Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Geoffroy V d'Anjou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Geoffroy Plantagenêt
Illustration.
Émail Plantagenêt, effigie funéraire de Geoffroy V d'Anjou, vers 1160.Musée d'archéologie et d'histoire du Mans.
Titre
Comte d'Anjou etde Touraine

(22 ans)
PrédécesseurFoulques V
SuccesseurHenri II
Comte du Maine

(22 ans)
PrédécesseurErembourg etFoulques V
SuccesseurHenri II
Duc de Normandie

(7 ans, 7 mois et 19 jours)
PrédécesseurÉtienne
SuccesseurHenri II
Biographie
Dynastie1.Maison de Gâtinais-Anjou

2.Plantagenêt (fondateur)

Date de naissance
Date de décès (à 38 ans)
Lieu de décèsChâteau-du-Loir
SépultureCathédrale Saint-Julien du Mans
PèreFoulques V
MèreErembourg du Maine
ConjointMathilde l'Emperesse
EnfantsHenri II d'Angleterre
Geoffroy VI d'Anjou
Guillaume d'Anjou
Hamelin de Warenne(illégitime)
ReligionCatholicisme

Image illustrative de l’article Geoffroy V d'Anjou
Comte d'Anjou
modifier 
Geoffroy V d'Anjou reproduit par levicomte de Vaublanc[1] en 1844.

Geoffroy V d'Anjou, ditle Bel ouPlantagenêt ([2],Château-du-Loir), futcomte d'Anjou,du Maine etde Touraine (1129-1151), et, plus tard,duc de Normandie (1144-1151).

Il est, peut-être, surnomméPlantagenêt à cause du brin degenêt qu'il avait l'habitude de porter à son chapeau, mais, plus sûrement, selonWace, parce qu'il plantait du genêt et favorisait les bois, friches et forêts où il s'adonnait à la chasse[3].

Il était le fils deFoulques V († 1143), comte d'Anjou etroi de Jérusalem, issu d'unevieille famille franque, lesIngelgeriens, et d'Erembourge du Maine († 1126), héritièredu Maine. Son filsHenri II d'Angleterre est le fondateur de ladynastie royale anglaise desPlantagenêts.

Biographie

[modifier |modifier le code]

Mariage et accès au pouvoir

[modifier |modifier le code]

Le, à l'âge de15 ans, il épouseMathilde l'Emperesse, fille d'Henri Ier d'Angleterre dit Beauclerc, lui-même fils cadet deGuillaume le Conquérant, et veuve d'Henri V empereur du Saint-Empire germanique, en lacathédrale Saint-Julien du Mans. Cette union représente un gage de paix entre l'Anjou et laNormandie, qui avaient été en conflit à de nombreuses reprises au cours duXIe siècle. Mathilde l'Emperesse, plus âgée de onze ans, retourne auprès de son père peu de temps après leur mariage, peu heureux. En 1131, elle se réconcilie avec lui, et leur premier enfant, Henri, naît le.

L'année qui suit son mariage, son père est pressenti pour épouserMélisende de Jérusalem, fille duroi de JérusalemBaudouin II. Il retourne donc enTerre sainte — où il devient roi —, laissant toutes ses possessions à Geoffroy.

Conquête de la Normandie

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Anarchie anglaise.

Quand le roiHenri Ier d'Angleterre mourut en 1135, laissant son trône sans héritier mâle, le cousin de Mathilde,Étienne de Blois, s'empara du trône d'Angleterre et, du même coup, duduché de Normandie. Pendant que son épouse Mathilde, nommée par son père héritière légitime du trône, tournait son attention vers l'Angleterre, Geoffroy concentra la sienne sur la conquête de la Normandie. Après une vaine tentative en 1135, il entama, à partir de 1136, une conquête systématique, qui allait durer onze ans. Il fait hommage au roiLouis VI pour le duché, hommage qu'il renouvelle auprès du nouveau roiLouis VII en 1141. Il est maître deCaen,Bayeux,Lisieux,Falaise en 1141.Avranches tombe en 1143 etArques en 1146.

