Il est l'un des fondateurs du courant de penséetiers-mondiste, et une figure majeure de l'anticolonialisme. Il a inspiré lesétudes postcoloniales. Il cherche à analyser les conséquences psychologiques de lacolonisation à la fois sur le colon et sur le colonisé. Dans ses livres les plus connus commeLes Damnés de la Terre, il analyse le processus dedécolonisation sous les angles sociologique, philosophique et psychiatrique.
En 1943, à 18 ans, il s'engage dans l'Armée française de la Libération après le ralliement desAntilles françaises augénéral de Gaulle. Il explique ce choix par le fait que « chaque fois que la liberté et la dignité de l’homme sont en question, nous sommes tous concernés, Blancs, Noirs ou Jaunes ». Combattant sous les ordres du généralde Lattre de Tassigny, il est blessé dans lesVosges. Parti se battre pour un idéal, il est confronté à « la discriminationethnique, à desnationalismes au petit pied »[4]. Toujours membre de l'armée française, il est ensuite envoyé quelques semaines enAlgérie, qui sont pour lui l'occasion d'observer la structure de la société coloniale qu'il conçoit comme « pyramidale » (colons riches, petits-blancs, juifs, indigènes évolués, masse du peuple) et intrinsèquementraciste[5].
De retour en Martinique, il passe lebaccalauréat et s'engage avec son frère Joby dans le soutien à la candidature d'Aimé Césaire qui se présente auxélections législatives d'octobre 1945 pour leParti communiste français. Ayant reçu une citation par legénéral Salan, il obtient une bourse d'enseignement supérieur au titre d'ancien combattant, ce qui lui permet de faire des études demédecine en France métropolitaine, tout en suivant des leçons dephilosophie et depsychologie à l'université de Lyon, notamment celles deMaurice Merleau-Ponty[6]. Sur le plan politique, il dirige le journal étudiantTam-Tam et participe à différentes mobilisations anticolonialistes avec lesJeunesses communistes, dont il n'est cependant pas membre[5].
Fanon soutient sa thèse en psychiatrie à Lyon en 1951[7]. Il part faire son apprentissage à l'hôpital de Saint-Alban, àSaint-Alban-sur-Limagnole enLozère, pendant quinze mois. C'est là qu'il rencontre le psychiatreFrançois Tosquelles au printemps 1952[8].« Cette formation est déterminante tant sur le plan de la psychiatrie que sur celui de ses futurs engagements politiques. Aux côtés de Tosquelles, il interroge l’aliénation dans tous ses registres, haut-lieu de rencontre entre physiologique et historique »[9].
Ses études en psychiatrie lui sont très utiles car elles lui permettent de soutenir ses idées et les causes de celles-ci. Grâce à ses études et ses rencontres, il va commencer à construire la défense de ses futures idées et thèses. En effet, Fanon explique certains problèmes psychologiques des minorités et des colonisés par l'étude de cas des victimes du colonialisme. Fanon et son équipe insistent sur la nécessité d’analyser les traumatismes coloniaux passés, pour expliquer l’état psychologique, émotionnel et physique des générations à ce jour. Ils examinent l’histoire des opprimés et étudient les aspects psychologiques pour pouvoir démontrer les liens qui y sont associés aux générations d’aujourd’hui. Fanon affirme que plusieurs troubles à ce jour sont les résultats des traumatismes coloniaux d’autrefois. Dans ces études, se trouve la « justification » des troubles mentaux, physiques et sexuels qui seraient causés par la violence coloniale. Ce sont des études très détaillées qui tiennent à défendre le fait qu’étudier l’état psychologique, émotionnel et sexuel des opprimés d’autrefois, prouverait les traces qui ont été gardées sur les libres d’aujourd’hui[10].
À partir de son expérience de noir minoritaire au sein de la société française et de ses observations en Algérie, il rédigePeau noire, masques blancs, dénonciation du racisme et de la « colonisation linguistique » dont il s'estime lui-même une des victimes en Martinique. Ce livre est mal perçu à sa publication en 1952[réf. nécessaire]. Frantz Fanon évoquera à de multiples reprises le racisme dont il se sent victime dans les milieux intellectuels parisiens, affirmant ainsi que« leSud américain est pour le nègre un doux pays à côté des cafés de Saint-Germain »[11].
