| Gerderest | |||||
Mairie (ancienne école communale) | |||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Nouvelle-Aquitaine | ||||
| Département | Pyrénées-Atlantiques | ||||
| Arrondissement | Pau | ||||
| Intercommunalité | Communauté de communes du Nord-Est Béarn | ||||
| Maire Mandat | Daniel Tailleur 2020-2026 | ||||
| Code postal | 64160 | ||||
| Code commune | 64239 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Gerderestois | ||||
| Population municipale | 141 hab.(2023 | ||||
| Densité | 21 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 43° 24′ 41″ nord, 0° 10′ 33″ ouest | ||||
| Altitude | Min. 219 m Max. 341 m | ||||
| Superficie | 6,56 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat très dispersé | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Pau (commune de la couronne) | ||||
| Élections | |||||
| Départementales | Canton des Terres des Luys et Coteaux du Vic-Bilh | ||||
| Législatives | Troisième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
Géolocalisation sur la carte :France Géolocalisation sur la carte :France Géolocalisation sur la carte :Pyrénées-Atlantiques Géolocalisation sur la carte :Nouvelle-Aquitaine | |||||
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Gerderest (enbéarnaisJarderés ouYarderés) est unecommune française, située dans ledépartement desPyrénées-Atlantiques enrégionNouvelle-Aquitaine.
La commune de Gerderest se trouve dans ledépartement desPyrénées-Atlantiques, enrégionNouvelle-Aquitaine[1].
Elle se situe à 25 km par la route[Note 1] dePau[2],préfecture du département, et à 22 km deSerres-Castet[3],bureau centralisateur ducanton des Terres des Luys et Coteaux du Vic-Bilh dont dépend la commune depuis 2015 pour lesélections départementales[1].La commune fait en outre partie dubassin de vie de Lembeye[1].
Les communes les plus proches[Note 2] sont[4] :Monassut-Audiracq (1,9 km),Abère (2,3 km),Maspie-Lalonquère-Juillacq (2,7 km),Saint-Laurent-Bretagne (3,5 km),Anoye (3,6 km),Lussagnet-Lusson (3,6 km),Simacourbe (3,7 km),Riupeyrous (4,5 km).
Sur le plan historique et culturel, Gerderest fait partie de laprovince duBéarn, qui fut également unÉtat et qui présente une unité historique et culturelle à laquelle s’oppose une diversité frappante de paysages au relief tourmenté[5]. Au sein du Béarn, la commune se situe dans leVic-Bilh, pays qui apparaît auXe siècle[6].
Les communes limitrophes sontAbère,Anoye,Maspie-Lalonquère-Juillacq,Monassut-Audiracq etSimacourbe.
| Simacourbe | ||
| Monassut-Audiracq | Maspie-Lalonquère-Juillacq | |
| Abère | Anoye |
En ce qui concerne l'occupation des sols, la commune comporte 72,8 % de terres agricoles et 28,7 % de forêts ou milieux semi-naturels.
Gerderest se trouve sur le territoire de l'agence de l'eau Adour-Garonne et se situe dans lebassin versant de l'Adour du confluent duLarcis au confluent de laMidouze.
La commune est concernée par leschéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de l'Adour amont.
Pour ce qui est des risques, Gerderest n'est concernée par aucun risque technologique mais par les risques naturels d'inondations (crue lente), de tempêtes et sismiques (sévérité 3 modérée). La commune comporte par ailleurs 50 installations classées dont 17 soumises à autorisation.
Gerderest ne dispose ni de déchetterie ni d'installation de traitement des ordures ménagères[8].

La commune est drainée par le Léès, le ruisseau de Mondane et par divers petits cours d'eau, constituant un réseau hydrographique de 6 km de longueur totale[9],[Carte 1].
LeLéès, d'une longueur totale de 39 km, prend sa source dans la commune deSedzère et s'écoule du sud vers le nord. Il longe le territoire communal sur son côté ouest et en constitue, sur une petite section, la limite séparative avecMonassut-Audiracq, puis se jette dans leLéez àLannux, après avoir traversé 21 communes[10].
