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Gaule

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Pour les articles homonymes, voirGaule (homonymie).

Carte de la Gaule avant laGuerre des Gaules selon l'interprétation deGustav Droysen (1886)[1] d'après les peuples définis parPosidonios d'Apamée etJules César : lesBelges (en orange), lesAquitains (en rouge), laGaule celtique (en vert) et laGaule narbonnaise (en jaune).

LaGaule (enlatin :Gallia) était unerégion historique de l'Europe de l'Ouest, peuplée majoritairement lors de laconquête romaine, par lesCeltes (appelésGaulois par les Romains), lesBelges, lesAquitains[2], lesLigures et lesIbères, correspondant approximativement actuellement à laFrance, leLuxembourg, laBelgique, la majeure partie de laSuisse, le nord de l'Italie, ainsi que des régions desPays-Bas et d'Allemagne situées sur la rive ouest duRhin. Les frontières exactes de la Gaule, signalées parCésar (le Rhin et une partie duRhône à l'est, lesAlpes au sud, lesPyrénées au sud-ouest, l'Atlantique à l'ouest), ont varié au fil du temps en raison des conquêtes, des migrations, des changements politiques et de la conception des Gaulois d'un espace qui leur était commun[3],[4].

Le pluriel s'emploie dans l'expression « Guerre des Gaules » deJules César : laGaule belgique (Gallia Belgica en latin), aussi écrite « Gaule Belgique », laGaule aquitaine, laGaule lyonnaise et laGaule narbonnaise sont les quatreprovinces créées parAuguste au début de sonprincipat à partir desconquêtes effectuées parJules César en Gaule entre 58 et 51/50 av. J.-C. Cependant, "la Gaule" au singulier est une pure invention deCésar voulant que sa conquête soit perçue comme un ensemble homogène.

Archéologiquement, lesGaulois sont porteurs des cultures deHallstatt (en partie) puis dela Tène, qui s'étendaient à travers toute la Gaule, ainsi qu'à l'est de laRhétie, leNorique, laPannonie et le sud-ouest de laGermanie duVe siècle av. J.-C. auIer siècle av. J.-C. La Gaule tombe sous dominationromaine au cours d'une période allant duIIe siècle av. J.-C. auIer siècle av. J.-C. : laGaule Cisalpine est conquise en -203 et laGaule narbonnaise en -123. La Gaule est envahie après -120 par lesCimbres et lesTeutons, qui sont à leur tour vaincus par lesRomains en -103.Jules César conquiert finalement les parties restantes de la Gaule (qu'il considère comme divisée en trois parties :Gallia Celtica,Belgica etAquitania) dans sescampagnes de -58 à -51. Quant à l'Aquitaine césarienne, elle se différencie du reste de la Gaule par son assise linguistiquebasque-aquitaine[5].

LaGaule romaine s'est maintenue jusqu'à ce que le dernierÉtat croupion romain, ledomaine de Soissons, ne tombe partiellement aux mains desFrancs en 486, et pratiquement jusqu'auTraité de Verdun en 843, date à laquelle les textes évoquent pour la première fois laFrancie occidentale qui deviendra plus tard la France. Alors que les Gaulois celtiques avaient perdu leurs identités et leurs langues originelles depuis les conquêtes romaines et ensuite durant l'Antiquité tardive, devenant progressivement et relativement amalgamés en uneculture gallo-romaine,Gallia est resté le nom conventionnel du territoire tout au long duhaut Moyen Âge, jusqu'à ce que la Gaule Belgique acquière une nouvelle identité en tant queroyaume de Francecapétien dans la haute période médiévale. De nos jours,Gallia reste un nom de laFrance dans legrec moderne (Γαλλία) et lelatin moderne (à côté des alternativesFrancia etFrancogallia).

Étymologie

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Situation de la Gaule dans l'Empire romain.

Lesauteurs latins utilisent déjà le nom deGallia (« Gaule ») et celui deGalli (« Gaulois »), pluriel deGallus, pour désigner lesCeltes installés en Gaule et enGalatie occidentale, « Γαλατία » engrec[6].

Le nom deGallia est attesté pour la première fois chezPorcius Caton vers168 av. J.-C., mais son emploi est très probablement beaucoup plus ancien. Il servait d'abord à désigner lespeuples celtes qui avaient colonisé la plaine du nommée par la suiteGaule cisalpine. Cependant, c'est seulement avec lesCommentaires sur la Guerre des Gaules, deJules César, que ces concepts vont se diffuser largement, le proconsul romain taillant dans lacivilisation celtique une unité géographique arbitraire correspondant aux limites de saconquête de la Gaule[7].

Au Moyen Âge, l'historienRicher de Reims donne une étymologie pittoresque aunom propreGaule dans sesHistoriae :« j'ai jugé à propos de n'indiquer que les parties d'une seule partie de l'Europe, la Gaule. Son nom lui vient de la blancheur parce que ceux qui en sont originaires présentent la caractéristique d'un type très blanc »[8].

On ne connaît pas avec certitude l'étymologie du terme latinGallia, mais il pourrait être lui-même un emprunt au celtique. Peut-être s'agit-il d'un type*galiā, d'un radical*gal-, qui devait désigner la force, terme restitué d'après le vieil irlandaisgal « fureur guerrière », également radical du galloisgallu « pouvoir », bretongalloud, de même sens[9]. LesGalli seraient donc « les forts », « les puissants » ou « les furieux »[10]. Le radical*gal- ou*gali- serait en outre à l'origine des mots françaisjaillir (< bas latin*galire)[11] etgaillard[12].

Ce n'est qu'à laRenaissance que le nom latinGallus est associé par analogie chez les érudits à son homonyme latingallus « coq » (latingallus > ancien françaisjal, jau « coq », l'étymologie de cegallus-coq le faisant peut-être remonter à une racine signifiant « faire du bruit, chanter »). C'est pourquoi il est devenu l'animal emblématique de laFrance lors de la redécouverte de « nos ancêtres les Gaulois »[13].

Si les motsfrançaisGaule etgaulois sont bien les traductions usuelles des mots latinsGallia,Gallus etGallicus, il existe deux thèses pour leur étymologie[14]. En effet, le passage apparemment évident deGallia àGaule présente deux difficultés : leG- initial dans le groupe /ga/ aurait dû subir une palatalisation selon les règles d'évolution du latin à lalangue d’oïl (cf.gallus « coq » > ancien françaisjal « coq », forme régulière). C'est dire queGa- aurait dû faire place àJa- (sauf ennormanno-picard). Ensuite, la palatalisation en [ʎ] de la latérale [l] (ou [ll]) suivie deyod aurait dû se produire (voir contexte général des consonnes suivies d'un yod), puis [ʎ] aurait dû se muer en [j] à partir duXVIIe siècle (cf.ALLIU>ail [aj]), d'où*Jail- (cf.jaillir ci-dessus), phénomène d'ailleurs attesté dans latoponymie française pour ces exemples précis, ainsi trouve-t-on :La Jaille-Yvon ([Yvo de] Gallia en 1052 - 1068[15]) et le type toponymiqueJailly (Nièvre, Côte-d'Or) de*GAL[L]IACU ouJallais (Maine-et-Loire,Galiscus vers 1130).

Une première explication se base sur le terme par lequel lesGermains désignaient des peuples non germaniques situés à l'ouest ou plus au sud, c'est-à-dire des Celtes ou des locuteurs de langue latine, à savoir*Walha « les Celtes » ou « les Romans » (cf.Walh et*walhisk >Waals « wallon » en néerlandais etwelsch dans les dialectes allemands du sud et signifiant « roman(ophone), francophone, italien » et les noms anglais pour les territoires celtiquesWales etCornwall)[16],[notes 1]. C'est bien ainsi que le germanique*Walha est à l'origine dewallon et deWales,Galles,gallois. Mais ceci n'explique pas bien l'anciennediphtongue [au], qui est un développement régulier de [al] devant une consonne (cf.cheval ~chevaux et latinalter>autre), car la consonne germaniqueh tend à disparaître rapidement en français, comme le montre lea conservé danswallon etGalles, de même que dans le nom de familleWallois présent dans lePas-de-Calais, à la limite de laFlandre et de la zone romane, et également issu du francique*Walha. Cependant,*Walha a dû passer au stade*Wahla par métathèse, leh vélaire s'est vocalisé enu, comme dans l'exemple parallèle du motsaule issu de*salha[17]. Il est possible que le toponymePlaine des Vaulois àSaint-Ouen-le-Mauger (Seine-Maritime) ait cette origine car lew initial ([w]) est régulièrement passé àv ([v]) auXIIe siècle en normand septentrional.

CependantGallia n'a pas forcément été soumis à cette évolution du langage parlé car il a rapidement disparu du langage populaire pour être remplacé parFrancia /Francie /France, remplacement initié dès les mérovingiens et bien achevé sous les carolingiens[14].Gallia n'est alors plus utilisé que dans les ouvrages savants ou littéraires pour faire référence aux temps de l'Empire romain, sous une forme qui finit par être francisée. Un des premiers exemples est celui deWace à la fin duXIIe siècle dans leRoman de Rou et il éclaire bien le processus :Wace explique dans un passage que beaucoup de pays ont changé de nom et en cite une grande liste dans laquelle on trouve la « France » qui s'appelait auparavant « Gale », ainsi que « Gales » (le Pays de Galles) qui s'appelait auparavant « Cambrie » (Wace ne double donc ni lel deGalle, ni celui deGalles, ce qui lui est propre). Mais l'ancien nom de la France n'est pasGale, maisGallia, de même que l'ancien nom du Pays de Galles estCambria et nonCambrie. Wace a donc francisé à sa manière les noms latins originels, sans que cela aboutisse à une forme palatalisée. En rétablissant le doublel,Gallia est ainsi plus souvent francisé sous la formeGalle auXIIe siècle[14], tandis queGaule est attesté dans des sources médiévales littéraires et historiques au milieu duXIIIe siècle[18], et apparaît issu deGalle, par vocalisation régulière du premierl (-al->-au- devant une consonne).

