Cet article concerne Frans Francken le Jeune. Pour son père du même nom, voirFrans Francken I. Pour les autres personnages ayant porté ce nom de famille, voirFranken (homonymie).
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| Fratrie | Thomas Francken(d) Hieronymus Francken II(en) Ambrosius Francken II(en) |
| Enfants | Frans Francken III(en) Hieronymus Francken III(en) |
Frans Francken le Jeune, parfois aussi appeléFrans Francken II ou francisé enFrançois Francken le Jeune, né àAnvers en 1581 où il est mort le, est unpeintre flamand desPays-Bas espagnols. Il crée desretables et des panneaux de meubles et acquiert sa réputation principalement grâce à ses petits et délicatespeintures de cabinet aux thèmes historiques, mythologiques ou allégoriques. Il est le membre le plus connu et le plus prolifique de la grande famille d'artistesFrancken[1]. Frans Francken joue un rôle important dans le développement de l'art flamand dans la première moitié duXVIIe siècle grâce à ses innovations dans de nombreux genres, y compris lesscènes de genre et son introduction de nouveaux sujets. Il est un collaborateur fréquent des principaux peintres anversois de son temps[2].
Frans Francken le Jeune fait partie d'une famille de peintres active à Anvers[3] durant cinq générations auxXVIe et XVIIe siècles. Il est le quatrième fils, et le plus réputé deFrans Francken I dont il est l'élève[4], et d'Elisabeth Mertens. Son père est l'élève du plus grand peintre d'histoire anversoisFrans Floris et l'un des plus importants créateurs de retables de son temps enFlandre[5]. Frans, avec son frère Hieronymus Francken II, peut, en plus, avoir reçu une formation dans l'atelier de leur oncleHieronymus Francken I àParis. Il est difficile de différencier la contribution du père de celle du fils, car leurs styles sont très proches.
Il travaille probablement d'abord dans l'atelier familial avant de devenir maître indépendant de laGuilde de Saint-Luc d'Anvers en 1605, dont il est le doyen en 1614. Il estdiacre de la Guilde en 1616[2]. Son talent est reconnu dès son plus jeune âge[6]. Dès 1607, il peut acheter une maison dans le centre-ville où il établit sa résidence et son atelier de peinture, l'un des plus prospères de la ville[7].
Le 8 novembre 1607, Frans Francken épouse Elisabeth Plaquet « avec la permission spéciale de l'évêque ». Cela peut avoir quelque chose à voir avec le fait que leur fils aîné est né avant la fin de 1607. Son fils reçoit le même nom que son père et son grand-père. Il est connu sous le nom de Frans III et en tant qu'artiste, il méritera plus tard le surnom deRubense Francken (FranckenRubensien). Trois autres garçons et cinq filles sont nés du couple ; l'un d'eux, Hieronymus, devient également peintre et travaille dans l'atelier de son père[6].
Parmi ses élèves, figurent Daniel Hagens (1616/1617), le monogrammiste NF, son frère Hieronymus II et son fils Frans III[5].

Frans Francken le Jeune est un artiste polyvalent qui est actif dans de nombreux genres et introduit de nouveaux sujets dans l'art flamand. Sa production comprend essentiellement des tableaux de petites dimensions traitant souvent desujets mythologiques ouallégoriques et descènes historiques etreligieuses, parfois copiés avec quelques variantes, mettant l'accent sur les personnages. Il invente ou popularise plusieurs thèmes nouveaux qui deviennent populaires dans la peinture flamande, comme les scènes de genre peuplées desinges (ouSingerie) et lesKunstkammer ou peintures decabinet de curiosités où son exposés des trésors naturels et artistiques contre un mur neutre tels queLe Triomphe deNeptune et d'Amphitrite etL'histoire de Crésus et de Solon[2]. Il réalise également une série de peintures représentant dessorcières et des scènes desorcellerie, dont des représentations desabbats[8]. Il peint aussi despaysages et desnatures mortes, toujours réalisés selon une technique raffinée qui rencontre le succès auprès des collectionneurs. Il réalise également quelques retables peints exposés à Anvers[4].
Ses peintures sont conservées par la plupart des grands musées d'Europe[2].
Il signe ses œuvres « de jonge Frans Francken » (« le jeune Frans Francken ») avant la mort de son père en 1616. À partir de la fin des années 1620, il utilise la signature « de oude Fr. Francken » (« Fr. Francken l'ancien »), pour se distinguer de son fils Frans III[9]. Son père avait également commencé à signer ses peintures avec « den oude Frans Francken » (« le vieux Frans Francken ») après que Frans Francken le Jeune soit devenu actif en tant qu'artiste[6].

Une grande partie de la production de Frans Francken le Jeune consiste en peintures allégoriques dont l'Allégorie de l'abdication de l'empereur Charles V à Bruxelles (Rijksmuseum Amsterdam) est un exemple.Charles Quint, qui est en train de diviser son empire après une vie continue de guerre et de mauvaise santé, est assis sur son trône flanqué de ses successeursFerdinand Ier (empereur du Saint-Empire) etPhilippe II (roi d'Espagne). Les personnifications des territoires de l'Empire avec leurs bannières sont agenouillées devant Philippe. Au premier plan, les personnifications descontinents (Amérique, Afrique, Europe et Asie) offrent des cadeaux. À gauche,Neptune chevauche son char triomphal tiré par unhippocampe, accompagné desirènes et detritons. Unglobe et deux colonnes avec unebanderole où est inscrite « Plus ultra » sont visibles sur le char[10].
La compositionLe dilemme éternel de l'humanité : le choix entre la vertu et le vice est une autre peinture allégorique (en prêt auMusée des Beaux-Arts (Boston)). Cette œuvre aurait été peinte à l'occasion d'un mariage et mêle symbolisme mythologique etchrétien. Il représente le choix éternel de l'humanité entre lavertu et levice et représente leciel, laterre et l'enfer[11].