Pour des articles plus généraux, voirClimat de la Nouvelle-Aquitaine etClimat des Pyrénées-Atlantiques.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de typeclimat océanique altéré, selon une étude duCentre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant lapériode 1971-2000[11]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon laclassification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[12]. Par ailleursMétéo-France publie en 2020 une nouvelle typologie desclimats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à unclimat de montagne ou de marges de montagne[13] et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (19,5 °C), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à20 jours)[14]. Elle est en outre dans lazone H2c au titre de laréglementation environnementale 2020 des constructions neuves[15],[16].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de12,4 °C, avec uneamplitude thermique annuelle de14,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 185 mm, avec11,3 jours de précipitations en janvier et8,4 jours en juillet[11]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur lastation météorologique deMétéo-France la plus proche, sur la commune deMaubourguet à18 km àvol d'oiseau[17], est de13,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 904,3 mm[18],[19]. La température maximale relevée sur cette station est de44 °C, atteinte le ; la température minimale est de−15,5 °C, atteinte le[Note 3].
Aucun espace naturel présentant un intérêt patrimonial n'est recensé sur la commune dans l'inventaire national du patrimoine naturel[20],[21],[22].
Au, Gerderest est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[23].Elle est située hors unité urbaine[1]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pau, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[1]. Cette aire, qui regroupe 227 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[24],[25].

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (71,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (39,8 %), forêts (27,9 %), zones agricoles hétérogènes (25,6 %), prairies (6,6 %)[26]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Elle est desservie par les routes départementales 207 et943.
Le territoire de la commune de Gerderest est vulnérable à différentsaléas naturels :météorologiques (tempête,orage,neige, grand froid,canicule ousécheresse),inondations etséisme (sismicité modérée)[27]. Un site publié par leBRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[28].
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par lerisque d’inondation par une crue à débordement lent de cours d'eau, notamment leLéès. La commune a été reconnue enétat de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations etcoulées de boue survenues en 1982, 1990, 2007, 2009 et 2018[29],[27].

Leretrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer desdommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes desécheresse et de pluie[30]. 57,4 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (59 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national)[Carte 3]. Depuis le, en application de laloi ELAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort[Note 5],[31].
Le toponymeGerderest apparaît sous les formesGerderes (1154[32], titres deBarcelone[33]),Gerzerest (XIIe siècle[32], titres deGabas[34]),Gergerest (XIIIe siècle[32],fors de Béarn[35]),Gerzeresium (1343[32], titres deBéarn[36]) etJarzerest (1353[32],cartulaire d'Orthez[37]).
Son nombéarnais estJarderés[38] ouYarderés[39].
Jurduŋ / Jordonh /Jourdoung est un motgascon pré-latin signifiant 'framboisier'. Il est connu sous les formes dialectalesjourdoû, jurdoû, ajurdoû, durdoû, jerse. Ce mot du substrat pyrénéen se retrouve dans lecatalangert, jerdó et dans l'aragonaischordón 'framboise'. Ce mot est productif en toponymie. On lui doit :Gerde,commune de lavallée de Campan dans le département desHautes-Pyrénées et lafontaine de Gerse, envallée de l'Ouzom. Le toponymeGerderest pourrait procéder d'une formation apparentée.
Le toponyme Molou est cité par Paul Raymond[32] en 1863 comme faisant partie de la commune voisine deSimacourbe, tirant son nom de celui de son propriétaire en 1385,Molo de Labatut (censier de Béarn[40]).
De ses origines, Gerderest a gardé un habitat diffus et une faible densité de population. La commune ne fait pas partie de ces villages du Vic-Bilh qui se sont structurés au Moyen Âge, regroupant leur population autour d'un château ou d'une fortification. Gerderest ne présente ni rues ni place : ses maisons et ses fermes s'égrènent le long des« chemins » anciens, désormais bitumés, qui sillonnent son territoire.
