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Georges Lamirand

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Georges Lamirand
Georges Lamirand en couverture d'une brochure de propagande vantant leschantiers de la jeunesse française durégime de Vichy, 1941.
Fonctions
Président
Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain
-
Ministre chargé de la Jeunesse
-
Jean d'Harcourt(d)
Félix Olivier-Martin(d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 94 ans)
Juvisy
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Père
Jean-Baptiste Lamirand(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Arme
Artillerie(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Grade militaire
Conflits
Mouvement
Distinctions
Vue de la sépulture.

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Georges Lamirand, né le 12 juin 1899 àToulouse (département deHaute-Garonne)[1], mort le 5 février 1994 àJuvisy-sur-Orge (département de l'Essonne), est un ingénieur et unhomme politique français.

Sous lerégime de Vichy, il estsecrétaire d’État à la Jeunesse entre du 27 septembre 1940 au 24 mars 1943. Sous laQuatrième République, il est maire de la commune deLa Bourboule (département duPuy-de-Dôme) entre 1955 et 1971.

Biographie

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Origines familiales

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Georges Lamirand est issu d'une famille d'enseignants et dehauts-fonctionnaires.

Son père, Jean-Baptiste Lamirand, est né en 1871 àSaint-Sauves-d'Auvergne (département duPuy-de-Dôme) et mort en 1958 àLannemezan (département desHautes-Pyrénées). En 1891, il est reçu à l’École normale supérieure. En 1894, il est reçu à l'agrégation de physique. En 1910, il est nommé inspecteur de l'académie de Paris. En 1918, il est nommé inspecteur général de l'instruction publique[2],[3],[4].

Sa mère, Jeanne Guiraud, née en 1876 à Toulouse, fille d'un couple de professeurs de musique[3], très pieuse, fréquentait les cerclesdominicains.

Ingénieur, catholique « social »

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Georges Lamirand effectue ses études aulycée Henri-IV, où il est le condisciple deLéo Lagrange. Durant laGrande Guerre, il est mobilisé, en avril 1918, au30e régiment d'artillerie[5]. En 1923, il est admis à l’École centrale de Paris où il est diplômé ingénieur des Arts et Manufactures tout en passant une licence en droit de l'Université de Paris.

Il obtint un premier poste d'Ingénieur aux Hauts-Fourneaux desAciéries de Denain-Anzin et Béthune en 1923, puis àcelles de Pompey en 1928, comme ingénieur principal (dans l'usine qui abrita la première section jociste deFrance). Très jeune, il milita dans les équipes sociales deRobert Garric, qui devait devenir son ami intime. Il devint vice-président du mouvement au niveau national[6]. Il y défendit l'action sociale, notamment en favorisant l'institution de cours du soir pour les travailleurs et d'une formation professionnelle pour les jeunes apprentis.

Par l'aumônier de laJEC de Nancy, le Père Lejosne, et Garric, il rencontra lemaréchal Lyautey en 1926, et lui dédicaça un article destiné à LaRevue des Jeunes de Garric sur le rôle social de l'ingénieur. Lyautey, qui l'avait invité à déjeuner, lui ordonna d'en faire un ouvrage, qu'il préfaça avec le directeur de Centrale. Dans ce livre publié en 1932 aux éditions de la Revue des jeunes dirigées par des Dominicains, Lamirand cite souvent le PèreSertillanges, son directeur de conscience et son ami. Ouvrage qui évoque son action aux aciéries de Pompey et dans lequel il exalte le rôle paternaliste de l’ingénieur. L’ingénieur, qui doit « servir et commander » se doit « d’aller dans la cité, au milieu de ses ouvriers, et de se mettre à leur disposition pour les conseiller, les aider, les instruire » car il « faut avec l’autorité et la douceur d’un chef de famille, panser le cœur qui saigne et raffermir le courage qui chancelle ». Son action sociale doit permettre le rapprochement des ouvriers et des chefs d’entreprise. Rapprochement qu’il prôna dans des articles, par exemple dans la revue des jésuites ou dans laRevue des jeunes, lors de meetings – celui des Amis deSept en à la Mutualité par exemple - et lors des nombreuses conférences qu’il donna à travers la France. Telles celle donnée pour leRedressement français ou bien celle qu’il donna sous les auspices desNouveaux cahiers, en, intitulée « Pour le rétablissement de relations confiantes entre patrons et ouvriers ». L’année précédente, il estimait dans une conférence à Reims que les contrats collectifs initiés par leFront populaire « doivent conduire à d’excellents résultats » mais que « l'équivoque politique et sociale » du Front populaire, du fait de son matérialisme, a conduit à « l’application sans préparation de réformes sociales excellentes en soi, mais qui auraient gagné à être étudiées et réalisées en dehors de toute menace révolutionnaire »[7].

Il a aussi milité à l’USIC (Union sociale des ingénieurs catholiques) et à laConfédération française des professions (CFP) : il présida la section de Melun de cette association patronale catholique lorsqu’il dirigea l’usine de la société Isidore Leroy (papiers peints) à Ponthierry, près de Melun, vers 1934-1937[8]. Il livra un rapport sur l’organisation dans l’entreprise au comité d’élaboration du manifeste de la CFP de.