En 1953, il devient médecin-chef d'une division de l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville enAlgérie et y introduit des méthodes modernes de « sociothérapie » ou « psychothérapie institutionnelle », qu'il adapte à la culture des patients musulmans algériens ; ce travail sera explicité dans lathèse de son élève, le futur psychiatre et psychanalyste Jacques Azoulay. Il entreprend ensuite, avec ses internes, une exploration des mythes et rites traditionnels de laculture algérienne. Sa volonté de désaliénation et de décolonisation du milieu psychiatrique algérien s'oppose de front aux thèses racistes de l'École algérienne de psychiatrie d'Antoine Porot :« Hâbleur, menteur, voleur et fainéant, le Nord-Africain musulman se définit comme un débile hystérique, sujet, de surcroît, à des impulsions homicides imprévisibles »[12].« L’indigène nord-africain, dont le cortex cérébral est peu évolué, est un être primitif dont la vie essentiellement végétative et instinctive est surtout réglée par lediencéphale »[13].« L’Algérien n’a pas decortex, ou, pour être plus précis, il est dominé, comme chez lesvertébrés inférieurs, par l’activité du diencéphale »[14],[15].
Pour Fanon, c'est bien plutôt lacolonisation qui entraîne unedépersonnalisation, qui fait de l'homme colonisé un être « infantilisé, opprimé, rejeté, déshumanisé, acculturé, aliéné », propre à être pris en charge par l'autorité colonisatrice[15].
« La première chose que l’indigène apprend, c’est à rester à sa place, à ne pas dépasser les limites ; c’est pourquoi les rêves de l’indigène sont des rêves musculaires, des rêves d’action, des rêves agressifs. Je rêve que je saute, que je nage, que je cours, que je grimpe. Je rêve que j'éclate de rire, que je franchis le fleuve d’une enjambée, que je suis poursuivi par une meute de voitures qui ne me rattrapent jamais. Pendant la colonisation, le colonisé n'arrête pas de se libérer entre neuf heures du soir et six heures du matin. Cette agressivité sédimentée dans ses muscles, le colonisé va d'abord la manifester contre les siens. C'est la période où les nègres se bouffent entre eux et où les policiers, les juges d’instruction ne savent plus où donner de la tête devant l’étonnante criminalité nord-africaine[16]. »
Il décide de rompre avec sa nationalité française[17] et se définit comme Algérien[18]. Il rejoint le FLN àTunis, où il collabore à l'organe central de presse du FLN,El Moudjahid, comme spécialiste des problèmes de torture parce qu'il avait soigné plusieurs tortionnaires en tant que psychiatre à l'hôpital de Blida. En 1958, il se fait établir un vrai-faux passeport tunisien au nom d'Ibrahim Omar Fanon[19]. En1959, il fait partie de la délégation algérienne au congrès panafricain d'Accra ; il écrit la même annéeL'An V de la révolution algérienne publié parFrançois Maspero. En, il est nommé ambassadeur duGouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) auGhana. Il échappe durant cette période à plusieurs attentats auMaroc et enItalie. Il entame à la même époque l'étude duCoran, sans pour autant se convertir[20].
Très critique sur les dirigeants africains ralliés à laCommunauté française (association entre la France et ses colonies), il s'interroge sur les causes de l'attitude des bourgeoisies nationales devant le système colonial. Selon lui, le colonialisme façonne au sein de la société indigène une classe de nature bourgeoise en raison de ses privilèges matériels mais qui n'aurait aucun rôle économique (pas de « capitaines d'industrie ») et serait confinée à des activités de types intermédiaires. Elle se trouve dès lors uniquement dédiée à la défense des intérêts du colonialisme. Ainsi, au moment de concéder l’indépendance, les puissances coloniales transmettent le pouvoir à des bourgeoisies asservies qui prennent le rôle de « gérantes des entreprises de l'Occident ». Pour lui, la décolonisation ne serait effective dans ces pays que sur le plan culturel (retour aux anciennes traditions) alors que le colonialisme se maintiendrait sur le plan économique[5].
Il considère par ailleurs que l'indépendance nationale n'a de sens qu'en intégrant les questions sociales, qui déterminent ce qu'il nomme le « degré de réalité » de cette indépendance (accès au pain, à la terre, au pouvoir pour les classes populaires). Cette approche le conduit à associer l'indépendance au socialisme, qu'il définit comme un « régime tout entier tourné vers l'ensemble du peuple, basé sur le principe que l'homme est le bien le plus précieux ». Il milite également en faveur dupanafricanisme.
C'est en 1960 qu'il demande àClaude Lanzmann etMarcel Péju, venus à Tunis pour parler au dirigeant du GPRA, de rencontrer le philosophe. Il veut également que Sartre préface son dernier ouvrage,Les Damnés de la Terre. Ainsi écrit-il à l'éditeur François Maspéro : « Demandez à Sartre de me préfacer. Dites-lui que chaque fois que je me mets à ma table, je pense à lui »[21].
