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Garde nationale (France)

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Garde nationale
Image illustrative de l’article Garde nationale (France)
Logo de la réserve militaire et civile qui reprend l'appellation « Garde nationale » depuis 2016.
Image illustrative de l’article Garde nationale (France)
Le serment de La Fayette, commandant historique de la garde nationale, lors de lafête de la Fédération du 14 juillet 1790 (Musée de la Révolution française).

Création1789(fondation)
1799(statut constitutionnel)
2016(Reprise du nom pour désigner une réserve militaire et civile)
Dissolution1872
PaysDrapeau de la FranceFrance
Allégeance
BrancheForces armées etPolice nationale depuis 2016
Type
Effectif84 000 [1]
GarnisonÉcole militaire
CouleursBleu, Blanc, Rouge (tricolore français)
CommandantGénéral de divisionLouis-Mathieu Gaspari(depuis le)
Commandant historiqueGilbert du Motier, marquis de La Fayette, dit « La Fayette »
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LaGarde nationale est historiquement l'ensemble des milices de citoyens formés dans chaque commune au moment de la Révolution française, à l'instar de la Garde nationale créée à Paris en 1789 et placé sous le commandement deLa Fayette[2]. Pendant laRévolution française, elle est tantôt une force insurrectionnelle pendant lesjournées révolutionnaires, tantôt une force demaintien de l'ordre. Sous lePremier Empire, elle est remplacée à Paris par uneGarde municipale soldée mais maintenue dans les provinces comme force deréserve militaire et degarde-côtes. Pendant lacampagne de France de 1814, elle sert de force militaire supplétive pour la défense du territoire national. Le régime de laRestauration la ramène à ses missions d'ordre public maisCharles X s'en méfie et dissout à nouveau la Garde nationale parisienne. Elle se reconstitue spontanément pendant larévolution de 1830 et devient un des piliers de laMonarchie de Juillet, puis de laDeuxième République contre les révoltes ouvrières ou républicaines.Napoléon III réduit ses attributions mais, en 1868, crée unegarde nationale mobile, de nouveau employée comme force combattante pendant laguerre franco-allemande de 1870-1871. L'engagement de nombreux « moblots » parisiens dans l'insurrection de laCommune de Paris du printemps 1871 entraîne une nouvelle dissolution de cette force. Dans son rôle de réserve militaire, elle est en partie remplacée par l'armée territoriale créée en 1872. En 2016, sous laCinquième République, une « Garde nationale » sur la base du volontariat est créée comme structure de réserve de l'armée, de la gendarmerie et de la police nationale.

La garde nationale de la Révolution de 1789-1799

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Article détaillé :Garde nationale (France, 1789-1799).

La garde nationale sous NapoléonIer

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Consulat

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Au lendemain de laRévolution française, une commission de conseillers d’État proposa à Napoléon Iᵉʳ d’adopter le coq comme symbole national, mais l’Empereur refusa, estimant que “le coq n’a point de force, il ne peut être l’image d’un empire tel que la France”, et ce n’est qu’à partir de 1830 qu’une ordonnance stipula que le coq devait figurer sur les boutons d’habit et surmonter les drapeaux de la Garde nationale[3].

Le coq de la Garde nationale.

En 1799, laconstitution de l'an VIII consacra l'existence de la garde nationale. L'article 48 distinguait la garde nationale en activité et lagarde nationale sédentaire. La première, qui comptait essentiellement les hommes des armées de terre et de mer, était placée sous les ordres du gouvernement (Art. 47). La seconde ne dépendait que de la loi. En septembre 1800, le ministère de l'Intérieur rédigea un projet imposant le service à tous ceux qui exerçaient les droits du citoyen, mais en autorisant le remplacement. L'élection fut écartée et il fut prévu la nomination des officiers par le préfet et celle des sous-officiers par le chef de bataillon. La garde nationale était considérée comme impuissante par le nouveau régime.