Il n'a pas été retrouvé d'indices à Gerderest d'une occupation par l'homme primitif, même s'il est probable que des chasseurs aient fait des incursions dans le Béarn septentrional lors des périodes interglaciaires. Mais rien ne laisse supposer l'hypothèse d'un véritable habitat dans le Vic-Bilh[41].
Il semblerait en revanche qu'un établissementgallo-romain ait précédé le château féodal de Gerderest, ainsi qu'en témoignerait la découverte d'uneamphore àengobe rouge trouvée sur le site. Ce qui, selon l'historien Jean Loubergé, expliquerait l'importance ancienne de cette seigneurie,« hors de proportion avec l'importance de la localité »[42]. Il est admis que les grands domaines gallo-romains du Vic-Bilh ont continué de« vivre selon la tradition antique jusqu'à l'aube du Moyen Âge », les grands propriétaires ruraux préfigurant les« seigneurs » de la période médiévale.
Il semble que lesGermains, qui ont dominé la région pendant les premiers siècles du Moyen Âge, n'aient pas modifié le peuplement du Vic-Bilh. L'établissement gallo-romain de Gerderest devient vraisemblablement dès le haut Moyen Âge une paroisse, ainsi qu'en témoigne la dédicace de l'église àsaint Martin, grand évêque et confesseur duIVe siècle. Avec l'apparition des maisons vicomtales de Béarn et de Bigorre auIXe siècle, le pays se couvre de fortifications de terre comprenant motte, basse-cour et parfois enceinte : des habitats villageois se regroupent autour de ces mottes, ce qui est le cas de Gerderest. Ces villages, qui n'ont presque pas eu à souffrir de la peste et des guerres de la seconde moitié duXIVe siècle, se développent lentement dans le cadre desbailliages qui structurent la vicomté. Gerderest le fait au sein du vaste bailliage de Lembeye qui regroupe62 communautés et28 maisons nobles. Au sommet de cette noblesse béarnaise se dégagent dix baronnies dont celle de Gerderest[41]. Gerderest est en effet le siège de la 5e baronnie du Béarn aprèsNavailles,Andoins,Lescun etCoarraze[42]. Ces nobles remplissent leur fonction militaire auprès du vicomte en défendant le nord-est du Béarn des offensives desArmagnac[41] : en 1382, Gerderest est attaqué par les troupes deJean II d'Armagnac[43]. En 1385, Gerderest, Morassut et Audiracq formaient une seule paroisse comptant vingt-cinqfeux[Note 6] et dépendant dubailliage deLembeye[32].
Les seigneurs de Gerderest sont attestés depuis leXIe siècle et l'un d'eux, Sanche Aner de Gerderest, a été évêque deLescar de 1170 à 1201. De par cette haute fonction, il a été président desÉtats de Béarn durant trois décennies[42].
AuXIIIe siècle, les barons de Gerderest font partie des premiers vassaux de la couronne vicomtale de Béarn et lors de l'institution en 1220 de laCour Majour parGuillaume-Raymond de Moncade, ils deviennent jurats héréditaires de cette assemblée. La grande baronnie de Gerderest comprend les terres de Gerderest, de Monassut, de Saint-Laurent et d'Audiracq[44]. Les Gerderest ont leurs armes :« un document de 1281 nous donne leurs armoiries surchargées de deux chiens courants l'un sur l'autre ». AuXIVe siècle, les barons de Gerderest sont des familiers deGaston III de Foix-Béarn qu'ils accompagnent à la guerre ou à la chasse[42]. Il semble qu'il n'existe pas de préséance entre les grands barons de Béarn mais en 1443, lors d'une séance de la Cour Majour,Gaston VII de Béarn rend une ordonnance fixant l'ordre des sièges : à sa droite, l'évêque de Lescar, puis le baron de Navailles, le baron de Lescun, le baron de Gerderest, le baron de Doumy et le baron d'Arros ; à sa gauche, l'évêque d'Oloron, le baron d'Andouins, le baron de Coarraze, le baron de Myossens, le baron de Gabaston et le baron de Gayrosse[44]
La baronnie de Gerderest passe auXVe siècle dans les mains de lavicomté de Béarn par des alliances matrimoniales[42]. C'est à cette époque qu'est fondée la famille des Béarn-Gerderest[45]. Bernard de Béarn, fils naturel deJean Ier, comte de Foix, reçoit les terres de Gerderest lors de son mariage avec Catherine de Viella, dame de Gerderest. Il se signale dans les campagnes de Guyenne en 1449 et 1451 (fin de laGuerre de Cent Ans). En 1466, il fait partie de la suite qui accompagne en Italie Marie de Foix,marquise de Montferrat[46]. En 1480, son fils, Jean de Béarn, baron de Gerderest, qui avait des ambitions personnelles, complote contre la vicomtesseCatherine, reine de Navarre qu'il tente d'empoisonner : il est décapité àMontaner mais son fils, Bertrand, hérite cependant de ses biens.
