Pour les articles homonymes, voirYounghusband.
Président de la Royal Geographical Society | |
---|---|
- |
Naissance | |
---|---|
Décès | |
Sépulture | Lychett Minster Parish Church(d) ![]() |
Nationalité | |
Formation | |
Activités | |
Père | John William Younghusband(d) ![]() |
Mère | Clara Younghusband(d) ![]() |
Fratrie | Clare Emily Younghusband(d) George John Younghusband ![]() |
Conjoint | Helen Augusta Magniac(d)(à partir de) ![]() |
Enfants |
Membre de | |
---|---|
Arme | |
Grade militaire | |
Sport | |
Distinctions | Liste détaillée |
Francis Edward Younghusband (né le àMurree auxIndes britanniques et mort le àLytchett Minster dans leDorset enAngleterre) était un lieutenant-colonel de l'armée britannique et un explorateur. Il est connu principalement pour ses périples en Extrême-Orient et en Asie centrale et leur relation. Son nom est attaché à celui de l'expédition militaire britannique au Tibet de 1903 à 1904 qu'il conduisit en tant que Commissaire aux affaires de la frontière tibétaine (Commissioner for Tibetan Frontier Matters)[1], et au massacre de soldats tibétains qui se produisit à Guru.
En 1904, il signa avec le gouvernement tibétain letraité de Lhassa.Il est décrit parChristopher Hale et Paul Feyel comme ambassadeur[Passage problématique][2]. À son retour en Angleterre, Younghusband devint président de laRoyal Geographical Society.
Francis Younghusband est né en 1863 àMurree (actuelPakistan) dans une famille de militaires britanniques. Son père s'appelle John Younghusband et sa mère Clara Shaw. Le frère de Clara,Robert Barkley, est un explorateur connu pour avoir voyagé en Asie centrale.
Francis et sa mère partent vivre en Angleterre. Quand Clara retourne auxIndes britanniques en1867, Francis reste avec ses tantes, lesquelles lui donnent une éducation austère, stricte et religieuse. En1870, le père et la mère de Francis reviennent en Angleterre : la famille est de nouveau réunie.
En 1876, à l'âge de 13 ans, Francis entre au collège Clifton deBristol puis en1881 entre à l'académie militaire royale de Sandhurst. En1882, il fait ses débuts dans l'armée.
Les Britanniques, conduits par Francis Younghusband, font différentes incursions auXinjiang (alors appelé par les Européens, Turkestan chinois) dans la seconde moitié duXIXe siècle. En 1874, un traité commercial anglo-Kashgar est signé[3].
Le, Francis Younghusband part dePékin, lors de congés de l'armée des Indes, en direction de la Mongolie avec pour but de visiter la Mongolie et leTurkestan. Il traverse le lendemain de son départ laGrande muraille de Chine et se retrouve dans les territoires de Chine administrés par les Mongols[4].
En1886-1887, Younghusband fait une expédition à travers laMandchourie, traverse ensuite ledésert de Gobi et ouvre une route reliantKashgar et l'Inde par la passe de Mustagh[5]. Pour cet exploit, il est élu membre de laRoyal Geographical Society et reçoit la médaille d'or de cette société. En 1887, il est le premier Occidental à explorer lavallée de Shaksgam dans leCachemire[6].
En1889, Younghusband est envoyé avec une petite escorte de soldatsGurkhas pour examiner une région inexplorée de lavallée de la Hunza et lecol de Khunjerab par les montagnes duKarakoram. Alors qu'il établit son camp dans un secteur éloigné de Hunza, Younghusband reçoit un messager l'invitant à dîner avec le capitaineBronislav Grombtchevsky, son homologue russe dans leGrand Jeu. Younghusband accepte l'invitation au camp de Gromchevsky, et après le dîner, les deux rivaux parlent durant la nuit, partageant cognac et vodka, et discutent de la possibilité d'une invasion russe de l'Inde britannique. Gromchevsky impressionne Younghusband par ses compétences en équitation et son escorteCosaque, et Younghusband impressionne Gromchevsky par les tirs de fusil de ses Gurkhas. Après leur réunion dans cette région éloignée de frontière, Gromchevsky reprend son expédition vers leCachemire et Younghusband continue son exploration de Hunza.
Pendant son service dans le Cachemire, il écrit un livre intituléCachemire, à la demande d'Edward Molyneux. Les descriptions de Younghusband vont de pair avec ses tableaux de la Vallée par Molyneux. Dans le livre, Younghusband exprime son immense admiration de la beauté naturelle du Cachemire et de son histoire.