Dans cette hypothèse,Gaule ne serait pas l'évolution d'un nouveau nom*Walha qui viendrait des Francs et dont on n'a aucune attestation, mais résulterait simplement de la francisation savante deGallia, sur l'exemple deWace dans leRoman de Rou. Cette francisation a néanmoins pris la formeGalle et nonGallie (cfr.Cambria >Cambrie,Germania >Germanie, etc.), ce qui est peut-être le résultat d'une influence du germanique*Walha.

Il existe d'autres exemples de non-palatalisation concernant des mots voisins, mais les raisons diffèrent. D'une part, l'évolution du latinnux gallica, la noix (dite gauloise), qui a donné l'ancien françaisnois gauge[19] ; mais il s'agit probablement d'un mot d'origine picarde influencé phonétiquement par le germaniquewalh- (cf. néerlandaiswalnoot « noix » littéralement « des Gaules »), puisque l'on trouve également les formesgauke et dérivéesgauguier,waukier « noyer ». D'autre part, le motgaillard, attesté dès leXIIe siècle comme adjectif au sens de vigoureux, plein de vie[20] offre un bon exemple de maintien du [g], ainsi que quelques toponymes commeGuilly (Indre) ouGuilly (Loiret,Galliacum en 900). Il serait issu du même radical gaulois*galia « force, bravoure » que le mot latinGallia (voir ci-dessus). D'après le TLFI[20] cependant « le maintien dug- [pourgaillard] peut s'expliquer par suppression dissimilatrice de la palatalisation au stade*gyalya; une infl. suppl. degai n'est pas à écarter du point de vue sémantique ».

Histoire

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Contexte historique

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Vue générale des territoires de lacivilisation de Hallstatt et deLa Tène. Le berceau du Hallstatt (-800) est en jaune foncé, et les territoires sous son influence (-500) sont en jaune clair. Le berceau de La Tène (-450) est en vert foncé et les éventuels territoires sous son influence (-50) sont en vert clair. Les territoires de quelques tribus celtes importantes sont nommés.

À l'origine, les proto-Celtes ont pu peupler l'Europe centrale, venant de l'Est, en remontant la vallée duDanube. Pour les Celtes comme pour la plupart des autres populations ayant constitué l'Europe, il n'est pas possible, en l'état actuel des connaissances, de dater précisément le phénomène, faute de trace écrite[21]. Le cas des Grecs, dont les premières traces écrites remontent auIIe millénaire av. J.-C., montre que ces phénomènes peuvent être anciens et complexes, avec plusieurs vagues de colonisation successives. Dans le cas des populations proto-celtiques, l'archéologie et la linguistique indiquent qu'elles ont dû commencer à se mettre en place dans le nord des Alpes et en Gaule auIIe millénaire av. J.-C.[22].

Concernant les Cévennes, Isabelle Magos explique :« Progressivement, duVIIIe au IIe siècle, plusieurs peuplades se mettent en place, dominant la population existante sans pour autant l'éliminer : ce sont les Celtes. Aussi étrange que cela puisse paraître, c'est à eux que nous devons les divisions actuelles des départements puisque les frontières de leurs territoires respectifs furent fidèlement reconduites à travers les siècles par l'administration romaine, les premiers diocèses ecclésiastiques duIVe siècle et la Révolution »[23].

Dès la première moitié duIer millénaire av. J.-C., des populations celtiques devaient constituer une partie importante de la population des différentes régions de la Gaule[24]. Selon l'archéologie, les premieres traces gauloises de Celtes appaissent en Champagne, dès le IXe ou le VIIIe siècle avant notre ère[25].

Les premières indications directes de présence des Celtes en Gaule sont données par les Grecs dePhocée, qui fondent pacifiquement la colonieMassalia vers-600, en accord avec la tribu locale desSégobriges, un nom celtique signifiant « les puissants victorieux » (brige = puissant, sego = victoire, victorieux). Les Grecs développent les échanges avec les tribus indigènes et organisent bientôt, à partir de Massalia, un immense trafic commercial avec l'Europe du Nord, ce qui va être déterminant pour l'évolution future des populations de la Gaule[26].

On connaît également, par les témoignages écrits des Grecs et des Romains, d'importantes migrations vers l'Est, vers l'Italie et vers le Danube, auVe siècle av. J.-C. et auIVe siècle av. J.-C.[22], avec notamment le fameux épisode de la prise deRome par les Gaulois au début duIVe siècle av. J.-C.

Vers -475 / -450, les territoires de la Gaule au début deLa Tène (deuxième âge du fer) étaient englobés dans un vaste ensemble continental s'étendant de l'Atlantique jusqu'auDanube et étaient nommés « celtiques » par les premiers témoignages écrits dont nous disposons : ceux des Grecs (notammentHérodote).

Formation de puissances militaires gauloises

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Jusqu'auIIIe siècle av. J.-C., les sources écrites relatives à la Gaule sont très lacunaires. La Gaule est d'abord perçue comme une région d'où lesBoïens etInsubres effectuent des recrutements de mercenaires pour appuyer leurs conflits enGaule cisalpine. Durant ladeuxième guerre punique, l'armée d'Hannibal Barca traverse la Gaule pour rejoindre leRhône où une rencontre avec différents chefs gaulois permets d'établir une alliance et lui autorisent le passage du fleuve[27]. Ce sont les indications relatives à la seconde guerre punique qui permettent de confirmer que l'aire de la Gaule est l'objet de mouvements de populations dans la première moitié duIIIe siècle av. J.-C., jusqu'à l'extrémité occidentale et l'Atlantique. Ces mouvements et ces implantations renforcent ou forment des puissances militaires gauloises[28].

Installation d'élites militaires mobiles (IVe – IIIe siècle av. J.-C.)

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Dès leVe siècle av. J.-C., le sud-est de l'actuelLanguedoc constitue un carrefour pour le marché du mercenariat carthaginois et est occupé par une population de soucheibérique.Hérodote mentionne des mercenaires celtes dans les environs de Narbonne à cette période[28]. Au cours duIIIe siècle av. J.-C., trois formations gauloises sont identifiées : lesVolques, lesAvernes et lesAllobroges. Ces trois nouvelles formations militaires gauloises ont comme élément fédérateur des formations militaires très mobiles recrutées à la fin duIVe siècle av. J.-C. dans d'autres régions du monde celtique afin de constituer des forces mercenaires ou intégrer des expéditions militaires comme laGrande Expédition[29].

Il est probable que l'installation et la migration desVolques à cet emplacement, auIIIe siècle av. J.-C., soit directement lié à leur activité de mercenariat. L'arrivée des Volques n'est pas explicite dans les textes, mais les objetslaténiens d'originedanubienne dans le deuxième quart duIIIe siècle av. J.-C. attestent d'une occupation soudaine[28]. L'étude d'une tombe d'Ensérune fournit également des informations supplémentaires sur l'origine de ce groupe puisque la tombe appartient à un guerrier ayant participé à laGrande Expédition en 280 av. J.-C. Le lien entre les Volques nouvellement installés et la Grande Expédition est également attesté dans les sources antiques comme chezStrabon[30].

L'implantation desArvernes etAllobroges en Gaule n'est pas clairement déterminée dans les sources antiques. La documentation archéologique sur le territoire Arvernes indique une très faible occupation auIVe siècle av. J.-C. suivi d'un essor du peuplement dans la première partie duIIIe siècle av. J.-C.[31]. L'émergence de ces deux groupes pourrait être également liée aux mouvements militaires mercenaires que l'on observe dans cette période.Polybe évoque une aire de recrutement située dans lesAlpes et les bords duRhône qui correspond avec les territoires des Allobroges. Des sépultures y apparaissent à cette période[32].

Le pouvoir des Arvernes, sur la rive gauche du Rhône, et des Allobroges, sur la rive droite, repose principalement sur la force militaire et le contrôle du trafic de l'étain versMarseille. La circulation des monnaies d'or macédoniennes à l'éffigie dePhilippe II ne commence que dans la première moitié duIIIe siècle av. J.-C. et se concentre dans ces deux territoires gaulois[31]. Elle ne correspond pas au fruit de transactions commerciales, mais en lien à des expéditions militaires ou au mercenariat[33].

Helvètes

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Le territoire desHelvètes est historiquement un important carrefour commercial et démographique celte dont l'occupation est continue depuis la seconde moitié duVe siècle av. J.-C. Il se trouve au croisement de l'axe nord-sud reliant les groupes de laGaule transalpine à l'Étrurie puis à laGaule cisalpine, ainsi qu'au croisement de l'axe ouest-est allant de la Gaule et de l'Ibérie auxCarpates. Le territoire constitue donc un lieu de passage important lors des deux principaux mouvements militaires, ceuxvers l'Italie à la fin duIVe siècle av. J.-C. et laGrande Expédition vers la Grèce et la Thrace au début duIIIe siècle av. J.-C.[29] Pour cette raison, on observe de multiples influences d'origine danubienne dans les vestiges archéologiques comme àMünsingen etSaint-Sulpice[34].

