Pour les articles homonymes, voirMandel.
| Georges Mandel | |
Georges Mandel dans les années 1930. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre de l'Intérieur | |
| – (29 jours) | |
| Président | Albert Lebrun |
| Gouvernement | Reynaud |
| Prédécesseur | Henri Roy |
| Successeur | Charles Pomaret |
| Ministre des Colonies | |
| – (2 ans, 1 mois et 8 jours) | |
| Président | Albert Lebrun |
| Gouvernement | Daladier III,IV etV |
| Prédécesseur | Marius Moutet |
| Successeur | Louis Rollin |
| Ministre des Postes et Télécommunications | |
| – (1 an, 6 mois et 27 jours) | |
| Président | Albert Lebrun |
| Gouvernement | Flandin Bouisson Laval Sarraut |
| Prédécesseur | André Mallarmé |
| Successeur | Robert Jardillier |
| Député français | |
| – (13 ans, 5 mois et 18 jours) | |
| Élection | 29 avril 1928 |
| Réélection | 8 mai 1932 26 avril 1936 |
| Circonscription | Gironde |
| Législature | XIVe,XVe etXVIe(Troisième République) |
| Groupe politique | Députés indépendants(1928-1932) Indépendants(1932-1936) Indépendants républicains(1936-1941) |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Circonscription supprimée |
| – (4 ans, 5 mois et 13 jours) | |
| Élection | 16 novembre 1919 |
| Circonscription | Gironde |
| Législature | XIIe(Troisième République) |
| Groupe politique | Non-inscrit |
| Maire deSoulac | |
| – (20 ans, 11 mois et 4 jours) | |
| Prédécesseur | Victorin Rooy |
| Successeur | Ludovic Marcoux |
| Conseiller général de la Gironde | |
| – (21 ans) | |
| Circonscription | Canton de Lesparre-Médoc |
| Prédécesseur | Jean Édouard Lenourichel |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Louis Rothschild |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Chatou (Seine-et-Oise) |
| Date de décès | (à 59 ans) |
| Lieu de décès | forêt de Fontainebleau |
| Nature du décès | Assassinat |
| Sépulture | Cimetière de Passy |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | Indépendant |
| Profession | Journaliste |
| Religion | Judaïsme |
| Maires de Soulac-sur-Mer | |
| modifier | |
Georges Mandel, de son vrai nomLouis Rothschild, né le àChatou (Seine-et-Oise)[1] et assassiné le enforêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), est unjournaliste ethomme politique de l’entre-deux-guerres, ainsi qu'unrésistantfrançais.
Jeune journaliste, collaborateur deGeorges Clemenceau àL'Homme libre, il le suit sur les chemins de la politique en devenant un de ses attachés de cabinet en 1908, puis son chef de cabinet à laprésidence du Conseil en.
Une longue carrière politique lui est ouverte dans le camp conservateur après laGrande Guerre. Son assassinat, en juillet 1944 dans la France occupée, a longtemps été interprété comme une action de représailles commise par laMilice française après l'exécution, par laRésistance, du ministre de l'InformationPhilippe Henriot. Selon l'historienFrançois Delpla, cet assassinat aurait été commandité parHitler lui-même, qui aurait repéré Mandel dès les années 1930 comme l'un des opposants les plus résolus à l'Allemagne nazie[2],[3].

Né Louis Georges Rothschild àChatou d’Edmond Rothschild, tailleur, et d'Henriette Mandel[4], surnommée Hermine[5], il reçoit son éducation àParis dans la pension Springer,rue de la Tour-d'Auvergne[6]. Au cours de sabar-mitzvah à lasynagogue de la Victoire, il évoque l'Alsace opprimée à reconquérir[6]. Il est élève aulycée Condorcet[7].
Il s’engage très jeune en faveur d'Alfred Dreyfus et se lance dans lejournalisme à 17 ans[4]. Soucieux d'éviter d'être confondu à lafamille de banquiers du même nom à laquelle il n'appartient pas et qui comportait dans ses rangs unLouis de Rothschild, et son propre oncle maternel, Louis Mandel, il choisit de signer ses articles de journal du pseudonyme de Georges Mandel, adoptant à la fois le nom de sa mère et un prénom différent de son état civil[4]. Il entre à 21 ans àL'Aurore, le journal deGeorges Clemenceau qui a fait paraître l’article « J'accuse…! » d’Émile Zola. Il suit ensuite son patron dans ses différents journaux.
