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Georges Garel, ditGasquet, néGrigori Garfinkel le enRussie à Vilna, aujourd'huiVilnius, et mort le àParis, est un ingénieur électricien et résistantfrançais. Animateur duRéseau Georges Garel, qui est la branche clandestine de l'OSE, il dirige sous l'Occupation une des principales filières de placement d'enfants cachés.
« Gri » Garel passe sa petite enfance àVilna, une des capitales du « Yiddishland » où son père est ingénieur. Il a trois ans quand, en 1912, la famille s'installe àKiev. En 1924, année de la mort deLénine, elle émigre deRussie pourBerlin[1], puis, deux ans plus tard, en 1926,Paris.
C'est dans cette ville qu'il passe les deuxbaccalauréats, lettres et sciences, mais c'est àZurich, à l'École polytechnique, qu'il fait sesétudes supérieures, enallemand donc. Diplômé en ingénierie électrique d'un établissement au prestige mondial, il intègre àLyon les effectifs de laCompagnie électro-mécanique. En 1934, il estnaturalisé français.
Lieutenant de réserve dans l'artillerie, il estmobilisé le et affecté à l’état-major du colonel Vallet sur la frontière italienne duDauphiné. Démobilisé en 1940, il reprend son activité d'ingénieur à laCEM deLyon tout en prêtant son concours au mouvementCombat que dirige son amiClaude Bourdet etHenri Frenay.
Avec son beau-frèreCharles Lederman et l'abbéAlexandre Glasberg, il est amené en 1942 à venir en aide aux personnes qui ont été incarcérées àVénissieux à la suite de laRafle du 26 août 1942. Durant l'été 42, lesrafles conduites dans la région Rhone-Alpes y amènent mille deux cents Juifs étrangers. Le, Georges Garel fait partie de la commission de« criblage » de ces mille deux cents« prisonniers raciaux ». Le personnel de l'opération, suppléant à celui de la prison et de la police, est celui de l'Œuvre de secours aux enfants. La commission réussit à écarter de ladéportation quatre vingt adultes et cent huit enfants[2].
Le, la« zone libre » est supprimée et passe sous administration militaire allemande. Dès le mois suivant,Joseph Weill, directeur médical de l'OSE qui a été contrainte de se subordonner à l'UGIF et a vu plusieurs de ses refuges servir de cibles auxrafles, demande à Georges Garel de constituer un réseau clandestin permettant de cacher sous de fausses identités les enfants de moins de seize ans et de les disperser au sein de la population puis si possible leur faire passer la frontièresuisse[3]. Le réseau est au cœur de la forme clandestine de l'OSE et regroupe tous les services nécessaires à la tâche, imprimeurs clandestins, agents de liaisons, logeurs… Elle ne prendra une forme officielle qu'après la guerre en devenant l'Association de la résistance juive de France,ARJF. Georges Garel obtient ducardinal Saliège,archevêque de Toulouse qui a fait lire en chaire« Les Juifs sont des hommes […] Tout n’est pas permis contre eux […] », l’autorisation de placer les enfants, dotés de faux-papiers, dans des institutions ecclésiastiques dudiocèse deToulouse.
Le « circuit Garel » se met en place en. Les soutiens viennent d'autres organisations catholiques, puis protestantes, laïques, voire d'initiatives privées. Environ mille six cents enfants seront finalement placés dans le sud de la France[4] et l'exzone italienne, autour deToulouse etLyon, mais aussiValence etLimoges. Le rôle de Georges Garel est de garder le contact avec ces enfants dispersés, pourvoir à leur entretien, et développer le réseau dans ce qui fut lazone sud. Il épouse Lili Tager en 1943, àLyon, de laquelle il aura sept enfants. Le circuit fonctionne jusqu'à l'automne 1944.
À laLibération, Georges Garel est nommé directeur général de l'OSE France. En 1948 il reprend son poste d'ingénieur à laCEM. En 1951, il prend la présidence de l'OSE. Retraité en 1974, il la conserve jusqu'en 1978, tout en continuant à siéger régulièrement au conseil d'administration de l'association. Il meurt àParis d'uninfarctus.
Il épouseÉlise Tager, dite Lili, née en 1921 àParis. Les parents de celle-ci sont desJuifs russes qui ont émigré enFrance en 1919, durant laguerre civile. Elle participe à laManifestation du 11 novembre 1940 des lycéens et étudiants,place de l’Étoile, et est emprisonnée en tant que juive pendant trois mois àFresnes. Elle se réfugie àLyon, enzone sud, à la fin de l'année 1941.
Elle entre dans laRésistance en tant que convoyeuse assurant la liaison entreNice etLyon. Elle participe au sauvetage d'enfants juifs, avec son mari, Georges Garel. Son nom de résistance est Élisabeth-Jeanne Tissier. Elle aurait été emprisonnée à laprison Montluc à Lyon.
Les Garel ont sept enfants : Jean-Renaud,polytechnicien etbiochimiste; Annie,médecin ; Michel, conservateur des manuscrits hébraïques à laBibliothèque nationale de France ; Laurent,médecin ; Thomas,normalien etphysicien ; Denis,médecin ; et Nathalie, conseillère en communication[5].
L'historienne Valérie Perthuis-Portheret a réalisé un film qui relate la vie deLili Garel, et en particulier son rôle dans lanuit de Vénissieux, celle du 28 au, au cours de laquelle cent huit enfants « Juifs » ont été sortis ducamp d'internement deVénissieux,au sud-est de Lyon, et sauvés de ladéportation[6]. Vénissieux marque le début de l'action sur le terrain de Georges Garel, ingénieur àLyon, auprès de l'Œuvre de secours aux enfants, et c'est la première implication sur le terrain de Lili Tager, qui venait à peine d'être embauchée dans le bureau lyonnais de l'OSE, comme secrétaire à temps partiel etassistante sociale. Elle a vingt ans. Peu après[7] cet événement Lili Tager et Georges Garel se marient[8].
Des années plus tard, Lili Garel témoignera du« cauchemar »[9]deVénissieux[10] qu'« elle n'oublie pas »[11].
Le, le siège de l'Œuvre de secours aux enfants, l'OSE, 11rue du Faubourg-du-Temple àParis, jusqu'alors nomméCentre Georges Garel est renomméCentre Georges et Lili Garel[12].