Au siècle suivant, Gabriel de Béarn, baron de Gerderest, s'oppose à laRéforme et àJeanne d'Albret[42]. Il prend la tête d'une conspiration qui avait pour but de s'emparer de la reine et de ses enfants qui prenaient les eaux àEaux-Chaudes. Lors de labataille d'Orthez, il est fait prisonnier et enfermé àNavarrenx. Le, sur ordre de la souveraine, il est assassiné dans sa cellule avec ses compagnons restés fidèles au catholicisme et ses biens sont confisqués au profit deGabriel Ier de Montgommery[47],[Note 7]. MaisHenri IV rend la baronnie de Gerderest à Henri d'Albret, son ami d'enfance qui était apparenté à la famille des Gerderest[Note 8]. Peu concernée par les troubles civils et religieux qui dévastent Lembeye en 1569, la paysannerie de Gerderest poursuit apparemment sans heurts sa tradition agro-pastorale[41]. Depuis leXVIe siècle au moins, où il est attesté par un dénombrement de 1538, Gerderest a son moulin, semble-t-il affermé à un meunier par le baron qui en est propriétaire. Ce moulin à eau servait à moudre la farine[48]. Lors de la disparition des bailliages au début du siècle et du redécoupage du Béarn enparsans, Gerderest relève duparsan de Vic-Bilh[41].
Les Albret Gerderest deviennent de puissants seigneurs et l'un d'eux,César Fébus, devient mêmemaréchal de France en 1653[42]. Par la suite, ces seigneurs vendent peu à peu leurs terres de Gerderest à des bourgeois ou à des parlementaires. AuXVIIe siècle, elles passent ainsi dans les mains des Noguès[45]. Marie d'Albret Gerderest, la dernière héritière du nom, fille unique de César Fébus, meurt sans enfant le et institue pour héritier son second époux,Charles de Lorraine, comte de Marsan. C'est son fils, né d'un second mariage,Louis, prince de Pons, qui vend les terres de Gerderest à Jean de Noguès, seigneur de Gabas et Blazé, conseiller auParlement de Navarre[49]. Les Noguès résident cependant àPau, siège du Parlement[42]. Jean de Noguès, en tant que baron de Gerderest, est admis auxÉtats de Béarn en 1711[50]. Comme l'ensemble du Vic-Bilh, Gerderest souffre auXVIIIe siècle des aléas météorologiques qui dévastent les campagnes[41]. Lors duGrand hiver de 1709,« des grains » sont achetés et répartis par la province entre les familles nécessiteuses : 15 familles sont concernées à Gerderest[51]. Suivent les grêles et brouillards de 1717 à 1720, les gelées et pluies de 1747 à 1752, les grêles et surtout l'épizootie en 1774, qui cause une véritable famine. La sénéchaussée de Morlaàs dont relève Gerderest réclame l'aide alimentaire aux Etats de Béarn qui établit des« magasins » où se pourvoir en vivres. Tout aussi menacés que les paysans dans leur survie, les seigneurs exigent leurs droits avec âpreté, provoquant un« climat de tensions et de peurs sociales »[41]. En 1764, trente-quatre feux[Note 9] sont dénombrés à Gerderest[52].