Napoléon se méfiait de cette force bourgeoise, capable de maintenir l’ordre et de réprimer les émeutes aussi bien que de renverser le pouvoir établi[réf. nécessaire]. Le 12 vendémiaire an XI (3 octobre 1802), un arrêté des Consuls créait unegarde municipale de 2 300 hommes, à Paris, placée sous les ordres de militaires nommés par le chef de l'État. La mission des gardes municipaux restait à peu près la même. Leur solde était désormais assurée par une contribution de 1 800 000 francs, payée par la population parisienne. En contrepartie, les citoyens n'étaient plus tenus de faire un service régulier et journalier. Cette décision fut bien accueillie. La population se sentait déchargée d'un service militaire lourdement ressenti. Les artisans et autres travailleurs ne perdaient plus leur temps à monter la garde ou ne payaient plus de remplaçants[réf. nécessaire].

Empire

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Garde nationale de Strasbourg en 1815 d'aprèsJob.

Pendant tout le règne de Napoléon, les gardes nationaux ont servi de réserve à l'armée et ont été mobilisés au gré des guerres de l'Empire. Ainsi, lors de la reprise de la guerre contre la Prusse, le 17 septembre 1806, l'empereur ordonna la levée, le 23 octobre, de 3 000 grenadiers et chasseurs de la garde nationale de Bordeaux pour renforcer la défense des côtes. Le décret du 12 novembre 1806, signé àBerlin, réaffirmait l'obligation de tous les Français âgés de 20 à 60 ans d'effectuer le service de la garde nationale. Il en confirmait également l'incompatibilité pour ceux travaillant dans la fonction publique et dans l'administration ainsi que pour les ecclésiastiques. Les autres pouvaient se faire remplacer. Les compagnies de grenadiers et de chasseurs, composées d'hommes, si possible, de 20 à 40 ans, pouvaient être appelées à effectuer un service intérieur dans les villes de plus de 5 000 habitants, ou un service militaire. Dans ce cas, elles étaient assimilées aux troupes de ligne.

Le 29 juillet 1809, 49 000 Anglais firent une tentative ratée de débarquement àWalcheren, auxPays-Bas, alors aux mains des Français. Cet événement fit prendre conscience à Napoléon de la menace que représentait un éventuel débarquement anglais sur les côtes françaises. À partir de 1809, l'empereur décida d'appuyer, en partie, la protection des côtes et des frontières sur les gardes nationaux.

Bataille de Paris (1814), défense de labarrière de Clichy: le maréchalMoncey, commandant la Garde nationale de Paris, donnant des ordres au colonelClaude Odiot son subordonné, d'aprèsHorace Vernet.

Le 14 mars 1812, un décret demandait le recrutement de 88 cohortes de 888 hommesrecrutés par départements et proportionnellement au chiffre de la population[4],[5]. Ils étaient chargés de renforcer la surveillance des côtes et des frontières[6]. Le décret du 12 janvier 1813 absorba les cohortes de gardes nationaux dans22 régiments de ligne. Les 88 compagnies d'artilleurs furent incorporées dans le corps impérial de l'artillerie et leurs effectifs répartis dans des régiments à pied ou dans les compagnies en service dans la grande armée.

À partir du 21 décembre 1813, la France était envahie. Les 30 décembre 1813 et 6 janvier 1814 furent pris les décrets levant 101 640 hommes.

Une partie de ces hommes, bien encadrés dans les divisions Pacthod et Amey, devait combattre héroïquement, le 25 mars 1814, au cours dusecond combat de Fère-Champenoise.

Le 30 mars 1814, Paris tombait malgré la participation à sa défense des gardes nationaux.

En 1815, les gardes nationaux participent auxcombats de Vélizy etde Rocquencourt. En représailles, les Prussiens brûlèrentVélizy.