À la déclaration de guerre, en 1939, Lamirand, revenu à Paris comme directeur du personnel desMessageries Hachette, fut mobilisé comme officier d'artillerie (il eut le grade de commandant à l'Armistice).Raoul Dautry, ministre de l'Armement, le convoqua et le promut Ingénieur général, avec la mission de réorganiser très vite diverses unités. Dautry lui offrit ensuite le poste de directeur d'une usine de guerre deMoulins. Venant le visiter un jour en compagnie deLouis Renault, ce dernier, séduit par son efficacité, lui proposa de le nommer directeur de ses usines de Billancourt, ce qu'il accepta.

Secrétaire d'État à la jeunesse du gouvernement de Vichy

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Georges Lamirand dans unchantier de la jeunesse française. Carte postale de propagande durégime de Vichy.

Il est secrétaire d’État à la Jeunesse du au dans les gouvernementsLaval,Flandin etDarlan.

Lamirand ne reçut aucune consigne précise de la part de Pétain qui lui déclara d'entrée : « J'ai décidé de vous confier la jeunesse de France. D'après ce que je sais sur vous, vous connaissez les questions sociales et les problèmes de jeunesse. Ce que vous ferez, ce sera bien. La seule chose que je vous demande, c'est de me tenir au courant »[9]. S’il est demeuré pour un temps à son poste après le retour de Laval, ses collaborateurs ont été écartés et remplacés par des hommes d’Abel Bonnard et il s’est opposé à la mise en place d’une jeunesse unique de type totalitaire[10].

Traduit devant la Haute Cour de justice, il est« relevé de l'indignité nationale en raison des actes de résistance accomplis par l'inculpé »[11] et obtient un non-lieu le 27 juillet 1947[12].

Après guerre

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Après son procès, il s'installe au Maroc, alors protectorat français, où il fonde et dirige une société d'investissements, SIGMA (Études, investissements et gestion au Maroc)[13]. Il a milité avec le banquier Félix Nataf et André de Peretti, à l’association les Amitiés marocaines, à Paris et au Maroc, jusqu’à l’indépendance en 1956. À l’origine association apolitique fondée par Nataf en 1951, rassemblant des musulmans, des juifs et des chrétiens, cette petite association s’est mêlée de politique, dans la mouvance des « libéraux » au Maroc[14]. Il est resté fidèle à ses convictions. On le trouve ainsi impliqué dans l’ouvrage collectif paru en 1953 et dirigé par le Père assomptionniste Fulbert Cayré,Dieu vit en l’homme – il rédige le chapitre IX sur la « responsabilité personnelle des employeurs » - aux côtés deGaston Tessier et deJean de Fabrègues notamment. Son livre de 1932, réédité en 1937, est une nouvelle fois réédité en 1954. Il est recruté comme P-DG de la Société Lamirand et Cie en parJean Capelle (homme politique) pour donner des cours à l'Institut national des sciences appliquées de Lyon[15]. Lamirand a été aussi l’un des intervenants au CUCES de Nancy (Centre universitaire de coopération économique et sociale), fondé par Capelle lorsqu’il fut recteur de l’académie de Nancy (1949-54) pour compléter la formation des élèves-ingénieurs et assurer le perfectionnement des ingénieurs. Il fut chargé en 1958 de tirer les conclusions des stages ouvriers des élèves ingénieurs, dont ceux de l’ENSEM. La présence de Lamirand, du fait de son passé vichyste, aurait suscité certaines réserves dans plusieurs écoles[16].

Il a été l'un des vice-présidents fondateurs duCentre d'études politiques et civiques, club de réflexion associant des patrons chrétiens et des intellectuels pétainistes - dontRené Gillouin etLouis Salleron - fondé en 1954 et pour lequel il donna des conférences en province, notamment à Bordeaux. Élu conseiller municipal « républicain indépendant » deLa Bourboule en 1955 à la faveur d'une élection municipale partielle pour remplacer le maire décédé, il est dans la foulée élu maire et exerce ce mandat jusqu'en 1971[17]. Il préside aussi la Fédération thermale d'Auvergne[18].

Son témoignage sur Vichy apparaît dans le documentaireLe Chagrin et la Pitié alors qu’il est encore maire de La Bourboule. Il a été président de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain du à[19] ; il est désigné à cette date président d'honneur et le reste jusqu'à sa mort.

Vie privée

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En 1923, il épouse à Paris (14e arrondissement) Lucie Matruchot[20]. De leur union naissent deux enfants. Leur fille Geneviève épouse en 1955Jean-Marie Bastien-Thiry (1927-1963)[21].

