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| Père | Erinayo Wilson Oryema(en) |
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Geoffrey Oryema, né le àSoroti enOuganda et mort le[1] àLorient enFrance, est unmusicien ougandaisauteur-compositeur etchanteur derock et deworld music.
Il nait le àSoroti en Ouganda mais grandit àKampala (la capitale de l'Ouganda) où il apprend à jouer de divers instruments : de la guitare, de la flûte, dulukeme (piano à pouces) et de laharpe nanga. Son père et sa mère étaient respectivement professeur d'anglais et directrice d’une compagnie de danse[2].
Au début des années 1970, il exprime le désir de devenir acteur, entre dans une école de théâtre, puis va créer sa propre compagnie :« Fou de Brecht, il va d’ailleurs s’inspirer des techniques chères à Stanislavski et Grotowski pour écrire des pièces avant-gardistes. Un théâtre de l’absurde griffé de sons tribaux et d’improvisations, serti d’allégories, nourri de rumeurs et d’onomatopées, dont on retrouvera les influences, plus tard, dans ses chansons », selon Frank Tenaille dans son ouvrage « Le Swing du Caméléon »[2].
En 1977, à l’âge de 24 ans, Geoffrey Oryema se réfugie àParis pour fuir la dictature d'Amin Dada après l'assassinat politique de son père, le ministreErinayo Wilson Oryema (en), en traversant la frontière avec leKenya caché dans le coffre d'une voiture. Puis, en 1988, il s'établit àLillebonne (Seine-Maritime)[3].
Il enregistre son premier albumExile en 1990, produit parBrian Eno et édité par le label « Real World » (tout récemment créé parPeter Gabriel[2]). Il s'accompagne pour créer sa musique de divers instruments typiquement africains, dont la nanga et le lukeme, mais ne dédaigne pas non plus la guitare électrique et les instruments rock. Le guitariste françaisJean-Pierre Alarcen l'accompagne longtemps, puis est rejoint par Dominique Gastrein (claviers), Patrick Buchmann (batterie, percussions, chant),Loy Ehrlich (claviers) et Nicolas Fiszman (basse). S'ensuivent de nombreux concerts à travers le monde (USA, Japon, Brésil, Europe) dans le cadre des festivals W.O.M.A.D. avec Peter Gabriel, Midnight Oil, Arrested Development. Il se produit notamment à Woodstock 94 qui célébrait les 25 ans du mythique festival.
En 1994, il s'associe avecTonton David etManu Katché pour former le groupe KOD, et ils composent alors la bande originale du filmUn Indien dans la ville dont la chanson-thème,Chacun sa route, connaît un énorme succès et permet à Tonton David d'accéder à une plus grande notoriété. Le trio remporte en 1996 uneVictoire de la musique, dans la catégorieCompositeur de musique de film[3].
Anglophone de naissance, il se met au français et écrit des chansons dans cette langue, enregistrant en 1996 un duo avecAlain Souchon :Bye bye lady Dame.
À partir de 2006, il est accompagné sur scène et en studio par son fils Oceng Oryema (batterie, percussions) et par Chaek Sylla (guitares, sampler, chant), remplacé en 2013 par Ali Otmane (guitare) et rejoint par Stephane Marrec (basse et contrebasse) puis remplacé par Kevin Gravier.En 2010, il part en Russie enregistrerFrom The Heart avecTony Levin et Alex Swift.
Il chante en anglais, enacholi, enkiganda, enlingala et en français. Dès son premier albumExile, il connait un succès international avecYé lé lé (générique de l'émission deFrance 2,Le Cercle de minuit) ou encoreLand of Anaka, coécrit avecBrian Eno et dontPeter Gabriel assure les chœurs. La presse française et internationale l'a souvent dépeint comme un « Leonard Cohen africain », auquel il avait reprisSuzanne, une de ses fameuses chansons.
Il s'affirme de plus en plus comme un artiste africain assumant ses influences rock, créateur et artiste à part entière et très apprécié sur la scène musicale internationale commeLokua Kanza ouRichard Bona.
« Même si cela en déroute certains, mon enfance n’a pas été seulement bercée par la musique traditionnelle de chez moi. J’ai aussi écouté beaucoup de pop et de rock anglais –mon pays, il ne faut pas l’oublier, a eu un lien très fort avec l’Angleterre, puisque pendant soixante ans l’Ouganda a été un protectorat britannique. Mon côté “rock” vient de là. L’Afrique reste évidemment ancrée en moi. Même si aujourd’hui je fais une musique plus “crossover”, il y a toujours mes racines dedans : le lukeme, la harpe nanga, je chante en anglais et français, mais aussi en swahili et en acholi. »
— Geoffrey Oryema[2]
En, il retourne pour la première fois en Ouganda.
« J’ai tourné la page. C’est fini tout ça, même si le pays en lui-même est toujours présent en moi. Je n’y suis plus physiquement mais je lui fais du bien avec ma musique. Depuis que je suis en France – pays dont j’ai pris la nationalité –, énormément de gens ont découvert l’Ouganda à travers elle. Je peux critiquer mon pays et l’Afrique, pour des raisons que nous connaissons tous, les bêtises faites par des dirigeants corrompus, les guerres ethniques, la maladie, la pauvreté fabriquée… mais, en même temps, pour moi ça reste un très beau pays. Ce n’est pas pour rien que Winston Churchillavait surnommé l’Ouganda “La perle de l’Afrique”. »
— Geoffrey Oryema[2]
Malade, Geoffrey Oryema meurt àLorient le, des suites d'un cancer. Ses cendres sont ensuite dispersées àAnaka (en), terre de ses ancêtres dans le nord de l'Ouganda qu'il évoque dans sa chansonLand of Anaka.
Il reçoit In Memoriam un Coup de Cœur Musiques du Monde 2019 de l’Académie Charles Cros le mercredi 20 mars 2019 àPortes-lès-Valence, dans le cadre du Festival « Aah ! Les Déferlantes ! »[4].