Restauration

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Le 15 mai 1814, lecomte d'Artois fut nommécolonel général des gardes nationales de France. Le généralJean Joseph Dessolles devint son major général tout en gardant le commandement de la garde parisienne. La création du poste de colonel général témoignait de la volonté de centraliser la direction de la Garde nationale. Une ordonnance du 16 juillet 1814 précisait que lesgardes nationales ne devaient plus être que sédentaires. Leur déplacement en dehors de la ville ou du canton ne pouvait avoir lieu qu'exceptionnellement et serait déterminé par une loi spéciale. Le but de l'institution était de réunir les hommes les plus intéressés par le maintien de l'ordre et les propriétaires territoriaux ou les industriels. Seuls étaient admis au service ordinaire ceux qui pouvaient s'armer, s'habiller et s'équiper. Ils étaient peu nombreux.

Le comte d'Artois, futurCharles X en uniforme decolonel-général des gardes nationales.

Durant lesCent-Jours, les gardes nationales n'offrirent pas de résistance au retour de Napoléon. Elles n'y jouèrent pas non plus un rôle crucial.

En 1815, lors du second retour deLouis XVIII, la garde nationale retrouvait son organisation de 1814, avec le comte d'Artois à sa tête. Elle représentait à peu près la seule force sur laquelle pouvaient compter les préfets.

Le 17 juillet 1816 fut proclamé une nouvelle ordonnance. La garde nationale restait une obligation pour tous les Français de 20 à 60 ans, imposés ou fils d'imposés, au rôle de contributions directes (Art. 3). Les listes étaient faites par des conseils de recensements composés du maire et de notables nommés par le préfet (17-20). L'ordonnance accordait toujours une dispense aux ecclésiastiques, aux militaires et aux fonctionnaires (23-29). Elle faisait la différence entre le « contrôle ordinaire » et le « contrôle de réserve » (21). Le premier concernait les citoyens aisés et le second les citoyens pour qui le service était une charge et ne pouvaient être requis qu'exceptionnellement. Les officiers étaient nommés par le roi (7). Le commandant de la garde communale dirigeait sous l'autorité du maire (6) et un commandant de la garde d'arrondissement dirigeait sous l'autorité du préfet (4). Il y avait des mesures restrictives à l'égard de la garde nationale, signe que le régime s'en méfiait. Il était interdit de se réunir pour prendre des délibérations (9). Interdiction pour le commandant de publier les ordres du jour sans l'autorisation du préfet (10). Interdiction de prendre les armes et de s'assembler sans ordres des chefs et de l'administration (35). Il était créé un conseil de discipline devant juger les fautes et délits des gardes nationaux durant leur service.

L'œuvre de centralisation de la garde nationale menée par le comte d'Artois fut finalement abandonnée par le régime. Le 29 avril 1827, le roiCharles X signait l'ordonnance de licenciement de la garde nationale parisienne. Là encore, la méfiance du pouvoir avait principalement motivé cette décision. Cette mesure fut malgré tout accueillie avec soulagement par des personnes qui n'avaient plus à faire leur service. Seuls les opposants au régime et les libéraux firent des protestations.

Révolution de juillet 1830

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Le duc d'Orléans, futurLouis-Philippe Ier, nommé lieutenant général du royaume, accueilli en uniforme de la garde nationale dans la grande salle de l'Hôtel de Ville par la commission municipale le. Peinture anonyme conservée au musée du Carnavalet.

Le 25 juillet 1830, Charles X publiaquatre ordonnances qui provoquèrent larévolution de Juillet. Dès le matin 28 juillet 1830, des gardes nationaux reparurent spontanément en uniforme. Ils furent portés en triomphe par le peuple, aux cris de « Vive la garde nationale! ». Le 29 juillet, La Fayette, âgé de 73 ans, fut nommé de nouveau à la tête de la garde nationale. Il rétablit la garde nationale parisienne[7]. Le 31 juillet, il accueillitLouis-PhilippeIer à l'Hôtel de ville de Paris. Louis-Philippe passa en revue la garde nationale de Paris, forte de 60 000 hommes. Devant les acclamations des contribuables en armes, il s'écria, en embrassant La Fayette : « Cela vaut mieux pour moi que le sacre de Reims ! ». Cela souligne l'importance attachée à la milice bourgeoise du régime, garante de l'ordre public et de l'alliance de la monarchie de Juillet et des propriétaires. Le roi confia à La Fayette le commandement de toutes les gardes nationales. Elles furent réactivées dans toute la France pour mettre fin aux échauffourées.

