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Forteresse de Skopje

42° 00′ 00″ nord, 21° 26′ 04″ est
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Forteresse de Skopje
Image illustrative de l’article Forteresse de Skopje
Nom localСкопско Кале
TypeFort
Destination initialePlace forte
Destination actuelleparc
Coordonnées42° 00′ 00″ nord, 21° 26′ 04″ est
PaysDrapeau de la Macédoine du NordMacédoine du Nord
RégionSkopje
CommuneSkopje
Géolocalisation sur la carte :Macédoine du Nord
(Voir situation sur carte : Macédoine du Nord)
Forteresse de Skopje
Forteresse de Skopje
Site webwww.skopskokale.com.mk/en/index.aspVoir et modifier les données sur Wikidata
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Vue de nuit de la forteresse.

Laforteresse de Skopje (enmacédonien :Скопско Кале ou simplement Кале, prononcé « Kalé », duturckale, qui signifie « forteresse »), est uneforteresse qui domine la vieille-ville deSkopje, capitale de laMacédoine du Nord. Elle est construite sur une colline et surplombe leVardar. Elle est considérée avec lepont de pierre comme un symbole de la ville, et figure sur le blason de Skopje[1].

Situation

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La forteresse se trouve dans le centre-ville de Skopje, à l'intérieur des limites de la commune deCentar. Elle est construite sur la rive nord duVardar, au sommet d'un promontoire rocheux qui s'étale d'est en ouest sur plus d'un kilomètre. Dans sa partie ouest, le promontoire descend progressivement, tandis que dans sa partie est, il s'arrête brusquement. La forteresse se concentre sur cette extrémité abrupte et elle domine levieux bazar.

Le promontoire surplombe d'une quarantaine de mètres le terrain bas et alluvionnaire sur lequel est construite la ville. Il date duNéogène et il est constitué d'argiles, demarnes et degrès[2].

Histoire

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Préhistoire et Antiquité

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Poterie duNéolithique découverte dans la forteresse et exposée aumusée de la Ville de Skopje.

Le site de la forteresse est occupé dès leIVe millénaire av. J.-C., et c'est d'ailleurs le premier lieu habité à Skopje. Les premiers habitants y ont laissé des traces typiques duChalcolithique, notamment des huttes en terre sèche, des objets de culte, ainsi que des puits dans lesquels ils jetaient leurs ordures ou bien entreposaient diverses choses. La présence de nombreuses statuettes en terre cuite et d'outils en os et en pierre suggère l'existence d'une localité importante économiquement[3].

Tour de la forteresse.

Pendant l'âge du bronze, le village se rétracte et n'occupe plus qu'une petite partie de la colline. De cette époque datent des traces de maisons et des morceaux de céramique. Les fouilles archéologiques menées sur le site confirment la présence d'une seule culture locale qui évolue progressivement, d'abord grâce aux liens avec les autres cultures desBalkans et duDanube, puis, vers la fin de l'âge du bronze, à la faveur des contacts avec le monde de lamer Égée. L'âge du fer a laissé quelques traces de maisons en torchis ainsi que des céramiques[3]. Ensuite, le site semble avoir été déserté, et seul un puits rituel duIVe siècle av. J.-C. a été retrouvé[4]. C'est à cette époque qu'apparaît la ville antique deScupi, qui est située quelques kilomètres plus loin vers l'ouest.

Scupi est totalement détruite par un séisme en 518, et la ville est reconstruite à l'emplacement de la forteresse sous l'empereurJustinienIer. À cette époque, de nombreuses autres villes byzantines sont déplacées sur des hauteurs, afin de faire face auxinvasions barbares[5]. Néanmoins, selonThéophylacte, la nouvelle ville est prise par des tribus slaves à la fin duVIe siècle[6]. Aucun écrit ne mentionne la ville au cours des trois siècles suivants[7].

Moyen Âge

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Lemur cyclopéen, qui date peut-être du règne de JustinienIer.

AuMoyen Âge, la forteresse a déjà sa superficie actuelle, mais elle n'est pas vide comme c'est le cas aujourd'hui. En effet, elle renfermait habitations, lieux de cultes et de commerce ainsi qu'ateliers et logements militaires. Il s'agissait donc d'une ville close, et non pas d'une forteresse à proprement parler. Ce n'est que sous l'occupation turque que le site devient uniquement militaire.

La forteresse ne renferme pas de traces apparentes d'occupation au temps de Justinien, et seuls les restes d'unmur cyclopéen, non daté, peuvent suggérer un aménagement byzantin. Il faut attendre leXe siècle pour que la forteresse actuelle voie le jour. Celle-ci, construite avec les meilleures techniques de l'époque, englobe toute la ville-haute, et possède un fort potentiel stratégique puisqu'elle se trouve au centre de l'Empire queSamuelIer de Bulgarie a créé en 976[8]. Pendant le règne de Samuel, Skopje se développe et devient un centre de commerce en nouant des liens avec les cités voisines et celles de la côte adriatique[7].