Quand, en 1906, Clemenceau accède à la présidence du Conseil, Mandel saisit l’occasion de participer à l’action gouvernementale, ce qu’il réalise pleinement en 1908, malgré les propos peu amènes que Clemenceau aurait prononcés à son endroit (« Il n'a pas d'idées mais il est prêt à les défendre jusqu'à la mort[8] » ou « Quand c’est moi qui pète, c’est lui qui pue[9],[10],[11],[12] ! »).
Au début de laPremière Guerre mondiale, physiquement inapte, il est réformé. Restant àL'Homme libre, il suit Clemenceau à Bordeaux en septembre, puis revient à Paris en décembre,L'Homme libre ayant été rebaptiséL'Homme enchaîné à cause de la censure[13]. Fidèle serviteur de Clemenceau, il devient son chef de cabinet en.

Après ses échecs comme candidat radical auxlégislatives de 1910 àLevallois (Seine) et àcelles de 1914 àCastellane (Basses-Alpes), Georges Mandel se présente àLesparre, dans leMédoc, qu'il ne connaît pas[14]. Il est finalement élu ennovembre 1919 député modéré deGironde à l’occasion de la vagueBleu horizon dedroite. Il défend en 1920 le projet de rétablissement des relations diplomatiques entre laFrance et leVatican. Cette prise de position lui vaut des quolibetsantisémites de députés de gauche — Alexandre Varenne en tête — mais aussi deJules Uhry ouPierre Valude[15] qui reprennent des rumeurs l’accusant d’être unRothschild.
Il est également élu président duconseil général de la Gironde[16] en et maire deSoulac en.
Lors d'une grève des postiers àNice (Jean Baylot était secrétaire général duSyndicat national des agents des PTT), il fait venir des postiers deParis pour briser la grève[17].

Il perd son mandat en1924 face auCartel des gauches, mais, après ce premier déboire, il est réélu continûment sous l'étiquette « indépendant »[16] auxélections de 1928, de1932 et de1936 jusqu’à 1940.
En 1932, il se porte à la présidence du groupe Indépendant de la chambre des députés. Puis il s’affirme commeministre des Postes, Télégraphes et Téléphones entre 1934 et 1936 : il y fait supprimer la publicité sur les ondes d'État, fait installer le premier studio de télévision au ministère et inaugure l'Air Bleu, la première ligne postale aérienne[16].
Il réforme avec une remarquable fermeté l’administration des PTT, autant du point de vue de sa gestion administrative que sous l’angle de son adaptation technique. C’est sous son égide que lapremière émission officielle de télévision française est diffusée le.
Dans lesannées 1930, il élève la voix pour avertir des dangers de l’Allemagne nazie. Le ministre énergique opposé à tout compromis avec les États totalitaires ne change pas de ton. Il obtient, en 1935, la condamnation par laSociété des Nations du rétablissement duservice militaire obligatoire parAdolf Hitler, puis s’oppose àPierre Laval sur la question de laguerre d'agression menée contre l’Éthiopie par l’Italie deBenito Mussolini.
En 1934, il assiste aux obsèques d'Edmond de Rothschild et, en 1936, il répond favorablement à l'appel du grand-rabbin Cohen en faveur des réfugiés[6].
Après la victoire duFront populaire, il critique les réformes sociales dugouvernement Blum, qui risquent selon lui d’affaiblir la productivité française face à la menace de l’Allemagne nazie en plein réarmement, où les ouvriers fournissent un travail accru.

Après la chute du Front populaire, il est nomméministre des Colonies (avec pour directeur de cabinetAndré Diethelm), d' à, et s'emploie, tout en luttant contre les mouvements nationalistes au Maghreb, à préparer l'empire colonial français à un conflit qu'il sent inévitable. Cet homme de droite propose alors une alliance avec l'Union soviétique pour faire face à la menace hitlérienne, dont le danger pour la France lui paraît primordial, puis proteste contre lesaccords de Munich.