La vague migratoire provenant du Danube a des conséquences durables et provoque une restructuration du peuplement et donne naissance à un réseau de voies de communication et de ponts dans le territoire dans la seconde moitié duIIIe siècle av. J.-C. Certaines pratiques évoluent et s'arrêtent et tendent à suggérer une période d'instabilité liée à ces déplacements humains[34]. Cette période de transition conduit à la formation d'une puissance militaire queJules César nomme Helvètes deux siècles plus tard[35].

Gaule Belgique

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Les données archéologiques des sites situés enGaule belgique permettent de mieux retracer les périodes d'occupation. Un dépeuplement s'observe vers la fin duVe siècle av. J.-C. notamment dans la régionchampenoise à l'exception de la région deReims où l'occupation se préserve sans interruption. De nouveaux groupes s'installent dans la deuxième moitié duIVe siècle av. J.-C. en provenance de régions voisines, mais ils restent peu nombreux jusqu'à la fin du premier quart duIIIe siècle av. J.-C., au moment où la mobilité des populations s'accroît fortement[35].

Le repeuplement se fait par petits groupes originaires du milieu danubien. Leur arrivée provoque une restructuration des populations et une concentration de la démographie avoisinante afin de constituer une occupation stable et durable. Ces petits peuplements sont à l'origine du groupe qui sera par la suite nomméBelges et prendra place dans le nord de la Gaule. LesRèmes constituent une exception et correspondent au groupe marnien initial dont la structure, la culture et les traditions sont restées très homogènes à ceux du premier peuplement duVe siècle av. J.-C. Tous les autres peuples belges énumérés parJules César ne peuvent être reliés archéologiquement au-delà de la première moitié duIIIe siècle av. J.-C. et sont considérées comme des implantations migratoires[36].

L'espace géographique attribué parPosidonios aux peuples belges contient un autre noyau de peuplements anciens qui, comme les Rèmes, ne connaissent pas de bouleversements significatifs durant la période laténienne. C'est le cas de plusieurs groupes situés enarmorique dans lesquels certains sites possèdent une continuité d'habitat depuis leVe siècle av. J.-C. jusqu'à laguerre des Gaules[37].

La conquête des Gaules

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Schématiquement, la conquête romaine de la Gaule fut réalisée en trois phases :

En 125 av. J.-C., Allobroges et Arvernes réagissent aux nouvelles implantations romaines et les affrontent à labataille du confluent. Après cette défaite, le territoire des Allobroges est rattaché à laGaule narbonnaise. Cette annexion permet de bloquer la voie principale de recrutement de mercenaires par laGaule Transpadane, toujours indépendante, réduisant dès lors ses capacités militaires[38].

Lorsque César arrive en Gaule en-58, une partie du territoire est déjà aux mains des Romains : le sud de la Gaule, des Pyrénées orientales jusqu'au lac Léman, a été conquis entre les années-125 et-121 et transformé en province. Par ailleurs, le reste du territoire, appelé laGaule chevelue, est déjà fortement romanisé sous l'action des échanges économiques et culturels ; seuls les peuples belges semblent rejeter toute influence romaine[39].

La Cisalpine, intégrée à l'Italie sous laRépublique, devint une extension deRome, tandis que la Narbonnaise constitua une « province » romaine située hors d'Italie (le mot latinprovincia, littéralement « vaincue précédemment », a donné le nomProvença enoccitan, « Provence » en français).

Les noms « Gaule » et « Gaulois » restèrent quant à eux en usage pour désigner les provinces romaines s'étendant sur le reste de ces territoires (France, Belgique et plateau suisse actuels) et leurs habitants de culture romanisée (que l'archéologie et l'historiographie française désignent sous le néologisme deGallo-Romains).

En-12,Auguste instaura la première « institution » supra-provinciale de l'Empire avec le « conseil des trois Gaules » (concilium trium Galliarum) réunissant chaque année les représentants des cités de laGaule lyonnaise, de laGaule aquitaine et de laGaule belgique àLugdunum pour célébrer le culte impérial. Il est probable que ce geste ne faisait que confirmer les liens anciens qui existaient entre les habitants de ces territoires. Ce sont ces liens, tissés de proche en proche, qui peuvent expliquer en définitive le caractère unitaire que laisse entrevoir, au-delà des disparités, la description de la Gaule par César près d'un demi-siècle avant.

Territoire

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Découpage romain remis en question

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Au milieu duIer siècle av. J.-C.,Jules César divise laGaule transalpine en trois parties : laGaule celtique, laGaule aquitaine et laGaule belgique. Ce découpage schématique correspondait à des considérations géopolitiques propres aux Romains ; Strabon, qui fournit des délimitations différentes, le précise en au moins deux occasions[40],[41]. Si la Gaule proprement dite apparaît sous la plume des Romains, elle trouve sa définition arbitraire actuelle à travers l'histoire desa conquête par ces derniers. La Gaule est en effet une pure invention deCésar voulant que sa conquête soit perçue comme un ensemble homogène, doté d'unefrontière qualifiée de naturelle mais qui n'a aucun sens, leRhin, fleuve délimitant un nouveau territoire qu'il nommeGermanie[42].

Dans l'incipit de la Guerre des Gaules, César explique que la Gaule est divisée en trois parties : l'Aquitaine, laCeltique et laBelgique. Ce faisant, il présente la Gaule comme une unité, bien qu'il existe des divisions internes. La question de savoir s'il existait chez les Gaulois un sentiment d'appartenance à un ensemble commun fait l'objet de débats historiographiques depuis leXIXe siècle[39]. Depuis quelques années, la thèse deChristian Goudineau, selon laquelle César aurait inventé la Gaule qui n'avait à l'époque de l’Indépendance aucune forme d'unité[43], est remise en question par certains historiens[Lesquels ?]. Ainsi, des travaux récents insistent sur les facteurs d'unité entre les peuples gaulois comme les coalitions face à une menace commune, les assemblées politiques supranationales ou encore l'assemblée des druides de toute la Gaule s'inscrivant toutes dans un système institutionnel normalisé et reconnu par tous les peuples gaulois[39]. Malgré tout, si cet « espace politique commun »[44] semble avéré, il n'en reste pas moins que les cellules de base de l'organisation gauloise restent la tribu et le clan, formé de la famille et de la clientèle d'un chef puissant[réf. souhaitée].

Société

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Celtes et Gaulois

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Articles détaillés :Gaulois (peuples) etCeltes.
Les différents peuples gaulois (en vert) etaquitains (en mauve) avant la conquête romaine

À l'époque de la conquête par Rome de la Gaule chevelue (Ier siècle av. J.-C.), des liens anciens et forts existent entre la Gaule et les autres territoires occupés par les Celtes en Europe, de laNorique jusqu'à l'île deBretagne, comme l'indique la présence de témoignages archéologiques danubiens parmi les guerriers deVercingétorix, ou encore les liens importants entre les peuples belges du nord de la Gaule et ceux de laTamise.

Ces liens peuvent s'expliquer d'une part par la présence d'une même tribu sur différents territoire en Europe, et d'autre part par l'existence d'un réseau de « clientèles » qui tient de proche en proche certaines tribus, certains peuples dans la dépendance d'autres, plus riches ou plus nombreux et disposant éventuellement d'un territoire plus étendu. L'existence de « fédérations » de peuples est attestée dans l'ensemble du domaine celtique : parmi les peuples transpadans de la Gaule cisalpine auIIIe siècle avant l'ère chrétienne, dans le midi de la Gaule auIIe siècle avant l'ère chrétienne (lesSalyens) ou encore en Gaule chevelue avant la guerre des Gaules (Arvernes,Éduens,Bituriges etSéquanes).

En définitive, des nombreux peuples ou fédérations de peuples présents en Gaule à la veille de la conquête romaine, il reste des contours de « frontières », dont la position exacte fait cependant débat et un « substrat » linguistique longtemps sous-évalué. L'étymologie, enfin, a conservé le nom de populations gauloises, nom qui désigne encore les habitants de régions et de villes françaises actuelles : par exemple, lesAuvergnats, les habitants de l'Auvergne qui couvre le territoirearverne (sud est de l'Allier, le puy de Dôme, nord ouest de laHaute-Loire et leCantal).

Langues

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Article connexe :Gaulois (langue).

La majorité des habitants de la Gaule protohistorique parlent principalement 3 langues, déclinées en plusieurs dialectes. Jules César mentionne cependant qu'à son époque les trois parties de la Gaule se distinguent par les coutumes, les mœurs, mais aussi par la « langue ». Il semblerait alors qu'en Gaule celtique entre Seine et Garonne, comme enGaule cisalpine avec lelépontique, les Celtes parlaient une langue appartenant au groupeceltique continental[45], tandis que lesAquitains au sud de la Garonne jusqu'aux Pyrénées parlaient une langue issue duproto-basque : l'aquitain. Et qu'enfin les habitants de la Gaule Belgique se seraient peut-être exprimés pour certains d'entre eux dans un dialecteproto-germanique. Cependant, si les indices toponymiques, les noms des tribus et les anthroponymes, ainsi que les rares inscriptions découvertes (Arras, Bavay) montrent à l'évidence l'origine celtique de la langue parlée, voire aussi d'un autre idiome indo-européen (voirBloc du nord-ouest), il n'existe en revanche aucune trace, autre que les dires de César (germani cisrhénani), qui permettrait d'affirmer que le germanique ait été parlé avant l'installation progressive et plus tardive des Germains en Gaule du nord.

