Pour les articles homonymes, voirGeorges Robert etRobert.
Georges Robert en 1893. | ||
| Nom de naissance | Georges Achille Marie Joseph Robert | |
|---|---|---|
| Naissance | Courseulles | |
| Décès | (à 90 ans) Paris | |
| Origine | Français | |
| Allégeance | ||
| Arme | ||
| Grade | Amiral | |
| Conflits | Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale | |
| Distinctions | Grand-croix de la Légion d'honneur etOrdre de la Francisque | |
| modifier | ||
Georges Robert, né àCourseulles[1] le et mort àParis le est unofficier de marine et administrateurfrançais. Il termine sa carrière militaire avec rang et appellation d'amiral. Il est principalement connu dans son rôle de Haut commissaire durégime de Vichy pour lesterritoires français d'outre-mer de l'Atlantique Ouest (Antilles-Guyane etSaint-Pierre-et-Miquelon).

Les informations figurant dans cet article ou cette section doivent être reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »().
Georges Robert est issu d'une famille de manufacturiers dedentelle. Fils d’Edmond-Achille Robert et de Léontine-Marie Gombeaux, il est l’ainé de cinq enfants. En 1893, à l'âge de dix huit ans, il entre à l'École navale, après des études à l’Institution Saint-Joseph deCaen, puis au collège naval deCherbourg. Georges Robert estenseigne de vaisseau en1900 et participe à une campagne de dix-huit mois àMadagascar.
Lieutenant de vaisseau, il commande lesous-marinPhoque, puis lecontre-torpilleurMameluk en1915.Il participe à labataille des Dardanelles, où il intervient dans lesauvetage desnaufragés du transport de l'ÉtatAmiral Hamelin[2]. Breveté de l’École de guerre navale,capitaine de frégate en1916, il commande letorpilleurCommandant Rivière puis le torpilleurCasque.
Il est promucapitaine de vaisseau en1921,contre-amiral en1926,vice-amiral en1930, inspecteur général des forces maritimes en Méditerranée1932. Grand croix de laLégion d'honneur[3]. Admis en2e section en1937 avec rang et appellation d'amiral (5 étoiles). Il est rappelé en activité, sur sa demande, en. Le 15 septembre, àFort-de-France, il prend les fonctions de commandant en chef de l’Atlantique Ouest et de haut commissaire de France auxAntilles, àSaint-Pierre-et-Miquelon et enGuyane. Il y dispose des croiseursÉmile Bertin etJeanne d'Arc, du porte-avionsBéarn qui transporte 107 avions achetés par la France aux États-Unis avant l'armistice, des croiseurs auxiliairesBarfleur etQuercy, du pétrolierVar, de l’avisoVille-d’Ys, et d’une importante garnison à la Martinique. En outre, il assure la protection d’un stock de 286 tonnes d’or de laBanque de France évacué de métropole[4].
Après l’Armistice il refuse les résolutions desConseils généraux de la Martinique etde la Guadeloupe du 14 juin 1940, considérant qu'une pression extérieure est exercée sur le Parlement. Les conseils généraux demandent la transmission du pouvoir à ceux-ci en application de l'article 1 de la loi du (la demande est formulée en Guadeloupe par un homme et la loi n'est ni applicable, ni exécutoire ni en lien avec ce contexte précis). Le conseil général de la Martinique vote la continuation du combat aux côtés des Alliés. Pendant la période des hostilités, Robert organise la défense des communications maritimes en liaison avec son homologue britannique desBermudes.