Il signe les « décrets Mandel » du et du, qui régissent les relations entre les Églises et l'État dans les colonies où ne s'applique pas laséparation votée en 1905 et qui s'appliquent encore aujourd'hui dans la plupart des collectivités d'Outre-Mer. Ils permettent à toutes les sensibilités religieuses de bénéficier d’une aide publique, la non-application de la loi de 1905 permettant un financement public du culte. Ces décrets créent une nouvelle catégorie de personne morale de droit public, le conseil d’administration des missions religieuses, pour gérer les biens de ces missions. Placés sous une étroite tutelle de l’État, ces conseils d’administration bénéficient d’avantages fiscaux. Ils s’appliquent enGuyane,Polynésie française,Wallis-et-Futuna,Saint-Pierre-et-Miquelon, enNouvelle-Calédonie et àMayotte[18].
Mandel, véritable homme fort de la droite, est promu en urgenceministre de l'Intérieur dugouvernement de Paul Reynaud formé le.
Il fait alors arrêter certains des principaux intellectuels favorables à l'Allemagne nazie, notamment les rédacteurs de l'hebdomadaireJe suis partout,Alain Laubreaux etCharles Lesca.
S'il fait tout pour endiguer l'esprit dedébâcle qui s'abat sur la France et envisage un « réduit breton » puis un repli sur l'Afrique du Nord pour les forces françaises, il ne peut contrer l'arrivée au pouvoir du vieux maréchalPhilippe Pétain, nommé président du Conseil, le, et investi des pleins pouvoirs constituants par l'Assemblée nationale le.
Mandel a eu une influence directe dans le choix du nouveausous-secrétaire d'État à la Guerre, le général (à titre provisoire, nommé le)Charles de Gaulle, pour représenter la France à Londres, conformément au vœu de Churchill.
Churchill voulait un homme politique conservateur de premier plan,Paul Reynaud ou Georges Mandel, pour réaliser le projet d'une fusion d'États (idée deJean Monnet, dans la noteUnion franco-britannique) et à défaut, continuer la lutte sans concession contre les nations de l'Axe.
Mandel a été en partie à l'origine de la détermination du général de Gaulle, le, d'aller à Londres représenter laFrance libre. Cet épisode est évoqué par le Général dans sesMémoires de guerre. C'est ainsi que dans la nuit du jeudi 13 au vendredi, à la préfecture deTours[19], en pleine débâcle de la France, Mandel lui dit :« Vous avez de grands devoirs à accomplir, général, mais avec l'avantage d'être au milieu de nous tous un homme intact… Ne pensez qu'à ce qui doit être fait pour la France, et songez que, le cas échéant, votre fonction actuelle pourra vous faciliter les choses. »
Le, alors qu'il vient de transmettre le ministère de l'Intérieur à son successeurCharles Pomaret, il est arrêté en plein dîner, dans le restaurant Le Chapon Fin (Bordeaux) par deux officiers supérieurs de gendarmerie, portant un ordre d'arrestation signé de la main du maréchal Pétain au motif de« menées contraires à l'ordre public ». Au même moment et pour le même motif, le général Jules Bührer, officier de l'armée coloniale, ancien membre du Conseil supérieur de la Guerre, et adjoint de Mandel lorsqu'il était aux Colonies, est lui aussi arrêté dans cette même ville. Le prétexte à cette arrestation (préparation d'une rébellion contre le gouvernement) est en réalité un coup monté de la part de l'extrême droite et, notamment, du sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil,Raphaël Alibert, qui obtient l'ordre d'arrestation de la main de Pétain et le fait transmettre au généralJoseph Lafont, gouverneur militaire de la place. Ce dernier ne les fait pas conduire en prison, mais à la gendarmerie, en attendant d'autres instructions.
La nouvelle de l'arrestation de Mandel se répand en ville et le président de la République,Albert Lebrun, décide d'enquêter lui-même. Il convoque Alibert et le général Lafont. Sous la pression de Lebrun, mais aussi du président de la ChambreHerriot et de celui du SénatJeanneney, Pétain fait libérer les deux hommes. Pomaret, qui vient d'être mis au courant, juge cet acte arbitraire comme contraire à l'unité nécessaire à ce moment-là. Pétain reçoit le général Bührer, lequel fait part de l'indignité d'une telle arrestation, devant ses officiers et ce, malgré ses cinq étoiles ; puis il reçoit également Georges Mandel. Ce dernier déclare à Pétain qu'il le plaint d'être à la merci de son entourage, et plaint également la France de l'avoir choisi. Il exige ensuite réparation. Pétain rédige alors une lettre d'excuses, expliquant que l'arrestation était la suite d'une machination[20].
