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Coco Chanel

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Pour les articles homonymes, voirCoco Chanel (homonymie) etChanel (homonymie).

Coco Chanel
Coco Chanel en visite àLos Angeles en 1931.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Gabrielle Chasnel[1],[2],[3],[4]
Surnoms
Mademoiselle, Coco, Gabrielle BonheurVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Coco ChanelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Henri Albert Chanel(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Jeanne Devolle(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
André Palasse(d) (neveu)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Site web
Distinction
Neiman Marcus Award(en)()Voir et modifier les données sur Wikidata

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Gabrielle Chasnel,dite « Coco Chanel », est une créatrice de mode,modiste etgrande couturière française, née le àSaumur et morte le à l'hôtel Ritz deParis.

Célèbre pour ses créations dehaute couture, et pour lesparfums qui portent son nom, elle est à l'origine de lamaison Chanel. Des médias la qualifient de « symbole de l'élégance française »[5].

Certains de ses choix personnels sont controversés, en particulier ses positions et fréquentations pendant l'Occupation allemande en 1940-1944.

Biographie

Enfance

Coco Chanel enmarinière en 1928.
Vitrail cistercien de l’abbaye d'Aubazine dont lesentrelacs auraient inspiré le logotype de lamaison Chanel.

Née le, à 4 heures du soir, à l'hospice de Saumur[4] tenu par les sœurs de la Providence, Gabrielle Chasnel[a] est issue d'une lignée de marchandsforainscévenols, dePonteils-et-Brésis près d'Alès[6]. Née hors mariage, elle est la deuxième fille d'Henri-Albert Chasnel (dit Albert[4]), un camelot originaire deNîmes (Gard), âgé de vingt-six ans à sa naissance[7], et d'Eugénie Jeanne Devolle (dite Jeanne),couturière originaire deCourpière (Puy-de-Dôme), âgée de dix-neuf ans[7]. Ils vivent tous deux au 29 rue Saint-Jean àSaumur[4],[8] et se marient le[9], un an après sa naissance.

Jeanne Devolle a eu cinq autres enfants : Julia-Berthe (1882[10]-1910[11]) — qui, en se suicidant, a laissé un fils, André Palasse (1904-1981)[12] dont Gabrielle s'occupera — Alphonse (1885[13]-1953[14]), Antoinette (1887[15]-1920), Lucien (1889[16]-1941) et Augustin (1891[17]-1891[18])[19]. Très peu d'éléments sont connus sur l'enfance de Gabrielle Chanel, dont elle a très peu parlé, si ce n'est qu'elle se mura dans la solitude et ne se sentit pas aimée par son père aigri, qui reprochait à son épouse chétive et à ses enfants de l'avoir empêché de mener la vie de succès, dont il rêvait. Cela n'empêcha pas Gabrielle de vouer une véritable adoration à ce père bourru, volage et souvent absent[20].

La mère de Gabrielle meurt le, àBrive-la-Gaillarde[21],[22], à l'âge de31 ans, épuisée par ses grossesses successives, latuberculose et le travail qu'elle effectuait sur les marchés de Paris dans le froid[23]. La jeune fille n'a alors que douze ans.

En, son père la place, ainsi que ses deux sœurs (de 8 et 13 ans) à l'orphelinat de l'abbaye cistercienne d'Aubazine enCorrèze[24],[25],[22] — ce serait de cet abandon et pour faire taire les réflexions de ses camarades que« prend racine la véritable mythomanie de Gabrielle », qui s'inventa un père aventurier, négociant en vins, parti faire fortune à New York et lui faisant de somptueux cadeaux[26] — et il aurait confié Alphonse et Lucien à l'Assistance publique qui les aurait placés comme garçons à tout faire dans des familles de cultivateurs.

Pendant son séjour de six ans à l'orphelinat, elle aurait développé ses compétences en couture et aurait vécu une vie austère et rigoureuse, ce qui aurait laissé une empreinte durable sur son style futur[27]. Elle se serait inspirée du lieu pour créer des vêtements aux lignes épurées et harmonieuses : à l'instar de l'architecture sobre et géométrique de l'abbaye aux couleurs neutres, comme le noir et blanc de l'habit des sœurs et des pensionnaires, qui leur permettait de se mouvoir librement, comme la tenue qu'elle portait elle-même, sombre, avec col blanc et lavallière, ainsi que la couleur beige, comme celle des murs[28].

Elle se serait également inspirée, pour créer son logo, des pavements anciens des sols et des « C » entrelacés des vitraux de l'abbatiale[29],[b].

Ce séjour de Gabrielle àAubazine n'est toutefois pas établi et aucune preuve matérielle n'en existe. Dans un ouvrage paru en[30], Henri Ponchon montre, à l'aide des recensements, qu'au printemps 1896 (âgée de 13 ans), Gabrielle Chanel vit alors àThiers, rue Durolle, chez Anaïs Clouvel, cousine germaine de sa mère. Gabrielle Chanel, âgée de douze ans, y est « bonne d'enfants et domestique »[c]. Tout cela reste conforme à ce qu'elle confie àPaul Morand, Louise de Vilmorin, Marcel Haedrich…« Ma mère vient de mourir… Moi, la plus raisonnable, je suis confiée à ces tantes à la mode de Bretagne, cousines germaines de ma mère »[31]. Ces faits sont confirmés par les descendants actuels d'Anaïs Clouvel. La légende d'Aubazine aurait été créée parEdmonde Charles-Roux dans son livre[32]L'Irrégulière, et reprise par la suite par tous les biographes. Il est vrai qu'à Aubazine a bien séjourné une Chanel, Adrienne Chanel, tante et meilleure amie de Gabrielle Chanel — et aussi future baronne de Nexon —, mais seul le nom d'Adrienne Chanel figure sur les recensements de 1896 d'Aubazine.

