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| Formation | Université de Londres École pour filles Kesteven et Grantham(en) |
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Frances Tustin, née le àDarlington et morte le àLondres, est unepsychanalystebritannique, connue pour ses travaux sur l'autisme.
Frances Tustin est une pionnière en psychothérapie de l’enfant, sur les frontières de la compréhension psychanalytique et le traitement desétats autistiques chez les enfants depuis le début des années 1950. Le travail de Tustin sur le fonctionnement psychique de l’autiste est basé sur l’observation clinique des enfants et des familles qu’elle recevait en psychothérapie analytique. La force de la preuve, à cette époque en psychiatrie, était l’observation clinique, base de la recherche empirique. Les explications des causes de l’autisme par Tustin se basent sur les entretiens familiaux qui ont montré un fort pourcentage de dépression environnemental mais elles s’éloignent largement des explications consensuelles actuelles plus tournées vers la cognitive et le neurodeveloppemental que dans la prise en compte de la souffrance psychique et la pensée[1],[2].
Elle est née dans le Nord de l'Angleterre en 1913 et, après avoir obtenu son certificat d'études secondaires (équivalent au baccalauréat) a décidé de devenir enseignante. À cette fin, elle suit une formation auWhitelands College (en). Après avoir obtenu son diplôme, elle travaille comme enseignante pendant plusieurs années. Frances Tustin est venue à la psychanalyse en fréquentant le cours deSusan Isaacs sur le développement de l'enfant à l'université de Londres en 1943. Il s’agit de la psychanalyse anglaise et non française celle-ci ayant été créée par Lacan dans les années 50.
Inspirée par la formation de psychothérapeute de l'enfant, sa carrière a été interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Retour à la normale une fois la guerre terminée, en 1950, elle s'inscrit à la formation psychothérapie de l'enfant à laTavistock Clinic, fondée en 1948 parEsther Bick, à la demande deJohn Bowlby, qui était le président de la Tavistock à cette époque.
Elle a été formée en tant que psychothérapeute de l'enfant de 1950 à 1953. Dans le cadre de sa formation, elle a commencé son analyse (qui devait durer plus de16 ans) avecWilfred Bion. Dans le milieu des années 1950, elle a eu l'occasion d'aller aux États-Unis pendant un an avec son mari, Arnold, qui a été professeur invité auMassachusetts Institute of Technology.
D'après Didier Houzel,« l'œuvre de Frances Tustin a renouvelé la compréhension de l'autisme infantile et en a permis une approche thérapeutique efficace »[3]. Toutefois, son influence dépasse le seul domaine de l'autisme, dans la mesure où Tustin décrit aussi des« enclaves ou barrières autistiques » présentes dans des personnalités qui souffrent de troubles divers :phobies,mélancolie,anorexie mentale,psychopathie,pathologie psychosomatique, troubles fonctionnels graves chez l'enfant (énurésie,encoprésie)[3].
SelonÉlisabeth Roudinesco et Michel Plon, Frances Tustin apporte dans lesannées 1970 un« regard nouveau » sur l'autisme, qu'elle propose de classer en trois groupes[4] :
Par « noyau autistique », Frances Tustin désigne une partie clivée de la personnalité, ayant« encapsulé » des angoisses très archaïques de type« effondrement, liquéfaction, chute, trou noir, amputation d'une zone corporelle, dans un système de défenses de nature autistique[5] ». Objets-sensations et formes-sensations sont alors ressentis comme faisant partie du corps propre et servent à colmater les angoisses corporelles[5].
Geneviève Haag précise que cette notion apparaît dès son premier livre,Autisme et Psychose de l'enfant (1972-77) sous le terme « poche isolée [...] d'encapsulation » au chapitre « Systèmes d'autisme pathologique »[5]. Une telle poche d'encapsulation permet la poursuite apparemment normale du développement chez de nombreux enfants névrosés qui présenteront plus tard des troubles variés qu'énumère l'auteur dans son ouvrage :« phobies, troubles du sommeil, anorexie nerveuse, mutisme électif, maladies de la peau, désordres psychosomatiques, difficultés scolaires, trouble du langage, délinquance »[5]. Cette poche existe également, d'après Tustin,« “dans la structure caractérielle de certains individus relativement normaux”, marquée par la rigidité des clivages, la superficialités desidentifications et un besoin exacerbé de maîtrise »[5]. L'aspect « superficialité » peut être rapproché des personnalités « comme si » (décrites parHélène Deutsch) ou en faux Self (décrites parDonald Winnicott)[5]. Frances Tustin pense enfin qu'un tel noyau autistique existe« a minima chez tout individu » et est à rapprocher de la notionfreudienne de« tendance à la régression vers l'inanimé, associée au concept depulsion de mort »[5].
Le trou noir de la psyché est le titre de la traduction française parue en 1989 d'Autistic Barriers in Neurotic Patients (1986) de Frances Tustin, qui utilise toutefois le concept de « trou noir » en anglais :black hole[6]. Le terme « trou noir » référant aux concepts de l'astrophysique moderne en tant que zones de densité extraordinaire, force d'attraction pour de nouvelles étoiles risquant de s'y engloutir, a été choisi comme métaphore pour« ce qui se passe au cœur du psychisme des enfants autistes »[6].
D'après la bibliographie générale duDictionnaire international de la psychanalyse pour « Frances Tustin »[7] :
(Choix d'articles d'aprèsThe Frances Tustin Memorial Trust[8])
En 1997 paraît un ouvrage intituléEncounters with Autistic States: A Memorial Tribute to Frances Tustin de Theodore Mitrani, Judith L. Mitrani, Jason Aronson, qui rassemble les contributions de 21 psychanalystes et thérapeutes de l'enfance de trois continents[9] : c'est un « hommage à Frances Tustin » dont l'œuvre est« consacrée à la compréhension du monde déroutant propre à l'enfant autiste »[9],[note 1].
En 1999,Gunilla Gerland, « autiste à haut niveau de fonctionnement » (Asperger)[10], ainsi qu'elle se présente, publie dans la revue scientifiqueAutism unelettre ouverte (reprise dansSage Journals, 2016) aux rédacteurs scientifiques de cette revue ; elle y exprime son désaccord sur la publication de la « recension très positive » Encounters with Autistic States: A Memorial Tribute to Frances Tustin[10]. En se référant auDSM IV, elle considère que l'autisme vu comme état d'esprit dérive d'une très ancienne définition deBleuler, alors que, selon elle,« l'autisme n'est pas un état d'esprit, c'est un syndrome défini d'après plusieurs critères diagnostiques »[10]. Dans un autre écrit, Gunilla Gerland déclare que lesthéories de la relation d'objet, telles que développées par Tustin, ne sont pas applicables aux personnes autistes[11].
(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs)
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