D'après certains[21], le généralEdward Spears, officier britannique représentant deChurchill, lui aurait proposé le de partir de Bordeaux avec lui etPaul Reynaud, pour former à Londres un gouvernement français en exil (comme la Pologne et la Tchécoslovaquie), en attendant de réaliser le projet d'union franco-britannique[réf. nécessaire]. Georges Mandel aurait refusé par ces mots : « Vous craignez pour moi parce que je suis juif. Eh bien, c’est justement parce que je suis juif que je ne partirai pas demain, cela aurait l’air de dire que j’ai peur et que je m’enfuis ».

Opposé à l’armistice et au pouvoir autoritaire en voie de constitution, il organise le départ pour l’Afrique du Nord du président de la République, des présidents de la Chambre des députés et duSénat et de nombreux parlementaires afin de poursuivre la guerre depuis les départements d'Algérie.Paul Reynaud l'autorise de fait à constituer une base arrière à Alger au cas où l'occupant refuserait tout compromis sur la zone Sud non occupée. C'est ainsi que Mandel – qui tint alors à emporter un lourd buste en bronze de Clemenceau – avec vingt-cinq autres députés, dontPierre Mendès France,Jean Zay, un seul sénateur (Michel Tony-Révillon) et sa compagneBéatrice Bretty s’embarquent sur leMassilia le. Arrivé au Maroc le, les passagers sont accueillis par une foule vindicative qui les accuse de fuite et de trahison, et le résident généralNoguès est obligé de les mettre en sûreté dans un hôtel de luxe, tandis qu'il fait placer Georges Mandel en résidence surveillée à Ifrane puis à Alger, avant de le transférer devant la justice militaire à Meknès le 23 juillet 1940[22].
Malgré le non-lieu prononcé par le juge militaire, Georges Mandel est rapatrié en métropole le 9 septembre 1940 par le gouvernement de Vichy pour être interné auchâteau de Chazeron dans lePuy-de-Dôme où se trouvent déjàPaul Reynaud,Édouard Daladier et le généralMaurice Gamelin. Après un passage parPellevoisin (Indre), il est transféré dans un hôtel deVals-les-Bains en janvier 1941[22]. Mandel y fait le 10 juillet 1941 la déclaration exigée des Israélites par leCommissariat général aux questions juives fraichement créé. Il dit qu'il est célibataire, mais qu'il a une fille, Claude, née en 1930 et baptisée en 1931. De sa main, le préfet de l'Ardèche annote sur la lettre : « Elle n'est pas juive de confession, mais elle l'est de race, elle doit être déclarée »[23].
Face à l'incapacité de laCour de Riom à inculper Georges Mandel et sous la pression des autorités allemandes, le maréchal Pétain le fait condamner avec Paul Reynaud à laprison à vie par un "Conseil de justice politique" le. Ils sont tous deux emprisonnés aufort du Portalet, dans lesPyrénées, sous la garde de gendarmes français[22].

À la suite de l’invasion de la zone libre par l’armée allemande ennovembre 1942, les Allemands, voulant s’emparer de Mandel et de Paul Reynaud, organisent un coup de main sur lefort du Portalet où ils étaient incarcérés. Les gendarmes leur ouvrent les portes et leur remettent les prisonniers qui sont transférés aucamp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen, non loin de Berlin.
Mandel est ensuite incarcéré, près deBuchenwald, dans un camp spécial[note 1], où se trouve déjà l'ancien président du ConseilLéon Blum. Il est finalement rapatrié à laprison de la Santé, àParis, où il est livré à laMilice, le[24].
Le, en forêt de Fontainebleau, pendant une panne simulée de la voiture dans laquelle Mandel était emmené, le milicien Mansuy l'abat d'une rafale depistolet-mitrailleur dans le dos[25] puis de deux balles à bout touchant[26], officiellement en représailles de l’exécution par laRésistance du ministre de l'InformationPhilippe Henriot dix jours auparavant[27].
Pour l'historienFrançois Delpla, l'explication selon laquelle Mandel aurait été tué par la Milice pour venger l'exécution de Philippe Henriot est peu plausible : il privilégie un ordre direct des dirigeants allemands. David Valence et Jean-Pierre Rothschild jugent néanmoins que la démonstration de François Delpla « pèche toutefois par manque de rigueur »[28] et repose sur un raccourci « un peu caricatural », les preuves matérielles de l'ordre allemand faisant défaut[29].
