Après l'agrégation d'histoire obtenue en 1958, Gilbert Garrier est professeur au lycée Gautier d'Alger puis au lycée Champollion de Grenoble[1]. Comme Yves Lequin, Maurice Garden et d'autres, Gilbert Garrier fait partie des élèves de Pierre Léon, qui les suit de près et les encourage pendant leur thèse, après les avoir préparés à l'agrégation. Il leur enseigne une histoire économique et sociale qui se rattache à l'école des Annales[2]. Comme le dit plaisammentPierre Goubert, ils constituent« la bande à Léon »[3].
La thèse de Gilbert Garrier est publiée en 1973 sous le titrePaysans du Beaujolais et du Lyonnais, 1800-1970. Dense et exploitant une gamme variée de sources, cet ouvrage d'histoire démographique, économique et sociale étudie les campagnes duLyonnais et duBeaujolais à l'époque contemporaine. Il est divisé en trois parties chronologiques. La première couvre la première moitié duXIXe siècle et montre la persistance d'une société héritée de l'Ancien Régime. La deuxième décrit les transformations profondes de l'économie et de la société rurale dans la seconde moitié duXIXe siècle, jusqu'en 1914. La troisième, plus courte, s'étend de laPremière Guerre mondiale à 1970[4],[5],[6]. La thèse de Gilbert Garrier est publiée à un moment où l'histoire économique des campagnes connaît une désaffection. Elle est donc plutôt une exception[7].
Les travaux de Gilbert Garrier sont principalement consacrés à l'histoire rurale desXIXe et XXe siècles, en particulier celle de la vigne et des vignerons[1]. Il est en effet, avecMarcel Lachiver, un des pionniers de l'historiographie de la viticulture en France[8]. Il dirige un volume sur l'histoire de la recherche de la qualité des vins[9]. Il étudie également l'histoire de la consommation du vin, notamment dans sonHistoire sociale et culturelle du vin parue en 1995[10]. Il est le premier à tenter d'établir les repères chronologiques de l'histoire de l'ivresse[11].
Gilbert Garrier s'intéresse aussi à d'autres sujets, variés, d'histoire économique et sociale[1]. Il succède en 1972 à Pierre Léon auComité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Les recherches que Gilbert Garrier dirige ou suscite au sein du Centre Pierre Léon d’histoire économique et sociale de l’université Lyon-II concernent l'observation du changement social en France[12] mais également l'histoire de l'Allemagne[12],[1]. Il est un des fondateurs duBulletin du centre Pierre Léon d'histoire économique et sociale de Lyon et en dirige six numéros. De même, il est à la tête desCahiers d'histoire de 1983 à 1996[1]. Parmi les travaux collectifs qu'il codirige, se trouve un volume sur lapluriactivité rurale[13],[14],[15].
Paysans du Beaujolais et du Lyonnais, 1800-1970, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble,, 2 volumes, 714+246 p.(présentation en ligne)[4],[5],[6].
Gilbert Garrier et Rémy Pech (dir.),Genèse de la qualité des vins. L’évolution en France et en Italie depuis deux siècles : Actes du colloque franco-italien de Fiesole, 31 mai 1991, Chaintré, Bourgogne-publications,coll. « Avenir oenologie »,, 181 p.(ISBN9782905428066)[9].
↑a etbPhilippeLacombe, « Entre faucilles et marteaux. Pluriactivités et stratégies paysannes. Sous la direction de G. Garrier et R. Hubscher, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, Editions de la MSH, 1988 »,Revue d’Études en Agriculture et Environnement,vol. 14,no 1,,p. 117–119(lire en ligne, consulté le).
↑OlivierFaure, « Jean-Luc MAYAUD [dir.], Clio dans les vignes. Mélanges offerts à Gilbert Garrier, collection du Centre Pierre Léon, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1998, 554 p. »,Ruralia,no 05,1er septembre 1999(ISSN1280-374X,lire en ligne, consulté le).