Monarchie de Juillet

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Article détaillé :Garde nationale (monarchie de Juillet).
L'attentat deGiuseppe Fieschi perpétré le contre la famille royale alors que Louis-Philippe passait en revue les troupes de la Garde nationale.

La garde nationale démontra son importance en décembre 1830, à l'occasion du procès des ministres de Charles X, où elle parvint à maintenir le calme dans Paris. Louis-Philippe, qui rendit visite, le 23 décembre, aux douze arrondissements de la garde parisienne pour leur exprimer ses remerciements, fut soulagé, mais il réalisa aussi le danger qu'il y avait, pour la monarchie, à dépendre d'une seule force pour assurer l'ordre public : il demanda au ministre de la Guerre, lemaréchal Soult, de réorganiser sans tarder l'armée de ligne. Il décida également de se débarrasser de La Fayette, trop peu fiable à ses yeux.

Le 22 décembre, le roi écrivit à La Fayette pour le remercier d'avoir donné, « dans ces jours d'épreuves, l'exemple du courage, du patriotisme et du respect pour les lois », mais, en sous-main, il manœuvra à la Chambre des députés, qui engagea, dès le 24 décembre, le débat sur l'organisation de la garde nationale requis par l'article 69 de la Charte de 1830, selon lequel des lois doivent pourvoir « dans le plus court délai possible » notamment à « l'organisation de la garde nationale, avec intervention des gardes nationaux dans le choix de leurs officiers ». Or, durant le débat, des députés fidèles du Palais-Royal démontrèrent que la fonction de commandant en chef de toutes les unités du royaume était contraire à la Charte et firent voter sa suppression à la condition de donner à La Fayette « quelque marque de regret et quelque compensation ». Dès le lendemain, La Fayette démissionna. Le président du Conseil,Jacques Laffitte, et le ministre de l'Intérieur,Camille de Montalivet, lui-même colonel de la garde nationale, cherchèrent à trouver un compromis, mais La Fayette posa des conditions extravagantes : il voulait la formation d'un nouveau ministère où n'entreraient que ses amis, la dissolution de la Chambre des députés et l'abolition de l'hérédité de la pairie. Le 26, il maintenait sa démission. Louis-Philippe en prit aussitôt acte dans une brève et sèche lettre de regret. Le Roi nomma alors le généralMouton de Lobau commandant de la garde nationale.

L'article 69 de la Charte révisée avait renvoyé à une loi « l'organisation de la garde nationale, avec intervention des gardes nationaux dans le choix de leurs officiers ». Venu en discussion le 24 décembre 1830, le projet fut voté le 5 mars par les députés, le 10 par les pairs, et promulgué le 22. La garde nationale est chargée de défendre la monarchie constitutionnelle, la Charte et les droits qu'elle consacre, pour maintenir l'obéissance aux lois, conserver ou rétablir la paix et l'ordre publics. En revanche, toute délibération prise par la garde nationale sur les affaires de l'État, du département ou de la commune est une atteinte à la liberté publique et un délit contre la chose publique et la Constitution (Art. 1).

La garde nationale est théoriquement composée de tous les Français âgés de 20 à 60 ans (2-9), mais la loi distingue le service ordinaire et le service de réserve (19), la répartition entre les deux étant faite par le conseil de recrutement de la commune, qui n'appelle au service ordinaire que ceux qui ont les moyens de supporter les frais d'habillement et d'armement et disposent du temps nécessaire pour le service. Aussi ne trouve-t-on dans le service ordinaire, le seul qui soit effectif, que des hommes aisés : ceci donne à la garde son caractère de milice bourgeoise, rempart des propriétaires contre le désordre. Force civile, elle est organisée dans chaque commune (4) et placée sous l'autorité des maires, des préfets et du ministre de l'Intérieur (6). Le refus du service est puni de quelques jours de détention.