Le petit-fils de Jean de Noguès, Antoine-Vincent, assiste en tant que baron de Gerderest, le, à l'assemblée de la noblesse deDax pour l'élection des députés auxÉtats généraux du[50]. Les Noguès gardent les terres de Gerderest jusqu'à laRévolution ainsi que l'abbaye laïque qui se trouvait à côté de l'église Saint-Martin jusqu'en 1789[42]. En 1790, le département des Basses-Pyrénées et le canton de Lembeye sont créés dont relève désormais Gerderest.

Sur la carte de Cassini, seuls apparaissent les pictogrammes de l'église et du moulin.
Á l'instar des communes du nord-est du Béarn, Gerderest connaît une période de stagnation puis de repli après la Révolution. La jachère continue d'être pratiquée jusqu'à la première moitié duXXe siècle et les rendements sont faibles. Lesemblavures diminuent de 43 % dans le canton de Lembeye mais le maïs reste cultivé de façon dense, essentiellement pour l'élevage familial. La région reste isolée et atteint en 1841 le maximum de population enregistré. Á partir de cette date, la démographie commence à diminuer, la perte atteignant 66 % dans le canton de Lembeye en 1975[41]. Les données concernant Gerderest s'inscrivent dans cette tendance générale avec un pic de population de347 habitants en 1841 et un déclin jusqu'à103 habitants en 1975.
Dans la seconde moitié duXVIe siècle, François de Béarn, baron de Gerderest, porte le nom de Bonasse lorsqu'il hérite de son oncle, Jean, qui avait pris ce patronyme qu'il n'avait pu transmettre directement, faute de postérité. Surnommé« le capitaine Bonasse », François, fidèle au roiCharles IX, est massacré en avril 1570 par les Huguenots à Tarbes où il avait installé ses quartiers. Ses biens sont confisqués mais sa veuve, Marie de Sacaze, reprend possession de son domaine d'Arette tout à la fin duXVIe siècle. Elle transmet ce bien à leur fils, Henri, puis à la mort de celui-ci, à son petit-fils, Jacques de Béarn-Bonasse. Jacques a une fille, Isabeau de Béarn-Bonasse, qui épouse en 1649 Jean-Jacques d'Abbadie, seigneur deSaint-Castin. Elle lui donne trois enfants mais meurt de la peste peu après la naissance de son benjamin, Jean-Vincent. Né au printemps 1652, cet enfant ne peut hériter en vertu dudroit d'aînesse. Très tôt, il se destine à la carrière militaire et rêve d'aventure. Son père lui obtient le grade d'officier porte-drapeaux en 1664, alors qu'il n'a que douze ans. Il rejoint alors lerégiment de Carignan-Salières dont mille deux cents hommes s'embarquent pour laNouvelle-France en 1665. Jean-Vincent est du nombre, accompagné de son homme de service, Renaud de Bordenave, Il participe à la guerre des Iroquois et est promu capitaine. Rentré en France en 1667, il repart s'installer enAcadie en 1670. Il y reste dans la région dePentagouët jusqu'à la fin de l'année 1701 où il est contraint de rentrer en France pour répondre aux accusations portées sur sa conduite« avec les sauvages » et régler sa succession familiale[53]. Avant de partir, il reconnaît à Québec dix enfants légitimes[54]. Depuis la mort du grand chef de lacommunauté abénakise,Madockawando, dont il avait épousé la fille selon le rite catholique en 1684, il était devenu lesachem blanc des Pentagoüets. Il meurt à Pau en 1707, dans des circonstances mystérieuses, sans avoir pu retourner parmi les siens en Acadie[55].