La thèse de Delpla est partagée parJean-Marc Berlière et Le Goarant dans leur ouvrage de 2013 : le meurtrier de Mandel, Mansuy, chauffeur de la voiture, était un truand agent duSipo-SD qui aurait agi sur l'ordre des Allemands. Ceux-ci craignaient que les autorités de Vichy ne fassent pas fusiller l'ancien ministre[30],[31]. Berlière et Le Goarant proposent l'interprétation suivante de la décision des responsables duRSHA à Berlin de faire exécuter Mandel :« Saisissant l'occasion de faire tuer Mandel par l'un de leurs agents introduits dans la Milice, ils persuadent tout le monde, miliciens et responsables miliciens compris, que le crime a été commis sur ordre de la Milice. Tout en restant dans l'ombre, ils font d'une pierre plusieurs coups : ils mouillent Laval, forcent la main àJoseph Darnand, compromettent encore davantage la Milice pour s'assurer de sa fidélité dans la lutte qui fait rage depuis le printemps…[32]. »

Les mêmes auteurs notent que les Allemands auraient préféré que le gouvernement français fasse fusiller lui-même Blum, Reynaud et Mandel[33]. Après Georges Mandel,Léon Blum etPaul Reynaud devaient être, comme Mandel, ramenés à Paris pour être exécutés. Au cours d'un entretien téléphonique (le ?) avecFernand de Brinon, Pierre Laval, très affecté par cet assassinat, demande à son ambassadeur de faire savoir àOtto Abetz qu'il n'était pas question que lui, Laval, accepte le retour en France de Blum et de Reynaud[34],[31].
La tombe de Mandel, aucimetière de Passy à Paris, est ornée du même médaillon en bronze représentant son profil que celui du monument à sa mémoire réalisé par le sculpteurFrançois Cogné – auteur de la célèbre statue deGeorges Clemenceau sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris – érigé à l’endroit où il fut assassiné sur le bord de la route Fontainebleau-Nemours[note 2]. On lit au bas de la stèle ces vers deTristan Lhermite : « Et lorsqu’il fut tombé sanglant dans la poussière / les mains de la Victoire ont fermé sa paupière », tirés de sa tragédiePanthée (acte v, scène 1).
Sa fille, Claude Rothschild dite Claude Georges-Mandel (1930-2003), repose à ses côtés[35].
Georges Mandel vécut 72,avenue Mozart (16e arrondissement de Paris)[36], de 1909 à 1936, précise une plaque commémorative apposée en 2020, puis 67,avenue Victor-Hugo (même arrondissement)[37], de 1936 à 1940, comme l'indique une autre plaque.
L'avenue Georges-Mandel (16e arrondissement de Paris), inaugurée le 7 juillet 1945[22], lui rend hommage[38] ; une plaque en son honneur est apposée sur le mur extérieur ducimetière de Passy, le long de cette avenue.
Une plaque commémorative est installée sur la façade de sa maison natale àChatou (Yvelines), au 10 avenue du Général-Sarrail, ainsi qu'un médaillon en bronze deFrançois Cogné, offert par la Société des Amis de Georges Clemenceau en 2008. À l'initiative de l'association Chatou Notre Ville, ce médaillon a été restauré en 2020 grâce au financement conjoint de la ville de Chatou, du Souvenir français Chatou Montesson, de l'Association Chatou Notre Ville et de l'Association des familles de Fusillés de la Résistance de la 6e Région Île-de-France.[réf. nécessaire]
Dans le « Fonds de Gaulle » déposé auxArchives nationales, on a retrouvé une note relative à l’« affaire Brasillach » dressant une liste des charges pesant sur l'écrivain. Brasillach est présenté comme « un des responsables de l'assassinat de Mandel », dont il demandait régulièrement la mise à mort dans son journalJe suis partout, alors que de Gaulle éprouvait pour lui estime et respect.
La cinquante-sixième promotion decommissaires de police issus de l'École nationale supérieure de la Police, entrée en fonction en 2006, porte son nom.
En 1964, pour la commémoration du vingtième anniversaire de son assassinat, la poste a émis un timbre à son effigie.