En province, l'efficacité de la garde nationale restait relative. Ainsi, lors de la révolte descanuts àLyon, en novembre 1831, sur 15 000 gardes nationaux d'appelés, 500 se présentèrent. Certains étaient même dans le camp de l'insurrection. Beaucoup de républicains furent élus officiers. La garde nationale devenait un foyer d'opposition.

La garde nationale était aussi un signe d'ascension sociale. Ainsi en 1837,Balzac publia son romanCésar Birotteau dans lequel le personnage principalBirotteau était un riche parfumeur qui s'était enrichi et dont les promotions dans la garde nationale constituaient un signe d'ascension sociale. Dans le roman deVictor Hugo,Les Misérables (1862),Jean Valjean, devenu un propriétaire aisé, doit servir dans la garde nationale et se trouve impliqué dans lesoulèvement républicain de juin 1832 à Paris.

Révolutions de 1848

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Fin de la monarchie de Juillet (février 1848)

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En décembre 1847, des gardes nationaux de Paris, inscrits dans la douzième légion, voulurent organiser un banquet réformiste avec comme revendication d'élargir le suffrage censitaire. Il fut interdit par le ministre de l'intérieur. Le journalLe National répliqua en convoquant le 22 février 1848,place de la Madeleine, toute la garde nationale, sans armes mais en uniforme, pour former une haie d'honneur aux convives. La garde nationale n'y répondit pas.

La Garde nationale mobile pendant les Journées deJuin 1848.

En février 1848, la garde nationale fut généralement passive aux combats. Après le départ de Louis-PhilippeIer, c'est principalement à la garde nationale que revint la tâche de rétablir l'ordre. Le 25 février, le gouvernement provisoire rétablissait dans tous leurs droits les gardes nationales que lamonarchie de juillet avait dissoutes. Le 8 mars, un décret affirmait que « tout citoyen de 21 à 55 ans, ni privé ni suspendu de ses droits civiques est garde national et y exerce le droit de suffrage pour tous les grades d'officiers ». C'était la confirmation du suffrage universel. Le 26 mars, un décret confirmait que les officiers des gardes nationaux en province seraient élus dans les mêmes conditions qu'à Paris. Les colonels ne seraient plus nommés par le gouvernement.

La répression par la Garde nationale mobile de la manifestation du 16 avril 1848 marque un tournant : selon l'historien Samuel Hayat, celle-ci« permet […] que s'estompent les différences entre l'armée, la Garde nationale fixe et la Garde nationale mobile : la Garde nationale y perd sa spécificité d'institution de représentation du peuple armé, pour devenir un corps armé uni, obéissant, et dédié au maintien de l'ordre »[8].

Soulèvements de mai-juin 1848

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Article détaillé :Journées de Juin.

L'insurrection du 15mai 1848 vit une rupture entre gardes nationaux bourgeois et partis de gauche.

Les insurrections ouvrières de juin 1848 furent surtout réprimées par l'armée et les gardes nationaux parisiens appuyés par des gardes nationaux de province, essentiellement d'Amiens,Beaugency,Le Havre,Meung,Orléans,Pithiviers,Rouen etVersailles[9],[10].

Deuxième République

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En janvier 1849, un décret deLouis-Napoléon Bonaparte, président de la République, supprima la moitié des bataillons de gardes nationaux et réorganisa les autres. Il se méfiait de la garde nationale. Les gardes nationaux mobiles furent finalement et définitivement licenciés le 31 janvier 1850. Il leur était reproché leur indiscipline et d'engendrer plus de discorde que d'en résoudre.

