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Geoffroy de Monmouth

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Geoffroy de Monmouth
Merlin lit ses prophéties au roiVortigern.
Illustration d'un manuscrit desProphetiae Merlini de Geoffroy de Monmouth,British Library, MS Cotton Claudius B VIIfo 224.
Fonctions
Roman Catholic Bishop of St Asaph(d)
-
Évêque diocésain
Ancient diocese of Saint Asaph(d)
à partir de
Gilbert(d)
Richard(d)
Biographie
Naissance
Décès
VersVoir et modifier les données sur Wikidata
Cathédrale de Llandaff (Kingdom of Morgannwg(d))Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Autres informations
Consécrateurs
Thibaut du Bec, William de Turbeville(en),GautierVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Geoffroy de Monmouth est unévêque etchroniqueurgallois, né vers 1095 àMonmouth et mort en 1154 ou 1155, peut-être àSt Asaph (actuelpays de Galles).

Familier de l'abbaye de Glastonbury, il a été au service du roi anglaisHenri Ier et a produit des textes à prétention historique, écrivant en languelatine.

Il est connu pour avoir été le premier à rédiger une version très étendue de lalégende arthurienne et qui a servi de modèle à l'ensemble des récits arthuriens postérieurs. Les historiens modernes considèrent que ses textes sont largement dépourvus de fondement historique.

Biographie

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Le lieu de sa naissance n'est pas connu, mais il s'agit probablement deMonmouth aupays de Galles, dont la seigneurie a appartenu au BretonWithenoc ou Guihenoc de La Boussac. Il connaît bien la région de Monmouth, et décritCaerleon dans sonHistoria regum Britanniae.

Il a étudié àOxford, y a rencontré l'archidiacre Gautier (Walterus). Le, l'archevêque de CantorbéryThibaut le consacre évêque deSt Asaph (au nord du pays de Galles), dix jours après l'avoir ordonné prêtre. Il n'est pas certain qu'il a visité son évêché : les guerres d'Owain Gwynedd permettent d'en douter.

Œuvre

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Entièrement rédigée en latin, l'œuvre de Geoffroy se compose, dans l'ordre chronologique, desProphéties de Merlin (Prophetiae Merlini), de l'Histoire des rois de Bretagne (Historia regum Britanniae, écrite entre 1135 et 1138, en douze livres), et de laVie de Merlin (Vita Merlini, datée de 1149).

Probablement composées peu avant 1135 (il n'y est pas fait mention de la mort du roi HenriIer), lesProphéties de Merlin se veulent la traduction latine de vers bretons (de l'île de Bretagne) sur les prophéties faites par le devin Merlin au roi de BretagneVortigern. Elles rendent compte de la chute du peuple breton, vaincu par les Saxons, et annoncent la restauration de sa puissance en des temps indéterminés. Geoffroy ne livre pas les clefs des prédictions du devin.

L’Histoire des rois de Bretagne, présentée par son auteur comme une traduction d'un livre très ancien, leLiber vetustissimus, composé en breton « dans un très bon style » et emporté en Angleterre par le Normand Gautier alias Walter, archidiacre d'Oxford, est l'un des premiers monuments littéraires de l'histoire britannique et sera la source principale de lalégende arthurienne, plus que l'Historia Brittonum deNennius, antérieure d'un peu plus de deux siècles.

L'Historia a été traduite engallois (Brut y Breninhed), et adaptée enlangue d'oïl sous le titre deRoman de Brut en 1155 parWace.

Une intention politique

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Une des clés de cette œuvre — par ailleurs un des plus gros succès littéraires médiévaux comme semblent l’indiquer les presque 220 manuscrits conservés entre 1138 et leXVe siècle — est sans doute la tentative d'ancrer la légitimité politique de la dynastie normande dans le passé de l'ancienne Bretagne, en mettant à profit la présence de nombreux seigneurs bretons parmi les conquérants de 1066. Les « Bretons » fournirent ainsi en quelque sorte aux Normands qu'ils aidèrent à conquérir l'Angleterre un passé local clé en main, justifiant la conquête[n 1] puis la guerre féodale poursuivie contre les Gallois[1],[2].

Plusieurs historiens spécialistes s’accordent à dire que Geoffrey de Monmouth compose sonHistoria Regum Britanniae sous l’influence d’un environnement politique normand. Il valorise la figure d’Arthur comme un roi conquérant de la Bretagne et vainqueur des Saxons — une image symbolique faisant écho à Guillaume lui-même conquérant de l’Angleterre —. Exagérant la portée du roi Arthur, Geoffrey se place au service de l’élite normande, comme modèle de roi-guerrier ayant dompté un ennemi intérieur (Saxons) puis extérieur (Rome)[3],[4].

Ainsi ses principales œuvres sont une commande d'HenriIer d'Angleterre puis d'Étienne d'Angleterre auxquels il dédie d'ailleurs ses œuvres : elles justifient leur règne et fortifient leur image en face des souverains de France et des autres pays d’Occident.

En rupture avec ce consensus, Jean-Bernard Elzière a proposé une tout autre lecture de ces œuvres. Selon lui, lesProphetiae Merlini, renvoient allégoriquement à l'histoire ecclésiastique de l'Écosse entre 1070 et 1135[5]. Il soutient également que Geoffroy, après avoir évoqué dans cette première œuvre l'histoire de l'Église d'Écosse de 1070 à 1136, aurait entrepris de relater, sous le voile de l'allégorie, toute l'histoire ecclésiastique desAngles deBernicie (Lindisfarne), « et plus généralement celle des habitants de la région scoto-cumbroberniciene entre le début duVIIe siècle et les environs de 1145 »[6].