Le gaulois était unelangue celtique de la famille deslangues indo-européennes, proche dubrittonique antique, dont on conserve cependant peu de témoignages, malgré un corpus grandissant d'inscriptions lapidaires ou autres mises au jour par l'archéologie, les nombreux anthroponymes et toponymes qui ont parfois une stricte équivalence en Gaule (ex :*Epiākon >EpiacoXIIe siècle,Epfig, Alsace, etEpiacum, Grande-Bretagne ;*Festiniākon >Festiniacus en 853,Festigny etFfestiniog, pays de Galles), ainsi que des évolutions phonétiques communes. Certains chercheurs n'ont pas hésité à évoquer l'existence d'ungallo-brittonique, telLéon Fleuriot par exemple[46]. Le breton, bien qu'il appartienne au groupe brittonique pour l'essentiel, a pu être influencé par un substrat gaulois et la langue d'oïl est la langue romane la plus imprégnée par un substrat celtique (150 à 180 mots sur les près de 400 contenus dans toutes les langues romanes réunies)[47]. L'hypothèse de dialectes gaulois a été reprise parJohn Rhys qui évoque un dialecte "celtican" (conservation de -qu-, ex :Sequana « la Seine », le mois EQVOS) ou encore Joshua Whatmough, cependant que pourPierre-Yves Lambert« même si l'idée de dialectes différents en gaulois n'est pas irrationnelle en soi… elle ne s'appuie pas sur des preuves solides à l'heure actuelle »[48].

Économie

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Agriculture et alimentation

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La Gaule, contrairement à l'idée préconçue qui veut qu'elle soit couverte de forêts dans lesquelles les Gaulois pratiquent essentiellement la chasse, était largement défrichée pour constituer des terres agricoles très riches avec de nombreuses fermes. AuIer siècle av. J.-C., l'exploitation de son sol était activement poussée. Ainsi, desprospections aériennes dans certaines parties de l'Ille-et-Vilaine mettent en évidence un réseau d'enclos aussi dense que celui des fermes actuelles[49] ; auIer siècle, lesanalyses palynologiques du couvert végétal dans la plaine de Vaise près deLugdunum révèlent un sol couvert de champs cultivés et de prairies herbacées destinées à l'élevage, où les forêts représentent moins de 5 % du faciès paysager, ces résultats pouvant être extrapolés à la plupart des régions[50]. En effet, pendant ses campagnes, César trouva toujours sur place le blé nécessaire à la nourriture de ses troupes, et pourtant, le soldat romain était gros consommateur de froment. Agriculteurs productivistes, les Gaulois inventèrent laherse ferrée pour le labourage et la moissonneuse des champs (vallus) pour la récolte des céréales[51]. Les ports fluviaux situés à proximité des régions productrices jouaient le rôle d'entrepôts où étaient concentrées les réserves de blé. Celles-ci pouvaient être ainsi acheminées par voie d'eau à portée des armées : tel est le cas d'Orléans, sur laLoire, d'où l'on peut présumer que laBeauce possédait, dès cette époque, d'importantes emblavures. Tel est le cas aussi deChalon-sur-Saône et deMâcon, sur laSaône, et aussi d'Amiens qui servait également de magasin dans le nord de la Gaule. Presque toutes les cités possédaient leurs champs de blé et pouvaient se suffire à elles-mêmes : jusqu'aux abords desPyrénées, le blé était récolté, même les terres peu fertiles desFlandres, alors couvertes de marécages, en produisaient. Le cas de l'Anjou, où César mentionne expressément le défaut de blé, est isolé. Peut-être cette absence était-elle momentanée ou accidentelle. Parmi les terres à blé renommées de l'époque, il faut citer la région deToulouse, chez lesVolques, chez lesCavares et la basse vallée duRhône, laBourgogne (surtout), ainsi que le pays desBituriges et celui desCarnutes. Dans le nord et dans le nord-est, leSoissonnais et laChampagne étaient également assez riches. La production agricole abondante et de qualité est assurée par l'engraissement des sols grâce à lafumure ou lemarnage, par deslabours performants à l'aide de la charrue à soc métallique et de puissants attelages[52].

Les étudesarchéobotaniques (notamment lacarpologie ou lapalynologie) montrent que les Gaulois se nourrissaient surtout de céréales (quatre sortes de blé :engrain,amidonnier,épeautre et froment ;orge à grains nus ou vêtus,avoine,millet commun etmillet des oiseaux), delégumes (navets, choux) en proportion variable selon les régions,en moins grande quantité des légumineuses (lentilles appelées ers, fèves, pois…)[réf. nécessaire], des plantes sauvages (renouée,arroche,mauves,chénopode) ou oléagineuses (pavot,lin,caméline). Les céréales, pauvres en gluten (donc peupanifiables), se consommaient sous forme de grains concassés, bouillies,gruaux, soupes à base de farine grillée ou de galettes à pâte non fermentée.Le beau pain blanc de froment faisait le régal des nobles gaulois et la convoitise des autres peuples[réf. nécessaire]. Le blé est la principale nourriture du peuple[53]. L'utilisation de condiments (poivre d'eau,ravanelle,moutarde noire) est rare à l'exception du sel, celle de plantes aromatiques orientales et méditerranéennes (fenouil,origan,sarriette) apparaît à partir duIer siècle. La consommation de fruits comprend des espèces sauvages (prunelles,merises,framboises, fraises,pommes,noisettes,raisins,glands,baies de sureau), des espèces cultivées gauloises (prune) ou romaines (olive,poire,figue)[54].

L'archéozoologie montre que la viande provenait de l'élevage car la chasse (lièvre[notes 2],cerf,chevreuil ousanglier servis à la table des aristocrates[notes 3]), sport de noble, était marginale (de 1,3 % auIVe siècle av. J.-C. à moins de 1 % aux siècles suivants)[55]. Elle était constituée principalement decochon, mais aussi debœuf dans le centre de la Gaule, dechèvre et demouton dans le Midi et dechevaux dans le Nord, plus épisodiquement dechien, de cheval ou devolaille. Des ragoût de chien étaient occasionnellement consommés (traces decynophagie différentiée)[56]. Les salaisons et la charcuterie gauloises étaient réputées à Rome. Les volailles, pourtant elles aussi exploitées, étaient peu consommées[57]. Enfin, les populations côtières pratiquaient la navigation et lapêche en haute mer, ainsi qu'en témoignent des fouilles conduites au centre de l’île d’Ouessant, en Bretagne (mise au jour de restes de divers poissons tels leslieus jaunes, lesdaurades, lesbars, lescabillauds)[58].

Le philosophe grecstoïcienPosidonios, dans sonHistoire, décrit les boissons gauloises. Le peuple buvait de l'hydromel et surtout de lacervoise, bière à base d'orge, tandis que l'élite consommait du vin pur, à la différence des Grecs et Romains qui le buvaientaromatisé. La culture de lavigne, au temps de la conquête, était peu répandue en Gaule et ne dépassait guère les abords deMarseille. Ce sont en effet les marins commerçants grecs phocéens, qui fondent Marseille en 600 av. J.-C., qui ont fait découvrir cette boisson aux Gaulois[58]. Le vin, boisson rare, était donc importé deRome et considéré comme un luxe : on échangeait un esclave contre uneamphore de vin par exemple. Le commerce avec Rome s'intensifiant (l'archéologie sous-marine l'évalue à un million d'amphores par an), le vin s'est progressivement démocratisé[59]. Au total, ce sont plus d'une dizaine de millions d'hectolitres qui furent importés deRépublique romaine et de laProvincia entre150 et50 av. J.-C.[60].

Élevage du cheval

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Le cheval a toujours tenu une grande place dans la vie des Gaulois, au point de figurer sur leurs pièces de monnaie. On dit que la cavalerie était un élément essentiel de leur puissance militaire. Lors de laguerre des Gaules, les effectifs engagés étaient énormes, ce qui supposait un élevage de chevaux très actif. L'élevage du cheval contribuait pour beaucoup à la réputation du paysan et on n'oublie pas qu'Epona, une des déesses gauloise intégrée dans le panthéon romain, était représentée en compagnie d'un cheval. Les nobles gaulois (lesequites) servaient à cheval dans la cavalerie et l'usage permanent des chariots exigeait un grand nombre de chevaux de trait. Pourtant, dès leIVe siècle av. J.-C., les Gaulois qui combattent à l'étranger découvrent les grands chevaux méditerranéens, différents des chevaux indigènes qui correspondent donc à nos poneys ou doubles-poneys actuels, et s'en prennent de passion, et, nous dit César :« les acquièrent à n'importe quel prix ». Pourtant, il semble que l'élevage se soit développé davantage sous le pouvoir romain.

Commerce

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L'abondance de moyens fait soupçonner l'importance du réseau routier, qui a permis le déplacement rapide des légions romaines durant la guerre des Gaules, et des échanges commerciaux. Dans ce domaine encore, les Gaulois bénéficièrent de l'effort soutenu des populations antérieures. La diffusion des matières les plus recherchées, à partir de leurs centres de production, avait entraîné la recherche des itinéraires les plus aisés. Le commerce de l'étain, qui continue à l'âge du fer, eut, sur le développement routier, les plus fortes répercussions. La localisation et la rareté des gisements de ce métal déterminèrent les directions du trafic. Le minerai importé venait, surtout, duGuadalquivir (Tartessos) et de la pointe occidentale de laBretagne, deCornouailles et, de là, le métal était apporté sur la côte de laManche et jusqu'à l'embouchure de la Loire, on suivait les grandes vallées pour pénétrer à l'intérieur du pays. Outre l'étain, Rome importait de Gaule essentiellement du sel, du blé, du fer et beaucoup d'esclaves (prisonniers des peuples voisins)[61].