À la veille ducoup d’État du 2 décembre 1851, le président nomma à la tête de la garde nationale parisienne un fidèlebonapartiste, le généralde La Woestine, qui se garda d'intervenir. En récompense de sa neutralité, La Woestine fut plus tard nommésénateur d'Empire puisgouverneur des Invalides[11].

Second Empire

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Article détaillé :Garde nationale mobile.
Revue des troupes et des gardes nationales au Grand-Camp en présence de l'Impératrice Eugénie et du Prince Impérial.

Le décret du 11 janvier 1852 prévoyait cette fois la sélection des gardes nationaux par un conseil du recensement. Le président, lui, nommait les officiers. En 1853, les officiers prêtèrent serment de fidélité à la Constitution et d'obéissance à l'empereur.Napoléon III la cantonne pendant le second Empire dans des tâches subalternes afin de réduire son influence libérale et républicaine.

Le 14 janvier 1868 fut votée laloi Niel qui permettait la création d'unegarde mobile, auxiliaire de l'armée active, pour la défense des frontières et des places fortes ainsi que pour le maintien de l'ordre intérieur. Elle ouvrait la voie au service universel avec un engagement massif. Cela était fait en réaction aux crises extérieures, en particulier celle de la Prusse.

La garde nationale dans la tourmente de 1870-1871

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Article détaillé :Garde nationale (France, 1870-1871).

Guerre contre la Prusse

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Gardes nationaux dans les tranchées de laguerre franco-allemande de 1870, d'aprèsAlphonse de Neuville.

Lors de l'éclatement de laguerre entre la France et la Prusse en juillet 1870, la garde nationale fut d'abord faiblement mobilisée. Le décret du 16 juillet ne concernait que les gardes nationaux habitant les régions militaires du Nord, de l'Est et de la région parisienne. Il y avait une absence de préparation. Le 10 août, le parlement votait une loi visant à compléter les forces desgardes sédentaires etmobiles. Le 18 août 1870, une autre loi y incorporait 40 000 jeunes supplémentaires. Le décret du 23 août les formait en régiments provisoires d'infanterie et la loi du 29 août les plaça dans l'armée active. Cela démontrait que la garde nationale était utilisée comme un ultime moyen de défense.

Commune de Paris : gardes nationaux sur les ruines de lacolonne Vendôme.

La Commune de Paris

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Articles connexes :Commune de Paris,Comité central de la Garde nationale etSemaine sanglante.

Le 4 septembre 1870, après la défaite deSedan et la capture de l'empereur du 2 septembre, le gouvernement de la défense nationale est mis en place. Le 6 septembre, tous les électeurs inscrits de la ville de Paris sont convoqués. Les gardes nationaux, au nombre de 590 000, furent mobilisés pour le reste de la guerre et envoyés massivement au front. Ils participèrent à la défense deParis assiégé.

Entre le1er février et le 3 mars 1871, 2 000 délégués réunis élaborèrent, puis adoptèrent, les statuts d'uneFédération républicaine de la garde nationale. Uncomité central protesta contre toute éventuelle tentative de désarmement de la garde nationale. Elle ne voulait reconnaître d'autres chefs que ceux qu'elle se donnerait.

Le 18 mars, le gouvernement tenta de fairereprendre par l'armée les canons appartenant à la garde nationale parisienne et payés par les Parisiens. Les gardes participent alors à laCommune, qui dure du 18 mars au 28 mai 1871, et se termine dans le sang, avec une grande répression menée par les troupes gouvernementales (Semaine sanglante).

