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| Naissance | Venise |
|---|---|
| Décès | (à 80 ans) Venise |
| Nationalité | |
| Pays de résidence | République de Venise |
| Profession | Peintre |
| Famille | Fille Carla et Chloé |
Francesco Guardi, né le àVenise où il meurt le, est un peintre vénitien duXVIIIe siècle.
Il est considéré, avecCanaletto etBellotto, comme l'un des représentants les plus significatifs duvédutisme italien (ou peinture de paysages urbains).


Francesco Lazzaro Guardi est né et baptisé le 5 octobre 1712, c'est le fils du peintreDomenico (1678-1716) et de Maria Claudia Pichler, d'origine viennoise. Ses deux parents appartiennent à la noblesse. Son père meurt le laissant sa femme et ses enfantsGianantonio (1699-1760), Maria Cecilia, Francesco et Nicolò. Sa sœur Maria Cecilia s'est mariée avec le peintreGiovanni Battista Tiepolo. Ses deux frères seront peintres comme lui, au point qu'il est quelquefois difficile aujourd'hui d'attribuer à chacun ce qui lui revient[1].
Sa première éducation artistique vient de son frère Gianantonio, qui était également le directeur de l'atelier familial. Parallèlement,Alessandro Magnasco etMarco Ricci ont exercé une influence durable sur l'artiste[2].
Ses premières compositions figuratives sont souvent difficiles à distinguer du style de son frère. Le premier document sur l'activité de peintre de Francesco Guardi date du 15 décembre 1731, quand le comte vénitien Giovanni Benedetto Giovannelli cite dans son testament des tableaux réalisés par les frères Guardi.
En 1735, Francesco Guardi commence à travailler dans l'atelier du peintreMichele Marieschi, où il est resté jusqu'à la mort de ce dernier,en 1743. Il travaille en même temps en collaboration avec son frèreGianantonio Guardi. Il semble que Francesco ait rapidement apporté des contributions indépendantes, principalement en tant que peintre de figures, aux grands projets de l'atelier. Le 13 octobre 1738 date le premier document citant Francesco Guardi avec son frère pour une commande faite par don Pietro Antonio Guardi pour la réalisation des peintures de trois lunettes de l'église deVigo d'Anaunia, en 1738, représentant unMiracle de l'Hostie et unSaint François qui est attribué à Francesco.
Il accepta également les commissions indépendantes, comme l'indiquent clairement deux lettres de 1750 dans lesquelles il tenta de récupérer le paiement de croquis pour des compositions de personnages non exécutées[3].
Le 16 mai 1756, il signe un contrat de mariage avec Marianna Dimurat mais il se marie le 15 février 1757 avec Maria Mathea Pagani (1726-1769), fille du peintre Matteo Pagani.
En 1758, Guardi signe sa première vue de Venise qui est considérée comme influencée parCanaletto.
Avant la mort de son frère, le 22 janvier 1760, les spécialistes discutent de l'attribution des peintures entre les deux frères comme pour l'Histoire de Tobie pour l'église dell'Angelo Raffaele de Venise (1749-1752) ou leMiracle d'un saint dominicain dumusée d'histoire de l'art de Vienne.
Après la mort d’Antonio en 1761, Francesco continua de travailler occasionnellement en tant que peintre de figures. Il prend la tête de l'atelier et son style s'affirme dans lesvedute et les caprices. Il s'inscrit dans la Confrérie des peintres vénitiens.
Son premier fils, Vincenzo, naît le 25 août 1760. Son deuxième fils,Giacomo Guardi (1764-1835) continua moins habilement à la manière de son père. Le 14 janvier 1769 naît son troisième fils, Giovanni Battista, qui meurt trois jours plus tard et le 27 janvier sa femme Maria Mathea décède des suites de l'accouchement.
Il meurt à Venise en janvier 1793[4].