Les États-Unis ayant reconnu le gouvernement de Vichy, l’amiral Robert négocie avec eux. Moyennant la garantie de sa neutralité, il obtient les ravitaillements nécessaires. Après l’entrée en guerre des États-Unis endécembre 1941, il confirme à l’amiral Horne (en),Vice-chef des Opérations navales américaines, qu’il restera fidèle aux engagements passés. En rapport cordial avec son interlocuteur, celui-ci fait la confidence « pour éviter la casse entre amis », qu’il préparait un important débarquement au Maroc à la fin du mois d’octobre 1942. Cette information transmise par un émissaire est reçue le à l’Amirauté française. Enavril 1943, les États-Unis suspendent le ravitaillement des Antilles. Dans la crise qui en résulte, Vichy qui n’a plus de relations diplomatiques avec Washington, ordonne de saborder les navires et l’or.« Il (l’amiral Robert) put faire croire à Vichy que tous les appareils avaient été détruits[5]. » De même, il use de subterfuges pour sauver les navires, faisant semblant d’exécuter cette décision et maintenant sa neutralité tout en préparant sa relève selon les principes proposés par leComité français de Libération nationale (CFLN) d’Alger qui désigne le diplomateHenri Hoppenot. Après le ralliement de laGuyane à laFrance combattante enmars 1943, une insurrection éclate le devant le monument aux morts deFort-de-France. Le, la garnison du camp de Balata (banlieue de Fort-de-France) rejoint la dissidence sous les ordres du commandantHenri Tourtet. Le, Henri Hoppenot — alors ambassadeur de laFrance combattante àWashington — débarque sur l'île, mandaté par le CFLN. Le lendemain, l'amiral Robert lui transmet ses pouvoirs, puis quitte l'île pour lesÉtats-Unis, en passant parPorto Rico, avec une partie de son entourage. Hoppenot ratifie le ralliement de l'île à la France combattante et nomme un nouveau gouverneur, René Ponton, administrateur des colonies et officier français libre enAfrique équatoriale. À son arrivée à Fort-de-France, Hoppenot explique courtoisement que son prédécesseur« avait maintenu pendant quatre ans la souveraineté française entière et inviolée sur les Antilles et qu’à l’heure de suprêmes décisions, résistant aux ordres répétés que Berlin lui faisait transmettre par Vichy, l’amiral Robert avait remis une réserve d’or et une flotte intactes à l’autorité française[5]. » Cette thèse du maintien de la souveraineté française et de la conservation de l'or est souvent avancée et s'appuie sur les mémoires de Robert lui-même. Elle n'efface pas que Robert ne choisit pas la France libre par méfiance vis-à-vis de ses représentants locaux et eu égard à l'importance de sa mission de sauvegarder des actifs de la Banque de France et qu'il est reçu à Vichy par Pétain en 1943.
Durant cette période de pénurie très incertaine, il est décrié par certains Antillais etGuyanais, qui lui reprochent de passer outre aux intérêts locaux, ses positions autoritaires et un certain accaparement des ressources disponibles (rationnement des vivres notamment). On lui reproche surtout un mépris affiché à l'encontre des politiciens locaux, de n'avoir pas pris d'emblée le parti dugénéral de Gaulle, d'avoir entravé une certaine dissidence par des moyens répressifs, ainsi que ses origines bourgeoises et catholiques[6]. L'administration par l'amiral Robert reste présente à la mémoire de nombreux Martiniquais, surtout les plus anciens. La rupture des importations de la Métropole entraîna de graves pénuries. En, la suspension du ravitaillement en provenance des États-Unis aggrava les conditions de vie. Les produits de première nécessité comme la farine, la viande salée, le savon, le tissu, firent défaut et durent être remplacés tant bien que mal par des productions locales. On alla jusqu’à couper l’essence avec du rhum pour alimenter les voitures. Les plus âgés n'ont pas oublié la dureté de cette période qu'ils évoquent encore en disant en créole« an tan Wobè », c'est-à-dire« du temps de Robert ». Le modèle ne vaut qu'en Martinique, les Guadeloupéens désignant l'époque comme le Tan Sorin (époque dugouverneur Sorin).
Enseptembre 1944, l’amiral Robert est accusé de collaboration et incarcéré àFresnes. Mis en liberté provisoire le, il comparait devant laHaute Cour de justice le. Il est condamné à dix ans de travaux forcés. Cependant la peine est remise à la demande de la Haute Cour de Justice qui l'a prononcée ; les juges ont constaté qu’il avait été très favorable aux Britanniques et qu’après l'opération Catapult du (saisie ou destruction des navires français par les Britanniques), il avait conclu unmodus vivendi avec eux ; qu’il avait maintenu sa neutralité lors de l’occupation de Saint-Pierre et Miquelon par lesForces navales françaises libres ; que son obédience à Vichy n’était que de pure forme et maintenue pour des buts diplomatiques et utilitaires locaux ; que les témoignages des autorités américaines étaient élogieux et qu’il avait contesté la procédure de serment au chef de l’État (Philippe Pétain) comme étant « superflue et dangereuse ».
Il sort libre du tribunal. Six mois plus tard, sa peine est remise. Il bénéficie d’une amnistie totale et de la réintégration dans son rang et appellation d'amiral et conserve ses décorations le. Il est relaxé en1957.