Dans le même temps, le général de Gaulle négocie avec les Britanniques pour être reconnu comme le chef d'un gouvernement en exil alors qu'il estime que le régime de Vichy est « illégitime, nul et non avenu ». Il forme leConseil de défense de l'Empire, annoncé le par lemanifeste de Brazzaville, à la suite du ralliement de diverses colonies, notamment l’Afrique-Équatoriale française (AEF) à partir de la fin août 1940. Cela donne à la France libre une assise territoriale, l'équivalent d'une capitale,Brazzaville en AEF, et un potentiel de soldats coloniaux et de ressources.
La France libre rassemble lesFrançais libres ralliés au général de Gaulle, qui ont en commun le refus de la défaite de 1940 et la volonté de poursuivre le combat contre l’envahisseur allemand et ses alliés, sous les ordres du général de Gaulle, en Grande Bretagne, dans l'empire colonial mais aussi en France métropolitaine, où se mettent en place progressivement des réseaux liés auBureau central de renseignements et d'action (BCRA). Les forces armées ralliées à la France libre sont appeléesForces françaises libres (FFL).
Le, la « France libre » est renommée « France combattante » par leComité national français pour marquer l'alliance entre la France libre et« des groupements qui à l'intérieur du pays participaient activement à la résistance »[3] et forment laRésistance intérieure française.
La France libre est issue du ralliement au général de Gaulle des Français qui veulent poursuivre la lutte contre l'Allemagne aux côtés des alliés britanniques. Dès le, et dans la foulée de son appel à poursuivre la lutte, les ralliements sont d'abord individuels. Officiers, soldats, ou simples citoyens rallient ainsiLondres et de Gaulle. Dès le28juin 1940,Winston Churchill, Premier ministre britannique, reconnaît legénéral de Gaulle comme le « chef des Français qui continuent la guerre ».
De nombreux militaires français se trouvent enGrande-Bretagne au début de l'été 1940, évacués deDunkerque ou membres du corps expéditionnaire deNorvège, mais seulement une faible partie de ces forces (3 000 à l'été 1940 en Grande-Bretagne) ralliera la France libre. La grande majorité choisira d'être rapatriée en France[4].
C'est aussi en cette période du début d'été 1940 que de jeunes Français souhaitant continuer le combat tenteront de rejoindre Londres et legénéral de Gaulle. Il deviendra immédiatement pour eux le symbole de la poursuite du combat qu'ils espèrent mener. Au mois d'août 1940, le général décide de regrouper les très jeunes volontaires et étudiants qui l'ont rallié pour leur donner une formation d'officier. En, l'École des Cadets de la France Libre était née[5]. Ces jeunes Français allaient ainsi pouvoir y poursuivre leur instruction dans l'attente de leur engagement au sein desForces françaises libres — eux qui étaient encore trop jeunes pour pouvoir se battre.
Par la suite, avec l'accord desChequers du7août 1940, entre le Royaume-Uni et le général de Gaulle[6], le Royaume-Uni s'engagea à sauvegarder l'intégrité de toutes les possessions françaises et à restaurer intégralement l'indépendance et la grandeur de la France. L'accord desChequers est considéré par le gouvernement britannique comme effectif à compter du, date de la prise des pleins pouvoirs par lemaréchal Pétain et de la fin du régime républicain sur le territoire national. Cela permet au général de Gaulle de se considérer officiellement comme le détenteur légitime de la continuité de l’État, et de traiter comme tel avec lesAlliés. C'est dans cet esprit également que l'accord prévoit la formation d'un Comité français, embryon de gouvernement que de Gaulle s'attachera à mettre en place au plus vite.
Le gouvernement britannique s'engagea de plus à financer toutes les dépenses de la France libre, mais de Gaulle insista pour que ces sommes fussent des avances remboursables et non des dons qui auraient jeté une ombre, aussi ténue soit-elle, sur l'indépendance de son organisation. Les sommes dites furent effectivement remboursées, et bien avant la fin de la guerre. En effet, la location des navires marchands français libres aux services britanniques, les revenus de la flotte de pêche côtière, effectuée au large dupays de Galles, et la vente des produits coloniaux des territoires ralliés alimentèrent les caisses de la France libre[7].
UneCaisse centrale de la France libre est créée le à l'initiative dePierre Denis (Rauzan), afin de gérer les crédits accordés par le Trésor britannique, d'émettre des billets au porteur et des monnaies métalliques ayant force libératoire dans les territoires ralliés à la France libre.
