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Ne doit pas être confondu avecFrançois Boissy d'Anglas (1846-1921).

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| François-Antoine de Boissy d'Anglas | ||
François-Antoine de Boissy d'Anglas (lithographie deFrançois-Séraphin Delpech). | ||
| Fonctions | ||
|---|---|---|
| Membre de laChambre des pairs | ||
| – (11 ans, 2 mois et 3 jours) | ||
| – (9 mois et 16 jours) | ||
| Membre duSénat conservateur | ||
| – (10 ans, 1 mois et 27 jours) | ||
| Membre duTribunat | ||
| – (2 ans, 10 mois et 24 jours) | ||
| Député français | ||
| – (4 ans, 11 mois et 15 jours) | ||
| Élection | 4 septembre 1792 | |
| Réélection | 14 octobre 1795 | |
| Circonscription | Ardèche | |
| Législature | Convention nationale(-) Conseil des Cinq-Cents(-) | |
| – (2 ans, 3 mois et 13 jours) | ||
| Circonscription | Baillis du Vivarais | |
| Législature | Assemblée nationale constituante | |
| Président du Conseil des Cinq-Cents | ||
| – (29 jours) | ||
| Prédécesseur | Jean Pelet | |
| Successeur | Emmanuel Pastoret | |
| Président de la Convention nationale | ||
| – (15 jours) | ||
| Prédécesseur | Jean Pelet | |
| Successeur | Emmanuel Joseph Sieyès | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | François-Antoine Boissy | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Saint-Jean-Chambre (Vivarais,Généralité de Montpellier) | |
| Date de décès | (à 69 ans) | |
| Lieu de décès | Ancien 1er arrondissement de Paris (Seine) | |
| Sépulture | Cimetière d'Annonay | |
| Nationalité | Française | |
| Profession | Avocat | |
| Religion | Protestantisme | |
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François-Antoine de Boissy d'Anglas, né le àSaint-Jean-Chambre (province duVivarais, actuel département de l'Ardèche)[1], mort le àParis, est unhomme de lettres ethomme politique de laRévolution française, duPremier Empire et de laRestauration.
François-Antoine Boissy est le fils d'un médecin. Suivant l'habitude de l'époque, il ajoute à son nom celui de la terre d'Anglas à la suite de l'acquisition d'un bien foncier appartenant à sa belle-famille. Il étudie le droit et s'installe àParis où il est reçu avocat auParlement. Il achète l'office de maître d'hôtel deMonsieur, comte de Provence, qui deviendra en 1814Louis XVIII. Il se fait connaître par sa critique de l'absolutisme et son combat en faveur desprotestants en France.
En 1789, François-Antoine Boissy d'Anglas est élu représentant dutiers-état, le premier sur deux, pour lasénéchaussée d'Annonay auxÉtats-généraux[2].
Il siège à gauche dans l'Assemblée nationale constituante. Dès le mois de mai 1789, il prête leserment du Jeu de Paume[3]. En mai 1791, il vote en faveur du rattachement duComtat Venaissin à la France[4], et en faveur de l'égalité entre les hommes blancs et les hommes libres de couleur dans les colonies, lui valant, ainsi qu'aux autres votants, l'accusation par le lobby colonial de vouloir « sacrifier les colonies »[5]. Contre l'esclavage, mais contre l'indépendance des colonies et en faveur d'une politique colonialiste qui se base sur une hiérarchie des cultures[6]
Parallèlement à son mandat, il fréquente leclub des Jacobins[7]. Après lafusillade du Champ-de-Mars, avec d'autres de ses collègues constituants commeBertrand Barère,Charles Cochon de Lapparent ou encoreEmmanuel-Joseph Sieyès, il fréquente brièvement leclub des Feuillants puis retourne aux Jacobins avant la clôture de l'Assemblée[8].
Après son mandat à la Constituante, Boissy d'Anglas est éluprocureur-syndic du département de l'Ardèche.