Au premier âge du fer, les échanges ne sont plus limités aux matières premières. De l'Europe centrale, par leDanube, arrivent les modèles desépées de fer qui pénètrent en Gaule par la trouée entreVosges etJura et la vallée duDoubs. Parviennent aussi des objets importés d'Italie : seaux cylindriques appeléscistes, ou tronconiques appeléssitules, les uns et les autres enbronze battu. Parfois des vasesétrusques et grecs les accompagnent dans lestumulus les plus récents de la Gaule de l'Est. C'est par la même voie du Danube que s'effectue ce trafic. Depuis la découverte ducratère de Vix, la question de savoir par où cet énorme vase avait pu être acheminé a été longuement discutée. En plus des itinéraires classiques, on a envisagé lecol du Grand Saint-Bernard et surtout, la vallée du Rhône, mais rien de décisif. Si le couloir rhodanien reste alors en dehors du grand mouvement commercial, c'est que le littoral, excepté Marseille, et la basse vallée du Rhône est encore aux mains desLigures, peu sociables. Ces tribus arriérées forment un écran entre le foyer de civilisation méditerranéen et laCeltique, dont les limites méridionales ne dépassent guère le confluent deLyon. Par ailleurs, Vix se trouve admirablement placé au point où la voie protohistorique de la Loire inférieure et moyenne à la trouée deBelfort coupait l'itinéraire jalonné par la vallée de laSeine.

Il faut attendre la descente des Gaulois sur la côte deProvence pour qu'enfin des relations directes pussent s'établir entre Marseille et la Celtique. Dès lors, un avenir brillant s'ouvre pour la voie la plus expressive que la nature avait inscrit sur le sol de la Gaule. Cette voie emprunte le couloir rhodanien jusqu'au coude de la Saône àChâlon, par les passages de Bourgogne, elle atteint le bassin de la Seine et le carrefour parisien. De là, on peut suivre le fleuve jusqu'à son embouchure ou gagner lePas-de-Calais. L'essor subi du port fluvial de Chalon-sur-Saône, auIIIe siècle av. J.-C., fixe la date à partir de laquelle cette voie fut régulièrement suivie. Elle servit au trafic de l'étain,Diodore nous transmit, d'après la relation d'un auteur plus ancien, des détails précis sur son utilisation : les marchands achetaient le métal aux habitants de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle), le transportaient sur le continent, puis, cheminant par terre à travers la Gaule pendant trente jours environ, ils conduisaient leur chargement jusqu'à l'embouchure du Rhône. Un autregéographe grec,Strabon, évoque une communication essentiellement fluviale utilisée pour le transport de toutes denrées. On remontait le Rhône et la Saône et après avoir quitté cette rivière, ce qu'on ne pouvait faire qu'à Chalon, il fallait gagner la Seine par voie de terre et, de là, on pouvait atteindre l'océan.

Monnaies

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Article détaillé :Monnaie gauloise.
Pièces en or desSantons.

Chaque peuple gaulois était indépendant du point de vue du monnayage, certains plus productifs que d'autres, mais il y a tout lieu de supposer que les pièces en métaux précieux circulaient entre peuples voisins. Desstatères d'or et de bronze a l'effigie de Vercingétorix sont frappées, au verso on peut observer un croissant, un étalon et une amphore[62].Rome, qui convoitait les mines d'or gauloises, commença à frapper ses propres pièces d'or après l'invasion de la gaule[réf. nécessaire].

AuVIe siècle av. J.-C., la colonie grecque établie à Marseille, frappe desoboles. Progressivement, elle se répand parmi les peuples limitrophes (trésor d'Auriol). AuIIe siècle av. J.-C., le monnayage en argent se développe en moyenne vallée du Rhône, et les peuples ayant des mines d'or, comme lesArvernes, frappent desstatères qui sont aussi un moyen d'affirmer leur souveraineté et leur puissance. AuIer siècle av. J.-C., lesParisii produisent leur célèbre et magnifique statère d'or au cheval.

Organisation politique et sociale

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Selon le schéma de l'idéologie tripartite desIndo-Européens telle qu'elle a été développée parGeorges Dumézil, les Gaulois comme les Celtes seraient organisés en troisclasses : classe sacerdotale (prêtres,gutuaters,bardes et druides), classe guerrière (lesEquites, chevaliers issus de la noblesse ; l'infanterie, peuple et vassaux des chevaliers) et classe productrice (laplebs : commerçants, artisans, agriculteurs et éleveurs)[63].

Les peuples de la Gaule étaient dirigés auparavant par unenoblesse de type archaïque avec les différentes strates de sa hiérarchie.César nous renseigne dans sesCommentaires sur la Guerre des Gaules sur différents types demagistratures politiques et religieuses :princeps (prince),vergobret (magistrature suprême),arcantodan[nus] (magistrat monétaire), etc.[64]. La noblesse s'était constituée tout au long des temps « héroïques » lors de différentes guerres ou d'expéditions lointaines. Les seigneurs gaulois (rois, princes guerriers, chefs de tribu et riches propriétaires), de type féodal, se réunissant dans dessénats[Lesquels ?], avaient sous leurs ordres une foule de vassaux et de clients dont la fidélité était absolue. Au bas de la pyramide sociale se trouvaient probablement les esclaves, comme le suggèrent les découvertes archéologiques d'entraves en fer dans des tombes[65].Ce sont les nouvelles bourgeoisies (commerçants et artisans) gauloises qui en différents lieux de la Gaule ont choisi de collaborer avec le conquérant romain pour préserver leurs affaires et leur rang social[réf. nécessaire]. Ces velléités de trahison, de « collaboration » avec l'occupant romain ne se passèrent pas toujours très bien pour les nouveaux oligarques celtes puisque tous les membres des sénats desAulerques, desLexoviens et desÉburovices furent massacrés jusqu'au dernier par les princes et les nobles de leurs peuples. Il semblerait que la bourgeoisievénète n'a pas suivi la même démarche car elle avait compris que les Romains voulaient s'emparer de ses marchés et qu'elle avait tout à perdre avec la conquête romaine[66].

Il serait erroné de voir un système politique uniforme chez tous les peuples de la Gaule antique. En effet, si certains vivaient sous un régime monarchique, avec à leur tête unroi (cas desArvernes, desNitiobroges, desBellovaques etc.), d'autres étaient dirigés par une aristocratie de guerriers après avoir aboli la royauté, comme ce fut le cas desÉduens.

Organisation militaire

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Article connexe :Guerre chez les Celtes.

Guerrier de Hallstatt

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La période de Hallstatt tire son nom duvillage autrichien où ont été découvertes les traces de civilisation celte[67] les plus anciennes. Appelée aussi civilisation hallstattienne sa période chronologique s'étend de -1100 à environ -400 divisée en deux grandes périodes :

  • La première période de -1100 à -800 ;
  • la seconde période de -800 à -400.

Durant cette période les mouvements de troupes sont importants et la renommée des guerriers gaulois (ou celtes) se répand dans toute l'Europe. Ils interviennent en tant que mercenaires n'hésitant pas à changer de camp lorsque l'offre est plus intéressante.

L'arme principale est la lance. La raison est simple : peu chère à fabriquer car nécessitant peu de cette matière noble qu'est le fer, elle est très maniable et cause de nombreux dégâts chez l'adversaire. Pouvant être maniée à une ou à deux mains, sa longueur varie de 180 à 250 cm. Le fer peut avoir une grande variété de formes, la principale étant la feuille de saule.

L'épée est relativement courte (entre 65 et 70 cm de lame) et est particulièrement effilée et pointue, permettant ainsi un combat rapproché ou bien un combat de mouvement sur des chars. Fabriquée en fer, la poignée est en bois. Elle est traversée par la soie qui est écrasée afin de créer un rivetage. Le profil de la lame peut être lenticulaire ou posséder un cœur en forme de losange dont les arêtes extérieures sont étirées pour former la lame (voir les graphiques ci-dessous).

Le poignard peut être présent dans la panoplie.

Lecasque celte est non plus en bronze mais en fer plus léger et de forme oblongue, souvent terminé par un cimier. Le visage est protégé par des paragnathides en fer couvrant les joues. Un protège-nuque peut être présent.

Le reste du corps est protégé par unlinothorax. Cette protection est composée de plusieurs couches de lin collé. Bien que lourde et rigide, cette protection relativement simple à fabriquer est efficace contre les coups de taille et les coups d'estoc.

Enfin le bouclier : de forme ovale, d'environ 150 à 160 cm de haut et de 50 à 60 cm de large, il est en bois. Le détail de sa structure sera vu plus bas. Percé en son centre pour y placer la main, un manipule horizontal placé sur le centre de gravité permet une manipulation aisée d'une main de manière défensive comme offensive. Le plateau est renforcé par une spina en bois qui a aussi un rôle de protection de la main. Le tout est fixé et blindé par un umbo en fer et des rivets. (Voir photos)

Guerrier de la Tène finale

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Guerrier de la Tène finale.

Le combattant de cette période contemporaine de la guerre des Gaules est le plus connu. Sa panoplie est la même que son ancêtre du Hallstatt à quelques variations près.