  • Soldat de la Garde nationale en 1870.
    Soldat de la Garde nationale en 1870.
  • Arrivée devant la mairie du 18e arrondissement des canons repris à l'armée par les gardes nationaux lors du soulèvement du 18 mars 1871. Gravure de J. Gaildrau.
    Arrivée devant la mairie du 18e arrondissement des canons repris à l'armée par les gardes nationaux lors dusoulèvement du 18 mars 1871. Gravure de J. Gaildrau.
  • Construction d'une barricade, place Blanche (9ème arrondissement), le 19 mars 1871.
    Construction d'unebarricade, place Blanche (9ème arrondissement), le 19 mars 1871.
  • Louise Michel en uniforme de la garde nationale en 1871, peu avant sa dissolution.
    Louise Michel en uniforme de la garde nationale en 1871, peu avant sa dissolution.
  • Barricade du passage Raoul, boulevard Richard-Lenoir, 18 mars 1871.
    Barricade dupassage Raoul, boulevard Richard-Lenoir, 18 mars 1871.
  • Proclamation des résultats des élections le 28 mars 1871 à l'Hôtel de Ville, où s'installe le Conseil de la Commune. Gravure d'Auguste Lamy.
    Proclamation des résultats des élections le 28 mars 1871 à l'Hôtel de Ville, où s'installe leConseil de la Commune. Gravure d'Auguste Lamy.
  • Combats devant l'Hôtel de ville, incendié le 24 mai 1871 par les Communards pour ralentir la progression de l'Armée des Versaillais.
    Combats devant l'Hôtel de ville, incendié le 24 mai 1871 par lesCommunards pour ralentir la progression de l'Armée des Versaillais.
  • Exécution de Fédérés par les troupes versaillaises lors de la Semaine sanglante.
    Exécution de Fédérés par les troupes versaillaises lors de laSemaine sanglante.

Dissolution de la garde nationale en 1871

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Le, à la suite des évènements de la Commune, fut votée une loi de dissolution des gardes nationales dans toutes les communes de France. De plus, l'article 6 de la loi du prévoit que« tout corps organisé en armes et soumis aux lois militaires, fait partie de l'armée et relève du ministère de la guerre », mettant un terme à l'essence même de la garde nationale.

Reconstitution depuis 2016

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Logo de la réserve militaire et civile qui reprend l'appellation « Garde nationale » depuis 2016

La Garde nationale a été réinventée le 13 octobre 2016 en réponse au désir d'engagement de la société civile suite aux attentats terroristes qui ont frappé la France en 2015 et 2016[12],[13].

Elle rassemble les réservistes opérationnels duMinistère des Armées et duMinistère de l'Intérieur.  Huit ans après sa création, la Garde nationale compte environ 84 000 réservistes opérationnels, rattachés au ministère des Armées et au ministère de l’Intérieur[14].

L'article 1 du décret du 13 octobre 2016[15] dispose que "la Garde nationale concourt, le cas échéant par la force des armes, à la défense de la patrie et à la sécurité de la population et du territoire. Elle contribue aux missions :

  • 1° Des forces armées et formations rattachées relevant du ministre de la défense ;
  • 2° De la gendarmerie nationale et de la police nationale relevant du ministre de l'intérieur ».

La Garde nationale est considérée officiellement comme un cadre fédérateur pour l’ensemble des réserves opérationnelles du champ de la défense et de la sécurité, sans toutefois disposer d’un commandement organique propre et autonome. Elle n’intervient donc pas dans les questions relatives à la préparation et à l’emploi des réserves, lesquelles relèvent exclusivement des compétences des différentes chaînes opérationnelles concernées (armées, directions et services, gendarmerie nationale et police nationale)[12].


Secrétaire général de la Garde nationale

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Sous l’autorité conjointe duMinistère des Armées et duMinistère de l'Intérieur et des Outre-mer, le secrétaire général de la Garde nationale assure la promotion et le développement de la Garde nationale.Il préside le comité de pilotage (COPIL) chargé de préparer et de suivre les décisions du comité directeur (CODIR), ainsi que le comité consultatif de la Garde nationale, chargé d’émettre des avis sur les politiques conduites au titre de la Garde nationale, à l’exclusion des questions d’emploi et de préparation opérationnelle des réservistes. Le secrétaire général décline également sur les territoires les orientations stratégiques validées en CODIR, tant en matière de partenariats civils que de développement des réserves opérationnelles[16].