Le ralliement des territoires coloniaux a été une étape fondamentale pour la France libre. Comme l'a montré Éric Jennings, elle a donné à la France libre une partie de son contingentement, a eu un rôle économique et politique décisif en lui offrant une assise territoriale[14]. Le terme d'État pour la France libre a été, et est encore[15], discuté. Pourtant le Conseil d'État a reconnu en 2018 son caractère étatique[16] et un livrerécent[Quand ?] concourt à démontrer comment en Afrique équatoriale française, la France libre était organisée comme un État, bien qu'embryonnaire : elle possédait les éléments constitutifs d'un État (population, territoire, autorité politique, capacité de créer le lien avec un autre État) et ses attributsstricto sensu (souveraineté et personnalité juridique)[17]. À titre d'illustration, il y avait une administration en AEF, un journal officiel qui s'inscrivait dans la continuité du JO de la République française (« Journal officiel de l'Afrique française libre et de l'AEF », les autorités battaient monnaie en AEF, d'abord sous la forme de « bons de caisse » imprimés sur place, puis après 1941, de billets de banque de 5, 25, 100 et 1000 francs, imprimés à Londres. Ces derniers portaient l'inscription« Afrique française libre »[18].
Le,Albert Ledoux en poste àMontevideo, devient le premier diplomate de carrière à se rallier à la France libre et le il est nommé par le général de Gaulle son « représentant personnel dans ses relations avec le Comité franco-uruguayen »[30]. Le, Ledoux donne officiellement sa démission au gouvernement deVichy et le, par courrier manuscrit, le général de Gaulle, en exprimant le souhait d'avoir une représentation personnelle indépendante des Comités, étend singulièrement la mission de Ledoux et le nomme son« représentant personnel pour l'ensemble des États d'Amérique du Sud avec résidence àMontevideo »[30]. Directement rattaché au Général et couvrant un ensemble important de pays et autant de Comités dont l'Argentine, l'Uruguay, leBrésil, l'Équateur, lePérou, leParaguay, laBolivie et leChili,Venezuela etColombie exceptés, il est le tout premier embryon de ce que sera l'organisation d'une diplomatie parallèle dissidente et centralisée.
Le général de Gaulle est le chef de la France libre et son autorité est rarement mise en cause. Toutefois, il met rapidement en place des institutions montrant que la France libre n'est pas soumise à son seul pouvoir personnel. AvecRené Cassin, il établit des bases juridiques qui sont concrétisées par la publication d'unBulletin officiel des Forces françaises libres qui paraît le15août 1940. C'est ensuite dans unJournal officiel de la France libre que chaque mois à partir dejanvier 1941, sont publiés leslois et décrets organisant la France libre.
Ce conseil sera consulté régulièrement malgré les difficultés dues à l'éloignement, notamment avant les affrontements franco-français en Syrie.
Le (jour où lemaréchal Pétain appelle ouvertement à lacollaboration, à la radio de Vichy), de Gaulle institue par ordonnance le « Conseil de défense de l'Empire », composé des différents chefs de territoires ralliés à la France libre.
LeGabon est alors conquis par les Forces françaises libres (FFL), du 9 au, de sorte que le bloc AEF-Cameroun est réunifié au sein de la France libre.
Le, de Gaulle publie dans leJournal Officiel de la France libre, àBrazzaville (qui en est devenue la capitale officielle, au cœur de l'Afrique française libre), une « Déclaration organique » officielle, contestant la constitutionnalité et la légitimité durégime de Vichy, suivie de plusieurs ordonnances et décrets invalidant les lois d'exclusion de Pétain. Ce faisant, il irrite Churchill, qui, ne perdant pas complètement l'espoir de s'entendre avec Pétain, voit d'un mauvais œil s'ériger un nouveau pouvoir français dépassant largement le cadre de la Légion de volontaires initiale.
À la suite de laCharte de l'Atlantique, adoptée le par Churchill etRoosevelt et proclamant le principe d'autodétermination des peuples, de Gaulle les prit au mot et créa enfin à Londres un véritable gouvernement de la France libre, sous le nom deComité national français le24septembre 1941.
De plus, on peut signaler l'existence, dès 1940, d'un service d'espionnage et de sabotage, leBureau central de renseignements et d'action (BCRA), qui, sous les ordres ducolonel Passy (Dewawrin), avait établi très tôt des réseaux clandestins en France.
