutement individuel est privilégié, contrairement à nombre d'autres firmes du secteur, où des équipes entières sont fréquemment embauchées[77]. Le candidat passe un entretien où il est soumis aux questions de dix, vingt personnes, voire davantage[77]. Malgré ce processus de sélection très strict, les candidats sélectionnés ne sont pour autant pas assurés d'un emploi garanti à vie : au contraire, Goldman Sachs impose à ses employés une pression constante[78]. Dans ce modèle où priment avant tout les résultats, près de 10 % des effectifs sont remplacés chaque année[77].
Ainsi, Goldman Sachs voue un véritable culte à lavaleur travail : la norme est de travailler 18 heures par jour, six jours sur sept, cinquante semaines par an[79]. Les employés se doivent d'être toujours joignables, et gardent leurs téléphones portables près d'eux en toutes occasions, même durant les rares moments de détente familiale[79]. Il faut ainsi ne pas avoir besoin de beaucoup de sommeil pour être productif[77], ceux qui ne supportent pas des rythmes de travail si intenses n'étant pas voués à rester dans l'entreprise[80].
Aux niveaux comportementaux et vestimentaires, la sobriété est de rigueur. Les tenues se doivent de rester très classiques[76], toute originalité (comme le port d'unnœud papillon à la place d'unecravate) étant très mal vue[78]. Affichant une parfaite maîtrise d'eux-mêmes en toute occasion[76], les employés de Goldman Sachs se doivent également d'éviter toutégocentrisme, letravail en équipe et le dialogue au sein des services étant mis en avant[78].
On retrouve également cette austérité dans la vie privée des employés : contrairement à l'image stéréotypée degolden boyscocaïnomanes, fréquemment véhiculée dans les médias[81], Goldman Sachs abhorre toute excentricité, même dans la vie personnelle de ses employés[78]. Si lebronzage est proscrit comme un signe de paresse[80], lesactivités sportives sont encouragées, en particulier lessports collectifs, qui permettent d'allier goût de l'effort et esprit d'équipe[77]. De même, la discrétion est de mise pour les relations personnelles des employés : un collaborateur multipliant les liaisons extra-conjugales ne peut évoluer vers les postes à plus haute responsabilité[82].
La société s'informatise de plus en plus depuis le début des années 2010. En 2017, un tiers des employés de la banque sont des ingénieurs, soit 9 000 personnes.Goldman Sachs employait six centsopérateurs de marché en actions en 2000 contre deux en ; ils ont été remplacés par deux centsingénieurs en informatique[83].
En 2018, une étude du gouvernement britannique révèle que la rémunération des femmes employées par l'entreprise est en moyenne inférieure de 36,4 % à celle des hommes[84].
En 2007, Goldman Sachs a permis à son meilleur clientJohn Paulson, par un processus de ventes à découvert, de spéculer sur des produits structurés par leur soin[85]. L'affaire est toujours en instruction en pour identifier tous les acteurs du scandale financier. Ce scandale financier fait partie d'une des nombreuses causes à l'origine de l'effondrement boursier de 2008[86],[87].
En, la police indienne procède à l'arrestation de l'un des dirigeants de la branche indienne de la banque américaine, accusé d'avoir détourné plus de 5 millions de dollars de son entreprise[88].
Le, Goldman Sachs et laMalaisie ont finalisé un règlement à l'amiable de 3,9 milliards de dollars, en relation avecle scandale 1MDB. De plus, Goldman Sachs devait effectuer un paiement en espèces à la Malaisie dans les dix jours[89].
10 000 Women est un programme organisé par Goldman Sachs et laFondation Goldman Sachs(en) dans le but de contribuer à la croissance des économies locales en fournissant une formation commerciale, du mentorat et du réseautage, ainsi qu'un accès au capital aux femmes entrepreneures mal desservies à l'échelle mondiale[90],[91].
↑a etbJérôme Fritel et Marc Roche, « Goldman Sachs - La banque qui dirige le monde », documentaire diffusé surArte, France, 2012 -Présentation sur le site d'Arte
↑Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureaueuropéen), « L’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso recruté par Goldman Sachs »,Le Monde.fr,(ISSN1950-6244,lire en ligne, consulté le)
« Attendees from the U.S. this year reportedly included: Senators Jon Corzine (D-N.J.) and John Edwards (D-N.C.); ...Peter Weinberg, CEO of Goldman Sachs International; andJames Wolfensohn, president of the World Bank. »
tiré d'une communication présentée dans le cadre du Séminaire Fernand-Dumont organisé par le département de sociologie de l'Université Laval les 21-23 octobre 2009, à l'Île d’Orléans.