Leglam rock, aussi appeléglitter rock, est un style musical rock qui se développe auRoyaume-Uni dans les années1971-1975, et perdure jusque dans lesannées 1980. Par certains aspects, il est précurseur dumouvement punk, qui apparaît en1977. À l'origine, le glam rock est considéré comme un mouvement purement britannique, avec pour principaux représentantsT. Rex,David Bowie,Gary Glitter etRoxy Music mais certains musiciensaméricains comme lesNew York Dolls etLou Reed y font aussi une incursion.
Le style glam rock se caractérise essentiellement par un retour à la simplicité durock 'n' roll et la recherche d'une image excessive et provocante[2]. Plusieurs aspects spectaculaires, musicaux ou littéraires peuvent être dégagés. Le plus évident est son côté spectaculairement « glamorous » : les chanteurs et leurs groupes apparaissent comme des héritiers dudandysme, vêtus de façon excentrique, couverts de strass et de paillettes, portant des bottes à hauts talons, maquillés, et revendiquant parfois ouvertement leur caractèreandrogyne. Dans la dernière période du mouvement, toutefois, le côté « glam à paillettes » tend à s'estomper pour une esthétique à chapeaux haut-de-forme plus « vampire », assez inspirée du filmOrange mécanique (voir le groupeThe New York Dolls).
Musicalement, le glam représente un retour à la spontanéité du rock 'n' roll, par opposition aurock progressif qui avait dominé les années précédentes. C'est également une musique sur laquelle on peut facilement danser. Les morceaux sont plus courts et rapides. L'instrumentation est en général constituée de guitares saturées (guitariste emblématiqueMick Ronson), piano, parfois cuivres, parfois des synthétiseurs analogiques (Brian Eno pourRoxy Music). L'abondance des parties où tous les membres d'un groupe chantent en chœur (même partition, même hauteur, même moment), comme le morceauCosmic Dancer du groupeT. Rex (repris entre autres dans le filmBilly Elliot). Enfin, les références à lascience-fiction sont fréquentes dans le glam rock : groupe de David Bowie surnomméThe Spiders from Mars (lui-même épousant le personnage de Ziggy Stardust), nombreuses références à la planète Mars dans ses chansons (Life on Mars?) ainsi que dans celles, par exemple, de T. Rex (Ballrooms of Mars).
On peut trouver les prémices du genre dans la mise en scène et la manipulation de l'identité du genre chez des groupes américains comme The Cockettes etAlice Cooper[3].
Au début desannées 1970, deux tendances musicales trustent le sommet des hit-parades au Royaume-Uni. D'un côté, un rock aux structures de plus en plus complexes, lorgnant du côté du jazz, ou d'un symphonisme précieux, jouant parfois sur une certaine virtuosité instrumentale, à l'éloquence plus ou moins sophistiquée, prétend prendre la suite des sommets expérimentaux où les Beatles viennent d'amener la musique pop. Une mouvance la plupart du temps fort éloignée du blues (Yes,Genesis,King Crimson…). De l'autre côté, un rock british qui, à la suite desRolling Stones ou d'unEric Clapton, prétend, à l'inverse, replonger vers ses racines blues, ou tout du moins retourner vers une certaine« simplicité », efficacité d'une musique plus immédiate : Led Zeppelin, Black Sabbath, ou d'une autre manière, à la fois novatrice et rétro, le glam-rock deT. Rex,Bowie ou deRoxy Music.
Le glam est à l'origine un mouvement fugitif et exclusivement britannique, il est personnalisé parMarc Bolan, d'abord remarqué au sein du groupe« folkisant » Tyrannosaurus Rex. En 1970, Bolan devient le leader de T. Rex, le groupe glam par excellence, le plus habile dans la confection d'un rock à la fois brut et attrayant, le plus à l'aise dans les opérations de travestissement qui font la patte des formations anglaises de l'époque. Collectionnant les tubes (dontGet It On', peu avant la sortie de l'indispensable albumElectric Warrior, fin 1971), maîtres incontestés d'une théâtralité dont s'inspirera largement Bowie, Bolan et ses lieutenants constituent le pendant londonien de la scène pré-punk new-yorkaise. À sa mort accidentelle en 1977, Bolan demeure l'une des rares idoles que la génération Pistols n'a pas clouée au pilori.
Lepunk rock, souvent vu comme une réaction aux artifices du glam rock, tout en utilisant certains éléments du genre, comme le maquillage, et comprenant des reprises d'enregistrements de glam rock[4], contribue à la fin de la mode du glam, vers 1976[5].
↑a etbP. Auslander, "Watch that man David Bowie: Hammersmith Odeon, Londres, 3 juillet 1973 in Ian Inglis, ed.,Performance and Popular Music: History, Place and Time (Aldershot: Ashgate, 2006),(ISBN0754640574),p. 80.