L'enlisement du gouvernement de Vichy dans la collaboration avec l'Allemagne nazie
Le gouvernement de Vichy officialisa lacollaboration avec l'Allemagne nazie dèsoctobre 1940, sous l’impulsion du maréchalPhilippe Pétain (et non dePierre Laval, comme on le croit généralement). La politique voulue par Pétain consistait à tenter de desserrer l’étau de l’armistice, ce qui lui a fait dire dans son discours du 30 octobre[33] :« J'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration. Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays, amélioré le sort de nos prisonniers, atténuée la charge des frais d’occupation. Ainsi pourraient être assouplie la ligne de démarcation et facilités l’administration et le ravitaillement du territoire ». Toutefois, les travaux des historiensEberhard Jäckel etRobert Paxton ont démontré que Pétain a activement recherché et poursuivi cette collaboration. La collaboration préconisée par Pétain exhortait au dépassement par les Français de leurs obligations découlant des conventions d'armistice pour accéder à un statut d'alliance avec l'Allemagne.
Mais Hitler refusant de signer la paix tant que leTroisième Reich n’aurait pas gagné sur tous les fronts, ce qui aurait notamment permis la libération des prisonniers français, l'Allemagne restait l'ennemi ; et la collaboration avec celui-ci constituait unetrahison au sens de l'article 75 ducode pénal de l'époque.
Voici quelques dates marquant les débuts de la collaboration, tant dans le principe, que dans les actes :
6mai 1941 : ordres de l'amiralFrançois Darlan et de Pétain au généralHenri Dentz d'accueillir en Syrie les avions allemands et de délivrer des stocks d'armes français auxIrakiens combattant les Britanniques
9mai 1941 : atterrissage àDamas des premiers appareils allemands.
28mai 1941 : signature desprotocoles de Paris par Darlan accordant à l'Allemagne des bases en Syrie (Alep), enTunisie (Bizerte) et auSénégal (Dakar). L'accord sur Alep était entré en vigueur par anticipation, avec, pour conséquence, les bombardements allemands en Irak, la riposte anglo-gaulliste et la désastreusecampagne de Syrie, où l'armée vichyste se battit littéralement « pour le roi de Prusse ».
La collaboration n'en allait pas moins s'aggraver par la suite.
Outre les militaires et autres volontaires, des intellectuels, commeMaurice Schumann,René Cassin etJacques Soustelle, avaient également rejoint Londres. Citons ici pour l'exemple l'humoristePierre Dac qui pratiqua son art sur les antennes de laBBC. Ce ralliement d'un nombre appréciable de civils avait contribué à encourager de Gaulle à constituer à la tête de la France libre un véritable organisme politique avec pour objectif de se faire reconnaître comme un gouvernement en exil. Il avait pourtant fallu attendre le24septembre 1941 pour voir émerger leComité national français, qui fit réellement fonction de gouvernement de la France libre.
Le13juillet 1942, le terme de « France combattante » fut adopté à la place de « France libre ». Définie officiellement comme l'« ensemble des ressortissants français, où qu'ils soient, et des territoires français qui s'unissent pour collaborer avec lesNations unies dans la guerre contre les ennemis communs » et le« symbole de la résistance à l'Axe de tous les ressortissants français qui n'acceptent pas la capitulation et qui, par les moyens à leur disposition, contribuent où qu'ils se trouvent, à la libération de la France par la victoire commune des Nations unies », cette nouvelle appellation visait à signifier la prise en compte, par la France libre, de laRésistance intérieure, dans le combat de laRésistance française : la France libre et la « France captive » étaient« les deux éléments constitutifs d'une seule et même France qui est la France combattante ». Dans ce cadre, tout ce qui concernait à la fois la France libre et la Résistance intérieure changeait de nom (les délégués de la France libre devinrent « délégués du CNF », leJournal officiel de la France libre devintJournal officiel de la France combattante, laLettre de la France libre devint laLettre de la France combattante, les« en-tête de papier à lettres et timbres humides » furent remplacés au fur et à mesure de l'épuisement des stocks). En revanche, tout ce qui concernait la seule France libre conserva son nom initial (territoires français libres,Forces françaises libres, comités de la France libre, Caisse centrale de la France libre, libellés des billets de banque)[35].