Lamonarchie constitutionnelle mise en place par laconstitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de lajournée du 10 août 1792 :Louis XVI est destitué et incarcéré avec sa famille à latour du Temple.
En septembre 1792, François-Antoine Boissy d'Anglas est élu député du département de l'Ardèche, le premier sur sept, à laConvention nationale[9].
Il siège sur les bancs de laPlaine. Lors duprocès de Louis XVI, il vote « la détention, et le bannissement quand la sûreté publique le permettra », et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution[10]. En avril 1793, il vote en faveur de la mise en accusation deJean-Paul Marat[11]. Celui-ci dénonce Boissy d'Anglas, un mois plus tard dans son journal, comme « membre de la faction des hommes d’État »[12]. En mai, il vote en faveur du rétablissement de laCommission des Douze[13].
Boissy d'Anglas participe aux comités de la Convention. En janvier 1793, il est élu membre du Comité des Ponts et Chaussées[14]. En février, il est élu membre du Comité de Guerre[15]. En mai, il est élu membre du Comité des Subsistances des Armées[16].
En avril 1793, Boissy d'Anglas propose un projet de constitution[17].
Boissy d'Anglas se montre très discret durant la Convention montagnarde. L'historienneChristine Le Bozec établit qu'il n'intervient qu'à trois reprises entre le 21 juin 1793 et le 22 vendémiaire an III (13 octobre 1794) et ne prend parti ni entre les factionshébertistes etindulgentes ni lors du9 thermidor[18].
Il n'est pas décrété d'arrestation à l'issue de lajournée du 2 juin 1793. Il aurait signé la protestation contre la journée et contre l'arrestation des vingt-deux députés girondins qui s'est ensuivie, mais soit il se serait rétracté, soit son nom aurait été rayé de la liste des protestataires par un autre député pour le protéger. Il n'est donc pas non plus décrété d'arrestation le 3 octobre 1793 parJean-Pierre-André Amar, membre duComité de Sûreté générale[19].
En messidor an II (juin 1794), il publie la brochureEssai sur les fêtes nationales[20].
Boissy d'Anglas devient un personnage central de laConvention thermidorienne, en étant élu aux fonctions dirigeantes de l'assemblée, et en participant aux réformes institutionnelles.
En vendémiaire an III (octobre 1794), il est élu secrétaire de la Convention, aux côtés dePierre Guyomar et deRené Eschasseriaux, sous la présidence deJean-Jacques-Régis de Cambacérès[21]. En germinal an III (avril 1795), il est éluprésident de la Convention et ses secrétaires sontJacques-Charles Bailleul,François Xavier Lanthenas etJean-Baptiste Michel Saladin[22].
En floréal an III (avril 1795), Boissy d'Anglas est élu membre de la Commission des Onze chargée de l'élaboration de laconstitution de l'an III[23].
Boissy d'Anglas siège auComité de Salut public. Il y entre pour quatre mois en frimaire an III (décembre 1794) aux côtés d'Edmond Dubois-Crancé et d'André Dumont[24]. En germinal an III (avril 1795), il réforme le Comité en proposant que sa composition passe de douze à seize membres et que le renouvellement mensuel passe de trois à quatre membres[25]. Il y est réélu en messidor (juin), aux côtés deJean Antoine Debry, deJean-Baptiste Louvet et deDenis-Toussaint Lesage, et y siège jusqu'à la clôture de la Convention[26].
Lors de l'insurrection du1er prairial an III, il occupe le siège de président de séance laissé vacant parThéodore Vernier. Il ne cède pas face aux émeutiers des faubourgs venus réclamer « du pain et laConstitution de l'an I ». Lorsqu'ils lui présentent la tête tranchée du députéJean-Bertrand Féraud, il se découvre pour lui rendre hommage et reprend la séance, impassible.