Les mérites de cette stratégie sont discutés par les historiens, alors que les forces angevines auraient pu être envoyées enAngleterre. Il semble aussi que la possession de la Normandie joua un rôle décisif dans le succès de l'expédition militaire qu'entreprend leur filsHenri pour obtenir la couronne insulaire en 1153, après une vaine tentative en 1149. Avec ces possessions, Geoffroy devient le plus puissant vassal du roi de France. Les rentrées annuelles du trésor normand sont alors évaluées à 260 000 livres tournois, soit autant que le trésor royal[4]. Malgré le titre ducal, il semble que Geoffroy considère alors la Normandie comme une dépendance de l'Anjou. Alors que ledenier angevin circulait en Normandie, il fait fermer les ateliers monétaires de Bayeux etRouen[4].

Geoffroy réprima aussi trois révoltes debarons en Anjou, contre levicomte de ThouarsAimery VI en 1129, 1135 et son successeur Guillaume Ier en 1145-1151. Il faudra trois ans de siège, à partir de 1148, pour que tombe la place deMontreuil-Bellay. La menace de rébellion ralentit son avance en Normandie, et semble être une raison de sa non-intervention outre-Manche.

Dans les dernières années de sa vie, il consolida son contrôle sur la Normandie en réformant l'administration du duché. En 1150, il associa Henri à son gouvernement, en l'investissant du duché de Normandie, en omettant toutefois de consulter le roi de France, leur suzerain. Louis VII attaque la Normandie en 1151. En septembre 1151, le conflit se résout grâce à l'intervention deBernard de Clairvaux[5]. Geoffroy et Henri se rendent alors à la cour de France où le nouveau duc de Normandie prête hommage au roi pour son duché, moyennant la cession à Louis du Vexin normand[6].

Mort et mausolée

[modifier |modifier le code]

Au retour de la cour de France, Geoffroy meurt le àChâteau-du-Loir (comté du Maine), d'un refroidissement à la suite d'une baignade dans leLoir.

Article détaillé :Émail Plantagenêt.

Son corps fut inhumé dans un mausolée impressionnant édifié au sein de lacathédrale du Mans ; « c'était déjà un insigne privilège que d'avoir enterré le comte à l'intérieur des murs de la cité, ce qui ne s'était pas encore fait », selon l'historienRobert Favreau[7]. La plaque tombale encuivre etémailchamplevée, le représentant vêtu d'un manteau à doublure devair, actuellement conservée au muséeMusée Jean-Claude-Boulard Carré Plantagenêt (Le Mans), ciselée peu avant 1160, fut commandée parGuillaume de Passavant, évêque de la ville[7]. C'est la plus grande pièce émaillée (63 × 33 cm) qu'ait laissé leMoyen Âge occidental[8]. Elle célèbre le protecteur des églises : « Par ton épée, prince, la foule des pillards est mise en fuite, et grâce à la paix qui règne, la tranquillité est assurée aux églises »[7]. L'évêque Guillaume établit unchapelain à l'autel de la chapelle du Crucifix, près du tombeau, afin qu'il célèbre une messe quotidienne pour le comte[7]. En 1161, Henri II fit don à la cathédrale du Mans d'une rente de quarante livres pour que deux prêtres assurent unservice (messe) quotidien, pour le salut de l'âme de son père[9].

Les Plantagenêts et la geste arthurienne

[modifier |modifier le code]

La dynastie Plantagenêt tenta, par la suite, de récupérer, à des fins politiques, la légende deschevaliers de la Table ronde en établissant un lien avecArthur.Wace y insiste dans sonRoman de Brut, écrit vers le milieu du siècle. Il suivait en cela l'exemple deGeoffroy de Monmouth, qui dédiait déjà àRobert de Gloucester sonHistoire des Rois de Bretagne, écrite vers 1138. Les Plantagenêts font grand cas, sur le continent, de l'épée d'ArthurExcalibur, qu'Henri Ier Beauclerc aurait, dit-on, offerte à Geoffroy en 1127, lors de son adoubement. Ceci avant la découverte opportune, en 1191, à l'abbaye de Glastonbury, en Angleterre, sur des indications données avant sa mort par Henri II, de la tombe supposée du roi légendaire[10].