Le casque est devenu rond et possède un protège-nuque plus important. Cette forme permet aux armes de glisser dessus et d'éviter les prises. De plus, cette forme plus compacte permet d'avoir une protection optimale en limitant l'incidence du poids sur les mouvements. L'épée s'est allongée, bien que des modèles courts existent toujours (voir les techniques et les types de combattants) : la longueur moyenne d'une lame est désormais de 80 cm pour une largeur moyenne de 6 cm. La pointe effilée a laissé place à une forme d'ogive. Cette arme s'est adaptée à de nouvelles techniques de combat, telles que le combat monté où l'on se bat essentiellement à coups de taille. Portée à droite, elle est glissée dans un fourreau en fer composé de trois pièces et est fixée à une ceinture à suspension. Ce système encore mal connu permettrait de donner à l'arme une certaine liberté de mouvement sans gêner le combattant (différentes hypothèses ont été émises quant à son montage)[68].

Le bouclier a légèrement évolué et est devenu composite. Lorsqu'au Hallstatt les boucliers étaient composés de couches de bois croisées, à la Tène finale, des couches de lin vont être insérées entre les couches de bois rendant le bouclier plus résistant aux chocs mais aussi plus souple. La spina s'est sensiblement affinée, et a même complètement disparu sur certains modèles. Leumbo s'est développé et la simple double coque de fer clouée sur la spina a laissé la place à une coque d'un seul tenant avec des ailettes permettant le positionnement de rivets. Les boucliers sans spina, plus légers, ont un umbo circulaire tenu par six rivets[68].

Un nouveau type de protection est apparu au cours duIVe siècle av. E.C. : lacotte de mailles annulaire de typelorica hamata ; cette protection en fer est composée d'anneaux de 6 mm. Bien que lourde, elle présente l'avantage d'être extrêmement souple et de former une seconde peau protégeant ainsi le combattant des coups de taille. Mais elle est inutile contre les coups d'estoc, les pointes écartant les anneaux. Il est aussi à supposer que les combattants portaient sous la cotte de mailles une protection supplémentaire appelée subermalis permettant d'absorber les chocs[69].

Les textes antiques rapportent quelques cas de combats avec des guerrier gaulois nus ou avec une simple jupette de cuir à lambrequins protégeant leur bas-ventre. Ce choix s'explique pour impressionner l'adversaire ou pour des raisons religieuses (pour eux, la mort au combat faisait directement accéder au paradis), plus que pour des raisons de confort (plus grande liberté de mouvement, chaleur selon les explications rationalistes dePolybe)[70].

Structure de l'armée gauloise

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Guerrier d'infanterie lourde armé d'une lance

Contrairement aux idées reçues, l'armée gauloise est particulièrement bien structurée. Bien que l'individu soit au centre, des unités peuvent être créées permettant ainsi de monter des stratégies élaborées et complexes.

Il y a trois types de combattants :

Infanterie légère
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Essentiellement composée de combattants occasionnels et de débutants, elle représente environ 80 % des effectifs. Leur rôle est surtout de « faire du bruit ». Placés à l'arrière, leur intervention est un dernier recours. Ces hommes armés essentiellement de lances, de javelines ou de frondes sont surtout des paysans. Leur mobilisation est donc exceptionnelle mais indispensable.
Infanterie lourde
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Ce sont des combattants de métier, qui ne savent faire que la guerre. Bien souvent au service des aristocrates, ils sont soit desambactos, soit des mercenaires, soit de jeunes aristocrates faisant leurs armes. Leur armement est plus adapté. Ils savent manier la lance, l'épée et le bouclier. Les ambactos sont équipés par leur maître. Ces hommes, suivant leur fortune ou celle de leur maître, peuvent porter la cotte de mailles, un casque et manier l'épée. Pour les plus riches, une cavalerie peut être constituée. Lors de victoires, le soldat prélève la tête de son ennemi entrophée qu'il place sur la porte de sa maison, le portique d'un sanctuaire ou dans un coffre en cèdre[71].
Chefs de guerre
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C'est la classe aristocratique dirigeante. Ils savent parfaitement manier toutes les armes, du javelot à l'épée en passant par le bouclier et la dague. Généralement cavaliers, surtout durant la guerre des Gaules, ils sont en première ligne. Ils commandent aux hommes durant le tumultus gallicus (« tumulte gaulois », levée en masse d'urgence) et sont considérés comme des demi-dieux par les hommes. Ils possèdent toute la panoplie du guerrier : casque, cotte de mailles, épée, bouclier, dague et lance. Ils sont reconnaissables par leurs vêtements hauts en couleur.

Un autre type de combattant intervient sur le champ de bataille : le sonneur decarnyx. On ne connait pas exactement son rôle mais l'hypothèse actuelle serait qu'il permettait de transmettre les ordres via des mélodies, de donner des directions suivant son orientation et d'amplifier le tumultus gallicus. Le carnyx est un instrument fabriqué en alliage cuivreux d'environ 1 m de haut dont l'embouchure représente souvent une tête de sanglier. ÀTintignac, la fouille d'un site votif a permis de mettre au jour une quantité impressionnante de ces instruments ; il està ce jour[Quand ?] le site le plus riche en informations. Deux de ces carnyx sont quasiment complets, l'un représente une tête de sanglier et l'autre un serpent.

Têtes-trophées

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Trophées de crâne humain trouvés sur l'oppidum de la Cloche.

Les auteurs grecs commePosidonios,Diodore de Sicile etStrabon rapportent un rituel celtique : lorsque les guerriers gaulois tuent leurs ennemis, ils coupent leurs têtes, les attachent à l'encolure de leurs chevaux et remettent à leurs servants d'armes le reste de la dépouille ensanglantée[72]. Une fois rentrés chez eux, ils enclouent ces têtes aulinteau de la porte de leur maison ou les exposaient dans un bâtiment public (alvéoles dans des linteaux, des piliers de portiques), suggérant dans ce dernier cas une fonction religieuse mais aussi civile et politique[73],[74]. Les têtes ont pu être peintes et les alvéoles peut-être accueillir des têtes modelées dans de l'argile ou surmodelées sur les crânes réels[75]. Ils embaument les têtes de leurs plus grands ennemis avec de l'huile de cèdre et les gardent soigneusement dans un coffre transmis de génération en génération. Ce trophée précieux qui est une forme d'hommage au vaincu, témoigne aussi de la valeur du guerrier qui n'hésite pas à le montrer régulièrement aux étrangers. Posidonios assimile« ce rite à celui qu'ont les chasseurs de conserver et d'exposer les crânes des bêtes les plus féroces ou les plus splendides qu'ils ont tuées. Le crâne humain apparaît donc avant tout comme untrophée, au senscynégétique du mot. Il est le témoin d'un fait d'arme »[74]. Ce rituel de décapitation est confirmé par plusieurs représentations gravées ou sculptées (Entremont,Aulnat), des piliers ou linteaux percés d'alvéoles céphaloïdes pour exposer les têtes ou les crânes momifiés (Glanum, Roquepertuse), et par les découvertes archéologiques qui ne permettent pas de trancher sur le mode de prélèvement des têtes (décapitation, mode d'exécution sur le vivant, oudécollation effectuée sur des cadavres)[76],[77].

  • Sculpture de têtes coupées celtes, retrouvées sur l'oppidum d'Entremont en 1877.
    Sculpture de têtes coupées celtes, retrouvées sur l'oppidum d'Entremont en 1877.
  • Pilier aux cavaliers d'Entremont représentant une tête portée au cou d'un cheval de cavalier gaulois.
    Pilier aux cavaliers d'Entremont représentant une tête portée au cou d'un cheval de cavalier gaulois.
  • Pilier avec des alvéoles céphaloïdes qui devaient probablement exposer les têtes-trophées (Roquepertuse).
    Pilier avec des alvéoles céphaloïdes qui devaient probablement exposer les têtes-trophées (Roquepertuse).

Religion

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Article détaillé :Religion gauloise.

Les Gaulois avaient desdruides, queDiodore de Sicile appelait des « philosophes » qui étaient en quelque sorte leurs prêtres. Ils écrivaient à l'aide de l'alphabet grec, mais uniquement pour des raisons politiques et administratives[61].

Tenue

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Loin de la fausse image de« barbares chevelus et mal dégrossis »,« colportée dès le début de la conquête de la Gaule par Rome (…) et relayée pendant des millénaires », les peuples gaulois étaient plutôt raffinés. On leur doit par exemple l'invention dusavon (sopo) qu'ils fabriquaient à partir de cendres et de suif pour lustrer leur chevelure qu'hommes et femmes portaient longue.« Les Gaulois prenaient soin d'eux et ont inventé beaucoup d'instruments et produits cosmétiques celtes. Ils se rasaient déjà avec des rasoirs, ils avaient des miroirs, des forces (ciseaux), des peignes en os ou en corne pour la barbe et pour les cheveux, des grattes oreilles, des grattes ongles, des épingles à cheveux, des pinces à épiler (…). Ils se teignaient même les cheveux avec du lait de chaux ou de l'argile, d'où l'image du gaulois aux cheveux blonds »[51].

Le vêtement gaulois est principalement[notes 4] constitué d'unetunique avec des motifs en petits carreaux serrés et teints (teintures végétales donnant surtout du jaune, vert, rouge degarance, voire du brun ou noir grâce à lanoix de galle). Cette tunique (généralement courte pour les hommes et une robe allant jusqu'aux chevilles pour les femmes) est serrée à la taille par une ceinture en tissu. Leschausses sont desbraies ou des bas en tissu de laine ou de lin. L'hiver, il revêt lesayon[notes 5], sorte de casaque décorée, parfois multicolore, s'agrafant par unefibule. Les chaussures ou bottines sont en cuir[65].

Art et la technique chez les Gaulois

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Article détaillé :Art celte.

Architecture

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Ferme gauloise et grenier sur pilotis[notes 6], entourée par un enclos palissadé.