L' auteur américain duMaineHenry Wadsworth Longfellow l'a fait entrer dans la légende en 1863 en lui consacrant un poème :le baron de Saint-Castine. Après quatre années de recherche, la Québécoise Marjolaine Saint-Pierre lui a consacré une biographie détaillée en 1999[56].
La commune se situe dans l'arrondissement dePau et dans le canton des Terres des Luys et Coteaux du Vic-Bilh.
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| 1995 | 2001 | Marie-Christine Monsegu | ||
| 2001 | 2008 | Lucien Mondat | ||
| 2008 | 2014 | Daniel Tailleur | ||
| Les données manquantes sont à compléter. | ||||
Gerderest fait partie de cinq structures intercommunales[57] :
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[58]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[59].
En 2023, la commune comptait 141 habitants[Note 10], en évolution de +2,92 % par rapport à 2017 (Pyrénées-Atlantiques : +4,32 %,France horsMayotte : +2,36 %).
| 1793 | 1800 | 1806 | 1821 | 1831 | 1836 | 1841 | 1846 | 1851 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 273 | 249 | 257 | 256 | 305 | 296 | 347 | 329 | 340 |
| 1856 | 1861 | 1866 | 1872 | 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 338 | 311 | 307 | 273 | 264 | 244 | 259 | 275 | 257 |
| 1901 | 1906 | 1911 | 1921 | 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 258 | 250 | 230 | 204 | 191 | 200 | 186 | 148 | 131 |
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 | 2007 | 2012 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 120 | 104 | 103 | 106 | 124 | 108 | 122 | 124 | 124 |
| 2017 | 2022 | 2023 | - | - | - | - | - | - |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 137 | 140 | 141 | - | - | - | - | - | - |

Gerderest appartient à l'aire d'attraction de Pau.
Lechristianisme s'est imposé en Béarn auVe siècle etVIe siècle[62] avec les trois grands évangélisateurs que sontsaint Julien, considéré comme premier évêque de Lescar,saint Galactoire, son successeur etsaint Grat, premier évêque d'Oloron[63]. Gerderest, qui a donné un évêque au Béarn à la fin duXIIe siècle, Sance Aner[64], constituait alors une paroisse unique avec Monassut et Audiracq, attestée en 1385 ainsi que le notePaul Raymond. L'archiviste indique par ailleurs que la baronnie de Gerderest comptait uneabbaye laïque (abadie), vassale de lavicomté de Béarn[32]. Cette mainmise laïque sur les droits ecclésiastiques perdure à Gerderest jusqu'à la Révolution. L'abbé laïque perçoit la dîme et en garde globalement la moitié du bénéfice, 28 % revenant au chapitre et à l'évêque, le restant allant au curé et à lafabrique. L'abbé a par ailleurs le droit de nomination à la cure ou patronage. Sa maison (ostau) appartient aux barons de Gerderest jusqu'en 1464 où elle passe entre les mains des Soumoulou. En 1615, elle est achetée par les Labaig, démembrée en 1686 pour divers héritiers de cette famille puis vendue en 1732 au seigneur de l'abbaye (famille des Noguès, barons de Gerderest depuis le début duXVIIIe siècle)[43].
Comme toutes les communautés villageoises du Béarn, Gerderest doit adopter le protestantisme en 1571, religion officielle du Béarn jusqu'à ce qu'Henri de Navarre, devenu roi de France, autorise le catholicisme en Béarn par l'édit de Fontainebleau en 1599[65].
La paroisse catholique de Gerderest relevait dudiocèse de Lescar depuis leXe siècle (auparavant diocèse de Béarn) et de l'archidiaconé éponyme[32]. Ce diocèse est supprimé par laConstitution civile du clergé en 1790. Par leConcordat de 1801 l'ancien diocèse est rattaché audiocèse de Bayonne qui prend le nom de diocèse de Bayonne-Lescar-Oloron en 1909.
Depuis le début duXXIe siècle, les paroisses du diocèse ont été redéfinies, passant de 523 en 2001 à 89 en 2002. Gerderest relève désormais de la paroisse Notre-Dame du Vic-Bilh au sein du doyenné Nord de Pau-Vic Bilh[66].