À 18 ans, pour échapper à un mariage forcé, et sans pour autant aspirer au noviciat, Gabrielle Chanel se rend chez sa tante paternelle Louise Costier[33] àMoulins et s'inscrit chez leschanoinesses de Saint-Augustin de la congrégation Notre-Dame, où elle se perfectionne dans le métier de couseuse. N'ayant pas les moyens de payer les frais de scolarité, elle y est admise avec le statut de pupille et elle y est traitée différemment des élèves plus riches[34]. Elle retrouve dans cette pension de jeunes filles sa tante Adrienne, qui a presque le même âge qu'elle, et, surtout, la même ambition de sortir de sa condition.

En 1903, devenues habiles à manier le fil et l'aiguille, elles sont placées par les dames chanoinesses, en qualité de couseuses, à la maison Grampayre, atelier de couture spécialisé en trousseaux et layettes[35]. Ce séjour à Moulins reste également controversé. Pas plus qu'elle n'aurait été à Aubazine, elle n'aurait séjourné à l'institut Notre-Dame, selon Henri Ponchon[36]. Coco Chanel n'aimait pas évoquer ce séjour à Moulins[37].

Gabrielle devient « Coco »

Vers 1907-1908, très courtisée, Chanel ne veut pas partager le sort anonyme des « cousettes », et recherche un avenir meilleur. Elle fréquente alors leGrand café[38], lieu chic de la vie moulinoise, où elle croise des officiers du10e régiment dechasseurs à cheval stationné dans la capitale bourbonnaise. Aujourd'hui l'ancienne caserne abrite leCentre national du costume de scène. Elle les suivra dans un autre café-concert de la ville, la Rotonde. Bientôt, elle ose pousser la chansonnette et se met à rêver demusic-hall. Âgée de vingt-quatre ans, elle se produit en spectacle devant les officiers qui la surnomment« Coco », parce qu'elle a pour habitude de chanterQui qu'a vu Coco dans l'Trocadéro ? (parolesFélix Baumaine etCharles Blondelet, musique d'Édouard Deransart).

Elle est convoitée par de nombreux jeunes garçons fortunés ou titrés, comme le richeÉtienne Balsan, officier et homme du monde qui vient de quitter l'armée pour se consacrer à l'élevage de chevaux et aux courses. Il lui fait découvrir la vie de château audomaine de Royallieu près deCompiègne, restécélèbre pour son histoire pendant la Seconde Guerre mondiale ; si Balsan fut peut-être son amant, il fut toujours son ami[39].

Pendant près d'un an elle apprend les codes et les usages de la haute société, mais l’idylle ne dure que quelques mois : elle se rend compte qu’elle ne l’aime plus, elle s'ennuie et pleure. Elle a vingt-cinq ans et nulle part où aller. Sa première révolution vestimentaire, elle l'invente avec les tenues équestres qu'elle porte à cheval, non pas en robeamazone mais enjodhpurs[d] de peau, cravate et bandeau dans les cheveux[41].

Chanel dansant avec Boy Capel parSem.

La fréquentation des relations de Balsan lui fait cependant rencontrer l'AnglaisArthur Capel, surnommé« Boy » ; elle devient sa maîtresse en 1909 et le suit à Paris, où il lui offre sa première boutique[42]. Capel est unhomme d'affaires qui fait ensuite fortune dans les frets charbonniers durant laGrande Guerre, et un homme de cheval possédant une écurie depolo. Cette histoire d'un amour irrégulier (il épouse malgré tout une Anglaise) et sincère sera tragiquement et brutalement interrompue le 22 décembre 1919 quand Boy trouve la mort dans un accident de voiture, alors qu'il se rend à Monaco où l'attend sa femme. Coco Chanel est bouleversée du décès de celui qui a été également son mentor[43].

Une modiste à contre-courant

Chapeau créé par Coco Chanel en 1912.

Gabrielle Chanel ne reste cependant pas inactive. Mettant à profit les rudiments, enseignés àMoulins, du maniement du fil et de l’aiguille et de l’initiation prodiguée parLucienne Rabaté, célèbremodiste du moment, elle se confectionne de petitschapeaux originaux qu’elle pose très bas sur son front. Pour assister aux mondaines courses de chevaux, elle n’arbore pas les robes des grands couturiers, mais ses propres réalisations. Jeune femme charmante, mais au style décalé, tantôt écolière en tenue sage noire et blanche, tantôt garçonne n’hésitant pas à porter polo, cardigan, jodhpurs et pantalons, elle invente déjà un nouveau style, une nouvelle allure. Ses créations avant-gardistes, très sobres, contrastent avec celles que portent les élégantes de l’époque.