La ville est reprise par les Byzantins en 1004 puis elle est attaquée de nombreuses fois au cours duXIe siècle, notamment par lescroisés deRobert Guiscard, ainsi que par des insurgés locaux[9],[10],[11]. Skopje est finalement conquise en 1282 par le roi serbeMilutin[12]. Sous la dynastieNemanjić, Skopje s'étend et sort peu à peu de ses remparts, en occupant l'emplacement duvieux bazar, qui forme une ville-basse. Ce quartier est lui aussi fortifié à son tour[8]. La ville devient auXIVe siècle un important centre économique, culturel et administratif des Balkans etStefan Uroš IV Dušan y déplace sa cour puis s'y fait couronner en 1346 « Empereur des Serbes et des Grecs »[7].

Après la mort deStefan Uroš IV Dušan, l'Empire serbe se disloque et les Balkans sont peu à peu envahis par les Turcs. Skopje devient ottomane le[7].

Époque ottomane

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La porte nord, qui date duXVIIIe siècle.

La forteresse, endommagée pendant l'invasion ottomane, est transformée par lesTurcs. Ceux-ci dégagent l'espace, qui perd ses fonctions résidentielles et commerciales, pour ne rester qu'un ouvrage militaire. Ils y construisent des entrepôts, des baraques et des ateliers d'armes. Néanmoins, Skopje se trouve loin des frontières de l'Empire ottoman, elle n'a donc pas une grande importance stratégique, et seule une petite garnison y stationne[13].

Philippe Canaye, qui visite Skopje auXVIe siècle, n'y voit que « les ruines d'un vieux château, et à l'intérieur de celui-ci une église grecque[14]. »Cette église était vraisemblablement une construction datant de l'époque serbe. En 1660, le voyageur turcEvliya Çelebi est plus enthousiaste et note que« la forteresse est très forte et robuste, avec deux rangées de murs ». Toutefois, en 1689, pendant laguerre austro-turque, lesAutrichiens trouvent une forteresse négligée et ils s'en emparent facilement[15].

Après la guerre, Skopje est totalement anéantie puisqu'elle a été incendiée par les Autrichiens. Les Turcs, redevenus maîtres de la Macédoine, font cependant reconstruire la forteresse vers 1700. De cette époque date notamment la porte nord. La ville demeure une simple bourgade de province jusqu'au milieu duXIXe siècle, et la forteresse ne retrouve jamais de grand rôle stratégique[13].

XXe siècle

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La forteresse dans les années 1920.

Pendant laPremière Guerre mondiale, la forteresse est utilisée par l'arméeaustro-hongroise, avant qu'elle ne soit prise par lesforces françaises commandées parJouinot-Gambetta. En 1918, laMacédoine est incluse dans le nouveauroyaume des Serbes, Croates et Slovènes qui devient leroyaume de Yougoslavie en 1929. De 1921 à 1930, une dizaine d'édifices militaires sont construits dans la forteresse. Ils comprennent baraques, ateliers, état-major, etc. Ces bâtiments sont utilisés par l'armée jusqu'en 1951, date à laquelle la forteresse est cédée aumusée archéologique et historique[16]. Des fouilles archéologiques sont conduites en 1953, puis en 1967 et 1968[17].

Lors du désastreuxtremblement de terre de 1963, la forteresse est presque totalement détruite. Il ne reste par exemple plus rien des constructions des années 1930[16]. Après 1963, le site est longtemps laissé en ruines, à l'exception de petites portions de remparts qui sont restaurées. Transformé en parc, il est ouvert au public.

la forteresse au début des années 2000. À l'exception d'une tour et d'un pan de mur reconstruits après leséisme de 1963, seules des fondations sont visibles.

Restauration de la forteresse

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La muraille sud reconstruite.
Les travaux de restauration ont aussi permis l'illumination du site.

Les travaux de reconstruction ont notamment permis la renaissance de quatre tours, dont trois carrées et une circulaire, sur la muraille sud, ainsi que le rétablissement d'une porte donnant sur leVardar.

Cela signifie qu'un grand nombre d'éléments détruits en 1963 ne sont pas reconstruits, notamment les bâtiments duXIXe siècle et du début duXXe siècle. Ainsi, la forteresse ne retrouve pas totalement son aspect d'avant 1963. Cela a été critiqué par une partie des archéologues macédoniens, qui ont accusé les autorités de mener des interprétations arbitraires et de faire une reconstruction idéologique, censée glorifier le Moyen Âge macédonien tout en oubliant les époques suivantes. L'usage de méthodes contraires aux principes archéologiques modernes a également été critiqué, notamment l'ajout de béton et de ciment, ainsi que le non-respect du principe « la restauration s'arrête là où commence l'hypothèse » (Convention de La Haye pour les biens culturels). Le coût élevé des travaux a également été reproché[18].