Frans Francken contribue au développement du genre de la « scène de singe », également appelée « singerie », mot qui signifie aussi en français « grimace, comportement ou tour comique »[12]. Les scènes comiques avec des singes apparaissant en costume humain dans un environnement humain sont un genre pictural qui est initié dans la peinture flamande auXVIe siècle et se développe ensuite auXVIIe siècle.
Legraveur flamandPieter van der Borcht introduit la singerie comme thème indépendant vers 1575 dans une série d'estampes fortement ancrées dans la tradition artistique dePieter Brueghel l'Ancien. Ces estampes sont largement diffusées et le thème est ensuite été repris par d'autres artistes flamands. Le premier à le faire est Frans Francken le Jeune qui joue un rôle important dans le développement du genre.Jan Brueghel l'Ancien,Jan Brueghel le Jeune,Sébastien Vrancx etJan van Kessel y contribuent ensuite.David Teniers le Jeune devient le principal praticien du genre et le développe avec son jeune frèreAbraham Teniers. Plus tard auXVIIe siècle,Nicolaes van Verendael commence également à peindre ces « scènes de singes »[13].

Frans Francken le Jeune et Jan Brueghel l'Ancien sont les premiers artistes à créer des peintures représentant les collections de curiosités dans les années 1620, commeUn Cabinet de curiosités[14]. Les peintures de cabinet représentent de grandes salles dans lesquelles de nombreuses peintures et autres objets précieux sont exposés dans un cadre élégant. Les premières œuvres de ce genre représentent desobjets d'art ainsi que d'autres éléments tels que desinstruments scientifiques ou des spécimens naturels particuliers. Certaines peintures de cabinet comprennent des portraits des propriétaires ou des collectionneurs d'objets d'art ou d'artistes au travail.
Les peintures sont chargées de symbolisme et d'allégorie et reflètent les préoccupations intellectuelles de l'époque, dont la culture de la vertu personnelle et l'importance dusavoir-faire[15]. Le genre devient immédiatement devenu très populaire et est suivi par d'autres artistes tels que Jan Brueghel le Jeune,Cornelis de Baellieur,Hans Jordaens I,David Teniers le Jeune,Gillis van Tilborch etHieronymus Janssens.

le Jeune etPhilips de Marlier dans la production de peintures de guirlandes. Les peintures de guirlandes sont un type particulier de nature morte développé à Anvers par des artistes tels que Jan Brueghel l'Ancien, Jan Brueghel le Jeune,Hendrick van Balen, Andries Daniels,Pierre Paul Rubens etDaniel Seghers. Elles représentent généralement une guirlande de fleurs autour d'une image ou d'un portrait dedévotion. Ce genre est inspiré par le culte de vénération et de dévotion àMarie répandu à la cour desHabsbourg (alors les dirigeants desPays-Bas méridionaux) et à Anvers en général.
Les peintures de guirlandes sont généralement le fruit de collaborations entre un peintre de natures mortes et un peintre de figures. Dans ses collaborations sur les peintures de guirlandes, Francken peint la figure ou la représentation centrale tandis que le peintre de natures mortes crée la guirlande. Il développe le genre avec Andries Daniels, créant de nombreuses formes spéciales, parmi lesquelles des guirlandes autour de médaillons avec lesdizaines d'unchapelet[14].

Plus tard dans sa vie, Frans Francken peint également de grands retables. Dans ces œuvres, il reste à l'abri de l'influence de Rubens, qui est un fort attrait pour les artistes flamands de cette époque. Ses œuvres religieuses sont plus redevables à l'œuvre de son père[6].
Parmi ses œuvres à thème religieux, certaines peintures sont inhabituelles et stylistiquement « réactionnaires » par rapport aux scènes bibliques, encadrées de chaque côté par de plus petites scènes engrisaille. Le cadre en grisaille fait écho au portail ecclésiastique de laRenaissance. Chaque scène de grisaille a sa propre perspective naturaliste et, par conséquent, les compositions offrent un étrange mélange de naturalisme tridimensionnel et de planéité archaïque. Francken utilise cette technique d'archaïsation dans les années 1620[16]. Ce style a peut-être été inventé auXVIe siècle par le peintre flamandGillis Mostaert dont certaines œuvres dans ce style ont été attribuées à tort à Frans Francken[17].
L'histoire du fils prodigue (Rijksmuseum, Amsterdam) en est un exemple : le panneau montre diverses scènes de laparabole dufils prodigue dans la bible. La parabole raconte l'histoire d'un père qui a deux fils. Le fils cadet demande son héritage et après avoir gaspillé sa fortune, devient indigent et doit vivre dans la misère. Il rentre chez lui avec l'intention de supplier son père de faire de lui l'un de ses serviteurs. Son père l'accueille et fête son retour mais le fils aîné refuse de participer. Au centre de la composition, Frans Francken dépeint la scène du fils prodigue pendant ses jours de grand train au cours desquels il a dilapidé son héritage. D'autres scènes de l'histoire à plus petite échelle et en grisaille sont représentées autour de cette scène centrale.

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