Legave de Pau est unerivière du sud-ouest de laFrance, dans les deux régionsOccitanie etNouvelle-Aquitaine,affluent du fleuveAdour.
Le terme « gave » désigne un cours d'eau dans lesPyrénées occidentales. Il s'agit d'unhydronyme préceltique désignant de manière générale un cours d'eau. Ce nom de gave est utilisé comme nom commun et a une très grande viralité — presque envahissante, puisque certains cours d'eau pyrénéens ont perdu, depuis un siècle, leur nom local pour devenir « le gave de... »[3].
Sa source la plus en amont se situe aucirque de Gavarnie — classé en1997 commepatrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco — dans le département desHautes-Pyrénées. Il porte le nom de « gave de Pau » à partir deLuz-Saint-Sauveur, recueillant les eaux dugave de Gavarnie et duBastan.
Sa longueur est de 190,7 kilomètres[1].
À partir de laconfluence avec legave d'Oloron, il prend le nom de « Gaves réunis » juste avant d'arroserPeyrehorade, puis 10 km en aval, de se jeter dans l'Adour sur le territoire du département desLandes.
Parmi les sources qui l'alimentent, le gave de Pau compte aussi la fameuse source réputée miraculeuse deLourdes.
Ce cours d'eau n'est guère facile à découvrir surGoogle Maps car il y est nommé successivement(à la date du) :
Il est classécours d'eau1re catégorie de sasource jusqu'àLescar puis cours d'eau2e catégorie. Il est classé dans les cours d'eau àsaumons.

Le débit du gave de Pau a été observé àBérenx durant une période de 86 ans (1923-2008)[2].
Le débit moyen annuel de la rivière y est de 81,8 m3/s, pour une surface de bassin versant de 2 575 km2, soit la presque totalité de son bassin versant.
La rivière présente des fluctuations saisonnières de débit caractéristiques, liées à son régime partiellement nival. Les hautes eaux de printemps portent le débit mensuel à des valeurs allant de 101 à 121 m3/s, d'avril à juin inclus (avec un sommet léger en mai). Elles sont dues essentiellement à la fonte des neiges, bien que des pluies se produisent également. Dès le mois de juillet, le débit baisse rapidement pour atteindre un plancher en septembre (40,9 m3/s). Dès septembre le débit remonte lentement vers un petit sommet de novembre (94,7 m3/s) puis baisse à nouveau sous l'effet de l'hiver et atteint son minimum en mars (85,7 m3/s), minimum qui reste toujours franchement abondant.
Enfin, ces moyennes mensuelles ne sont que des moyennes et occultent des fluctuations plus prononcées sur de plus courtes périodes et selon les années.

Ainsi, aux étiages, leVCN3 peut chuter jusqu'à 17 m3/s en cas de période quinquennale sèche, ce qui est toujours loin d'être sévère.
Les crues, quant à elles, peuvent être très importantes. LesQIX 2 et QIX 5 valent respectivement 640 et 830 m3/s. Le QIX 10 est de 960 m3/s, le QIX 20 de 1 100 m3/s et le QIX 50 de 1 200 m3/s.
Toujours à Bérenx, le débit instantané maximal enregistré a été de 794 m3/s le, tandis que le débit journalier maximal avait été de 1 420 m3/s le. En comparant le dernier de ces chiffres à l'échelle des QIX exposée plus haut, il ressort que cette crue de était au moins d'ordre centennal car bien plus puissante que la crue définie par le QIX 50, et donc tout à fait exceptionnelle.
Le gave de Pau est une rivière très abondante, puissamment alimentée par les précipitations importantes qui tombent sur les hauts sommets pyrénéens. Lalame d'eau écoulée dans le bassin versant de la rivière est de 1 005 millimètres par an, ce qui est des plus élevés enFrance. Ledébit spécifique (ou Qsp) atteint 31,8 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Un gisement de gaz est exploité à Lacq (64) par Total (ex-Elf Aquitaine). Un très vaste complexe pétrochimique s'y est développé (Sanofi, Arkema, Sobegie,...). Les sources de pollutions, notamment via les eaux pluviales sont multiples depuis les débuts de l'exploitation des sites. Ces activités industrielles contribuent également à une augmentation de la température du cours d'eau utilisé à des fins de refroidissement dans les process industriels.
La décharge deBordes a été mise en exploitation en 1950 et a reçu lesdéchets de cette commune jusqu'en 1980, puis les encombrants et des boues de station d'épuration jusqu'en 1998. Elle occupe la rive droite du gave de Pau sur une surface de3,5 hectares. Elle est située« sur un champ captant constitué d'un aquifère alluvial et d'un aquifère profond »[4].
Lors de lacrue du, mais aussi lors de celles des six années précédentes, des centaines de tonnes dedéchets sont arrachés de l'ancienne décharge deBordes. Les rives de la rivière sont alors jonchées sur des kilomètres par les ordures qui causent desdommages environnementaux[5]. La décharge deBordes contiendrait 8 000 m3 dedéchets ménagers,industriels, dubâtiment et agricoles entassés là de 1950 à 1998[6].
En 2017, la commune deBordes a opté pour le scénario consistant en« un traitement partri mécanique et manuel de l’ensemble des déchets non inertes de la décharge, dans le but de restituer la zone à l’expansion du gave ». 50 % des déchets, de taille inférieure à 30 mm et non pollués, sont laissés sur place. L'expérience acquise lors du chantier du nettoyage de ladécharge de Beaucens a été prise en compte. Le coût de l'opération est estimé à 3 650 000 euros hors taxes[7]. Au, la première étape du nettoyage est terminée et six à sept mètres de déchets ont été retirés des bords du gave et stockés quelques mètres plus loin, à l'abri de la montée des eaux, mais des milliers de tonnes de déchets avaient été emportés par la crue du mois de juin[8]. En 2020, le site a été traité grâce aux techniques du génie écologique ; les déchets les plus gros ont été triés sur le site par l'entreprise PRESTALOC 64, puis dirigés vers la filière de revalorisation. Un diagnostic environnemental a été élaboré par la société SUEZ le LyRE pour vérifier l’innocuité des terres restantes et leur capacité à héberger la végétation des paysages environnants. Une prairie destinée à se reboiser couvre maintenant le site[9].
En 2013, de fortes crues avaient permis au gave de s’infiltrer dans la décharge abandonnée deBeaucens. Les eaux avaient ainsi emportés 40 000 tonnes dedéchets qui s'étaient dispersés jusqu’à l’océan. De à 2015, des travaux ont permis de nettoyer les 11 000 tonnes qui restaient sur le site. En parallèle, 130 personnes se sont mobilisées en 2014 pour nettoyer les berges, avec le concours de l'association Surfrider Côte Basque[10].
L'ancienne décharge deCoarraze, ouverte entre les années 60 et 70, a reçu jusqu’en 2002 des ordures ménagères, des déchets divers et des pneumatiques, pour un volume de 40 000 m3. Elle a été nettoyée en 2019[11].
D'autres décharges menacent la rivière, notamment celles d'Assat, deJurançon et deLons[12]. Après chaque grandes crues, le contenu des anciennes décharges communales non traitées se déverse dans le Gave et des bénévoles se mobilisent pour le nettoyage des berges[13].
Des actions nommées « tests toxiques gave de Pau » ont été menées de 2005 à 2008. Le rapport d'information de demandé par la mairie deSoulom mentionne la présences demicro-polluants métalliques dans les eaux du gave de Pau pouvant remettre en cause certains usages (pêche,sports nautiques, baignade...). Cesmétaux lourds proviendraient des anciennesmines deplomb entrePierrefitte etCauterets[14].
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