Famille et descendance

[modifier |modifier le code]

Le auMans, il épousaMathilde l'Emperesse (1102-1167), veuve de l'empereur romain germaniqueHenri V Saint-Empire, et fille d'Henri Ier d'Angleterre et deMathilde d'Écosse.

Ils eurent trois fils :

  1. Henri (1133-1189), futurcomte d'Anjou, duMaine et duPoitou,duc de Normandie et d'Aquitaine,roi d'Angleterre ;
  2. Geoffroy Plantagenêt (1134-1158), futurcomte d'Anjou, duMaine etde Nantes. Sans descendance ;
  3. Guillaume (1136-1164), vicomte de Dieppe. Sans descendance.

Il eut aussi au moins trois enfants illégitimes :

Héraldique

[modifier |modifier le code]

Sur laplaque émaillée funéraire de Geoffroy V d'Anjou[11] sont représentées des figures qui semblent être de véritables armoiries,d'azur à six lionceaux d'or. DepuisLouis Bouly de Lesdain, on considère souvent que ce sont les plus anciennes armoiries connues[12] et qu'elles auraient été accordées à Geoffroy lors de sonadoubement en 1127 par son beau-pèreHenri Ier. C'est donc la date souvent retenue pour lanaissance des armoiries[13],[14],[15] jusqu'aux études deMichel Pastoureau. En effet, celui-ci montre que l'émail représentant Geoffroy Plantagenêt semble avoir été réalisé vers 1160-1165 et le récit de son adoubement, qui mentionne le bouclier aux six lionceaux, a été écrit vers 1170-1175, tandis que son seul sceau conservé, qui date de 1149, n'a pas d'armoiries[16],[17],[18].

Il est donc plus précis de considérer que cet émail funéraire est, selon l'expression deLaurent Hablot, le« plus ancien témoignage de représentation héraldique en couleurs connu »[19]. Même si on date cette œuvre plutôt des années 1150, elle traduit l'influence anglo-normande sur les comtes d'Anjou[20],[21]. C'est ici un cas où l'époux, Geoffroy Plantagenêt, adopte l'emblème familial de son épouse,Mathilde l'Emperesse, prestigieuse fille de roi, afin de revendiquer l'héritage[21].