L'intervention alliée en Afrique du Nord et le général Giraud
Comprenant que les Alliés étaient en mesure de battre les forces de l'Axe, Darlan forma alors à Alger, sous le nom de « Haut Commissariat de France en Afrique », unnouveau gouvernement vichyste, rival du Comité national de Londres, qui maintient en vigueur enAFN etAOF les lois vichystes d'inspiration hitlérienne, et les détenus politiques de Vichy dans leurs camps de concentration du Sud.
Cependant à la différence de Darlan, Giraud, plus « maréchaliste » que « vichyste », n'avait pas collaboré, ce qui rendait plus facile l'union entre les autorités de Londres et Alger. Des négociations difficiles furent mises en route à cet effet, sous la pression de Roosevelt et Churchill, après laconférence de Casablanca de, dénommée aussi « conférence d'Anfa ».
La clôture des engagements au sein des Forces françaises libres (FFL) eut donc lieu le31juillet 1943 puisque celles-ci n'existaient plus. Le termeForces françaises libres (FFL) est toutefois souvent utilisé à tort pour désigner l'Armée française de la Libération, qui leur succéda.
La2e division blindée de Leclerc et la1re armée française deDe Lattre – au sein de laquelle opérait la1re division française libre – furent deux des fleurons issus de la fusion de l'armée de la France libre avec celle d'Afrique, après la libération de l'Afrique du Nord et lacampagne de Tunisie. Si certains Américains furent condescendants sur les opérations militaires menées par les forces françaises, entre 1940 et 1945, les Britanniques en furent bien plus respectueux, surtout après les exploits desFrançais libres à Bir Hakeim. Par ailleurs, l'action décisive menée par lecorps expéditionnaire français en Italie (auquel appartenait la1re DFL), sous les ordres deJuin, contribua de manière importante à réévaluer la valeur des Français aux yeux des Américains[36],[37],[38].
Si les Britanniques respectèrent sans difficulté, sauf au Levant, leur parole de restaurer la grandeur de la France, les Alliés de la deuxième heure comme les Soviétiques et les Américains, n'eurent pas le même souci, ni la même perception de la « France libre » du général de Gaulle. Les Russes ont toutefois gardé un souvenir bienveillant pour lesFrançais libres de l'escadrille Normandie Niémen, qui se distingua sur le front russe entre1943 et1945. Par ailleurs, les relations entreStaline et de Gaulle furent, en apparence, moins houleuses que celles qui opposèrentRoosevelt au chef de la France libre.
Le siège de l'Association des Français libres puis de la Fondation de la France libre de 1979 à 2015,rue Vergniaud, à Paris.
Dès, lesFrançais libres ont constitué l'Association des Français libres, qui regroupait plusieurs centaines d'amicales régimentaires et de sections, en France et dans le monde. Elle avait une triple vocation : maintenir les liens entre les anciens de la France libre, défendre ses intérêts moraux et assurer l'entraide entre ses membres. De 1945 à 2000, elle a fait paraître 310 numéros de laRevue de la France libre. Le, l'association s'est officiellement dissoute. Depuis, elle est relayée par laFondation de la France libre, située jusqu'en 2015 dans les anciens locaux de l'association, auno 59 de larue Vergniaud, à Paris, puis auno 16 de lacour des Petites-Écuries, et ouverte à tous. Celle-ci a été présidée successivement par le généralJean Simon (2000-2003),Pierre Messmer (2003-2007) etYves Guéna (2007-2011). Son président actuel est le généralRobert Bresse.
SelonFrançois Broche, membre du conseil d'administration de la Fondation de la France Libre, plus de 30 nationalités se côtoient au sein des FFL et« sans goût excessif du paradoxe, on peut affirmer que la majorité des « Français » libres qui ont sauvé l'honneur du pays en 1940 ne sont pas des citoyens français ». Ainsi sur les 53 000 FFL (chiffre maximum à la dissolution des FFL à l'été 1943), on compte environ 32 000 coloniaux », qui ne sont pas citoyens français en 1940, 16 000 Français et environ 5 000 étrangers, provenant d'unités de la Légion étrangère ralliées aux FFL[39].