Publications

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Notes et références

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  1. Archives municipales de Toulouse, « État civil, registre des naissances du 1er janvier au 28 août 1899, vue 160 / 225, 1E585 »Accès libre, surhttps://basededonnees.archives.toulouse.fr(consulté le)
  2. Base Léonore, « Dossier LAMIRAND, Jean-Baptiste, »Accès libre, surwww.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr(consulté le)
  3. a etbGuyCaplat, « 75. LAMIRAND (Jean-Baptiste) »,Publications de l'Institut national de recherche pédagogique,vol. 13,no 1,‎,p. 361–364(lire en ligne, consulté le)
  4. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »Accès libre, surhttp://rhe.ish-lyon.cnrs.fr,(consulté le)
  5. Archives de Paris, « Registres matricules militaires, matricule Lamirand, Georges François Victor, D4R1 2118 »Accès libre, surhttps://archives.paris.fr(consulté le)
  6. Yves Cohen, Rémi Baudoui,Les chantiers de la paix sociale : 1900-1940, ENS éditions, 1995 : cf. les communications d’André Grelon, « L’ingénieur catholique et son rôle social », et surtout de Rémi Baudoui, « Un technicien social du service public, Raoul Dautry (du chemin de fer de l’État au CEA) ». Les Équipes sociales ont été fondées par Garric en 1920 et visent à constituer une élite sociale et à former la population ouvrière.
  7. Henri Lasserre,Le pouvoir de l’ingénieur, L’Harmattan, 1989, p. 24 ;Bulletin du diocèse de Reims, 3-4-1937 : séance du secrétariat social, à destination des syndiqués de la CFTC, conférence de Lamirand, « les chrétiens bâtisseurs de l’ordre nouveau ». Cf. aussi Gérard Reyre,Évaluation du personnel : histoire d’une mal-posture, L’Harmattan, 2007, p. 81-82,Le Figaro, 20-6-1937,Eudes, octobre 1933,Bulletin de la chambre de commerce de Paris, 2-11-1935 ;La Croix, 11-8-1936, 29-12-1936, 17-12-1938,Sept, 27-11-1936, 25-6-1937
  8. Cf.La manufacture de papiers peints Leroy, collection Parcours du patrimoine, région Ile-de-France, 2009, n° 353
  9. Michel Bergès 1997.
  10. JérômeCotillon, « Jeunesses maréchaliste et collaborationniste dans la France de Vichy »,Matériaux pour l'histoire de notre temps,vol. 74,no 1,‎,p. 29–36(DOI 10.3406/mat.2004.978,lire en ligne, consulté le)
  11. « M, Georges Lamirand est relevé de l'indignité nationale », Le Monde, 26 juillet 1947].
  12. André Caudron, « Lamirand Georges, François, Victor », surLe Maitron, màj 21 juin 2011(consulté le).
  13. Il est administrateur de la société Vermiculite Maroc ( société anonyme fondée en août 1952 à Casablanca, au capital de 6 millions de francs )
  14. Félix Nataf,Témoignage d’action au Maroc, 1950-1956 : les Amitiés marocaines, 1957,L’indépendance du Maroc, Plon, 1975,  Juif maghrébin : une vie au Maghreb racontée à ma fille, Fayolle, 1978, André de Peretti,L’indépendance du Maroc et la France, 1947-1956 : mémoires et témoignage, 2006 ; Hervé Bleuchot,Les libéraux français au Maroc, 1947-1955, Ed. de l’Université de Provence, 1973 ; Camille Brugidou-Réchard,Cinq années au Maroc : Une jeune Niortaise découvre le Maroc de 1951 à 1956, L’Harmattan, 2005, p. 124 et 217-218
  15. Les Cahiers du CEPEC, n° 33: conférence de Capelle en 1967 donnée au CEPEC, avec une allocution de Lamirand, Georges-Paul Menais,Géographie industrielle de Lyon, vol. 1, Hachette, 1958, p. 303 ( Il évoque Lamirand et d’autres patrons ou administrateurs de la région lyonnaise, chargés de cours, comprenant de 25 à 50 auditeurs )
  16. François Birck, « L’IEN et les milieux industriels ( 190-1960 ) », in François Birck et André Grelon,Un siècle de formation des ingénieurs électriciens. Ancrage local et dynamique européenne, l’exemple de Nancy, Ed. MSH, 2006, p. 184-187.
  17. Le Monde, 15/3/1955,Le Monde, 18/3/1955
  18. Le Monde, 17/4/1961, G. Lamirand, "Renouveau du thermalisme en Auvergne", 13/4/1964, G. Lamirand, "Centre incomparable de santé et de détente", 21/9/1966, 23/9/1968
  19. Le Monde, 25/7/1981,Le Monde, 5/5/1982
  20. Archives de Paris, « État civil du 14e arrondissement, registre des mariages du 25 octobre au 27 novembre 1923, vue 11 / 31, 14M 282 »Accès libre, surhttps://archives.paris.fr(consulté le)
  21. Lacouture 2010,p. 274-275.
  22. « Georges LAMIRAND | Académie française », surwww.academie-francaise.fr(consulté le)

Bibliographie

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Liens externes

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Sous la présidence du chef de l'ÉtatPhilippe Pétain
Affaires étrangèresPierre-Étienne Flandin


Pierre-Étienne Flandin
Vice-président du Conseil
JusticeRaphaël Alibert
FinancesYves Bouthillier
Présidence du ConseilPaul Baudouin
AgriculturePierre Caziot
Production industrielle etTravailRené Belin
Défense nationaleCharles Huntziger
IntérieurMarcel Peyrouton
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