La commune compte 26 entreprises, essentiellement des entreprises agricoles à responsabilité limitée (EARL) : vaches laitières, autres bovins et buffles, volailles, porcs élevés en plein air, culture de céréales, de légumineuses et de graines oléagineuses[67]

De l'ensemble fortifié[68] duXIe siècle qui témoignait du passé seigneurial du village, il ne reste que peu de traces. Il s'élevait au nord-ouest du bourg, entre leGros-Lées et un ruisseau affluent : un relevé et des coupes de la motte, du camp, de ses fossés et de ses buttes ont été réalisés en 1977 par Emile Jarias et publiés par Jean Loubergé dans sesNotes sur les barons de Gerderest et leur château[42].
La motte était d'une quinzaine de mètres de haut et d'une vingtaine de mètres de diamètre à son sommet. Elle barrait un éperon et protégeait la basse-cour dont elle était séparée par un fossé. La basse-cour était défendue côté sud par un talus doublé d'un fossé et côtés nord et ouest par un fossé doublé par un rempart decontrescarpe. Un château modeste abritait les seigneurs du lieu depuis leXVIe siècle. Cette demeure était encore en bon état en 1673 mais en ruines en 1737, peut-être ravagée par un incendie ainsi que le porteraient à croire des traces de pierres calcinées[43].
Une tête sculptée de chien, trouvée dans les années 1970 par le propriétaire du champ, se trouverait dans une ferme dite maison Bidet[68]. D'après l'inventaire des biens de Gabriel de Béarn, baron de Gerderest, le château comportait en 1570« trois salles basses, une cuisine, trois salles hautes et trois salles "d'en haut" ». Un dénombrement de 1673 fait aussi état d'un chai, d'une écurie, d'un jardin, d'une motte plantée de chênes, d'une vigne et d'une garène[42].
Gerderest présente un ensemble de fermes[69] desXVIIe,XVIIIe et XIXe siècles qui ont été fortement remaniées pour certaines. D'autres présentent toujours leur gros-œuvre en galets dugave, typique desmaisons béarnaises situées en plaine.




De fondation romane, l'église Saint-Martin[70] a été agrandie ou reconstruite auXVIe siècle et transformée auxviiie siècle[43]. Elle recèle du mobilier[71], des tableaux[72], des statues[73] et des objets[74] inscrits à l'inventaire général du patrimoine culturel.
Elle se trouve isolée de la motte féodale comme c'est le cas dans le Vic-Bilh jusqu'auXVIIe siècle.
L'église n'est pas orientée : il se trouvait à l'angle sud-ouest un bâtiment, peut-être un vestige de l'abbaye laïque, qui a conduit au percement de la porte d'accès au nord de l'édifice.
De plan allongé, elle se compose d'unenef unique prolongée par un chevet semi-circulaire et présente unclocher-mur au revers duquel se trouve accroché un balcon. Sur la nef, côté nord, se greffe une chapelle seigneuriale construite dans la seconde moitié duXVIe siècle :voûtée d'ogives présentant pour mouluration un doublecavet séparé par un listel, cette chapelle ouvre sur la nef par une grande arcade sur griffes. En prolongement, au nord-est, se trouve la sacristie. AuXVIIIe siècle des travaux ont été entrepris pour l'agrandissement et l'embellissement de l'église : charpente du clocher, construction d'une tribune, lambris de couvrement par la suite peints en fausse pierre par Incamps en 1852. Depuis vraisemblablement leXIXe siècle, l'église est pourvue d'unporche latéral[43] soutenu par des colonnes massives, composées de tronçons superposés et reposant par leur base sur le muret de clôture. Certaines, plus courtes, sont rehaussées par un piédestal de section carrée. Le porche-portique comporte une charpente en bois et se trouve soigneusement abrité par unappentis recouvert d'ardoises. Le clocher-mur comporte quant à lui deux baies campanaires et se trouve recouvert d'un toit en pavillon, également en ardoises. Le vaisseau de l'église présente un ample toit en croupe[75].