Fiabilité

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Historicité

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Les historiens contemporains considèrent que les textes écrits par Geoffroy de Monmouth sont dépourvus de toute historicité. Selon les chercheurs, Geoffroy de Monmouth a largement inventé les faits qu'il dit rapporter et la fiabilité historique de ses textes est très faible[7].

Néanmoins, on peut par exemple recentrer la problématique sur l'histoire des représentations. L'Historia contient par exemple le premier discours « décolonisé » sur la Bretagne et les Bretons de l'historiographie, ce qui n'a été relevé que très récemment et invite à replacer Geoffroy dans la perspective de l'acculturation du monde brittonique — dont il est bien plus le fossoyeur que le révélateur — à l'Occident féodal.[réf. nécessaire]

Sources

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Dès 1138, date de la mise en circulation de l'Historia, de sérieux doutes furent émis quant à l'existence de la source en langue brittonique sur laquelle prétendait s'appuyer Geoffroy.

En effet, affirmer s'appuyer sur une source unique est impensable dans l'historiographie médiévale d'Occident : toute œuvre d'historien devait être littéralement authentifiée par une autre œuvre, antérieure, à valeur d'autorité. À supposer que Geoffroy s'appuie sur une telle œuvre, celle-ci est demeurée inconnue des contemporains. Le passé de l'ancienne Bretagne n'était donc transmis que par une source unique, ce qui ouvrit sans doute la voie à la création d'un univers arthurien fictionnel.

La thèse de l'absence de sources gaéliques aux textes de Geoffroy de Monmouth défendue à la fin duXIXe siècle par les françaisGaston Paris etEdmond Faral contre le BretonArthur Le Moyne de la Borderie, a été réfutée auXe Congrès des études arthuriennes à Nantes en 1972 parGwenaël Le Duc, traducteur avecClaude Sterckx de laChronique de Saint-Brieuc, grâce à l'identification du « liber vetustissimus » à un texte mentionné dans laVita Goueznouii, soit leLivre des faits du roi Arthur, soit un autre texte perdu.

Postérité

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Le texte de Geoffroy de Monmouth a une influence très importante sur les auteurs médiévaux qui s'emparent de la matière de Bretagne pour créer leurs œuvres.Wace dans leRoman de Brut ainsi queChrétien de Troyes dans ses romans s'inspirent du récit de Geoffroy de Monmouth[8].

Notes et références

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Notes

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  1. Cette volonté expansionniste culmine avec l'histoire duRoi Arthur

Références

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  1. Voir David Floch, "Mémoire bretonne et identité anglo-normande. L'image des Bretons armoricains chez Geoffroy de Monmouth et ses continuateurs insulaires (années 1130-1190)", dans Jean-Christophe Cassard, Jean Kerherve et Élisabeth Gaucher (dir.),Vérité poétique, vérité politique. Mythes, modèles et idéologies politiques au Moyen Âge, Brest, Centre de Recherche Bretonne et Celtique, 2007, p. 165-191.
  2. Voir par ex. Catherine Daniel, "Les clefs desProphéties de Merlin auXIIe siècle : exégèses des prophéties exposées par Geoffroy de Monmouth", dans Fabienne Pomel (dir.),Les clefs des textes médiévaux. Pouvoir, savoir et interprétation. Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2006, p. 321-339.
  3. (en) Jacob Martin,Geoffrey of Monmouth and the Norman Reign: an Analysis of the Political Stance in the Historia Regum Brittaniae, Arthurian Literature, Texas A&M University, 15 octobre 2017
  4. Amaury Chauou,L'Idéologie Plantagenêt. Royauté arthurienne et monarchie politique dans l'espace Plantagenêt (XIIe – XIIIe siècles). Chapitre I. Le passé historique : le roi Arthur à la cour d'Henri II, Presses universitaires de Rennes, 2001
  5. Jean-Bernard Elzière,Le décodage des chansons de geste et des romans courtois (XIIe et XIIIe siècles). Bruxelles, 2013, p. 54-78.
  6. Elzière,op. cit., p. 86.
  7. MartinAurell,« Le discrédit de l’incroyable histoire de Geoffroi de Monmouth au xiie siècle », dansLa vérité, Éditions de la Sorbonne, Publications de l’École française de Rome,(ISBN 978-2-85944-793-9,DOI 10.4000/books.psorbonne.6685.,lire en ligne)
  8. (en) DavidStaines,The Complete Romances of Chretien de Troyes, Bloomington, Indiana University Press,, 542 p.(ISBN 0-253-35440-4),p. XIII

Bibliographie

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Recherche

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Ouvrages et articles

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Analyse littéraire

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  • Philippe Walter,Merlin, ou le savoir du monde. Paris, Imago, 2012, 198 p.
  • John JayParry et RobertCaldwell,Arthurian Literature in the Middle Ages, Oxford University, Clarendon Press,(ISBN 0-19-811588-1,lire en ligne), « Geoffrey of Monmouth ».

Éditions

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Traductions

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  • Les Prophéties de Merlin (1134) inHistoire des rois de Bretagne, livre VII.
  • Geoffroyde Monmouth,Histoire des rois de Bretagne. traduite et commentée par Laurence Mathey-Maille, Paris, Les Belles Lettres,(ISBN 2251339175).
  • La Vie de Merlin (vers 1140, 1148 ?), trad. Isabelle Jourdan, La part commune, 2008.

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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