En 1909, sur les conseils de Boy Capel, son artisanat débuteboulevard Malesherbes, dans la garçonnière parisienne de son protecteur Étienne Balsan. Les chapeaux qu'elle propose à ses clientes sont des déclinaisons de ceux qu'elle fabrique pour elle-même et qui, au château de Royallieu, près de Compiègne, ont séduit ses amies, des demi-mondaines qui fréquentaient le lieu. Balsan ne croit pas à un succès commercial.

Caricature deSem.

N'ayant pas de formation technique, ni d'outils de fabrication, dans un premier temps Chanel achète ses formes de chapeaux dans les grands magasins, puis les garnit elle-même, avant de les revendre. La nouveauté et l'élégance de son style font que, très vite, elle doit faire appel à sa cousine Adrienne et à sa sœur Antoinette pour la seconder. Ses créations de chapeaux, débarrassées des grandes plumes d'autruches ou autres froufrous volumineux, commencent à être appréciées pour leur simplicité et leur sophistication.

Ouverture des premières boutiques

Devenue la compagne de Boy Capel, Coco Chanel développe ses activités grâce à son aide. En 1910, son amant britannique lui prête les fonds nécessaires à l'achat d'une patente et à l'ouverture d'un salon de modiste au 21rue Cambon àParis, sous le nom de« CHANEL MODES ». À l’été 1913, alors que le couple séjourne àDeauville, Boy Capel y loue une boutique pendant deux étés consécutifs. Coco ne vend d'abord que des chapeaux, puis des vestes ou encore des jupes entre le casino et l’hôtel Normandy sur rue Gontaut-Biron, de nos jours 11, rue Lucien-Barrière[44]. Comme à Paris, elle est modiste mais l’enseigne est changée en mentionnant son nom complet :« GABRIELLE CHANEL » ; la boutique connaît un succès certain. En 1915 àBiarritz, elle ouvre sa troisième boutique et première vraie maison de couture. Suivant son inspiration, elle raccourcit les jupes et supprime la taille. À l'instar dePaul Poiret qui supprima le corset en 1906, elle veut libérer le corps de la femme[45]. Ses boutiques bénéficient de la clientèle de la société fortunée qui s’est repliée pendant la guerre dans ces deux stations balnéaires.

Naissance d'un style : « la reine du genre pauvre »

Arthur Capel

Dès 1915, l'étoffe manquant, elle taille des robes de sport à partir du tissu des maillots de garçons-d'écurie en jersey, ces tricots de corps pour les soldats, qu'elle a depuis longtemps adoptés. Libérant le corps, abandonnant la taille, Chanel annonce cette« silhouette neuve » qui lui vaudra sa réputation. Pour s'y conformer, les femmes s'efforcent d'être« maigres comme Coco », qui devient une des premières femmes aux cheveux courts à créer des vêtements simples et pratiques, s’inspirant d'une vie dynamique et sportive et jouant avec les codes féminins/masculins[46].

En 1916, elle utilise Adrienne comme mannequin àDeauville, qui est alors un lieu de villégiature à la mode. Elle-même s'y promène, testant ainsi sous les yeux d'aristocrates européennes, couvertes d'apparat et maintenues dans des corsets rigides, ses nouvelles tenues qui contrastent par leur simplicité et leur confort. La pénurie de tissus due à laPremière Guerre mondiale, ainsi que le manque relatif de main-d'œuvre domestique, a créé de nouveaux besoins pour les femmes de ce milieu, et Chanel perçoit ces besoins. Elle achète àRodier des pièces entières d'unjersey utilisé à l'époque uniquement pour les sous-vêtements masculins, et lance lamarinière[44].

En 1918, immédiatement après la guerre, elle commence à édifier peu à peu l’une des maisons de couture les plus importantes de l’époque, qui emploie plus de300 ouvrières, et rembourse enfin Boy Capel, refusant le statut de femme entretenue[47]. La guerre terminée, Boy doit prendre femme, selon les règles de l'aristocratie anglaise, et Chanel en éprouve une insupportable humiliation. Mais, comme sa mère, elle acceptera cette situation et continuera d'aimer Boy. La nuit du, elle apprend qu'il s'est tué la veille au volant de son automobile.« En perdant Capel, je perdais tout. » avouera-t-elle50 ans plus tard[48].

Alors que la guerre ne l'a guère émue, la mort de son amant l'affecte profondément, et, pour ne pas sombrer dans le chagrin, Chanel se raccroche à son travail. Cette attitude sera payante, car le succès de ses modèles va grandissant et l'incite à développer encore sa maison.

Élève-décoratrice de Josep Maria Sert

Après avoir habité sur les hauteurs de Garches, une villa au « crépi beige et aux volets noirs », qui devinrent ses couleurs fétiches en décoration, elle déménage et se rapproche de la rue Cambon à Paris. Chanel loue, vers 1919, l'immensehôtel de Rohan-Montbazon, 29rue du Faubourg-Saint-Honoré, édifié par l'architecteLassurance en 1719 pour la duchesse de Rohan-Montbazon, où elle installe un piano et quelques chaises. Trouvant les boiseries d'un vert passé « couleur pois cassé » — que le bail lui interdit de toucher — elle les fait recouvrir de grandes glaces. Le peintre et décorateurJosep Maria Sert etMisia, « sa polonaise d'un désordre admirable », l'aident à meubler et décorer les pièces dans un genre baroque qu'elle adoptera dans ses résidences successives : miroirs, paravents en laque de Coromandel, canapés en bois doré, lampes faites de boules inégales decristal de Bohême, lustres àpampilles, potiches chinoises, reliures anciennes, girandoles et torses antiques sur les cheminées.

Misia Sert etPicasso y ont leur chambre,Stravinsky compose sur le piano du salon les danses andalousesCuadro flamenco, etDiaghilev fait répéterGarrotin, une naine danseuse venue deSéville, dans la salle à manger.

Poursuite du succès

Coco Chanel avecWinston Churchill, en octobre 1921.

Dès 1921 àParis, à côté de la luxueuseplace Vendôme, Coco Chanel annexe, en quelques années, les numéros 27, 29 et enfin le 31 de larue Cambon. Une adresse où se trouve aujourd'hui encore la célèbre maison de couture qui porte son nom. Elle dispose en outre de ses propres fabriques de tissus en Normandie et s'associe avec les propriétaires de la marqueBourjois — les frères Wertheimer — afin de diffuser commercialement ses parfums.

Coco et le grand-duc Dimitri (1920)

Ses liaisons masculines lui donnent souvent des motifs d’inspiration, c’est ainsi qu’elle crée des robes à motifs slaves lorsqu'elle a une liaison amoureuse avec le grand-ducDimitri Pavlovitch de Russie, cousin en exil du dernier tsar de Russie. Il lui aurait inspiré la forme du flacon de son célèbre parfumNo 5, ressemblant à la flasque de vodka des troupes russes à l’époque. Elle est aussi la maîtresse du poètePierre Reverdy, qui édite des aphorismes et citations de la couturière, avant que celui-ci, de plus en plus mystique, ne se retire à l'abbaye de Solesmes. Son amantPaul Iribe travaille pour elle en tant que créateur de meubles tandis que son ami François Hugo, arrière-petit-fils deVictor Hugo, lui dessine des faux bijoux, notamment des boutons en métal[49].

Elle hébergeIgor Stravinsky et les siens de l'automne 1920 au printemps 1921 àGarches[50].

Coco Chanel aux côtés du duc de Westminster, auGrand National d'Aintree, le[51].

À l'automne 1924, Coco Chanel devient une intime deHughes Richard Arthur Grosvenor,IIeduc de Westminster, réputé l'homme le plus riche d’Angleterre. Elle lui emprunte des éléments de costume masculin, comme lechandail, la pelisse, le béret de marin ou la veste entweed. Elle les adapte ensuite à la panoplie vestimentaire féminine, qu’elle souhaite moderne et dynamique, alliant le confort à l’élégance. Pendant cette période, elle devient une visiteuse privilégiée duchâteau Woolsack, sur les bords dulac d'Aureilhan, où elle fait des séjours jusqu'en 1930 pour se ressourcer[51]. Pendant ses séjours à Mimizan, elle offre à ses cousettes et mannequins quelques jours de vacances dans lacolonie du Pylône, quelques années avant l'instauration des premiers congés payés[52].

Elle est l'une des premières à lancer la mode des cheveux courts, et s’oppose résolument à la sophistication prônée parPaul Poiret qui accusait Chanel de transformer les femmes en« petites télégraphistes sous-alimentées ». D'après la mini-sérieCoco Chanel, elle aurait répliqué en disant qu'elle ne voulait pas de femmes ayant l'air d’« esclaves échappées de leur harem », en se référant à la mode orientaliste de l'époque. Chanel privilégie une simplicité très étudiée, des tenues pratiques, comme lepyjama, à porter sur la plage comme en soirée ; les premiers pantalons, la jupe plissée courte, letailleur orné de poches. Une mode qui s'inspire du vêtement de sport des lieux balnéaires : golf, tennis, plage et nautisme. Elle propose descardigans en maille jersey sur des jupes courtes, le tout surmonté d'unchapeau cloche. De même, les robes de soirée taille basse s'arrêtant au-dessus du genou, que l'on peut associer aux dansescharleston populaires entre 1925 et 1935.

En 1926 est créée la célèbrepetite robe noire, une couleur jusqu’alors exclusivement réservée au deuil ; un fourreau droit sans col à manches 3/4, tube noir encrêpe de Chine, correspondent parfaitement à la mode« garçonne » effaçant les formes du corps féminin. Maintes fois copiée, cette« Ford signée Chanel » faisant référence à la populaire voiture américaine, ainsi que devait la qualifier le magazineVogue, deviendra un classique de la garde-robe féminine des années 1920 et30.

Récusant le qualificatif de« genre pauvre » souvent accolé à ses créations, Chanel veut distinguer la sobriété du dépouillement : si la toilette féminine doit être simple, elle doit en revanche être agrémentée d’accessoires. Chanel recourt, par exemple, à de faux bijoux mêlant pierres semi-précieuses, strass et fausses perles, ainsi qu’à des bracelets ornés d’un motif« croix de Malte », ou encore à des broches d’inspiration byzantine ou à motifs d’animaux, de fleurs ou de coquillages. Étienne de Beaumont,Paul Iribe et surtout, entre1929 et1937, Fulco di Verdura, ont donné à ces faux bijoux une identité reconnaissable.

En 1927, Gabrielle Chanel fait construire àRoquebrune-Cap-Martin une maison appeléeLa Pausa[53]. Elle demande à l'architecteRobert Streitz de la dessiner en intégrant quelques éléments, l'escalier et le cloître, rappelant son enfance à l'orphelinat d'Aubazine. Elle la meuble essentiellement de mobilier anglais et espagnol desXVIe et XVIIe siècles. Elle y accueille le duc de Westminster qui a financé la construction[54] ainsi que des célébrités de l’époque commeJean Cocteau, Pierre Reverdy, Paul Iribe,Salvador Dalí etLuchino Visconti. Une partie de la maison avec son mobilier a été recréée auDallas Museum of Art lors de la donation de la collectionReves[55],[56].

Un cercle d'amis artistes

Misia Sert, rencontrée en1919 chez son amieCécile Sorel, sera la meilleure amie de Chanel pendant l'entre-deux-guerres. Misia tenait un salon où elle recevait l'élite culturelle et artistique de Paris ; elle a introduit Chanel dans ce milieu.

Égérie de nombreux peintres et musiciens du début duXXe siècle (Toulouse-Lautrec,Pierre Bonnard,Odilon Redon,Maurice Ravel etAuguste Renoir), Misia Sert se fait connaître dans le milieu artistique parisien par ses talents de pianiste (elle était élève deFauré) et par sa beauté. Elle fréquenteStéphane Mallarmé etMarcel Proust, puisErik Satie,Colette, elle se lie avecSerge Diaghilev,Picasso,Cocteau etSerge Lifar et avec le secrétaire général du Quai d'OrsayPhilippe Berthelot[32]. Les journalistes la surnomment la« Reine de Paris ».

La proximité de Chanel avec les artistes a été constante. En 1924, elle réalise les costumes duTrain Bleu, ballet deBronislava Nijinska sur un livret de Cocteau et une partition deDarius Milhaud, créé par lesBallets russes de Serge Diaghilev. Elle était une personnalité du Tout-Paris, amie de Cocteau, pour lequel elle créera des costumes de scène :Orphée (1926),Œdipe roi (1937) etAntigone (1943). Elle soutint financièrement Serge Diaghilev dans le besoin et règle ses funérailles à l'île San Michele deVenise.Jeanne Toussaint est sa fidèle amie qui a toujours été là quand elle avait besoin.

Amante de plusieurs personnes de ces cercles où des femmes notamment vivaienten-dehors des normes sociales hétérosexuelles[évasif], elle-même a pu avoir des liaisons homosexuelles[57] selon notamment ses biographes Lisa Chaney etHal Vaughan[58], qui évoquent sabisexualité notoire[59]. Cela interroge d'autant plus sur son comportement pendant laSeconde Guerre mondiale[60].

Elle réalise également des costumes pour le cinéma, notamment, en1939, pourLa Règle du jeu deJean Renoir.

Lors d'un séjour auxÉtats-Unis, elle réalise les costumes pour trois films américains[61] : en 1931Palmy Days etCette nuit ou jamais, puis en 1932The Greeks Had a Word for Them[62],[63].

L'Empire Chanel

Le Parfum Chanel No. 5, mondialement connu.

Parallèlement, Chanel est la première couturière à lancer des parfums sous son nom, et pour cela conçoit avec le parfumeurErnest Beaux :No 5 (1921), qui connaîtra une célébrité mondiale, mais aussiNo 22 (1922),Gardénia (1925),Bois des Îles (1926) etCuir de Russie (1926). Pour diffuser internationalement son produit, Chanel fait appel à l'expérience commerciale des frèresPierre et PaulWertheimer qui dès 1924 possèdent 70 % des parfums Chanel et lui ont vendu une part de leur championÉpinard, l'un des meilleurs pur-sang d'Europe qui, en allant briller dans les courses américaines, contribuera à sa façon au succès des parfums Chanel outre-Atlantique[64]. Les descendants des frères Wertheimer,Alain etGérard Wertheimer, possèdent l'intégralité de la maison Chanel de nos jours.

De 1927 à 1944, Chanel séjourne régulièrement au château deCorbère-Abères dans leBéarn pour poursuivre son travail à l'aide de ses cousettes[65]. Elle s’adapte aux mutations desannées 1930, au cours desquelles elle doit affronter à la fois les revendications sociales de ses ouvrières et l’étoile montante de lahaute couture parisienne qu'estElsa Schiaparelli. Privilégiant alors une silhouette plus épurée, Chanel présente notamment des robes du soir légères et transparentes en mousseline de soie, en tulle ou en laize de dentelle, le plus souvent dans des couleurs faussement neutres, comme blanc, noir ou beige, parfois brodées de perles ou de strass. Comportant une combinaison cousue à l’intérieur, la coupe très simple de ces robes permet à la femme du monde de s’habiller sans l’assistance d’une domestique. Un peu plus tard, elle crée les premières robes à balconnet, puis en 1937, le style« gitane ».

Chanel ne se déplace jamais sans ses perles, et a un goût très prononcé pour les bijoux. Dès 1924, elle ouvre un atelier de bijoux fantaisie. Étienne de Beaumont puis le ducFulco di Verdura contribuent au développement des bijoux de la maison.

Mais c'est en 1932 que Gabrielle Chanel défraie à nouveau la chronique. À la demande de la Guilde internationale du diamant, Chanel crée « Bijoux de Diamants », sa première collection de haute joaillerie. Les diamants sont montés sur platine, une extravagance après lekrach de 1929. Les joaillers historiques de laplace Vendôme s'insurgent, reprochant à une« couturière de son état » de s'improviser joaillère. En 2011, la maison Chanel retrouve par hasard un film de 1932 montrant cette collection. Il faut cependant attendre 1993 pour que Chanel crée un département joaillerie[66].

En 1939, elle est alors à la tête d'une entreprise de 4 000 ouvrières qui fournissent 28 000 commandes par an.

Occupation allemande et collaboration

À l’annonce de la déclaration de laSeconde Guerre mondiale, elle présente une collection « bleu-blanc-rouge » patriote, puis ferme subitement sa maison de couture et en licencie l'intégralité du personnel[67]. Ainsi cette annonce de la guerre donne à Chanel l'opportunité de représailles envers ses ouvrières qui, revendiquant de meilleurs salaires et conditions de travail, avaient participé auxgrèves de 1936[68].

Gabrielle Chanel se consacre alors uniquement à son activité dans le domaine des parfums, dont la boutique reste ouverte. Profitant de la confusion et deslois antisémites, elle tente de récupérer la marque de parfumNo 5, car la célèbre fragrance dont elle ne détient les droits qu’à hauteur de 10 % est en fait la propriété des Wertheimer, famille juive[69].

Le, elle réclame aux autorités allemandes la propriété desParfums Chanel, assurant qu'« ils sont toujours la propriété de Juifs » et qu'ils ont été légalement« abandonnés » par leurs propriétaires, les Wertheimer qui étaient alors réfugiés aux États-Unis. Elle fait valoir un« droit indiscutable de priorité », et demande« réparation pour les préjudices subis pendant ces dix-sept années »[69],[70].

Costume Chanel en tweed bouclé de laine rayée, marron et crème avec chemisier en soie plissée et ébourrée de 1965.

Cependant cette demande n'aboutit pas, Coco Chanel ignorant que les Wertheimer, anticipant les lois nazies, ont fait passer légalement le contrôle des Parfums Chanel entre les mains de leur amiFélix Amiot, qui le leur rendra après la guerre[71].

Ayant séjourné dans l'hôtel Ritz dès lesannées 1920, elle y loue une suite au troisième étage, en 1937. Bien que l'hôtel réquisitionné soit devenu le quartier général de laLuftwaffe en 1940, elle dispose néanmoins d'une suite où elle vit durant la Seconde Guerre mondiale de1941 à 1944 avec son amant, le baronHans Gunther von Dincklage, surnommé « Spatz » (« moineau »). Selon plusieurs sources, cet ancien attaché d'ambassade allemand appartient au renseignement militaire allemand, l'Abwehr.Edmonde Charles-Roux voit plutôt en lui un agent d'influence mondain à Paris chargé de favoriser la collaboration. Ils ont une longue liaison amoureuse, qui se poursuivra après la fin de la guerre[72].

La biographie[73] du journalisteHal Vaughan, s'appuyant notamment sur des archives allemandes et duMI6 déclassifiées, révèle qu'elle fut recrutée comme espionne de l'Abwehr, devenant l'agent F-7124 sous le nom de code « Westminster », en référence à son ancien amant leduc de Westminster, ce que confirme une ficherécemment[C'est-à-dire ?] déclassifiée des archives de la préfecture de police de Paris, concernant Gabrielle Chanel et portant le même numéro d'agent et le même nom de code[74]. Chanel a été recrutée par le lieutenant Hermann Niebuhr qui l'a mise en relation avec le baronLouis de Vaufreland, ancien agent français de laGestapo au Maroc et recruteur d'espions allemands. Ce dernier a permis la libération de son neveu chéri, le soldat André Palasse, fait prisonnier par la Wehrmacht. En échange, elle se met au service de l'occupant, Vaufreland l'envoyant en mission en Espagne dès 1941[75].

En 1943, un petit cercle au sein de l'armée allemande auquel est lié Hans Gunther von Dincklage voit dans la relation passée de Chanel avec le duc de Westminster et son amitié avecChurchill une carte à jouer. Chanel est chargée d'œuvrer en faveur de la conclusion d'une paix séparée entre l'Allemagne et le Royaume-Uni. Par l'intermédiaire deWalter Schellenberg,SS-Brigadeführer chef de la section d'espionnage duRSHA, qu'elle rencontre à Berlin en et qu'elle aidera financièrement après son emprisonnement[71], ainsi d'une amie membre de la famille Windsor,Vera Bate Lombardi (en), elle doit faire parvenir à Churchill une lettre qu'elle lui a rédigée, via l'ambassade du Royaume-Uni àMadrid. L'opération baptiséeModellhut, chapeau de couture en allemand, échoue car Lombardi, dès son arrivée à Londres, dénonce Chanel et d'autres complices comme étant des espions nazis[76].

De nombreux biographes et historiens confirment ses penchants etdiatribesantisémites[77],[78],[79],[80] : avec son amant, le dessinateur d'extrême droite Paul Iribe, elle participe à la reprise du journal antisémite et xénophobeLe Témoin en 1933 ; elle distingue les « Israélites » comme lesRothschild, qu'elle fréquente, et les « youpins ». Elle a pour avocatRené de Chambrun et est une amie intime de sa femme,Josée, fille dePierre Laval, pour le compte duquel Chambrun publie une note confidentielle dévoilant les actions antisémites durégime de Vichy ; de multiples témoignages rapportent ses propos antisémites.

L'après-guerre, l'exil en Suisse

En septembre 1944, à laLibération, Coco Chanel est brièvement interrogée par un comité d'épuration desForces françaises de l'intérieur (FFI) mais relâchée deux heures après ; Winston Churchill, qu'elle connut en 1927 lors de sa liaison avec le duc de Westminster, serait intervenu en sa faveur[81],[82]. La réalité de ce point fait toujours débat, notamment sur le fait que Churchill aurait pu vouloir protéger certains hauts responsables britanniques, membres de l'élite ou de la famille royale, contre des témoignages de leurs sympathies et agissements pro-nazis lors d'un éventuel procès[83]. Néanmoins, on peut souligner que les membres du comité d'épuration ne disposaient alors d'aucune des pièces ni des éléments concernant la collaboration de Chanel tels qu'ils sont connus aujourd'hui, ce qui peut expliquer leur décision.

Elle s'installe alors en Suisse, sur les hauts deLausanne, au bord duLéman, où elle reste pendant dix ans, tout en séjournant encore occasionnellement à Paris. Elle se fait soigner à la clinique Valmont, et l'on peut souvent la rencontrer au salon de théSteffen, sur les hauts deMontreux, lieu de rencontre de nombreuses célébrités.

Pendant ce temps, à Paris, le« New Look » deChristian Dior fait fureur : taille de guêpe et seins « pigeonnants » obtenus par la pose d'un corset ou d'une guêpière. Elle est effondrée, tout son travail de libération du corps de la femme semblant alors réduit à néant. Elle s'opposera ouvertement à ce courant de mode dans les années à venir[82].

Le retour à Paris, le triomphe du tailleur en tweed gansé

Pourtant, en1954, âgée de71 ans, Chanel accepte de rouvrir sa maison sur l'insistance de ses commanditaires, les frères Wertheimer, qu'elle avait tenté de déposséder pendant l'Occupation et qui comptent sur sa présence pour relancer la vente des parfums. Elle renoue avec la création mais sa première collection est mal accueillie, car elle s’inscrit à contre-courant du style deChristian Dior. Face aux balconnets et aux formes bouffantes qui font le succès de ce style après-guerre, Chanel veut imposer de nouveau des robes près du corps et une silhouette androgyne.

Letailleur detweed, complété par une blouse de soie, des chaussures bicolores et un sac matelassé à chaîne dorée — le2.55 —, composent le nouveau style Chanel qui deviendra un classique, souvent copié.

Boutique Chanel Joaillerie, en face de l'hôtel Ritz, place Vendôme, à deux pas de la rue Cambon.

Les vêtements Chanel sont portés par les actrices du moment, notammentRomy Schneider ouJeanne Moreau dansLes Amants (1958) deLouis Malle[84], etDelphine Seyrig dansL'Année dernière à Marienbad (1961) d’Alain Resnais.Jackie Kennedy portait untailleur Chanel rose lors de l'assassinat de son mariJohn F. Kennedy[85].

En 1957, elle reçoit àDallas un « Oscar de la mode ».Marilyn Monroe contribue à cette consécration en affirmant qu'elle ne porte, la nuit, que« quelques gouttes deNo 5 »[86].

À partir de 1954, la création de bijoux est confiée àRobert Goossens. Parallèlement, de nouveaux parfums sont créés sous l’impulsion d’Henri Robert, nouveau« nez » de la maison, qui lancePour Monsieur (1955),No 19 (1970) etCristalle (1974).

Chanel reçoit ses connaissances et clients dans l'appartement de deux pièces situé au deuxième étage de sa maison de couture, mais réside dans une suite de l'hôtel Ritz, situé à côté de la maison Chanel.

Lesannées 1960 voient apparaître la mode de laminijupe, popularisée parMary Quant etAndré Courrèges, mais Chanel s'y oppose et ne relève pas la jupe au-dessus du genou, car elle pense que les genoux sont laids. Elle ne touche pas à son classique tailleur avec des jupes sous le genou, et restera insensible à la mode de l'époque et aux influences anglo-saxonnes véhiculées par lamusique pop.

Les défilés dehaute couture se déroulent dans les salons du1er étage du 31 rue Cambon, où Chanel les suit assise sur les marches de l'escalier qui mène à l'étage supérieur, d'où elle observe les réactions de sesclientes par le biais des miroirs qui tapissent les parois de l'escalier.

Fin de carrière

Tombe de Coco Chanel à Lausanne.

Avec les événements demai 1968, la vaguehippie change la donne de la mode. Chanel affirmait que les modes n’étaient bonnes que lorsqu’elles descendaient dans la rue, et pas quand elles en venaient. Chanel devient tyrannique, s’enferme dans son monde fait d’essayages, de défilés, de mannequins et de courtisanes.Edmonde Charles-Roux écrit :« Jamais Chanel n'aima avouer que son art de vivre était fait de recettes empruntées àSert. La violence qu'elle apportait à le nier la dénonçait. »[87].

Sèche et acariâtre, elle est très seule, accompagnée dans ses dernières années parfois parJacques Chazot et surtout par sa confidente de longue date, Lilou Marquand. Concernant les essayages à la boutique, Paule de Mérindol ajoute :« Tout se passe sans le moindre geste. Quand Chanel n'était pas contente d'un modèle, sa bouche devenait carrée. Il lui arrivait de couper une robe pour humilier la Première qui l'avait trop bien réussie. […] Chez Chanel, les silences étaient lourds »[88]. Elle déteste la jeunesse en minijupe ou en blue-jean, critique leféminisme[e]. Elle souffre de blessures intimes jamais cicatrisées que masque mal sa réputation de « femme de fer » ne montrant pas son désespoir.Aimée de Heeren était une amie fidèle, avec laquelle elle partageait de bons souvenirs du ducHugh Grosvenor[89].

Le, à l'âge de87 ans, elle meurt dans sa suite de l'hôtel Ritz au15 place Vendôme à Paris.Salvador Dalí,Serge Lifar,Jacques Chazot,Yves Saint Laurent etMarie-Hélène de Rothschild ont assisté à ses funérailles en l'église de la Madeleine. Elle est enterrée aucimetière du Bois-de-Vaux,section 9,concession 129-130-131, àLausanne en Suisse, dans une tombe qu'elle a elle-même dessinée : une stèle demarbre blanc ornée de cinq têtes delion (correspondant à sonsigne astral), reflétantson chiffre et son animal fétiches[90], réalisée par Jacques Labrunie, mari de sa petite-nièce Gabrielle Palasse-Labrunie, sa seule descendante directe. Dans sontestament rédigé le, Chanel lègue sa fortune (estimée par la presse à10 millions dedollars de l'époque) à la Fondation Coga (initiales de Coco et Gabrielle) administrée par Gabrielle Palasse-Labrunie et des avocats suisses, chargée de verser des rentes à ses proches, ses employés ou des artistes[72].

Postérité

Allée Coco-Chanel, àMimizan.

Dans la boutique Chanel à Paris, 31rue Cambon, un escalierArt déco mène à son appartement trois-pièces situé au second étage. Ce célèbre escalier est tapissé de centaine de miroirs et les marches sont en moquette couleur beige-sable, gansées de cuir blanc. Le lieu se visite si l'on est bonne cliente ou journaliste.

Resté tel qu’elle l’avait décoré, l'appartement est marqué par son opulence, avec huit paravents de Coromandel[91] sur pieds ou cloués au mur, tentures de soie recouvertes d'or, chaise de nourrice sur laquelle elle travailla toute sa vie, lustres aux pampilles en cristal de roche, quartz et améthyste, ainsi que de nombreux bibelots[92]. Le sofa ensuède aux coussins matelassés et surpiqués préfigure peut-être le célèbre sac2.55 de Chanel.

Dans les arts et la culture populaires

Filmographie

Cinéma

Télévision

Documentaire
  • 2018 :Les Guerres de Coco Chanel de Jean Lauritano[93].
Série
Téléfilm

Comédie musicale

Théâtre

Littérature

Coco Chanel inspire àSalvador Dalí le personnage de Solange de Cléda, héroïne de son unique roman,Visages cachés, publié aux États-Unis en 1944[96].

Notes et références

Notes

  1. Coco Chanel qui a donné plusieurs versions de son enfance, notamment qu'elle est née le (le « 5 » étant son chiffre fétiche) et que, sa mère, trop fatiguée par l'accouchement, dut payer trois employés de l'hospice pour déclarer sa naissance à la mairie de Saumur, sous le nom de Gabrielle Chasnel (avec un S).
  2. Une légende veut qu'elle ait découvert ces lettres, lors d’un séjour dans lesannées 1920 auchâteau de Crémat (« C C ») de son amie Irène Bretz, une riche américaine.
  3. Consultable sur Internet : site des archives départementales du Puy-de-Dôme.
  4. Pantalon d'équitation importé des Indes par les officiers anglais, ajusté du genou à la cheville et qui se porte sans bottes. Empr. à l'anglaisjodhpurs « id. », abréviation deJodhpur breeches « pantalon de Jodhpur » (nom d'une ville de l'État duRajasthan, dans le nord-ouest de l'Inde).Cf. angl.Jodhpur riding-breeches[40].
  5. Dans une interview donnée à Jacques Chazot pour l'émissionDim, Dam, Dom en 1969, elle déclare :« Les femmes qui portent la culotte, ça me dégoûte ! Je crois à leur faiblesse, pas à leur force. Elles ne sont pas heureuses dans une époque comme celle-ci parce qu'on ne les aime pas. Et une femme qui n'est pas aimée est une femme nulle ! »[81].

Références

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  12. Archives départementales de l'Allier Acte de naissanceno 342 dressé à Moulins le 30/11/1904, vue 106
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  14. Voir la mention marginale de l'acte de naissance qui indique : décédé àValleraugue le 22 février 1953
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Voir aussi

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Bibliographie

Ouvrages

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