L'église est éclairée par des baies étroites, percées haut dans les murs et encadrées de pierre de taille. Elles ont été pourvues de verrières figuratives en 1912. Deux sont signées P. Arcencam[Note 11], qui représententNotre-Dame de Lourdes etMichel (archange) et quatre autres sont dues au peintre-verrier Louis Gesta, fils et élève deLouis-Victor Gesta, qui représentent le Christ avecsaint Jean l'Evangéliste, laSainte Famille,Jeanne d'Arc et leBaptême du Christ[43],[76].
Comme c'est le cas dans les trois-quarts des églises du Vic-Bilh, les cloches de Saint-Martin de Gerderest datent duXIXe siècle, les cloches antérieures ayant été en principe fondues pendant la période d'interruption du catholicisme en Béarn. L'une, qui porte la date de 1830, a été refondue par Pierre Marquebrosse et Pierre Ebrard, oncle et neveu, fondeurs àMorlaàs. L'autre, qui porte la date de 1850, est due à l'atelier de Jean-Baptiste Dupont, propriétaire d'une fonderie àTarbes[76].
Construite parallèlement à la route, l'église est en partie entourée par son enclos paroissial où se dresse une croix de cimetière finement ouvragée, portée par un haut piédestal au parement de briques reposant sur un triple emmarchement.

La plaque commémorative en hommage aux enfants de Gerderest morts pour la France lors de laguerre de 1914-1918 se trouve apposée sur le mur intérieur du porche de l'église paroissiale. Elle repose cependant sur un socle, ce qui lui donne un aspect monumental.
La plaque, cintrée dans sa partie sommitale, est de forme rectangulaire verticale. Bien qu'en principe elle ne doive pas comporter de signe religieux, elle est surmontée d'unecroix latine, symbole habituel des sépultures; qui témoigne soit de la confession des anciens combattants, soit de l'attachement de la commune à la religion, voire des deux[77]. Cette croix est ornée d'un rameau d'olivier, qui pourrait être interprété comme un subtil plaidoyer pour la paix.
Le pourtour supérieur du cintre de la plaque est souligné de la mention gravée en lettres majuscules :« A LA MEMOIRE DES ENFANTS DE GERDEREST », la mention« MORTS POUR LA FRANCE » figurant horizontalement à la base, en lettres elles aussi capitales mais insérées dans un cartouche. Au centre figurent les symboles républicains : au milieu, le drapeau replié sur lui-même qui évoque le deuil et de part et d'autre, le drapeau en berne, qui symbolise la victoire. Ces symboles sont surmontés ducasque du poilu qui évoque l'enrôlement de ces hommes et leur engagement patriotique[77].
Entre le cintre et le corps de la plaque figurent les branches croisées du chêne et de l'olivier qui font partie des emblèmes de la République française depuis 1912, le premier symbolisant la justice, le second la paix[78].
Au-dessus de la liste des morts pour la France figurent des décorations leur rendant hommage : au centre laLégion d'honneur et de part et d'autre laCroix de guerre de 1914-1918. Les noms figurent dans une seule colonne, classés chronologiquement et en deux groupes : le premier, le plus nombreux, listant ceux dont le corps a été retrouvé . l'autre, ceux qui ont été déclarés disparus et privés de sépulture. Pour chacun sont précisés, sur une seule ligne, le nom, le prénom, l'âge, le lieu et l'année de disparition.
La commune a doté ses habitants d'une bibliothèque installée dans une maison qu'elle a acquise près de l'ancienne école communale, chemin d'Abère. Cet équipement porte le nom de Jeanne Tour, ancienne secrétaire de mairie inhumée dans l'enclos paroissial.
Jean Louberge, « Notes sur les barons de Gerderest et leur château »,Revue de Pau & du Béarn,no 5,,p. 135-154
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