L'art architectural est difficile à appréhender car il n'a pas survécu aux années, les Gaulois construisant essentiellement en bois ettorchis. Néanmoins l'archéologie aérienne initiée parRoger Agache permet de révéler des vestiges architecturaux gaulois à partir des années 1970[55].

Loin du mythe de la hutte[notes 7] ronde de branchage fragile au toit de chaume[notes 8] et de la chasse au sanglier, les Gaulois mènent une existence confortable tournée essentiellement vers l'élevage et l'agriculture. Ils vivent essentiellement dans des fermes, maisons vastes (d'une surface moyenne variant entre une vingtaine et une soixantaine de mètres carrés), carrées ou rectangulaires soutenues par des poteaux en bois, aux parois faites declayonnage (type branches de noisetier tressées et reliées aux poteaux) recouvert detorchis[notes 9], charpentées (planches de bois assemblées avec des clous de fer) et couvertes d'un toit de chaume ou roseaux en forte pente. Les fenêtres sont rares et étroites, de façon à conserver la chaleur l'hiver et la fraîcheur l'été[notes 10]. Parfois, les murs sont recouverts par une couche de crépi à base dechaux[notes 11] dont les propriétés hydrofuges assurent une protection contre la pluie et une plus grande durée de vie au torchis (entre trente ans et un siècle)[78]. Certains habitats peuvent faire trois à quatre étages avec à chaque niveau des planchers supportant des planches jointives (un platelage) ou assemblées entre elles par rainures et languettes (un parquet traité à l'huile de lin)[79],[80]. Un foyer central est équipé dechenets et d'unchaudron suspendu servant à l'éclairage (les maisons n'ont pas de baies), le chauffage et la cuisson à l'origine de fumées qui en se déposant (noir de fumée, goudron) font office d'insecticide. Parfois ces maisons sont précédées par unenclos palissadé (enclos pastoral simple ou système d'enclos emboîtés, constitué d'une levée de terre avec une haie d'arbres doublée d'un fossé), ont un étage muni d'un plancher et qui sert de grenier pour dormir. Ces fermes, isolées enaedificium ou regroupées dans unvicus fortifié ou non[81] voire une ville (ces agglomérations avec des quartiers spécialisés[notes 12] et hiérarchisés[notes 13] se développent à la fin duIIe siècle av. J.-C.[82]), témoignent d'une intense activité agricole : entourées de champs quadrangulaires dits "celtiques", elles comportent plusieurs bâtiments indépendants (granges, étables, greniers sur poteaux[notes 14] pour protéger lescéréales stockées de l'humidité du sol et des rongeurs[83] ousilos enterrés[notes 15]) au sein d'une cour[84]. L'élevage mixte (destiné principalement à la viande, au lait et à la laine, mais aussi utilisé comme animaux de trait) à proximité de ces fermes comporte surtout des bovidés (bœufs, capridés) et dessuidés[85].

En cas d'attaque, les villageois gaulois se regroupent dans un refuge fortifié public, l'oppidum ou un petit poste militaire, ledun.

  • Reconstitution hypothétique d'un habitat gaulois : mobilier limité aux banquettes aux sols pour s'asseoir et dormir[notes 16], aux objets de la vie quotidienne et aux éléments de stockage.
    Reconstitution hypothétique d'un habitat gaulois : mobilier limité aux banquettes aux sols pour s'asseoir et dormir[notes 16], aux objets de la vie quotidienne et aux éléments de stockage.
  • Murs d'une maison recouverts d'un enduit de chaux au blanc lumineux.
    Murs d'une maison recouverts d'un enduit de chaux au blanc lumineux.

Un art du décor

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Torque gaulois en bronze avec entrelacs et motifs animaliers

L'art des Gaulois est très différent des critères esthétiques de laculture romaine.

Les Gaulois ne cherchaient pas à représenter le réel. En témoignent les visages succincts et l'absence de détail[86].

Les Gaulois riches portaient des bijoux (bracelets, colliers, bagues,torques, fibules, épingles à chignon, diadèmes, boucles de ceinturon aux motifs variés) en or, les classes inférieures utilisant le bronze qui imite l'or ou des parures en verre coloré, en cuivre ou en fer[65].

Les découvertes archéologique de rasoirs, miroirs, peignes à cheveux et à barbe, cure-oreilles, pince à épiler, mettent en évidence un souci d'hygiène[61].

Matériaux utilisés

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L'art gaulois s'exprime essentiellement par le travail des métaux (bronze,fer etor). Les Gaulois savaient manipuler avec précision ces métaux, et étaient d'excellents orfèvres[86]. Certaines créations ont pu aussi se faire sur de lacéramique.

Héritage culturel

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Transformations suite à la conquête romaine

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Les provinces de la Gaule romaine, carte réalisée par Jan Jansson en 1657

Les changements apportés par le conquérant ont longtemps éclipsé toute idée d'une permanence de certains traits : d'abord, le syncrétisme religieux romain et l'interdiction du druidisme entraînent assurément la disparition d'une religion celtique dont on peut deviner seulement quelques contours, grâce à l'archéologie, d'une part, et par comparaison avec quelques survivances romaines, d'autre part et surtout par la confrontation avec les sources littéraires insulaires (voir par exemplemythologie celtique irlandaise etlittérature celtique galloise).

Les cadres du pouvoir — l'administration romaine —, l'économie, l'art, notamment monumental, et la culture littéraire latine, aussi, s'imposent, peut-être d'autant plus facilement que rien de préexistant ne peut les concurrencer.

Après la conquête romaine de la Gaule, achevée en-51, la romanisation est rapide chez les élites. On ignore cependant quelle est sa progression exacte et sa profondeur en ce qui concerne le peuple. Elle doit en tout cas demeurer inégale, voire limitée dans nombre de domaines ayant trait à la vie quotidienne, comme l'indiquent plusieurs exemples.

Le réemploi du site du sanctuaire celtique deGournay-sur-Aronde, en Gaule Belgique, ou encore lesex-voto des sources de laSeine, montrent comme nombre d'autres lieux sacrés pour les Gaulois de la période de l'indépendance que les lieux de culte romains prolongèrent des usages anciens (voirnemeton).

L'abandon desoppida est un fait avéré dès la deuxième moitié duIer siècle av. J.-C. À partir de ce moment, des villes romaines sortent de terre, soit à la place de l'oppidum gaulois, soit sur un espace plus large et adapté à une période de paix (exemple : lesite archéologique d'Alba-la-Romaine).

Lorsqu'une certaine « barbarisation » de l'Empire a lieu auIIIe siècle, des traits de civilisation qui sont demeurés en vigueur depuis la période de l'indépendance s'introduisent à leur tour dans la culture impériale : le manteau gaulois qui donne son surnom à l'EmpereurCaracalla n'a pu être remplacé par le mode de vie du conquérant romain. Dans nombre de domaines ayant trait à l'artisanat, où les Gaulois excellent, leurs inventions s'imposent : c'est le cas, notamment, du tonneau qui s'impose face à l'amphore plus fragile et de moindre contenance. La cotte de mailles est adoptée par les Romains dès les premiers siècles de la République, jugée plus pratique que les cuirasses grecques, tandis que le casque impérial gaulois est adopté par les légionnaires auIer siècle av. J.-C., tout comme lesbraies ou lesbraies courtes pour les soldats d'Occident.

Une culture gallo-romaine s'installe. Si, dans leur mode de vie et leur économie, les Gaulois étaient demeurés attachés dans une certaine mesure aux traditions de leurs ancêtres, il n'en fut pas de même dans le domaine de la culture, et la romanisation du pays fut rapide, tout au moins dans les villes. Les dilectes locaux furent très vite supplantés par le latin, qui devint la langue officielle. Tout naturellement l'élite gallo-romaine parla le latin, qui devint la langue officielle[87].

Impact dans l'Antiquité tardive

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Certains traits caractéristiques de la Gaule antique perdurent après l'Empire romain.

Pierre Gastal, le spécialiste de la civilisation gauloise, commente Strabon :« À l'évidence, la nature celtique persistera longtemps dans notre tempérament français. Notre passion des grandes causes et des grands principes, que les Anglo-Saxons qualifient d'arrogance, la promptitude à s'enflammer aussi vite qu'à se décourager, la présomption et l'évasion devant les difficultés, la propension aux disputes et aux divisions stériles. Mais cette surprenante capacité de se ressaisir, de se rassembler quand la situation semble désespérée et que la survie est en jeu… Tout cela, les auteurs anciens en ont témoigné en leur temps, notamment Strabon qui rapporte le sens exacerbé de la justice et de la contestation des Gaulois :« Ils s'indignent toujours des injustices dont – à leur idée – leurs proches sont victimes. » (IV, 4, 2). Dans notre histoire nationale, le Français duXXIe siècle retrouve sans mal maints exemples de ces traits de caractère jusqu'à l'époque contemporaine »[88].

Lorsque l'administration impériale romaine s'efface, la Gaule se « germanise » lentement et partiellement. La présence de toponymes germaniques est d'abord attestée sur ses franges, due au repeuplement, souvent à but défensif et organisé assez tôt par Rome, de régions sinistrées par les crises et par les épidémies. De tels établissements durables de colons « barbares » (leslètes) ont d'ailleurs lieu dans l'Empire romain tout au long duIVe siècle et duVe siècle. Ainsi des contingentsfrancs sont installés en Belgique, desAlamans en Alsace et en Suisse, desBurgondes en Savoie.

La date symbolique de la disparition de l'Empire romain d'Occident en476 et celle du baptême du roi desFrancsClovis, vers496, ne marquent pas non plus, à cet égard, de rupture : ces événements ont lieu à une époque oùFrancs,Burgondes etWisigoths ont fait « souche » et détiennent depuis longtemps déjà le monopole des affaires militaires.

