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Gallicanisme

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Jacques-Benigne Bossuet.

Legallicanisme est une doctrine religieuse et politique française, mise en place sous l'Ancien Régime, qui cherche à organiser l'Église catholique duroyaume de France, de façon autonome par rapport aupape.

À partir duXVIIe siècle et surtout auXIXe, un courant de pensée opposé se développe : l'ultramontanisme, qui vise à faire reconnaître l'infaillibilité pontificale et affaiblit la doctrine gallicane. À la suite de laloi de séparation des Églises et de l'État, votée en1905, la doctrine gallicane n'est plus une idéologie politique.

Définition

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Le gallicanisme désigne une doctrine dont le nom dérive du latinGallia qui signifieGaule[1]. Elle est développée en France entre leXVe et leXIXe siècle. Selon cette doctrine, l’Église s'organise à l'échelle de la France, en respectant les lois de l’État et ne reconnaît au pape qu'un pouvoir spirituel[2],[3]. La doctrine est parfois qualifiée de courant politique[1].

Mise en place de la doctrine sous l'Ancien Régime

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La doctrine prend d'abord place auprès des souverains (Philippe le Bel,Charles VII,Louis XIV) qui organisent un fonctionnement politique où le pape ne préside qu'aux questions relevant dudogme et de lafoi. Il s'agit par exemple de laPragmatique Sanction de Bourges, promulguée en1438, et de laDéclaration des Quatre articles, adoptée en1682 par l'assemblée extraordinaire du clergé. Le souverain duRoyaume de France prend à sa charge (ou délègue à une réunion des évêques de France), les nominations desévêques et desabbés, ainsi que le prélèvement de l'impôt ecclésiastique tel que ladîme[1].

Le soutien ouvert deDenis de Sallo au gallicanisme dans leJournal des savants, aboutit à la suspension du Journal après son treizième numéro, paru le 30 mars 1665. Sa nécessité cependant reconnue conduit à son rétablissement la même année, sous la direction d'un nouveau rédacteur en chef, l'abbé Gallois[4].

Évolution de l’Époque moderne jusqu'auXIXe siècle

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Jean Delumeau distingue le gallicanisme ecclésiastique, qui est une position théologique etecclésiologique antérieure et ultérieure à laRéforme, le gallicanisme régalien et le gallicanisme parlementaire, qui est une doctrine politique et administrative[5]. Très largement partagée par les juristes français de l'Ancien Régime et duXIXe siècle, cette troisième grande tendance du gallicanisme a contribué à la construction doctrinale de l'État moderne[6][page à préciser].

L'ultramontanisme (dulatinultra, « au-delà de », etmontis, « montagne », à savoir lesAlpes) qualifie un courant politique qui s'exprime en opposition au gallicanisme, entre leXVIIe et leXIXe siècle. Initialement défendu par lesjansénistes, il est repris par des penseurs catholiques, tels queFélicité de La Mennais à ses debuts. Les penseurs ultramontains considèrent que la seule autorité qui existe dans l'Église catholique, dogme et administration, doit venir du pape[1].

Après laRestauration, l'ultime sursaut du gallicanisme parlementaire (c'est-à-dire politique) se manifeste avec la parution en 1845 duManuel sur le droit ecclésiastique français d'André Dupin[7],[8][page à préciser].

Déclin depuis la fin duXIXe siècle

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La doctrine gallicane perd de son influence dans l'Église romaine, lorsque le dogme de l'infaillibilité pontificale est voté lors dupremier concile du Vatican (1869-1870)[9]. De plus, en France, avec laloi de 1905, qui organise la séparation des Églises et de l'État et l'institutionnalisation du principe delaïcité, le gallicanisme n'est plus une doctrine politique et le principe fait débat surtout dans les communautés religieuses[1].

Ainsi, certaines Églises minoritaires se réclament du gallicanisme, comme l'Église gallicane, tradition apostolique de Gazinet née en 1916, ou l’Eglise apostolique œcuménique gallicane[10].

Le gallicanisme aujourd'hui

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Le terme gallican est aujourd’hui utilisé par des églises dissidentes du catholicisme romain, sans forcément adopter les caractéristiques traditionnelles de ce mouvement. Ce que l’on peut qualifier de mouvance gallicane est constitué d’une multitude de chapelles et d’églises indépendantes, pouvant fonctionner de manièreautocéphale, ou parfois être regroupées au sein d’un même groupe qui les fédère. C’est le cas par exemple de l'Église catholique gallicane de France, qui représente le mouvement gallican le plus important aujourd’hui. Il ne s’agit donc pas en cela d’une Église particulière ou d’un courant unifié. Ces Églises s’inscrivent plutôt dans le courant des Églises de rite latin en rupture avec Rome, comme l’exemple de l’Église vieille-catholique de l’Union d’Utrecht, et qui développent par la suite leur propre courant[11]. De même, la forte fragmentation de ce courant ne permet pas de dénombrer précisément le nombre de fidèles liés à cette mouvance.