La liste, encore incomplète, établie parHenri Écochard, ancien combattant des Forces françaises libres, à partir du fichier général conservé auService historique de la défense, dénombre 52 230 Français libres, dont 9 120 sujets coloniaux, 2 810 étrangers et légionnaires, 2 000 personnes de nationalité incertaine et 38 300 citoyens français[40]. Toutefois,Jean-François Muracciole signale dansLes Français libres, l'autre Résistance qu'« un très grand nombre » de tirailleurs n'ont« pas signé d'engagement » ou que des fiches ont dû s'égarer, pour expliquer le faible nombre de« sujets coloniaux », en contradiction avec les autres données chiffrées disponibles. Il cite notamment un rapport de l'état-major général des FFL à Londres en date du, qui dénombre, à cette date, 61 670 combattants, dont 20 200 tirailleurs coloniaux et 20 000 hommes des troupes spéciales levantines (ces dernières sont des troupes supplétives, qui n'ont pas signé d'engagement dans la France libre, et ne sont pas reconnues FFL)[41]. Selon les propres estimations deJean-François Muracciole, entre leur création à l'été 1940 et leur fusion avec l'armée d'Afrique à l'été 1943, 73 300 hommes se sont engagés dans la France libre, dont 39 300 citoyens français, 30 000 coloniaux (essentiellement de l'Afrique noire) et 3 800 étrangers. En dépit de l'interdiction de pratiquer le service étranger, un nombre importun de citoyensSuisses rejoignirent également les forces de la France Libre et furent à la fin de la guerre condamné avant d'être finalement réhabilité en 2021[42].
Deuxième mission de Charles de Gaulle à Londres pour y demander une aide matérielle au transfert des troupes françaises en AFN. Démission dePaul Reynaud, remplacé par lemaréchalPhilippe Pétain. Retour de Charles de Gaulle à Bordeaux.
17 juin
Lemaréchal Pétain, nouveau chef du Gouvernement français, annonce par un discours à la radio qu'« il faut cesser le combat » et qu'il demande à l'ennemi« les moyens de mettre un terme aux hostilités » (En fait, les Allemands, eux, poursuivent les combats jusqu'au)[44].
Premierappel du général de Gaulle à la poursuite de la guerre.
20 juin
18 sous-officiers de l'école de radio-navigants deSaint-Jean-d'Angély commandé par le capitaineGeorges Goumin s'envolent à bord d'unFarman 220 pour l'Angleterre[45]. Quatre navires marchands (Anadyr,Rhin,Forbin,Capo di Olmo) rallient les forces alliées àGibraltar.
EnTunisie, le sous-marinNarval, sous les ordres du commandantFrançois Drogou, quitte son port d'attache deSousse avec la majorité de l'équipage et se réfugie àMalte.
Après avoir tenté en vain de maintenir ses troupes dans la guerre aux côtés des Alliés, lecolonelEdgard de Larminat, chef d'état-major du commandant en chef des forces françaises duLevant, désavoué par son supérieur, est emprisonné mais s'évade le et passe par laPalestine pour rejoindre les FFL. Le médecin-général inspecteurAdolphe Sicé, directeur du Service de santé de l'AEF, auCameroun se range du côté gaulliste. Le chef de bataillonDiego Brosset, s'engage àBogota enColombie et rejoint les FFL. 120 hommes de la compagnie ducapitaineRaphaël Folliot, du24e régiment d'infanterie coloniale, quittent leLiban et[46] passent enÉgypte. Lesous-marinNarval commandé par le capitaine de corvetteFrançois Drogou est le premier bâtiment de guerre à répondre à l’Appel du général de Gaulle[47].
28 juin
Le gouvernement britannique reconnaît le général de Gaulle comme "chef des Français libres" qui continuent la guerre[48]. René Mouchotte s'envole à bord d'unCaudron C.440 Goéland d'Oran enAlgérie pour rejoindreGibraltar emmenant avec luiÉmile Fayolle,Charles Guérin,Henry Lafont, les sous-lieutenants observateurs Georges Heldt, André Sorret et le sergent-chef mitrailleur Duval[49].
Avant l'aube, les navires français réfugiés en Grande Bretagne sont saisis par les Britanniques lors de l'opération Catapult. Attaque d'une escadre française composée notamment de 4 bâtiments de ligne àMers el-Kébir par la flotte britannique, causant la mort de 1 297 marins français :bataille de Mers el-Kébir.
Loi d'exception sur la déchéance de la nationalité française, pour ceux qui se sont rendus à l'étranger sans ordre de mission régulier.
25 juillet
Lecapitaine deHauteclocque, de l'état-major de la5e DI qui capturé pendant labataille de France (le) parvient à s'échapper le 17 juin et rejointLondres et se présente au général de Gaulle le, où il s'engage sous le nom de Leclerc.