Cet évènement marque l'historiographie de l'an III. Le député girondinJean-Baptiste Louvet le relate dans sa correspondance avecMathieu Villenave[27], et prononce quelques jours plus tard l'éloge funèbre du député assassiné[28]. Il contribue à la réputation intransigeante de Boissy-d'Anglas que ses détracteurs surnomment alors « Boissy-Famine » et symbolise la France « gouvernée par les propriétaires »[29].

Élu en auConseil des Cinq-Cents, il se rapproche duclub de Clichy de tendance royaliste. Lors ducoup d'État du 18 fructidor an V (), il est décrété hors-la-loi et exilé à l'île d'Oléron.Il est amnistié par lePremier Consul après lecoup d'État du 18 brumairean VIII (). Il est nommé auTribunat en 1803, auSénat en 1804 et accède en 1808 à la dignité de comte d'Empire. Il est chargé lors de la Campagne de France de 1814 d'assurer la défense des départements de l'ouest.

Boissy d'Anglas rallie Louis XVIII après lapremière abdication de Napoléon Bonaparte, soutient lesCent-Jours puis Louis XVIII de nouveau lors de laSeconde Restauration. Il accède à la dignité depair de France en août 1815 et n'est pas visé par laloi du 12 janvier 1816, n'ayant pas voté la mort de Louis XVI. Il se situe jusqu'à sa mort dans l'opposition libérale et promeut une politique constitutionnelle et une amnistie des régicides[31].
Boissy d'Anglas repose aucimetière d'Annonay. Sa fille Suzanne Henriette (1779-1851) repose aucimetière du Père-Lachaise dans la35e division.
Un lycée ainsi qu'une rue d'Annonay portent son nom et une statue en bronze de Pierre Hébert est érigée sur la Place du Champ-de-Mars. Son nom est également donné à unerue de Paris dans lehuitième arrondissement (de laplace de la Concorde auboulevard Malesherbes), deTournon-sur-Rhône, deLa Voulte-sur-Rhône, deBesançon dans le quartier deBregille, deNice, deLille ou encore deNîmes.

Untableau du peintre AugusteJean Baptiste Vinchon, grand prix de Rome en 1814, qui montre Boissy d’Anglas à la tribune de laséance de la convention du1er Prairial an III, est exposé dans la salle des mariages de l'Hôtel de Ville. Ce tableau avait été réalisé dans le cadre d'un concours pour la décoration de la salle des séances de la nouvelle chambre des députés; sur les nombreux artistes qui y participent, cinquante-trois choisissent de représenter le sujet de Boissy d’Anglas à la Convention. Treize de leurs œuvres sont encore aujourd'hui localisées. Parmi lesquelles celles deHennequin,Alexandre Evariste Fragonard (fils deJean-Honoré Fragonard),Chenavard,Roehn,Court,Vinchon etDelacroix[2] . Finalement, jamais exposé à Paris, le tableau de Vinchon, qui avait gagné le concours, fut acheté par la commune d'Annonay en 1838.
Il s'est marié le àVauvert (Gard) avec Marie-Françoise Michel, née àNîmes le et morte àBougival (Yvelines) le, dont naquirent :
| Figure | Blasonnement |
| Armes du comte de Boissy d'Anglas et de l'Empire De sable au chevron d'or abaissé ; chef d'argent chargé à sénestre de deux étoiles d'azur ; franc-quartier de comte-sénateur.
| |
| Armes du comte de Boissy d'Anglas etpair de France De sable au chevron d’or au chef d’argent chargé de trois étoiles d’azur . | |
| François-Antoine Boissy d'Anglas,préfet de la Charente, maître des requêtes au Conseil d'État, Écartelé au premier degueules à l'épée en bande et à l'ancre en barre passées en sautoir d'argent ; au deuxième des barons préfets ; au troisième d'azur au miroir antique d'argent, accolé d'un serpent du même ; au quatrième de sable au chevron d'or surmonté d'un comble d'argent chargé de deux étoiles d'azur ; pour livrées : les couleurs de l'écu[34] |
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