Les points communs entre les différentes Églises de cette mouvance sont qu’il s’agit d’Églises situées sur le territoire français (d’où le terme de gallicanisme fait référence) et se revendiquant du courant gallican. Il se caractérise donc par une indépendance juridictionnelle avec l’Église catholique romaine en ne reconnaissant pas l’autorité du pape sur le plan religieux et organisationnel. Certaines Églises comme l'Église catholique gallicane de France reconnaissent cependant la primauté d’honneur de l’Église romaine[12]. Les Églises gallicanes ne sont pas reconnues par des autorités officielles, comme l’Église catholique ou les Églises orthodoxes, et n’entretiennent pas de liens avec celles-ci. Même si l’autonomie juridictionnelle est la principale différence revendiquée entre Église gallicane et Église catholique romaine, des différences sur le plan théologique, de la foi et de l’organisation existent.

Croyances

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Les Églises gallicanes s’inscrivent dans la tradition catholique et partagent par conséquent une même croyance dans lecredo de Nicée et leSymbole des Apôtres[12],[13],[14]. Elles reconnaissent de la même manière les sept sacrements et les commandements divins. Toutes les Églises gallicanes ne partagent pas forcément les mêmes croyances en raison de la forte autonomie de chacune des communautés. Cependant, un certain nombre de points sont partagés à travers le courant :

  • Acceptation du mariage des prêtres et des évêques
  • Possibilité d’ordination pour les personnes mariées
  • Diaconat féminin
  • Rejet de la confession obligatoire
  • Administration du sacrement de communion sous les deux espèces
  • Bénédiction ponctuelle du remariage des divorcés
  • Bannissement des excommunications
  • Liberté en matière de jeûne et d’abstinence
  • Prise en considération du monde animal dans la réflexion de l’Église
  • Messe dans un rite proche de celui desaint Pie V, en français ou en latin

Il existe aussi une revendication de la validité de lasuccession apostolique ininterrompue, conformément à la tradition catholique universelle. Cependant, la validité de celle-ci est contestée ou non reconnue par les Églises officielles.

Principales organisations

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  • Église catholique gallicane de France : Église gallicane revendiquant une succession depuis l’antique Eglise des Gaules. Elle est présente en Europe, en Amérique et en Afrique. Il s’agit actuellement de l’organisation se revendiquant du gallicanisme la plus importante et la plus structurée[12].
  • Église gallicane, tradition apostolique de Gazinet.
  • Église Sainte Rita : Communauté Gallicane indépendante structurée autour de l'église parisienne du même. Elle est active de 1987 à 2015. L’Eglise est aujourd’hui désaffectée et la communauté constituée autour de l’Eglise n’a plus d’existence.
  • Église catholique gallicane traditionnelle
  • Église apostolique œcuménique gallicane
  • Église catholique gallicane indépendante : Implantée dans le Calvados et en Indre et Loire[15].
  • Union apostolique Gallicane : Présente en France, Belgique, Allemagne et Suisse. Organisation dont dépend Raphaël Steck, archevêque de l’union et président de la structure administrative[13]. Il est connu pour sa tentative de suicide par défenestration le 23 mai 2025 dans le cadre du démantèlement d’un réseaux précriminel[16].  Il est décédé le 20 juin 2025[17].

Notes et références

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Références

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  1. abcd ete« Le dictionnaire de l'Histoire - gallicanisme, ultramontanisme », surherodote.net(consulté le).
  2. « Définition : Gallicanisme », sureglise.catholique.fr(consulté le).
  3. « Définition de gallicanisme », surcnrtl.fr(consulté le).
  4. JeanLongnon, « Le Troisième centenaire du Journal des Savants »,Journal des Savants,vol. 1,no 1,‎,p. 7–14(DOI 10.3406/jds.1965.1090,lire en ligne, consulté le)
  5. Jean Delumeau,« Gallicanisme », dansEncyclopædia Universalis(lire en ligne).
  6. Sild 2016.
  7. André Dupin,Manuel du droit public ecclésiastique français, Paris, Videcoq père & fils,, 590 p.(lire en ligne surGallica).
  8. Tawil 2009.
  9. « Gallicanisme (de gallican) », surlarousse.fr(consulté le).
  10. « L’Église apostolique œcuménique gallicane poursuit son implantation dans l’Albigeois »,La Dépêche,‎(lire en ligne, consulté le).
  11. « Ces Eglises Catholiques pas très catholiques », surAleteia,(consulté le).
  12. ab etc« Qui sommes-nous ? », surEglise catholique gallicane de France(consulté le).
  13. a etb« Union apostolique Gallicane »
  14. « Croyances », surGallican.org
  15. « Eglise Catholique Gallicane Indépendante »
  16. « Opération «Mario» : un évêque gallican interpellé dans le cadre du réseau pédocriminel s'est défenestré », surLe Figaro,.
  17. « Pédocriminalité : mort de l'évêque gallican qui s'était défenestré dans le cadre d'une enquête », surFrance 3 Grand Est.

Sources

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Bibliographie complémentaire

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Articles connexes

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Liens externes

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