Émeute de 2011

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Mur.

En 2011, la construction d'une structure en métal au-dessus des fondations de l'église médiévale a déclenché la colère de l'opposition et de la minorité albanaise de la ville. En effet, alors qu'officiellement, cette structure devait être un musée, certains pensaient qu'il s'agissait en fait d'une véritable église, notamment parce que des discussions avaient eu lieu entre les autorités municipales et l'Église orthodoxe macédonienne. Les partis politiques de laNouvelle Démocratie et de l'Union démocratique pour l'intégration, qui défendent la minorité albanaise, ont finalement réussi à faire stopper les travaux sur la structure en février 2011, en arguant qu'elle menaçait la paix interethnique dans le pays. Certains Albanais ont par ailleurs proposé la reconstruction de la mosquée Hatik Pacha, qui se trouvait elle aussi dans la forteresse et dont les fondations ont également été retrouvées[19].

Malgré l'arrêt officiel des travaux, la construction de la structure a repris de façon clandestine, la nuit, et le 10 février, une centaine d'Albanais a surpris des ouvriers sur le chantier. Ils ont commencé à détruire la structure, avant d'être chassés par la police. Le 13 février 2013, des groupuscules extrémistes macédoniens et albanais se sont affrontés devant la forteresse, après des appels sur Internet, laissant 10 blessés, dont deux policiers[20]. À la suite de l'événement, la forteresse a été fermée au public et les travaux de restauration ont été suspendus pour une durée indéterminée.

La reprise des travaux a finalement été annoncée début 2013, et la forteresse doit rouvrir ses portes au public un an plus tard. Trois musées doivent voir le jour dans l'intervalle. La structure métallique sur les fondations de l'église accueillera un musée consacré aux vestiges slaves et chrétiens, une mosquée sans symboles religieux abritera les vestiges ottomans et il y aura aussi un espace d'exposition consacré à laPréhistoire[21].

Notes et références

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  1. Site officiel de Skopje - Les symboles de la ville.
  2. Rapport de l'Unesco sur le séisme de Skopje (PDF).
  3. a etb(en)« Prehistoric Kale », Arhaeological exavations Skopsko Kale,(consulté le).
  4. (en)« Kale in the antiquity », Arhaeological exavations Skopsko Kale,(consulté le).
  5. (en)András Mócsy,Pannonia and Upper Moesia,vol. 4,Routledge,coll. « Monographs in Social Theory »,(ISBN 9780710077141),p. 356.
  6. (en)Arthur Evans,Ancient Illyria : An Archaeological Exploration, Londres, I.B.Tauris,, 339 p.(ISBN 978-1-84511-167-0),p. 241.
  7. abc etd(en)« Histoire », Ville de Skopje,(consulté le).
  8. a etb(en)« Medieval Kale », Arhaeological exavations Skopsko Kale,(consulté le).
  9. (en)R. J. Crampton,A Concise History of Bulgaria, Cambridge University Press,coll. « Cambridge Concise Histories »,(ISBN 9780521616379),p. 22.
  10. (en)AndrewRossos,Macedonia and the Macedonians: A History, Hoover Press,(ISBN 978-0-8179-4882-5),p. 36-37.
  11. (fr)Serge Jodra, « Bohémond (Marc) », Imago Mundi,(consulté le).
  12. (en) ValentinaGeorgieva et SashaKonechni,Historical Dictionnary of the Republic of Macedonia, Lanham (Md.), Scarecrow Press,, 359 p.(ISBN 0-8108-3336-0),p. 9.
  13. a etb« Kale in the Turlish period », Arhaeological exavations Skopsko Kale,(consulté le).
  14. (fr)Philippe Canaye, sieur de Fresne,Le voyage du Levant,vol. 16,Slatkine,, 332 p.(ISBN 978-2-05-100163-2,lire en ligne),p. 33-34.
  15. (mk)Architect.mk - Forteresse de Skopje.
  16. a etb(en)Site officiel des campagnes de fouilles dans la forteresse - La forteresse auXXe siècle.
  17. Sanja Ivanovska, « South Gate of Kale Skopje, CMHB 2007 Case Study ».
  18. Vasil Iljov, « Скандалозна реставрација на Скопската тврдина »,Nova Makedonija,‎.
  19. Igor Čaveski, « ЗАПРЕНА ИЗГРАДБАТА НА ОБЈЕКТОТ НА КАЛЕ, Ахмети го исплаши Паско за црквата », Vreme.
  20. « Тежок инцидент на скопско Кале, шест лица и двајца полицајци повредени », Kajgana,‎.
  21. « РЕВИТАЛИЗАЦИЈА НА ГОЛЕМАТА ТВРДИНА Скопското Kале ќе биде обновено до крајот на годинава »,Dnevnik,‎.

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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