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Francesco Mario Pagano, né le àBrienza, et mort le àNaples, est unjuriste, unphilosophe, unhistorien, undramaturge et unhomme politiqueitalien. Considéré comme l'un des plus grands représentants italiens dusiècle des Lumières, il est aussi regardé comme un pionnier de la justice constitutionnelle contemporaine[1].
Francesco Mario Pagano est né le àBrienza, dans le sud de laprovince de Potenza. Il fait ses études à l'université de Naples, sous la direction deAntonio Genovesi, puis dès l'âge de 20 ans, y devient professeur dephilosophie politique,morale et dedroit. Il développe à la même époque des liens d'amitié avecGaetano Filangieri, avec lequel il est initié à lafranc-maçonnerie. Pagano est élu vénérable maître deLa Philantropia, loge de rite anglais, où d'autres intellectuels participent comme Filangieri,Domenico Cirillo, Giuseppe Albanese et Donato Tommasi. Il devient enfin professeur dedroit pénal en1786.
En1783, il publieSaggi politici, un traité d'histoire philosophique duroyaume de Naples, dans lequel il prend position contre latorture et lapeine de mort, et plaide pour des incriminations pénales moins sévères. Il publie ensuite plusieurs travaux, notamment dedroit pénal et d'analyse de lajurisprudence en la matière, commeConsiderazioni sulla procedura criminale, ce qui lui donne une popularité internationale, est apprécié parLe Moniteur universel, principal journal de laFrance révolutionnaire, et reçoit une mention honorable par l'Assemblée constituante française[2]. En1792, il publie de même plusieurs essais politiques sur les peuplesbarbares et la décadence des sociétés civilisées et desnations, reprenant et amplifiant les thèses deGiambattista Vico.
Plus tôt déjà, en1768, il se distingue en rédigeant une critique politique de toute la législationromaine. Dans ce travail, on discerne l'influence du philosophefrançaisMontesquieu en particulier et celle desLumières en général. L'originalité, avec une part d'audace, de ses thèses vaut, par la suite, à Pagano d'avoir beaucoup d'ennemis et, bien qu'il bénéficie des faveurs de la Cour, il finit par être emprisonné. Ses écrits, soupçonnés d'hérésie, sont soumis à un examen théologique qui s'avère à son avantage, et il est donc libéré.
En1794, Pagano défend Vincenzo Galiani, Vincenzo Vitalini et Emanuele de Deo, tous trois accusés de complot contre le roiFerdinand IV de Naples. Après leurs condamnations à mort, Pagano, accusé de corruption, est déchu de ses fonctions universitaires, emprisonné puis expulsé du Royaume en1796.

Pagano revient en1799, au moment où les troupes révolutionnairesfrançaises établissent laRépublique parthénopéenne àNaples. Il est alors parmi les collaborateurs les plus actifs du nouveau régime politique. C'est lui qui est notamment chargé d'en rédiger laConstitution, inspirée de laConstitution de l'an I (1793) en France. Le document présente des traits originaux comme l'institution de l'Ephorat, un organe qu'aurait supervisé le maintien de la loi. Il est considéré comme le précurseur de lacour constitutionnelle moderne[3].
Lors de la rapide restauration de la monarchiebourbonne, six mois plus tard, il fait partie des républicains qui résistent jusqu'au bout, retranchés auCastel Nuovo. Contrairement à ce qui est conclu dans l'accord de reddition, il est emprisonné et condamné à mort. Il profite alors de son incarcération de quelques mois pour composer quelques discours esthétiques, ainsi que des compositions théâtrales lyriques et dramatiques.
Seules deux d'entre elles, latragédieGerbino et lemélodrameAgamemnon, sont publiées. Pagano est finalement exécuté àNaples, en compagnie de Domenico Cirillo, Giorgio Pigliacelli et Ignazio Ciaia, le.
Enfin, il est à noter que les autres travaux juridiques et philosophiques de Pagano se composent notamment deProgetto di Costituzione della Repubblica napoletana,Sul processo criminale,Esame politico dell’intera legislazione romana etDiscorso sull’origine e natura della poesia. Il a également assuré la traduction de plusieurs œuvreslatines etgrecques, et rédigé six tragédies (Gerbino,Agamennone,Corradino,Gli esuli tebani,Prometeo andTeodosio) et unecomédie (Emilia).
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