En 1940, le groupeKünsberg, une organisation nazie qui pille les trésors culturels des pays occupés, fait main basse sur l'imposante collection d'œuvres d'art de Georges Mandel, à son domicile du 67avenue Victor-Hugo.
En janvier 2019, la déléguée du gouvernement fédéral pour la Culture,Monika Grütters, restitue aux ayants droit de Mandel lePortrait de jeune femme assise, une huile sur toile deThomas Couture, peintre français duXIXe siècle[39]. Le tableau a pu être identifié grâce à une note manuscrite deRose Valland, conservée dans le dossier de réclamation déposé auprès de laCommission de récupération artistique par Béatrice Bretty au nom de sa fille Claude[40].
La toile faisait partie des centaines d'œuvres léguées par le collectionneur d'art germano-autrichienCornelius Gurlitt, mort en 2014. Son père,Hildebrand, avait été chargé par les nazis de vendre des œuvres volées aux Juifs ou confisquées pour cause de « décadence ».
Conformément à la loi de restitution, les ouvrages de Georges Mandel volés par les nazis sont restitués à ses descendants dans l’enceinte de l'hôtel de Matignon le 15 juillet 2022[24].
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Sur les autres projets Wikimedia :
Georges Mandel | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Précédé par | Suivi par | |||||
|
|
| ||||
Gouvernement Reynaud (22 mars 1940 - 16 juin 1940) | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sous la présidence d’Albert Lebrun | |||||
| Ministre d'État, vice-président du Conseil | Paul Reynaud Président du Conseil | ||||
| Ministre d'État | |||||
| Défense nationale et Guerre | Édouard Daladier | ||||
| Affaires étrangères | |||||
| Intérieur | |||||
| Armements | Raoul Dautry | ||||
| Finances | |||||
| Travail | Charles Pomaret | ||||
| Justice | Albert Sérol | ||||
| Marine | César Campinchi | ||||
| Marine marchande | Alphonse Rio | ||||
| Air | Laurent Eynac | ||||
| Éducation nationale | |||||
| Anciens combattants etPensions | Albert Rivière | ||||
| Agriculture | Paul Thellier | ||||
| Ravitaillement | Henri Queuille | ||||
| Colonies | |||||
| Travaux publics | |||||
| Santé publique | |||||
| Postes, Télégraphe, Téléphone et Transmissions | Alfred Jules-Julien | ||||
| Information | |||||
| Commerce et Industrie | |||||
| Blocus | Georges Monnet | ||||
| |||||
| (← DALADIER V) Gouvernement précédent •••• Gouvernement suivant (PÉTAIN →) | |||||
Gouvernement Sarraut II (24 janvier 1936 - 4 juin 1936) | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sous la présidence deAlbert Lebrun | |||||
| Ministres d'État | Joseph Paul-Boncour | Albert Sarraut Président du Conseil | |||
| Justice | Yvon Delbos | ||||
| Affaires étrangères | Pierre-Étienne Flandin | ||||
| Intérieur | Albert Sarraut | ||||
| Finances | Marchel Régnier | ||||
| Guerre | Louis Maurin | ||||
| Marine | François Piétri | ||||
| Air | Marcel Déat | ||||
| Éducation nationale | Henri Guernut | ||||
| Travaux publics | Camille Chautemps | ||||
| Commerce et Industrie | Georges Bonnet | ||||
| Agriculture | Paul Thellier | ||||
| Colonies | Jacques Stern | ||||
| Travail | Ludovic-Oscar Frossard | ||||
| Pensions | René Besse | ||||
| Postes, Télégraphe et Téléphone | Georges Mandel | ||||
| Santé publique et Éducation physique | Louis Nicolle | ||||
| Marine marchande | Louis de Chappedelaine | ||||
| |||||
| (← LAVAL IV) Gouvernement précédent •••• Gouvernement suivant (BLUM I →) | |||||
Gouvernement Laval IV (7 juin 1935 - 22 janvier 1936) | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sous la présidence d’Albert Lebrun | |||||
| Ministres d'État |
| Pierre Laval Chef du gouvernement | |||