En 1890, Younghusband est transféré au Service politique indien. Il sert d'officier politique en détachement de l'Armée britannique, notamment lros de l'expédition de Chitrâl.
Le Grand Jeu, entre la Grande-Bretagne et la Russie, continue au-delà du changement de siècle. Les rumeurs d'expansion russe dans leHindou Kouch et une présence russe auTibet incitent leGouverneur général des Indes,Lord Curzon, à nommer Younghusband, alors commandant, Commissaire britannique au Tibet (Commissioner for Tibetan Frontier Matters) en 1902[1],[2]. Il a pour commissaires adjoints John Claude White et Ernest Wilton[7]. Curzon l’envoie en 1900 comme un ambassadeur à Lhassa[8].
En 1903-1904, sous les ordres de Curzon, Younghusband, conjointement avec John Claude White, l'agent politique britannique au Sikkim, mena uneexpédition britannique au Tibet, dont l'objectif putatif était de régler les disputes sur la frontièreSikkim-Tibet, mais dont le vrai objectif, selon le China Tibet Information Center, aurait été d'établir l'hégémonie britannique au Tibet[9]. L'expédition devint de façon controversée (en outrepassant des instructions de Londres) uneinvasion et une occupationde facto du Tibet.
À peu près à cent miles à l'intérieur du Tibet, sur la route deGyangzê àLhassa, un conflit en dehors du hameau de Guru mène au massacre, par l'expédition, de six cents à sept cents militaires tibétains[10].
Le, il signe pour le gouvernement britannique, laconvention entre la Grande-Bretagne et le Tibet aupalais du Potala avecLobsang Gyaltsen, leGanden Tripa, les représentants du Conseil des trois monastères deSera,Drepung, etGanden et les délégués laïques et religieux de l'Assemblée nationale pour leGouvernement du Tibet[11], un accord entre les Britanniques et legouvernement tibétain donne des droits d'accès à différentes mines, différentes concessions qui permettrons au Royaume-Uni d'y établir des marchés et des lignes télégraphiques[12]. Devant le tollé international de ce traité, des amendements sont signés avec le gouvernement chinois, rappelant la souveraineté de la Chine sur le Tibet, le droit des Britanniques sur leurs concessions au Tibet et les frontières avec l'Inde britannique, dans leTraité de Pékin (1906).
La force britannique est soutenue par le roi duBhoutan,Ugyen Wangchuck, qui est anobli en récompense de ses services.
Les militaires britanniques et Francis Younghusband quittent Lhassa le. À son départ, leGanden Tripa lui offre une statuette du Bouddha en bronze. Selon Claude Arpi et d'autres auteurs, lors d'une halte sur le chemin du retour, il eut une expérience mystique qui changea sa vie : l'homme de la guerre devint un homme de paix[13],[14],[15]. Pour l'historienSam van Schaik, ce n'était pas la première fois qu'Youghusband, qui était porté au mysticisme, avait eu ce genre d'expérience. Pour van Schaik, si pendant toute la durée de l'expédition il avait rédigé des notes pour un projet de livre intituléReligion of the Traveller, en revanche il ne manifesta aucune curiosité à l'égard dubouddhisme tibétain. Selon van Schaik, La spiritualité qui se manifeste dans ses écrits ultérieurs a beaucoup en commun avec le spiritualisme mièvre qui était en vogue en Angleterre au début duXXe siècle[16]. Pourtant, Laurie Hovell McMillin relève que dans ses travaux, Younghusband critique le bouddhisme, et a pu être influencé en cela par les écrits deMonier Monier-Williams[17] et deLaurence Waddell[18]. Quand il est mort en, son corps reposa sous une pierre tombale avec un bas-relief de la ville de Lhassa. À sa demande, la statue de Bouddha que lui donnaTri Rinpoché fut placée au sommet de son cercueil[14].
En, Younghusband reçoit le titre de Chevalier Commandeur de l'Ordre de l'Empire des Indes et, en, le titre supérieur de Chevalier Commandeur de l'Ordre de l'Étoile des Indes.
En, il s'installe auCachemire comme représentant britannique avant de retourner enGrande-Bretagne, où il devient membre actif de nombreux clubs et sociétés. Pendant laPremière Guerre mondiale, sa patriotique campagne du « Combat pour le Droit » commande la chansonJerusalem.
Sur les autres projets Wikimedia :