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. Vincent Victor Henri De Vicom Vaublanc,La France au temps des croisades.
  2. (en) Douglas Richardson,Plantagenet ancestry : A study in colonial and medieval families, Baltimore, Genealogical Pub. Co.,, 945 p.,p. 1.
  3. Aurell 2002,p. 15.
  4. a etbFavier 2004,p. 203.
  5. Jean Flori,Aliénor d'Aquitaine La reine insoumise, Paris, Payot,, 545 p.(ISBN 2-228-89829-5),p. 84.
  6. Flori 2004,p. 85.
  7. abc etdRobert Favreau, « L'épithaphe d'Henri II Plantagenêt à Fontevraud »,Cahiers de civilisation médiévale,vol. 50,no 197,‎,p. 3-10 (p. 3 pour la citation)(lire en ligne).
  8. Marie-Madeleine Gauthier, 1972, cité parFavreau 2007.
  9. Favreau 2007,p. 4.
  10. Favier 2004,p. 351.
  11. Marie-Madeleine Gauthier, « Art, savoir-faire médiéval et laboratoire moderne, à propos de l'effigie funéraire de Geoffroy Plantagenêt »,Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres,vol. 123,no 1,‎,p. 105–131(DOI 10.3406/crai.1979.13580,lire en ligne, consulté le).
  12. Robert Viel, « La plaque tombale de Geoffroy Plantagenêt »,Archives héraldiques suisses. Schweizer Archiv fürHeraldik. Archivio araldico svizzero,vol. 73,‎,p. 25-27(lire en ligne).
  13. Louis Bouly de Lesdain, « Les plus anciennes armoiries françaises (1127-1300) »,Archives héraldiques suisses. Schweizer Archiv für Heraldik. Archivio araldico svizzero. Archivum heraldicum,vol. 11,‎,p. 69-79, 94-103(lire en ligne).
  14. Louis Bouly de Lesdain, « Etudes héraldiques sur leXIIe siècle »,Annuaire du conseil héraldique de France,vol. 20,‎,p. 185-244(lire en ligne).
  15. PierreGras, « Aux origines de l'héraldique. La décoration des boucliers au début duXIIe siècle, d'après la Bible de Cîteaux »,Bibliothèque de l'École des chartes,vol. 109,no 2,‎,p. 198–208(DOI 10.3406/bec.1951.449440,lire en ligne, consulté le).
  16. MichelPastoureau, « L'apparition des armoiries en Occident. État du problème »,Bibliothèque de l'École des chartes,vol. 134,no 2,‎,p. 281–300(DOI 10.3406/bec.1976.450062,lire en ligne, consulté le).
  17. Michel Pastoureau,Traité d'héraldique, Paris, Picard,coll. « Grands manuels »,,4e éd. (1re éd. 1979), 407 p.(ISBN 2-7084-0703-1),p. 29-32.
  18. Michel Pastoureau,« La naissance des armoiries. De l'identité individuelle à l'identité familiale », dansUne histoire symbolique du Moyen-Âge, Paris, éditions du Seuil,coll. « Librairie duXXIe siècle »,, 437 p.(ISBN 9782020136112,lire en ligne),p. 213-243.
  19. Laurent Hablot,Manuel d’héraldique et d’emblématique médiévale : Des signes, une société, comprendre les emblèmes du Moyen Âge (XIIe – XVIe siècles), Tours, Presses universitaires François Rabelais,, 336 p.(ISBN 978-2-86906-689-2,présentation en ligne).
  20. Laurent Hablot,« Entre pratique militaire et symbolique du pouvoir, l’écu armorié auXIIe siècle », dans M. Metelo de Seixas et M. de Lurdes Rosa (dir.),Estudos de Heràldica medieval, Lisbonne,(lire en ligne),p. 143-167.
  21. a etbJean-FrançoisNieus, « L’invention des armoiries en contexte. Haute aristocratie, identités familiales et culture chevaleresque entre France et Angleterre. 1100-1160 »,Journal des savants,vol. 1,no 1,‎,p. 93–155(DOI 10.3406/jds.2017.6387,lire en ligne).

Annexes

[modifier |modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier |modifier le code]

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]

Geoffroy V d'Anjou
Précédé parSuivi par
Foulques V d'Anjou
comte du Maine
1129-1151
Henri II d'Angleterre
comte d'Anjou
1129-1151
Étienne d'Angleterre
duc de Normandie
1144-1150
v ·m
Chronologie de laPremière maison d'Anjou de 930 à 1204

930

942

958

987

1040

1060

1068

1109

1129

1151

1189

1199

1204

 

 

 

v ·m
Wessex etJelling
Normands
Plantagenêt
Tudor
Stuart
En1707, Georges de Danemark devient le premierprince consort britannique.
v ·m
Chronologie desjarls et ducs de Normandie de 911 à 1204
Maison de Normandie
Jarls
Ducs
Blason des ducs de Normandie
Maison de BloisÉtienne (1135-1144)
Maison Plantagenêt
v ·m
Comtes non héréditaires
Armes de Geoffroy V


Armes des comtes capétiens


Armes des ducs d'Anjou
Comtes robertiens
Comtes ingelgeriens
Comtes plantagenêts
Comtes capétiens
Comtes puis ducs valois
Ducs apanagistes
(Valois puis Bourbons)
Ducs de courtoisie
(Bourbons etOrléans)
v ·m
Prétendants
Partisans d'Étienne
Partisans de Mathilde
Batailles
Traités
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Geoffroy_V_d%27Anjou&oldid=232960156 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp