1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés. 2 Matchs officiels. Dernière mise à jour : 8 janvier 2024
Le surnom « der Kaiser » (l'empereur) lui est attribué à partir de 1968. Beckenbauer raconte que l'origine de ce surnom est liée à une photo prise par des journalistes lors d'un match amical àVienne en Autriche. Sur le lieu où se déroule la session photo, il y a un buste de l'empereurFrançois-JosephIer (en allemandKaiser Franz Joseph I) à côté duquel Beckenbauer prend la pose. Les journaux publient la photo avec le titreFußball-Kaiser (l'empereur du football). L'aura du footballeur ainsi que son prénom Franz popularise alors le surnom. Bien qu'on associe souvent Beckenbauer au numéro 5 qu'il porte lors de la victoire enCoupe du monde 1974, le Kaiser n'a pas de numéro spécifiquement attribué comme cela peut l'être pour les autres grands joueurs. Lors des coupes du monde1966 et1970 il porte le numéro 4, et lorsqu'il joue auxCosmos de New York il porte le 6[4].
Président d'honneur du Bayern Munich de 2009[5] jusqu'à son décès, il préside le club entre 1994 et 2009. Il est également vice-président de laDFB entre 1998 et 2010, et membre du comité exécutif de laFIFA entre 2007 et 2011. Il a par ailleurs dirigé le comité d'organisation de laCoupe du monde 2006.
Franz Beckenbauer naît àMunich le, dans l'Allemagne en ruine de l'après-guerre[8].
Fils d'un percepteur des postes[9], Franz Beckenbauer signe sa première licence à l'âge de 9 ans au club duSC 1906 Munich. Il raconte de son enfance :
« J’ai grandi dans le catholicisme, ce qui est particulièrement important pour ma mère. Elle était religieuse, fréquentait régulièrement l’église jusqu’à un âge avancé. Elle m’a donné beaucoup pour la vie - des valeurs qui comptent, certains traits de caractère, mais aussi la foi. Enfant, j’étais bien sûr un enfant de chœur dans notre paroisse de Munich-Obergiesing et plus tard, j’ai rejoint la jeunesse catholique. Mais à un moment donné, le football était plus important, alors j’ai un peu négligé l’église »[10].
Attaquant surdoué, il rêve d'intégrer leTSV Munich 1860, qui est à l'époque le grand club de la ville bavaroise. Mais le destin en décide autrement : lors d'un tournoi de jeunes, il est frappé par un joueur du Munich 1860. Dégoûté, Franz jette son dévolu sur leBayern Munich[11] en 1958.
Franz Beckenbauer rejoint l'équipe de jeunes au Bayern à 14 ans et trois ans plus tard abandonne son travail en tant que vendeur d'assurances pour devenir footballeur professionnel. À cette époque le Bayern est l'un des clubs les moins en vue de l'Allemagne de l'Ouest.
Il fait ses grands débuts en équipe première du Bayern le, face auFC St. Pauli. Ailier gauche, il est promu enBundesliga dès la fin de sa première saison en ligue régionale[12],[13]. Il est reculé au poste de milieu de terrain, remporte dès sa première saison la finale de la Coupe d'Allemagne où il marque[14] et connaît au bout d'un an sa première sélection enéquipe de RFA[8].
De retour de sa premièreCoupe du monde, Franz Beckenbauer remporte ses deux premièresCoupes d'Allemagne en 1966 et 1967 ainsi que le premier trophée européen du Bayern, laCoupe des coupes, également en1967. À cette époque, Beckenbauer est déjà lecapitaine du club bavarois. La saison suivante, les rouges remportent leur premierchampionnat d'Allemagne. C'est durant cette période de la fin des années 1960 que Beckenbauer commence à expérimenter la tactique de raids offensifs depuis le centre de la défense. Il regarde et admire les percées latérales de l'arrière gauche italien de l'Inter Milan,Giacinto Facchetti, dont il adapte les méthodes à un rôle similaire joué depuis le centre[8].
Au milieu des années 1970 les Bavarois connaissent leur période la plus faste en remportant troisBundesliga consécutives (1972,1973,1974) avant de faire de même avec laCoupe des champions (1974,1975 et1976). La première de ces trois finales continentales a lieu àBruxelles en1974 face à l'Atlético de Madrid. Épaulé parSepp Maier,Paul Breitner,Uli Hoeness etGerd Müller, Beckenbauer mène l'équipe allemande qui s'impose largement (4-0) lors du match rejoué après avoir arraché le nul au bout de la prolongation deux jours plus tôt. Beckenbauer brandit le trophée les deux années suivantes aux dépens duLeeds United puis de l'AS Saint-Étienne, le Bayern égalant l'Ajax Amsterdam, vainqueur sans discontinuer de 1971 à 1973[15], les trois années précédentes, chacun des deux clubs ayant formé l’une des deux équipes qui se sont disputées la finale de la coupe du Monde 1974, sur la pelouse du stade olympique de Munich[pas clair].Le Bayern remporte ensuite sa premièreCoupe intercontinentale le. À l'époque, la compétition se joue au meilleur des deux manches. À l'aller le club le plus titré d'Allemagne s'impose 2-0 devantCruzeiro auStade olympique de Munich grâce à des buts signésGerd Müller etJupp Kapellmann. La deuxième manche, au Brésil, se conclut sur un nul vierge. L'équipe de cette époque compte parmi les plus talentueuses de l'histoire du club. LesSepp Maier,Uli Hoeneß,Karl-Heinz Rummenigge ou Beckenbauer sont triples champions d'Europe en titre mais refusent jusque-là de participer à cette Coupe Intercontinentale, malgré une concurrence acharnée entre l'Amérique du Sud et l'Europe. En 1976 ils acceptent finalement de relever le défi. Ils gagnent à Munich par moins 20 degrés alors que quelques semaines plus tard au Brésil, il fait près de 40 degrés[8],[16].
Cette année ne fut facile ni pour lui, ni pour le Bayern. Il n'est pas épargné par les coups durs. Lui toujours si facile, si élégant, si aérien, insaisissable, inaccessible aux charges et aux crocs-en-jambe, doit tant lutter pour son club qu'il se fait une profonde déchirure à l'aine et doit faire l'impasse d'un match important du championnat devant l'Eintracht Francfort. C'est la onzième absence de Beckenbauer en378 matches de Bundesliga. Le Bayern perd 3-0. Quittant le terrain,Gerd Müller déclare avec conviction : « Décidément, quand Franz n'est pas là, rien ne va plus au Bayern »[17].
Il connaît sa première apparition sous lemaillot national le, alors tout juste âgé de 20 ans. Il s'agit d'un match crucial de qualification pour laCoupe du monde 1966 contre laSuède que les Allemands remportent 2-1[8].
Le jeune Beckenbauer avant la Coupe du monde 1966.
En1966 le jeune Beckenbauer dispute sa première rencontre deCoupe du monde FIFA. Un coup de maître pour un coup d'essai puisqu'il marque deux buts lors de la large victoire des siens face à laSuisse (5-0). Les Allemands font ensuite 0-0 avec l'Argentine puis battent l'Espagne (2-1) pour atteindre les quarts de finale. Ce match se joue contre l'Uruguay, Beckenbauer apporte sa pierre à l'édifice depuis le milieu de terrain et marque pour une victoire de 4-0. Il est à nouveau sur la feuille de match en demi-finale contre l'URSS. Son but est magnifique, un coup de pied gauche de l'extérieur de la surface qui contourne le mur pour battre le gardien légendaireLev Yashin au second poteau (victoire 2-1). En finale contre l'Angleterre, pays hôte, Beckenbauer doit marquerBobby Charlton, joueur le plus craint par les Allemands, et le suivre sur tout le terrain deWembley. Beckenbauer dira des années plus tard :« L'Angleterre nous a battus en 1966 car Bobby Charlton était un peu mieux que moi ». Les Anglais s'imposent 4-2 après prolongations, le résultat est une énorme déception pour le jeune Beckenbauer[8],[12].
En 1968 Beckenbauer marque le but de la victoire lors du premier match contre l'Angleterre depuis son sacre mondial[8].
À son poste delibéro, censé adopter le rôle de balayeur derrière la défense, Beckenbauer n'a pas la même liberté qu'au Bayern, qui est rapidement convaincu de la valeur de ses montées offensives. Le directeur ouest-allemandHelmut Schön est plus prudent, et malgré ses demandes Beckenbauer n'est pas autorisé à jouer de la façon qu'il voulait pour son pays[8].
Sa deuxième Coupe du monde, en1970 auMexique, est également émaillée de moments épiques. L'Allemagne de l'Ouest n'est pas enAmérique latine pour gagner, mais elle est impliquée dans l'un des matchs les plus spectaculaires de la compétition, et une fois de plus les adversaires sont les champions en titre anglais. La RFA se qualifie pour les quarts de finale en remportant ses trois premiers matchs, battant leMaroc 2-1, laBulgarie 5-2 et lePérou 3-1. En quart de finale l'Angleterre prend une avance de 2-0 et semble être en roue libre vers les demi-finales, mais c'est sans compter avec la réduction du score de celui qu'on appellera ensuite le Kaiser.Brian Glanville décrit ce qui s'est passé dans son livre,L'histoire de la Coupe du monde :« Beckenbauer s'est avancé, a pris le rebond et envoyé un tir peu puissant du pied droit vers le coin de gauche deBonetti qui plonge trop tard, la balle roule sous lui et le score est de 2-1 ». L'égalisation vient du vétéranUwe Seeler avant queMüller offre la qualification. Mais la joie est de courte durée. Malgré leurs efforts épuisants contre l'Angleterre, à la fin du temps réglementaire de la demi-finale contre l'Italie le score est de 1-1 grâce à l'égalisation allemande de dernière minute. Lors de la première période de prolongation, Beckenbauer est percuté et blessé par l'italienPierluigi Cera. La clavicule droite est cassée. Il reste alors vingt minutes à disputer dans le temps réglementaire car Helmut Schön a déjà effectué ses deux changements. Il continue le match avec le bras en écharpe car il refuse de laisser ses coéquipiers jouer en infériorité numérique, mais à partir de là il n'est plus qu'un simple spectateur du match. Son abnégation n'est pas récompensée, puisque les Azzurri remportent le match (4-3)[8], le onze allemand devant se contenter de la troisième place finale remportée contre l'Uruguay (1-0) en « petite finale ». De cette blessure il raconte dans son autobiographieMes adversaires - mes amis :« À ce moment-là, ma vision est devenue noire. Une douleur violente et lancinante à l'épaule.Cera m'avait couché »[18]. Beckenbauer garde de bons souvenirs de cette édition mexicaine :« Le Mexique 1970 fut un remarquable tournoi. À l'époque, il n'y avait pas autant de fanatisme, les organisateurs n'étaient pas obnubilés par la sécurité, on pouvait faire et laisser faire ce qu'on voulait. À l'entrée, un seul policier armé surveillait tout. Une situation impensable aujourd'hui. En un mot, tout était plus innocent. Les matches qui se déroulèrent au Mexique furent hauts en couleur. Le pays s'amusait et le football dansait »[12].
Après laCoupe du monde 1970 les grands joueurs de cette équipe arrêtent la sélection, et l'entraîneurHelmut Schön fait appel à de nouveaux joueurs. Six joueurs viennent duBayern Munich et trois deMönchengladbach. En 1971 Franz Beckenbauer est nommécapitaine de laMannschaft et réussit enfin à mettre ses théories en pratique. Lors duChampionnat d'Europe 1972 l'année suivante les joueurs remportent pour la première fois un match en Angleterre, àWembley, et une victoire 3-1 en quart de finale aller de l'Euro 72, et Beckenbauer personnifie alors labalayeuse moderne, le joueur autour duquel tout tourne. La RFA remporte le trophée en battant l'Union soviétique 3-0 en finale, et Beckenbauer remporte leBallon d'or (une première pour un défenseur)[8],[19].
C'est lors duMondial 1974, organisé enAllemagne de l'Ouest, qu'arrive son heure de gloire. Beckenbaueur évolue alors enéquipe nationale à une place qu'il révolutionne par son jeu : celle delibéro couvrant sa défense. Depuis ce poste il organise le secteur offensif de l'équipe, participant plus souvent qu'à son tour aux attaques, notamment parce que sa nature lui dicte de se porter vers l'avant et l'offensive plutôt que de se contenter d'un rôle d'essuie-glace défensif classique. Avec lesGerd Müller,Paul Breitner,Wolfgang Overath et Beckenbauer, la RFA termine deuxième de la première phase de groupes après une défaite surprise contre l'Allemagne de l'Est (1-0). Ils ne commettent pas d'erreurs lors de la deuxième phase de groupes en remportant leurs trois matchs, se qualifiant ainsi pour la finale. En finale, les Allemands jouent contre lesPays-Bas et leur « football total » emmené parJohan Cruyff. Certes, la balance peut tourner si les Allemands arrêtent Cruyff, mais ce travail n'incombe pas à Beckenbauer mais àBerti Vogts. Le début de match est sensationnel. Les Pays-Bas donnent le coup d'envoi sifflée par le public. Cruyff court vers l'avant avec le ballon, passe Vogts et se fait tacler irrégulièrement parUli Hoeneß dans la surface de réparation.Johan Neeskens transforme le penalty et l'Allemagne de l'Ouest se retrouve menée 1-0 sans avoir touché le ballon. Breitner égalise, lui aussi sur penalty, puis Müller obtient l'avantage juste avant la mi-temps[8]. En sa qualité de capitaine, il est le premier à brandir le trophée[12]. C'est le couronnement duKaiser, surnom également justifié par son élégance, sa légèreté et son génie balle au pied[13].
En 1977, Beckenbauer est transféré au club américain desCosmos de New York, acceptant un contrat de 2,5 millions de dollars. En débarquant dans la nouvelleligue professionnelle américaine, il veut relever un nouveau défi tout en s'assurant un salaire confortable. Sportivement parlant, ce saut au-dessus de l'Atlantique ne lui permet toutefois pas de progresser :« A oublier d'un point de vue strictement footballistique », reconnait-il. Son départ pour les États-Unis met un terme à sa carrière enéquipe nationale, car laDfB choisit de ne plus le sélectionner pour les matches internationaux. Avec 103 sélections, il est le premier joueur allemand à passer la barre des 100 matches internationaux[12].
Beckenbauer (au centre) avec des joueurs deCipolletti pendant un match contre le club argentin en 1980.
Beckenbauer fait ses débuts aux Cosmos le et les aide à vivre une saison de livre de conte en remportant le championnat deNorth American Soccer League, la foule affluant auGiants Stadium pour voir l'équipe. Il a été nommé MVP de la NASL et connait sa première sélection en équipe All Star, la première de ces cinq sélections. Il est également nommé meilleur milieu de terrain de la ligue en 1978, 1979 et 1980 et aide l'équipe à remporter deux autres titres en1978 et1980[8].
Après avoir révolutionné le poste delibéro en Europe en lui donnant une dimension offensive, il s'installe au milieu de terrain pour les Cosmos après que l'équipe recruteCarlos Alberto, et utilise son incroyable contact sur la balle pour devenir une force offensive[21]. Ainsi le Kaiser fournit au total 47 passes décisives et 19 buts en 105 matchs de saisons régulière[22].
À 35 ans il fait son retour en Allemagne et joue deux saisons avec leHSV Hambourg remportant la cinquièmeBundesliga de sa carrière en1982. Cette année-là il est aussi capitaine de la sélection européenne auFIFA World All Star Game[12],[21].
Le, jour de son arrivée àHambourg, Franz Beckenbauer est accueilli par des milliers de fans et des dizaines de journalistes à l'aéroport deFuhlsbüttel. Ce conte de fées pour les supporters du club commence presque un an plus tôt. En,Branko Zebec etGünter Netzer sont spectateurs d'un match caritatif pour le bénéfice de l'UNESCO dans leWestfalenstadion deDortmund. Le Kaiser est dans un bon jour et Netzer agit alors de manière déterminée :« Je voulais savoir si Franz voit sa carrière comme une sorte de durée indéterminée ou s'il a toujours l'obsession et l'ambition de jouer à nouveau au plus haut niveau en Allemagne. Alors je lui ai parlé après le coup de sifflet final. Il a été très surpris ». Beckenbauer dira plus tard :« j'étais aussi dans un dilemme car le Cosmos voulait m'offrir un nouveau contrat de deux ans »[23].
Il fait alors son retour à la Bundesliga pour le HSV après l'avoir quittée en grande pompe en 1977.Wolfgang Klein(de), patron du club, doit réaliser de géants transferts financiers. Les frais de transfert n'est pas tant dur à trouver que les 1,2 million deDeutsche Marks de salaire sur deux ans. Tout l'argent pour fonctionner est trouvé grâce au partenaireBP. Presque tout en fait, parce que Beckenbauer doit être officiellement employé par le HSV. Klein :« Dans le contrat DFB nous avons purement écrit que Franz gagne 5 000 marks, y compris toutes les primes par mois ». Ce que laDFB ne croit pas[23].
Les 60 000 marks à payer par an sont rapidement amortis. Les débuts de Beckenbauer àStuttgart, où il est remplaçant derrièreCaspar Memering, sont une défaite (3-2). Mais 15 000 spectateurs supplémentaires sont attendus pour son premier match à domicile, contre leKarlsruher SC, auVolksparkstadion[23].
Dans le groupe, Beckenbauer est bien reçu.Ditmar Jakobs dit :« Nous avons eu beaucoup d'étoiles mais avec Franz Beckenbauer c'était encore un monde différent. Son attitude a été exemplaire ». Mais la santé le rattrape, et bien qu'il termine sa carrière avec un cinquième titre de champion en1982, en un an et demi il ne prend part qu'à 28 matchs de Bundesliga[23].
Il met ensuite un terme à sa carrière de joueur après une nouvelle parenthèse dans les rangs desCosmos de New York et une nouvelle sélection avec les All-Star du championnat agrémenté d'une secondeCoupe trans-atlantique(en)[12],[21].
Deux ans plus tard la RFA organise l'Euro 1988. Elle termine première de son groupe avec un nul 1-1 contre l'Italie, puis des victoires 2-0 contre leDanemark et l'Espagne. Mais elle est battue en demi-finale par les Pays-Bas, futurs vainqueurs du tournoi (1-2).
Lors de laCoupe du monde de 1990 l'Allemagne devient championne du monde sans connaître la défaite, s'assurant, grâce au penalty d'Andreas Brehme en finale face à l'Argentine, une place dans l'histoire du football allemand. Beckenbauer est ainsi le second après le BrésilienMário Zagallo à être sacré champion du monde en tant que joueur puis entraîneur, rejoint en 2018 parDidier Deschamps[12].
Franz Beckenbauer à l'Olympique de Marseille, c'est le rêve réalisé parBernard Tapie au début des années 1990 après l'avoir voulu en 1987[24]. Mais l'entraîneur allemand ne reste pas longtemps sur le banc marseillais : quatre mois après son arrivée il est débarqué.« À l'OM j'ai pris du recul au bout de six mois, car Bernard Tapie se mêlait trop de mon travail au quotidien, notamment sur les questions d'ordre tactique. Je pense que sans lui je serais resté bien plus longtemps, peut-être même de longues années à la tête de l'OM et ce défi m'aurait bien plu. C'est sans doute l'un des seuls regrets de ma carrière »[25].
Des résultats très moyens (des défaites à Sochaux et à Nancy) semblent l'abattre. « J'ai succombé au charme de Tapie, dit-il alors à la presse de son pays. J'ai sous-estimé le barrage de la langue. L'équipe me comprend très bien mais en revanche je n'arrive pas à faire passer mes messages au sein du club. Je dispose de 21 pros dont 4 gardiens et seulement 2 vrais attaquants. »
La recette ne fonctionne pas très bien et après une défaite enCoupe d'Europe en Pologne contre leLech Poznań et un lourd revers àAuxerre par 4 à 0, Bernard Tapie décide de confier les rênes àRaymond Goethals et de laisser Franz au poste de directeur sportif[24],[26].
Franz Beckenbauer entraine dans le sud de la France durant 103 jours, du au[24]. « C’était une période assez dingue. Quelques semaines après mon arrivée, il y a eu cette affaire de caisse noire àToulon. Un jour, on s’entraînait sur un terrain à côté dustade Vélodrome. La police a fait irruption et a embarqué trois joueurs (Bernard Pardo,Pascal Olmeta etBernard Casoni) qui devaient être entendus. Je n’ai rien compris à ce qui se passait car je ne parlais pas un mot de français. Tout cela était vraiment assez malvenu. Mais Marseille reste, pour moi, un endroit fantastique avec un public fantastique, explique la légende du football allemand, qui n’a aucun regret d’être venu à l’OM, même s’il n’a pas souhaité y rester très longtemps, compte tenu du « climat » local. Non, je n’ai jamais regretté. Si cela n’a pas marché, ce n’est pas à cause de la barrière de la langue ou deBernard Tapie, mais parce que je ne voulais pas être mêlé à tout ça. Je suis arrivé au milieu d’un marécage. Je suis aussitôt allé voir Tapie et je lui ai dit : « Ne m’en veux pas mais je m’en vais. » Il m’a répondu que je devais rester jusqu’à la fin de la saison. C’est ce que j’ai fait », déclare-t-il en au quotidienL’Équipe. Il est toutefois limogé dès le mois de, soit quatre mois après son arrivée[27].
Il s'en sort tout de même avec un bilan positif de 8 victoires en 15 matchs pour 2 nuls et 5 défaites avec 28 buts marqués pour 17 encaissés (+11)[28].
Du au puis du au, Franz Beckenbauer entraine l'équipe duBayern Munich. Il permet à son club de toujours de remporter deux trophées, un à chaque passage : lechampionnat d'Allemagne en1994 et la seuleCoupe UEFA du palmarès bavarois en1996[13]. En tout, il mène les Munichois durant 19 matchs, pour 12 victoires, 2 nuls et 5 défaites.
Après son rôle de président du comité de candidature pour laCoupe du monde de la FIFA 2006, il est élu président du comité d'organisation du tournoi à l'acclamation universelle. Depuis le congrès de laFIFA en 2007 et jusqu'au, il est membre de son Comité exécutif[12],[29].
En, à l'occasion des 70 ans du légendaire boxeur américainMohamed Ali, le Kaiser lui envoie une lettre dans laquelle il dit tout le bien qu'il pense du champion, lettre publiée dans le magazineBild[30].
Franz Beckenbauer meurt le àSalzbourg, à l'âge de78 ans[31],[32]. Il est inhumé au cimetière de Perlacher Forst deMunich[33].
L'adolescent qui avait tant impressionné pendant la coupe du monde 1966 est rapidement devenu le patron de l'équipe d'Allemagne en même temps qu'il enfilait le brassard decapitaine (Spielführer) abandonné parUwe Seeler. Le terme allemand deSpielführer, qui lui est associé, décrit parfaitement le rôle, l'influence et la place tenus par Beckenbauer dans le football allemand, celui d'un authentique "meneur de jeu"[34].
Beckenbauer incarne la métamorphose du football allemand. Aux footballeurs-athlètes deSepp Herberger,champions du monde 1954, succèdent des joueurs plus fins dans leur touche de balle comme dans leurs conceptions tactiques. Beckenbauer est le chef de file de cette nouvelle génération qui a replacé l'Allemagne au premier rang des nations européennes[34].
C'est le YougoslaveZlatko Čajkovski qui a fait de Beckenbauer un libero dont le style est plus émancipé que les "verrouilleurs" implacables de l'école italienne. Čajkovski, comprend vite que Franz ne possède pas la résistance physique nécessaire pour occuper un poste de liaison au milieu de terrain : il est beaucoup plus à l'aise du haut de son mirador défensif. Mais c'est surtout par son regard périphérique et par la précision de ses passes brossées que Beckenbauer fait merveille. Il est un libero qui s'apparente beaucoup plus aux demi-centres de l'époque classique, dispatchers et plaques tournantes autour desquels tourne le jeu de l'équipe entière. De surcroît Beckenbauer n'hésite pas à aller jusqu'au bout de son idée offensive. Il cherche souvent le une-deux avec un partenaire, trouve surtout appui du côté deGerd Müller, et parvient ainsi à se frayer indirectement un chemin jusqu'au but adverse, marquant parfois des buts d’anthologie qui renforcent encore son efficacité et sa popularité[34].
Dans l'équipe d'Allemagne, il s'installe définitivement au poste de libero après la retraite deWilli Schulz, et il modifie le jeu de toute la sélection nationale, dont le système défensif et le jeu tactique s'assouplissent considérablement sous son règne. À vingt-sept ans Franz « l'Empereur » arrive à maturité. L'homme lui aussi fait son chemin : marié et père de famille (trois fils), il bâtit une petite fortune grâce au football et aux assurances auxquelles l'initie le directeur sportif du Bayern,Robert Schwan[34].
Franz Beckenbauer joue 427 matchs de championnats avec leBayern Munich dont les 31 premiers enRegionalliga Sud lors de la saison1964-1965. Durant cette saison, il inscrit plus du tiers de ses buts en championnat allemand durant sa carrière (16 sur 60). Le reste de ces matchs et réalisations (respectivement 396 et 44) sont joués enBundesliga. Parti auxCosmos de New York, Beckenbauer prend part à 105 rencontres deNASL pour 21 buts marqués. Profitant de son poste plus haut sur le terrain, le Kaiser est plus décisif et distille plus de 40 passes décisives[22]. De retour enAllemagne, sous les couleurs duHambourg SV durant deux saisons, il ne dispute que 28 rencontres de Bundesliga (424 pour 44 buts sur toute sa carrière). Sa dernière saison américaine lui permet de prendre part à 27 parties de plus et de marquer 2 buts de plus ce qui porte son total en NASL à 132 matches pour 23 buts marqués[35].
Beckenbauer joue sa première rencontre de Coupe d'Europe contre leTatran Presov le lors de la participation duBayern Munich à laCoupe des coupes. C'est dans cette même compétition qu'il marque son premier but lors de la saison suivante contre lePanathinaïkos. Franz Beckenbauer joue 71 matchs (6 buts) pour la Bayern puis 5 matchs (aucun but) pour leHambourg SV lors de laCoupe UEFA 1981-1982. Il joue également quatre matches deSupercoupe de l'UEFA avec les Munichois pour un total de 80 matchs européens et 6 buts marqués[36].
Le joueur allemand obtient 103 sélections internationales avec l'équipe de RFA[37] et fait partie du cercle symbolique mais très fermé des joueurs aux plus de 100 capes. Durant tous ces matchs, il marque 14 buts et porte le brassard durant 50 parties. Il connait sa première sélection le avec la victoire 2-1 contre laSuède et la dernière le pour une défaite contre laFrance (0-1). 56 de ses 103 matchs sont des parties amicales pour 13 deCoupe du monde et 4 deChampionnat d'Europe, le reste se compose de matchs qualificatifs pour le Mondial (7) ou l'Euro (18). Le Kaiser marque 9 de ses 14 buts en matchs amicaux, les 5 autres le sont durant les mondiaux. En tant que joueur, il possède un taux de succès de 70,21 % (69 victoires pour 19 nuls et 15 défaites)[38].
Il fait aussi partie de la sélectionFIFA en 1968 et de la sélection européenne en 1982[12].
Quatrième en 1966, 1967 et 1968, septième en 1969, quatrième en 1970 puis cinquième en 1971 : depuis six ans, Franz Beckenbauer flirte, plus ou moins, avec la première place au classement duBallon d'or au moment de le recevoir en1972. La septième année est enfin la bonne pour « l'Empereur » Beckenbauer, couronné par le jury, dont il arrache l'adhésion sur le fil. Dix-septième Ballon d'Or de l'histoire et deuxième joueur allemand consacré aprèsGerd Müller, il devance deux autres compatriotes de deux petits points seulement (91 pour 89) : ce même Müller etGünter Netzer, le stratège de la Nationalmannschaft. Beckenbauer, plus souvent installé à la première place par les jurés (dix fois, contre sept pour Müller, cinq pour Netzer et trois pour Cruyff), profite de la relative dispersion de l'opposition[34].
En1976, désigné quatorze fois à la première place contre six, seulement, à son principal concurrent, le NéerlandaisRobert Rensenbrink, Franz Beckenbauer possède une certaine marge de sécurité qui lui vaut de compter une avance de 16 points au classement. Pourtant, le libero allemand est totalement absent du vote de cinq jurés (Autriche, Luxembourg, Portugal, Suède et URSS), preuve qu'il ne fait pas l'unanimité sur son nom.
Franz Beckenbauer est le premier à révéler en1977 dans le magazine ouest-allemandStern qu’il utilise son propre sang pour se stimuler : « J’ai une méthode particulière pour demeurer au top niveau : l’injection de mon propre sang. Ainsi, plusieurs fois par mois, mon amiManfred Koehnlechner me fait une prise de sang à un bras pour injecter ce même sang dans une fesse. Il en résulte une inflammation artificielle. Le nombre des globules blancs, et surtout celui des globules rouges, se multiplie alors et des forces de résistance sont ainsi mobilisées dans l’organisme. »[46]
Interrogé sur la chaîne allemandeZDF quant à un éventuel système de dopage enAllemagne dans lesannées 1970 et1980, Franz Beckenbauer évoque « des injections de vitamines », affirmant ensuite ne pas savoir de quoi les fameuses injections étaient composées. « Bien sûr que nous avions des injections de vitamines, affirme le Kaiser. Comment pourrais-je le savoir... Le docteur nous disait : ce sont des injections de vitamines ». Ses déclarations se sont ensuite avérées contradictoires, l'ancienne star du football allemand affirmant n'avoir jamais été forcée à prendre des produits et toujours connaitre les compositions des substances qu'il pouvait ingérer[47].
À la fin de sa carrière professionnelle en tant que joueur de la Bundesliga, il fonde le 15 mai 1982 à Hambourg la FondationFranz-Beckenbauer-Stiftung pour soutenir les personnes handicapées et malades et les personnes en détresse. Beckenbauer a donné à la fondation les recettes de son match d’adieu du 1er juin 1982 (Hamburger Sportverein vs équipe nationale 2:4) de 800'000 DM et a ajouté 200'000 DM supplémentaires[48].
Au cours des 40 dernières années, il a récolté plus de 20 millions d’euros[49]. L’épouse de Beckenbauer, Heidrun Beckenbauer, est présidente de la fondation.