| Justice | Léon Bérard (1935-1936) | ||||
| Affaires étrangères | Pierre Laval (1935-1936) | ||||
| Intérieur | Joseph Paganon (1935-1936) | ||||
| Finances | Marcel Régnier (1935-1936) | ||||
| Guerre | Jean Fabry (1935-1936) | ||||
| Marine | François Piétri (1935-1936) | ||||
| Air | Victor Denain (1935-1936) | ||||
| Éducation nationale |
| ||||
| Travaux publics | Laurent Eynac (1935-1936) | ||||
| Commerce et Industrie | Georges Bonnet (1935-1936) | ||||
| Agriculture | Pierre Cathala (1935-1936) | ||||
| Colonies | Louis Rollin (1935-1936) | ||||
| Travail | Ludovic-Oscar Frossard (1935-1936) | ||||
| Pensions | Henri Maupoil (1935-1936) | ||||
| Postes, Télégraphe et Téléphone | Georges Mandel (1935-1936) | ||||
| Santé publique | Ernest Lafont (1935-1936) | ||||
| Marine marchande |
| ||||
| |||||
| (← BOUISSON) Gouvernement précédent •••• Gouvernement suivant (SARRAUT II →) | |||||
| Sous la présidence d’Albert Lebrun | |||||
| Ministres d'État | Fernand Bouisson Président du Conseil | ||||
| Justice | Georges Pernot | ||||
| Affaires étrangères | Pierre Laval | ||||
| Intérieur | Fernand Bouisson | ||||
| Finances | Joseph Caillaux | ||||
| Guerre | Louis Maurin | ||||
| Marine | François Piétri | ||||
| Air | Victor Denain | ||||
| Éducation nationale | Marius Roustan | ||||
| Travaux publics | Joseph Paganon | ||||
| Commerce et Industrie | Laurent Eynac | ||||
| Agriculture | Paul Jacquier | ||||
| Colonies | Louis Rollin | ||||
| Travail | Ludovic-Oscar Frossard | ||||
| Pensions | Camille Perfetti | ||||
| Postes, Télégraphe et Téléphone | Georges Mandel | ||||
| Santé publique et Éducation physique | Ernest Lafont | ||||
| Marine marchande | François Piétri | ||||
| |||||
| (← FLANDIN I) Gouvernement précédent •••• Gouvernement suivant (LAVAL IV →) | |||||
Gouvernement Flandin I (8 novembre 1934 - 31 mai 1935) | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sous la présidence d’Albert Lebrun | |||||
| Ministres d'État | Pierre-Étienne Flandin Président du Conseil | ||||
| Justice | Georges Pernot | ||||
| Affaires étrangères | Pierre Laval | ||||
| Intérieur | Marcel Régnier | ||||
| Finances | Louis Germain-Martin | ||||
| Guerre | Louis Maurin | ||||
| Marine militaire | François Piétri | ||||
| Air | Victor Denain | ||||
| Éducation nationale | André Mallarmé | ||||
| Travaux publics | Henri Roy | ||||
| Commerce et Industrie | Paul Marchandeau | ||||
| Agriculture | Émile Cassez | ||||
| Colonies | Louis Rollin | ||||
| Travail | Paul Jacquier | ||||
| Postes, Télégraphe et Téléphone | Georges Mandel | ||||
| Santé publique et Éducation physique | Henri Queuille | ||||
| Marine marchande | William Bertrand | ||||
| Pensions | Georges Rivollet | ||||
| |||||
| (← DOUMERGUE II) Gouvernement précédent •••• Gouvernement suivant (BOUISSON →) | |||||
| Cadre juridique |
| ||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Rafles |
| ||||||||||||||||||||||
| Camps |
| ||||||||||||||||||||||
| Assassinats et déportation | |||||||||||||||||||||||
| Responsables allemands de la mise en œuvre | |||||||||||||||||||||||
| Responsables français de la mise en œuvre |
| ||||||||||||||||||||||
| Spoliation | |||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||
| Documentation | |||||||||||||||||||||||
| Lieux de mémoire |
| ||||||||||||||||||||||
| Justes parmi les nations |
| ||||||||||||||||||||||
Ministres français de l'Intérieur(depuis 1871) | |
|---|---|
| Ministère de l'Intérieur | |
| IIIe République (1871 -1940) |
|
| Régime de Vichy (1940 -1944) | |
| France libre (1941 -1944) | |
| Gouvernement provisoire (1944 -1946) | |
| IVe République (1946-1959) | |
| Ve République (depuis1959) |
|