Références

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  1. « Présentation de la Garde Nationale », surdefense.gouv.fr(consulté le).
  2. « La garde nationale : une milice de citoyens armés », surwww.lhistoire.fr(consulté le)
  3. « Le coq », surelysee.fr,(consulté le)
  4. Projet de décret sur l'Organisation de la garde nationale.
  5. Sénatus Consulte concernant la division de la Garde nationale et l'appel de cent cohortes sur le1er ban et autres pages 100 à 114
  6. Au crépuscule De l’Empire ; l’exemple du 151e régiment d’infanterie de ligne
  7. Lieutenant-colonel Ebel, « La Gendarmerie de la Restauration au Seconde empire », surforce-publique.net
  8. Samuel Hayat,Quand la République était révolutionnaire : Citoyenneté et représentation en 1848, Paris, Seuil,, 405 p.(ISBN 978-2-02-113639-5,lire en ligne),p. 232
  9. « État nominatif des gardes nationaux des départements qui ont mérité une mention honorable pour le courage et le dévouement dont ils ont donné des preuves pendant les journées de juin 1848 »,Gazette des Tribunaux,‎,p. 1175(lire en ligne[PDF])
  10. Les villes d'Amiens et de Rouen ont décerné une médaille spécifique et nominative à chacun de leurs gardes nationaux respectifs.
  11. « Anciens sénateurs - Second Empire - La Woestine, Anatole-Charles-Alexis Becelair, marquis de », sursenat.fr
  12. a etb« Présentation de la Garde nationale | Ministère des Armées et des Anciens combattants », surwww.defense.gouv.fr,(consulté le)
  13. « François Hollande annonce la création d’une Garde nationale », surActeurs Publics,(consulté le)
  14. « Rapport d'information déposé en application de l'article 145-7 alinéa 1 du règlement, par la commission de la défense nationale et des forces armées en conclusion des travaux d’une mission d’information flash sur l’application de la loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (M. Yannick Chenevard et M. Sébastien Saint-Pasteur), n° 1890 », surwww.assemblee-nationale.fr(consulté le)
  15. « Décret n° 2016-1364 du 13 octobre 2016 relatif à la garde nationale - Légifrance »[archive du], surwww.legifrance.gouv.fr(consulté le)
  16. Ministère des Armées – Secrétaire général de la Garde nationale

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Madeleine Bessot,L’ancrage de la Garde nationale sur le territoire : quel bilan ? Briefings de l'Ifri, 25 août 2021[1]
  • Serge Bianchi etRoger Dupuy (dir.),La Garde nationale entre nation et peuple en armes. Mythes et réalités. 1789-1871, Presses Universitaires de Rennes, 2006
  • GeorgesCarrot,La Garde nationale (1789-1871) : Une force publique ambiguë, Paris/Montréal (Québec)/Budapest etc., Éditions de l'Harmattan,coll. « Sécurité et société »,, 364 p.(ISBN 2-7475-0127-2,lire en ligne).
  • Roger Dupuy,La Garde nationale, 1789-1872, Gallimard, 2010(ISBN 978-2-07-034716-2)
  • Louis Girard, La Garde nationale, 1789-1871, Paris, Plon ,1964, 380 pages.
  • Nouveau Manuel de la Garde Nationale Sédentaire (les lois du 10/08/70, 15/03,20/05 et 12/06/1851 chez BARBOU Frères, Imprimeurs-libraires à Limoges
  • Jean-Pierre Mir,Les gardes nationaux 1813-1814, Paris, Archives & Culture, 360 p.
  • Charles Poisson,L'Armée et la Garde nationale. IV Tomes, Paris, 1858-1862.
  • Auguste Roussel : Le 18e bataillon de la garde nationale aux tranchées : souvenirs dusiège de Paris 1870-1871

Infographie

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Articles connexes

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