Aussi, les familles de la noblesse gallo-romaine continuent longtemps à concentrer l'essentiel du véritable pouvoir politique dans les cités épiscopales : les « patrices », comme le MarseillaisMauronitus, ou les évêques, sont les véritables représentants des populations. Ainsi, la culture nouvelle qui se développe en Gaule, après la période impériale, est avant tout chrétienne, et à plusieurs égardsaugustinienne.

L'expansion chrétienne en Gaule, qui s'appuie initialement sur la diaspora juive, s'est en effet diffusée, par l'intermédiaire des commerçants et artisans d'Orient ainsi que des armées, dans les villes gauloises par les grands axes (vallées de la Loire, du Rhin, de la Seine) puis, à partir de l'édit de Milan en313, dans les villages dont l'évangélisateur emblématique estMartin de Tours, Saint Martin étant également à l'origine de l'implantation dumonachisme en Gaule. La Gaule compte six évêchés vers 250 (celui d'Arles,de Toulouse,de Narbonne,de Vienne,de Reims, etde Paris), 120 à la fin duIVe siècle[89],Clovis s'appuyant sur ce maillage épiscopal pour gagner l'appui des populations et du clergé gallo-romains lors de sa conquête de la Gaule[90].

Plus généralement, les permanences observables dans le cadre de vie de l'Antiquité tardive jusqu'auVIIe siècle sont nombreuses en Gaule : c'est surtout à partir du milieu duVIIe siècle, temps de crise, que les patronymes germaniques se multiplient au sein des élites, indiquant par là que le centre de gravité de l'Europe s'est déplacé vers le nord et que les équilibres du monde antique se sont rompus.

En définitive, si la culture latine classique recule, le latin continue à constituer la langue de la culture et surtout, celle exclusive de l'écrit (le premier document écrit en langue vernaculaire étant lesserments de Strasbourg, datés de842).

Aussi, l'usage des noms « Gaule » et « Gaulois » se conserve jusqu'à la fin de la périodemérovingienne, du moins à l'écrit. Lentement, durant la période carolingienne, le nom de « Francie » (Francia, puisFrancia occidentalis) se répand pour désigner la réalité politique majeure qu'est devenu le royaume des Francs (regnum francorum). Mais ce nom ne désigne qu'incidemment les territoires correspondant à l'ancienne Gaule romaine, désormais rattachés à un ensemble plus vaste.

C'est également larenaissance carolingienne qui pose les fondations d'une culture véritablement nouvelle. Cette « renaissance » veut pourtant, à l'origine, restaurer la culture romaine antique et impériale.

Notes et références

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Notes

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  1. L'occlusive [g] (notéeg ougu) à l'initiale des mots du français central (anciennement désigné sous le terme de « francien », l'ancêtre de la langue française qu'on supposait être le dialecte de Paris). L'expression « français central » correspond à une zone limitée par un certain nombre d'isoglosses, par exemple celui deg //w (ouv), le [g] initial (notég ougu) étant caractéristique d'une zone dialectale s'étendant de l'Ouest au Sud de la Normandie et de l'Île-de-France jusqu'au Poitou et au Berry (Les dialectes au nord de cette isoglosse conservant [w], qui dans certains endroits est passé à [v]). L'évolution s'est faîte ainsi : [w] > [gʷ] > [g]. Parfois même des mots d'origine latine avecv- initial sont passés àw- initial. Ainsi le latinvespa (cf. italienvespa) a-t-il muté en *wespa, d'où le picardwèpe, le wallonwèsse et le françaisguêpe ou encore le latinvulpiculus duquel procèdent le picardwoupil et l'ancien françaisgolpilz,gulpil « renard », ce dernier admettant toutefois les variantesvorpil etvolpil.
  2. Le lapin n'existe pas en Gaule
  3. Diodore de Sicile, dans saBibliothèque historique où il puise dans une source plus ancienne, mentionne que les Gaulois servaient régulièrement à table du sanglier, le confondant probablement avec le porc domestique gaulois qui est plus petit et poilu, ressemblant ainsi beaucoup au porc sauvage et étant influencé par l'iconographie gauloise représentant souvent le sanglier (Cernunnos, monnaies,carnyx).
  4. Certains Gaulois portent latoge.
  5. Il est remplacé par lecucullus, sorte de pèlerine à capuche utilisée pour les travaux des champs.
  6. Les grandes structures de stockage des denrées alimentaires sont lessilos, les caves et, lorsque le sol ne permet pas d'installer des aménagements souterrains, les greniers sur poteaux.« Pour protéger les denrées des rongeurs et de l’humidité, les greniers sont édifiés en hauteur, sur quatre à douze pilotis surmontés de rondelles de pierres. Les Gaulois y stockent céréales, viandes séchées, fruits secs, etc. AuIer siècle av. J.-C., silos et greniers deviennent rares car l’essentiel des productions vivrières est convoyé dans les villes, appeléesoppida, puis stocké dans degigantesques entrepôts, à l’image des vastes greniers publics et militaires de la période romaine ». Cf« Que cultivaient les Gaulois ? », surcite-sciences.fr,
  7. César dans « La Guerre des Gaules » mentionne lesaedificia (fermes gauloises aristocratiques fossoyées) et lesvici (villages en habitats ouverts non fossoyés) mais ne parle jamais detugurium (hutte) ou decasa (chaumière).
  8. Les fouilles (notamment mais en Bretagne, probablement sous l'influence des habitants des îles Britanniques) révèlent rarement ce type de cahute ronde ou ovale, en partie enterrée, aux parois faites declayonnage recouvert de torchis, au sol recouvert d'argile ou de terre battue, à la toiture conique en chaume ou feuillage en forte pente avec en pignon un orifice pour l'évacuation des cheminées. Les artisans (fondeur, forgeron) vivent dans descases rectangulaires avec un toit à deux versants.
  9. Les Gaulois privilégient culturellement le torchis à la pierre qui, même si elle est abondante et facile à extraire, reste peu utilisée, si ce n'est dans les soubassements. Cf Brunaux 2008,p. 121.
  10. Tendues de vessies de porc translucides, elles permettent cependant une certaine pénétration de la lumière du jour. Les appareils d'éclairage restent rudimentaires (petites lampes à graisse ou à huile, torches de pin).
  11. Certains bâtiments (villas aristocratiques, édifices cultuels) ont leurs murs ornés comme le montrent des fragments de revêtement de torchis qui portent des traces de peinture et de gravure. CfJean-Louis Brunaux,Les Gaulois,Les Belles Lettres,,p. 228.
  12. Commerçants, artisans (dinandiers, forgerons), espaces sacrés.
  13. Quartiers résidentiels versus quartiers populaires
  14. Greniers etsilos enterrés offrent des complémentarités qui peuvent expliquer leur cohabitation sur un même site. Le grenier conserve des stocks moins importants (dépôts en vrac, en tas séparés par espèces) et à la durée de conservation plus courte mais il autorise un accès aisé et répété, et la balle protège des insectes, d'autant plus que des feuilles de menthe ou des graines desureau hièble sont parfois ajoutées pour repousser certains nuisibles. Les céréales telles que lemillet et l'épeautre se conservent en effet mal une fois le grain extrait de leur balle, si bien que les greniers stockent plutôt les céréales en épis, et les silos les céréales nues. Les silos, fermés par un couvercle en argileluté (l'atmosphère, progressivement privée d'oxygène et de bactéries, bloque ainsi toutefermentation), servent à stocker les récoltes pendant des décennies, les surplus pouvant être ainsi exportés. Des restes de charbon sur leurs bords semblent indiquer que ceux-ci ont été stérilisés au feu plusieurs fois afin d'être réutilisés. Ces silos ont cependant plusieurs inconvénients. Une fois ouvert, la fermentation reprend, si bien que toute la récolte doit être consommée ; certains sols rocheux ne permettent pas d'installer ces espaces de stockage ; les céréales entrées endormance sont moins bienpanifiables, mais elles gardent cependant suffisamment de qualité gustative pour être consommés. Ces silos servent aussi de poubelles et dépotoirs une fois qu'ils étaient endommagés par l'érosion. CfJean-René Trochet,La géographie historique de la France,Presses universitaires de France,,p. 48.
  15. Des squelettes humains sont parfois trouvés dans des fosses qui s'apparentent à des silos. Si la récolte se fait par temps pas assez sec, l'humidité des céréales initie une fermentation importante qui provoque des explosions mortelles à l'ouverture du couvercle. Mais ces squelettes« pourraient représenter des rituels d'ordrepropitiatoire, d'appropriation de l'espace, un culte des ancêtres pour les plus importants ». CfFrançois Malrain, Véronique Matterne et Patrice Méniel,Les paysans gaulois, Errance,,p. 209.
  16. Les plus pauvres font reposer sur ces banquettes des paillasses tandis que les plus riches disposent de matelas de laine. Pline rapporte que le matelas (appeléculcita) et le lit rembourré (tomentum) sont des inventions des Gaulois. CfJoseph Maureille,En Quercy, promenade à travers le temps : histoire, Édition Quercy-Recherche,,p. 69.

Références

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Annexes

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Bibliographie

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Introduction aux sources

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Sources écrites

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Archéologie et histoire

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Ouvrages généraux

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Guerre et société

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Références anciennes

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  • Camille Jullian,Histoire de la Gaule, en huit volumes parus entre 1907 et 1921.

Articles connexes

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Liens externes

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Voir aussi
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