Le corps expéditionnaire des Forces françaises libres (FFL), le général de Gaulle à sa tête, quitte l'Angleterre sur deux cargos : lePennland et le Westernland.
La déclaration de Pétain est comprise comme une déclaration de guerre contre eux, par les Français libres[56].
Déclaration de Pétain à la radio, appelant à la collaboration et affirmant la nécessité« d’éteindre les divergences de l’opinion, de réduire les dissidences de ses colonies »[34].
12 novembre
Fin de lacampagne du Gabon. LeGabon est entièrement contrôlé par la France libre qui y installe un nouveau gouverneur.
Ordres de Darlan et de Pétain augénéral Dentz d'accueillir enSyrie les avions allemands et de délivrer des stocks d'armes français aux Irakiens combattant les Britanniques.
Perte corps et biens (130 hommes) du croiseur sous-marinSurcouf dans lamer des Antilles à la suite d'un abordage avec un cargo américain ou bombardé par méprise par un avion de l'US Air Force.
Reconnaissance soviétique du Comité national « comme ayant seule qualité pour organiser la participation des citoyens et des territoires français à l’effort de guerre ».
Résistance sanglante de l’armée d’Afrique au débarquement allié, au Maroc et à Oran. Livraison sans combat, par la même armée d’Afrique, de toute la Tunisie aux Germano-Italiens.
11 novembre
Livraison sans combat par l’armée d’armistice de toute la zone non occupée aux Germano-Italiens.
13 novembre
Constitution parFrançois Darlan à Alger d'un gouvernement, reconnu par les États-Unis, pour l'Afrique du Nord et l'AOF, sous l'intitulé de « Haut Commissariat en Afrique ». Constitution d'un « Conseil impérial » composé, avec Darlan etBergeret, des proconsuls vichystes d'Afrique du Nord et d'AOF (Noguès,Châtel etBoisson). maintien des lois d’exception et des camps de concentration de Vichy, en Afrique du Nord sous contrôle américain, en dehors de toute pression allemande[58]. Darlan prétend gouverner« au nom du maréchal empêché », bien qu'étant condamné par Vichy.
Constitution en France duConseil national de la Résistance (CNR), regroupant les principaux mouvements de résistance, tendances politiques et syndicats.
30 mai
Arrivée du général de Gaulle à Alger.
2 juin
Manifestation de masse en faveur de Charles de Gaulle, à Alger.
Ralliement forcé dans le camp des Alliés de la flotte d'Alexandrie (Égypte), sur la menace de Churchill de ne plus payer les soldes de ses équipages.
30 juin
Rentrée en guerre des Antilles, à la suite de violentes manifestations populaires contre l'amiral vichysteRobert (et après le sabotage sur ses ordres d'une partie de la flotte et de la totalité des avions).
2 – 23 juillet
Visite de Giraud aux États-Unis.
6 juillet
Sous la présidence du général de Gaulle, le CFLN adopte une ordonnance « relative à la légitimité des actes accomplis pour la cause de la libération de la France et à la révision des condamnations intervenues pour ces faits », concernant l'ensemble de laRésistance française (Forces françaises libres etRésistance intérieure)[59].
↑Jean-Louis Crémieux-Brilhac, « La France Libre », dansLa France des années noires, tome 1, Éd. du Seuil, 1993 ; rééd. coll. « Points-Histoire », 2000,p. 195-197.
↑Lettre du généralAlexander, commandant les armées alliées en Italie, au général Juin :« Je vous apporte, à vous personnellement mes plus profonds remerciements et vous exprime mon admiration sans bornes pour la maîtrise avec laquelle vous avez conduit vos troupes et mené vos batailles. Sous votre direction éclairée et ardente, la gloire des Armées Françaises a été une fois de plus manifestée au monde. À la bravoure de vos Officiers et Soldats, j'apporte ma très chaude admiration et ma profonde reconnaissance. La France peut à juste titre être fière de la bravoure de ses enfants du Corps expéditionnaire français. »,Mémoires du général Juin, général Juin, éd. Fayard, 1959, vol. 1,p. 354.
La Mémoire des Français libres - Hommes et combats, compilation en 7 tomes des articles historiques publiés depuis 1945 dans laRevue de la France libre, Fondation de la France libre, 2002.
Jacques Soustelle,Envers et contre tout, tomes I et II, Robert Laffont, Paris, 1950.