La rencontre a lieu àRome, pendant l'été 1961[n 1]. Sartre interrompt son strict régime de travail pour passer trois jours entiers à parler avec Fanon. Comme le raconte Claude Lanzmann, « pendant trois jours, Sartre n’a pas travaillé. Nous avons écouté Fanon pendant trois jours. […] Ce furent trois journées éreintantes, physiquement et émotionnellement. Je n’ai jamais vu Sartre aussi séduit et bouleversé par un homme »[22]. L'admiration est réciproque, comme le rapporteSimone de Beauvoir : « Fanon avait énormément de choses à dire à Sartre et de questions à lui poser. « Je paierais vingt mille francs par jour pour parler avec Sartre du matin au soir pendant quinze jours », dit-il en riant à Lanzmann »[23].
Atteint d'uneleucémie, il se fait soigner àMoscou, puis, en octobre 1961, àBethesda près deWashington, où il meurt le 6 décembre 1961 à l'âge de 36 ans, quelques mois avant l'indépendance algérienne, sous le nom d'Ibrahim Omar Fanon[24]. Dans une lettre laissée à ses amis, il demandera à être inhumé en Algérie. Son corps est transféré à Tunis, et sera transporté par une délégation du GPRA à la frontière. Son corps sera inhumé parChadli Bendjedid, qui devient plus tard président algérien, dans le cimetière de Sifana près de Sidi Trad, en Algérie. Avec lui, sont inhumés trois de ses ouvrages :Peau noire, masques blancs,L'an V de la révolution algérienne etLes Damnés de la Terre. Sa dépouille sera transférée en 1965, et inhumée au cimetière des « Chouhadas » (cimetière des martyrs de la guerre) près de lafrontière algéro-tunisienne, dans la commune d'Aïn El Kerma (wilaya d'El Tarf).
Il laisse derrière lui son épouse, Marie-Josèphe Dublé, dite Josie (morte le et inhumée au cimetière d'El Kettar au centre d'Alger), et deux enfants : Olivier, né en 1955, etMireille, qui épousera Bernard Mendès France (fils dePierre Mendès France).
Hôpital Frantz Fanon de Béjaïa.
En hommage à son travail en psychiatrie et à son soutien à la cause algérienne, trois hôpitaux enAlgérie, l'hôpital psychiatrique de Blida, où il a travaillé, un des hôpitaux deBéjaïa et un hôpital àAnnaba, portent son nom.
Selon sa biographe,Alice Cherki, Fanon devient enFrance — « le pays pour lequel la guerre d'Algérie n'a pas eu lieu » —,« un philosophe maudit »[25]. Il est occulté pour sa condamnation radicale du colonialisme français :« En redonnant à la colonie son rôle dans la construction de la nation, de l’identité nationale et de la république française, Fanon fait apparaître comment la notion de « race » n’est pas extérieure au corps républicain et comment elle le hante »[26]. Mettant en cause un clivage racial au fondement du système colonial, Fanon gêne le républicanisme d'une France qui se dit indifférente aux différences mais qui, dans son propre empire colonial, a nié des droits à des populations au motif de leur « race » dite inférieure.
La reconnaissance de Frantz Fanon en France fut tardive.Fort-de-France possède aujourd'hui une avenue à son nom, bien que la proposition qu'en avait faite en 1965 son maireAimé Césaire eût été rejetée pendant des années. Il a fallu attendre 1982 pour que soit organisé, sous l'impulsion deMarcel Manville, un « mémorial international » (colloque) en son honneur enMartinique[27]. Peu à peu, plusieurs hommages lui sont rendus dans son île natale. Le lycée deLa Trinité est baptisé en son honneur, la ville deRivière-Pilote lui consacre une avenue et une bibliothèque[28]. EnFrance métropolitaine toutefois, s'il existe de nombreuses rues portant ce nom,David Macey signale n'avoir trouvé aucune avenue Frantz-Fanon[29]. L'établissement public de santé mentale (EPSM) de laSarthe àAllonnes, hôpital village inauguré en 1968, a donné son nom à une de ses unités[30]. L'Unité de soins intensifs psychiatriques (USIP) de l'EPSM de Haute-Savoie àLa Roche-sur-Foron a donné son nom à l'unité mais cette nomination n'est matérialisée que par une affichette dans l'unité et n'est utilisée ni dans le balisage ni dans les documents internes ; de ce fait l'USIP est la seule unité désignée par son acronyme[31]. En Algérie, dès 1963, une avenue Frantz Fanon est inaugurée àAlger[32]. La reconnaissance dépasse désormais ces deux pays et la mémoire de Frantz Fanon est honorée dans de nombreux pays (Italie, Nigeria, États-Unis), où des centres de recherche ont été baptisés à sa mémoire[33].
En 2019, le maire de Bordeaux,Alain Juppé, renonce à nommer une rue à son nom devant les protestations de militants d'extrême droite[34]. Sa filleMireille Fanon-Mendès-France critique également cette éventualité, fustigeant un « pseudo changement de la toponymie » qui « viendrait redorer le blason d’une ville coloniale par excellence »[35].
Graffiti « En una cultura con racismo, el racismo es, pues, la norma » àSan Francisco.
Son livre le plus connu,Les Damnés de la Terre, publié quelques jours avant sa mort[37], est unmanifeste pour lalutte anticolonialiste, y compris par la violence, et l'émancipation du tiers-monde. Cet ouvrage et – peut-être plus encore – la préface écrite parJean-Paul Sartre, qui radicalise l'analyse de Fanon sur la violence[38], sont perçus rétrospectivement comme fondateurs de la critique tiers-mondiste[n 2] :« Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l'arme d'un combattant, c'est son humanité. Car, en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c'est faire d'une pierre deux coups, supprimer un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un solnational sous la plante de ses pieds. »[39]. Il inspire des mouvements de libération enAfrique ou encore les mouvements noirs aux États-Unis. Les principales universités anglo-saxonnes le tiennent pour un penseur majeur dupostcolonialisme[40].
Aujourd'hui encore[Quand ?], Frantz Fanon est pris en considération par de nombreux auteurs[41]. Le courant des critiques post-coloniales a notamment initié une relecture de l'auteur palestino-américainEdward Saïd qui, dansCulture et impérialisme, reprend très souvent les écrits de Fanon. D'autres auteurs contemporains s'intéressent à son œuvre, commeStuart Hall,Homi Bhabha etJudith Butler, et en particulier àPeau noire, masques blancs. Des représentants de la scène dite du « rap de fils d'immigrés » telsCasey ouLa Rumeur, dont les textes sont centrés sur la dénonciation de lacolonisation, font référence à Fanon et à son œuvre, parfois ouvertement comme dans le titreNature morte de La Rumeur[42]. On peut ainsi voir sur la pochette du street-CDNord Sud Est Ouest du rappeurEkoué une réédition du livreLes Damnés de la Terre.
Son livrePeau noire, masques blancs contient une critique de l'ouvragePsychologie de la colonisation[43] d'Octave Mannoni. Frantz Fanon adopte une attitude d'observateur extérieur ausystème colonial. Il n'admet pas l'analyse psychologique de Mannoni. En particulier l'élaboration du « complexe de Prospero » du colonisateur lui paraît « non fondée »[44]. Les philosophesmulticulturalistes (Charles Taylor,Will Kymlicka) affirment plusieurs fois dans leurs articles s'inspirer des travaux de Fanon, précurseur du multiculturalisme.
Claude Lanzmann, dans son livreLe Lièvre de Patagonie, narre sur de nombreuses pages sa rencontre avec Fanon et comment celle-ci a été la plus marquante de sa vie. C'est lui qui le présentera ensuite àSartre.
En 1996, le film documentaireFrantz Fanon : peau noire, masque blanc, du réalisateurIsaac Julien (productionArts Council England, Normal Film, 57 minutes), constitue« une tentative de figurer sa pensée, ses contradictions philosophiques, sa complexité existentielle »[45].
En 2014, le filmConcerning Violence, du réalisateurGöran Olsson, met en scène sous forme de documentaire les enseignements du livreLes Damnés de la Terre au travers des luttes de libération africaines contre le joug colonial. L'actrice et chanteuseLauryn Hill y prête sa voix pour la narration.
En 2017, l'écrivain martiniquais Raphaël Confiant publie une autobiographie imaginaire de Frantz Fanon, intituléeL’insurrection de l’âme.Frantz Fanon',' vie et mort du guerrier-silex (Caraibéditions)
En 2018, le rappeurRocé publie une compilation de chanson contestataire intituléesPar les damné.e.s de la terre[46].
En 2020, un roman graphique deFrédéric Ciriez et Romain Lamy, intituléFrantz Fanon (éditions La Découverte), livre une biographie de Frantz Fanon en s'inspirant librement de sa rencontre avec Jean-Paul Sartre en août 1961[48]. En 2021,Frédéric Ciriez publie également une nouvelle sur Frantz Fanon à Dunkerque (L'Eglise des dunes, inRécits B, éditions Verticales). Toujours du même auteur, une réflexion sur la place du théâtre dans l'oeuvre de Fanon (Fanon entre en scène, inActes du colloque « Frantz Fanon et Lyon », organisé par le collectif Fanon, revueÉcarts d’identité, hors série, novembre 2025).
En 2020,Cynthia Fleury, dans son livreCi-gît l'amer. Guérir du ressentiment[49], consacre la troisième partie de son essai à l'expérience de Frantz Fanon. Elle envisage le ressentiment que peuvent induire les innombrables petits signes de racisme, et comment le sublimer.
Avec le soutien du journalMediapart[50], le réalisateurMehdi Lallaoui réalise en 2021 le film documentaireSur les traces de Frantz Fanon, une biographie illustrée d'images d'archives et de témoignages divers. Y participent notamment Alice Cherki, Marie-Jeanne Manuellan, l'historien Jean Khalfa, les écrivainsPatrick Chamoiseau,René Depestre, etc[51].
En 2019, réalisation et production du long métrage documentaire de Hassane MezineFanon, hier et aujourd'hui, auto-produit avec le soutien des éditions La découverte[52]. Également en 2021,Audrey Maurion etMathieu Glissant écrivent et réalisent le documentaireFrantz Fanon, trajectoire d'un révolté, produit parFanny Glissant etGaël Leiblang pour la sociétéElephant Doc[53].
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiquesIMDb, présente dans la section« Liens externes ».Plusieurs fictions et documentaires adaptent son œuvre ou le mettent en scène.
1995 :Frantz Fanon : peau noire, masque blanc (Frantz Fanon: Black Skin White Mask), film britannique d'Isaac Julien (70 min), avecColin Salmon dans le rôle-titre[63].
Écrits sur l’aliénation et la liberté, La Découverte, 2015. Recueil d'écrits psychiatriques : articles scientifiques, thèse, articles du journal intérieur du pavillon de l’hôpital de Blida-Joinville de 1953 à 1956, deux pièces de théâtre écrites à Lyon durant ses études de médecine (L’Œil se noie etLes Mains parallèles), correspondance et textes publiés dansEl Moudjahid après 1958, non repris dansPour la révolution africaine.
Écrits sur l’aliénation et la liberté. Œuvres II, La Découverte, 2018.
Abdelkader Benarab, Djaiz Samir : "Hommage à Frantz Fanon", in Hommes et Migrations n°1293, septembre-octobre, 2011.
Abdelkader Benarab, La triple vie d'Omar Frantz Fanon, in Kalila - La revue du Centre culturel algérien n°12, Janvier, 2012, 28
Christiane Chaulet Achour (coordination), « Frantz Fanon et l’Algérie. Mon Fanon à moi », numéro spécial de la revueAlgérie Littérature/Action,no 152-156, octobre-novembre 2011
↑Le récit graphique de Frédéric Ciriez et Romain Lamy,Frantz Fanon, édition La Découverte, 2020, rapporte de façon documentée les trois jours que durèrent cette rencontre.
↑Le livre dePascal Bruckner,Le Sanglot de l'homme blanc, paru en1983, a inauguré une vague d'attaques contre la critique tiers-mondiste liées au contexte général de révolution néo-conservatrice qui s'ouvrait alors.
↑François Durpaire,« Césaire, Fanon et la colonialité de la République », dans Achille Mbembe, Françoise Vergès, Florence Bernault, Ahmed Boubeker, Nicolas Bancel, Pascal Blanchard,Ruptures postcoloniales : Les nouveaux visages de la société française, La Découverte,coll. « Cahiers libres »,,p. 79
↑Séverine Liatard et Véronique Samouiloff, « Racisme et Culture, un discours de Frantz Fanon prononcé en 1956 », dansLa Fabrique de l'histoire, 6 décembre 2011
↑Altérations mentales, modifications caractérielles, troubles psychiques et déficit intellectuel dans l'hérédo-dégénération spino-cérébelleuse : à propos d'un cas de maladie de Friedreich avec délire de possession par Frantz Fanon, président du jury Jean Dechaume, BU Santé Lyon, cote 137077/1951-1952/27.
↑Rafik Chekkat, Félix Boggio Éwanjé-Épée et Stella Magliani-Belkacem, « Présentation du dossier de Contretemps nº 10 : Frantz Fanon aujourd’hui. Le souffle de Fanon »,Contretemps, Revue de critique communiste,(lire en ligne).
↑Psychologie de la colonisation, Seuil, 1950, réédité sous le titreProspero et Caliban, éd. Universitaires, 1984, etLe Racisme revisité, Denoël, 1997(ISBN978-2-207-24587-3).