Jusqu'à l'âge de cinquante ans, il n'exerce qu'un rôle subalterne dans l'atelier de son frèreGianantonio, peintre de tableaux religieux. Après le décès de ce dernier, il s'oriente alors vers la veduta.
Avec Canaletto, c'est le peintre par excellence desvedute, ces « vues » à la fois pittoresques et minutieuses de Venise, un genre pictural qui s'épanouit pleinement auXVIIIe siècle. Mais il développa rapidement son propre style, basé sur une manipulation plus libre de la peinture. Il a pris un plaisir particulier à rendre l'atmosphère vibrante de la lumière vénitienne et son effet éblouissant sur l'eau. L’approche plus «impressionniste» de Guardi a également trouvé son expression dans des scènes imaginaires ou « capricci » à petite échelle[1].
La pénurie de vues bien datables empêche la mise en place d'une chronologie satisfaisante. Le problème se complique encore du fait des nombreuses répétitions de ses compositions[4]. Comme ses premières vues, ces capricci sont dérivés de ceux d’autres artistes, en l’occurrenceMarco Ricci (1676-1729) etLuca Carlevarijs, et en adoptent souvent des compositions entières ou des éléments spécifiques de ruine et de paysage[3].
Guardi a également fait la chronique d'événements majeurs en République de Venise, tels que ses peintures de la visite desCondi dei Nord, du Grand-DucPaul de Russie et deMaria Feodorovna, commandées par la République pour commémorer leurs visites (divisée entre l'Alte Pinakothek, Munich et diverses collections privées)[5]. On lui a également commandé l'ensemble desDouze fêtes ducales (1770-1775) peintes en l'honneur du DogeAlvise IV Monicego. Il s'est inspiré pour ces tableaux de gravures deGiambattista Brustolon (1712-1796) réalisées entre 1766 et 1768 d'après des dessins deCanaletto[6].
En 1782, il fut chargé de peindre les quatre toiles pour la commémoration de la visite dePie VI à Venise. À la même époque on lui demanda de relater les fêtes en l'honneur des "Comtes du Nord" de passage dans la Sérénissime. Il peignit également de très nombreuses toiles illustrant des régates. Il se spécialisa également dans la peinture de devant d'autels fleuris et de motifs floraux, souvent traités en bordure de ses compositions[7].
Si les peintures de Francesco Guardi ne sont pas comprises par les Vénitiens, elles rencontrent un grand succès à l'étranger. Sesvedute sont le prétexte à une description insolite des monuments vénitiens qui sont baignés d'une lumière argentée.
Sa vision de Venise a influencé celle des grands peintres qui ont utilisé cette ville comme source d'inspiration (Turner etMonet entre autres).

Le tableau de Francesco Guardi,Le Grand Canal à Venise avec le Palazzo Bembo a été aussi longtemps exposé auprès des collections italiennes dumusée des Augustins de Toulouse entre 1952 et 2005. Il a fait l'objet d'unerestitution aux ayants droit d'Anna Jaffé (1845-1942), ayant été pillé par legouvernement de Vichy pendantl'Occupation. Cetterestitution a été possible car la provenance de l'œuvre a pu être déterminée. Le tableau fut acheté par son mari John Jaffé dans les années 1880 et lui fut légué à sa mort en 1933. Celle-ci décédant en 1942, ses biens sont pillés parle gouvernement de Vichy. Par la suite, le gouvernement de Vichy vend la toile à l'Hôtel Savoy de Nice le 12-13 juillet 1943. Achetée par Madame Bonfils, celle-ci vend l'œuvre au marchandHildebrand Gurlitt (1895-1959), qui la vend auFührermuseum de Linz en 1944. Elle est ensuite récupérée àAltaussee en Autriche par lesAlliées et transférée auCentral Collecting Point de Munich en 1945. Elle est rapatriée en France en 1946. N'ayant pas été restituée, elle est sélectionnée pour devenir unMNR et est déposée auMusée du Louvre à Paris en 1950. En 1952, elle est échangée contre une autre œuvre de Guardi auMusée des Augustins de Toulouse. Le tableau y reste jusqu'à sarestitution le 17 mai 2005 aux ayants droit d'Anna Jaffé[10]. Celui-ci est vendu le 8 juillet 2005 chezChristie's par les héritiers auJ. Paul Getty Museum de Los Angeles, où elle se trouve aujourd'hui[11].
L'astéroïde(8124) Guardiporte son nom.
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